Saints Row : Re-Elected – Notre avis sur la version Nintendo Switch

Saints Row : Re-Elected

À défaut d’avoir droit à un portage en bonne et due forme du grand GTA V, ce qui est probablement trop demander à Rockstar, les possesseurs de Nintendo Switch doivent se contenter de ce qu’on veut bien leur donner dans le genre. Dépassé, mais toujours aussi drôle et jouissif, Saints Row : The Third sortait ainsi l’année dernière sur la console hybride du géant japonais. Une parution sans grand bruit, sans fioriture aussi, mais proposant néanmoins l’intégralité du contenu colossal et des DLC de ce GTA-Like ô combien réussi.

Conçu sous le même moteur, mais proposant un concept différent de son prédécesseur, Saints Row IV sortait initialement en 2013, et embarquait une dose sans précédent d’absurdités et de gags en tout genre. Sa parution sur Nintendo Switch était probablement moins attendue que celle de The Third, peut-être un peu plus apprécié en son temps. Mais cela veut-il dire que Saints Row : Re-Elected, portage calqué sur les versions PS4 et One proposé 39,99 euros, mérite moins votre attention ?

Mars Attack

Saints Row : Re-Elected

Contrairement à ses prédécesseurs, Saints Row IV ne lorgne pas vraiment du coté du GTA-Like bête et méchant. S’il conserve bien la base du gameplay de la série et insère son récit dans la même ville que The Third, il change néanmoins son concept du tout au tout.

Il vous est toujours possible de voler des voitures, tirer à vue sur tout ce qui bouge, acquérir des armes de destruction massive… La différence, cependant, c’est que cette fois-ci rien de tout ceci ne sera vraiment obligatoire pour venir à bout de son aventure. Non seulement parce que celle-ci est moins complexe que ce à quoi nous a habitué la série, mais aussi et surtout parce que vous y jouez les super héros.

Voir les Saints dans le rôle de véritables héros, on connaît déjà, puisque cette bande de gangsters affublés de la couleur mauve sauvait déjà la veuve et l’orphelin dans l’opus précédent. La différence, ce coup-ci, c’est qu’il est question de pouvoirs surnaturels, à commencer par des sauts hauts comme des immeubles, et une super vitesse. Comme il fallait s’en douter en connaissant la série, cela est rendu possible par un pitch de base complètement barjo, dans lequel des aliens débarquent sur terre et enferment la population dans une simulation informatique. Notre héros, là encore conçu par nos soins, se retrouve ainsi à Steelport, affublé de capacités particulières.

Anciennement président des États-Unis, celui-ci va partir en quête de ses camarades, qu’il aidera un à un à sortir de cette matrice où les extraterrestres font la loi. Pour se faire, il devra mettre à mal les installations ennemies, disséminées aux quatre coins de la ville, mais aussi assimiler les généraux de l’armée de Zinyak, le grand méchant de l’histoire.

Au nombre de 25, ces derniers débarqueront presque au hasard lorsque vous capturerez un complexe, ou que vos actions commenceront à ennuyer profondément ledit Zinyak. Mais ces affrontements mettent fort bien en lumière le défaut principal de ce portage : la maniabilité n’a absolument pas été retouchée.

Un bond dans le passé

Saints Row : Re-Elected

Saints Row IV a reçu un accueil critique chaleureux, et les joueurs semblent lui avoir trouvé bien des qualités en son temps. Nonobstant, en 2013 il semblait déjà évident qu’il souffrait de quelques problèmes l’empêchant de viser la Lune. Le premier étant, vous l’aurez compris, une maniabilité pas toujours au point.

En 2015, lorsque Re-Elected se pose sur PlayStation 4 et Xbox One, le constat est malheureusement le même : rien n’a vraiment bougé, et ce portage ne bénéficie finalement que du regroupement des DLC parus précédemment et d’un léger lifting visuel. L’ennui, c’est que cette édition Switch est calquée sur l’opus de 2015… Cinq ans plus tard donc.

Ainsi, le jeu reste un concentré de fun pur, c’est un fait établi. Néanmoins, les explosions de pouvoirs en tout genre rendent parfois l’action illisible, et il n’est pas rare que l’on s’emmêle les pinceaux en essayant un saut ou en courant sur les murs. Pour sûr, à l’époque de sa sortie initiale, le titre ne faisait pas d’ombre à Prototype et Infamous pour ce qui est du gameplay. Et c’est encore plus flagrant aujourd’hui, mais surtout c’est d’autant plus difficile de lui pardonner ces écueils. Surtout couplé à une caméra inadaptée aux environnements d’intérieur, et à un système de visée un peu trop lent qui peine à suivre les ennemis les plus vifs.

À coté de ça, Saints Row IV ne comptait pas parmi les jeux les plus beaux de la PlayStation 3 et la Xbox 360, tandis que son portage sur PS4 et One souffrait d’un lifting très superficiel. Cinq ans plus tard, le constat est bien évidemment plus accablant encore, surtout lorsque l’on se penche sur la distance d’affichage ridicule ou les effets visuels – tout particulièrement les explosions – qui ont une fâcheuse tendance à baver… au même titre que nombre de textures. Heureusement, si l’on jouait à un Saints Row pour sa réalisation graphique, ça se saurait ! Mieux vaut être au courant, cela dit, que cette version Switch est complètement obsolète à ce niveau.

De solides arguments

Saints Row : Re-Elected

En dépit de ses quelques écueils, principalement dus à son âge – et peut-être bien à la fainéantise des développeurs – Saints Row : Re-Elected dispose encore aujourd’hui de qualités indéniables. Pour commencer, bien que ses cinématiques aient pris un sacré coup de vieux, sa narration pleine de gags et de réflexions graveleuses fonctionne encore du tonnerre. À ce niveau on ne regrettera qu’un détail : des dialogues qui vont un peu trop vite, de quoi laisser parfois passer une petite pépite. Les sous-titres sont d’ailleurs un poil trop fins à l’écran, pas toujours aisés à décrypter, ce qui est d’autant plus vrai lorsque l’on joue en mode portable. Enfin passons sur ce détail subsidiaire.

Ce que l’on retient en priorité du titre, et c’est vrai pour chacune de ses éditions, c’est qu’il n’est qu’un concentré de fun explosif sur lequel il est difficile de s’ennuyer. Ça pète dans tous les sens, le mode de déplacement est aussi jouissif que celui du Spider-Man de Insomniac Games, et surtout il y a énormément à faire.

Que ce soit du coté des choses à collecter dans cette ville relativement vaste, des défis complètement barrés disséminés partout sur le territoire, ou des missions qui font varier les plaisirs régulièrement. Saints Row IV a en effet une qualité qui se fait rare : il offre une grande variété dans les concepts de ses niveaux.

Ainsi, bien que la majeure partie du temps vous allez devoir tirer dans tous les sens et exploser de l’alien à grands coups de pouvoirs jouissifs à souhait, il n’est pas rare que le titre vous emmène faire tout autre chose. Une course de moto dans un monde à la Tron par exemple, une petite session Shoot’em’up dans un vaisseau alien, un gros carnage aux commandes d’un robot destructeur… Tout est bon pour offrir au joueur un agréable sentiment d’évasion. La cerise sur le gâteau c’est qu’à coté de ça le titre propose quantité d’améliorations de l’équipement ou des pouvoirs, et se révèle beaucoup moins idiot qu’il n’y paraît au premier regard.

En conclusion

Réussi en 2013, Saints Row IV péchait néanmoins par sa maniabilité perfectible. Il n’en demeurait pas moins un concentré de fun complètement barré, jouissif à souhait. Le constat est le même aujourd’hui, sept longues années plus tard, dans cette édition Re-Elected à laquelle les carences techniques nuisent certainement plus, malheureusement. Néanmoins, force est de constater que l’on s’amuse toujours autant, et que le contenu est simplement colossal, bien que l’absence de l’extension Gat Out of Hell soit une petite déception en soi. Ainsi, à défaut d’être un indispensable dans cette version Switch, cet opus reste néanmoins une pépite presque intemporelle.

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