Persona 4 : Golden – Notre avis sur la version Nintendo Switch

Persona 4 golden

Initialement paru en Europe le 13 mars 2009 sur PlayStation 2, console déjà remplacée depuis plus de deux ans par sa petite sœur, Persona 4 revint en février 2013 sur PS Vita dans une version sous-titrée Golden. Extrêmement bien accueilli par la critique francophone, qui ne lui reproche finalement que l’absence de traduction depuis l’anglais, le titre est un petit succès, même en dehors du Japon, ce qu’il doit peut-être à son cumul de supports. La licence dont il est issu, Shin Megami Tensei, demeurant pourtant très niche par chez nous. Du moins, jusqu’à l’arrivée de Persona 5 en 2017, véritable phénomène qui a mis énormément de lumière sur Atlus et ses productions.

Sept longues années après sa parution sur feu la PS Vita, Persona 4 Golden s’offrait une mouture Steam. L’espoir des fans d’en voir enfin une version officiellement traduite en français s’est malheureusement éteint rapidement en découvrant qu’il s’agissait d’un portage au sens strict. Une petite communauté a alors pris son courage et son dictionnaire à deux mains. Le résultat, c’est une mise à jour gratuite, non officielle, d’une qualité rarement atteinte pour des productions de ce genre. Et ça tombe plutôt bien, car elle est disponible au lancement des versions PS5, Xbox Series et Switch du jeu, téléchargeables à compter de ce jeudi 19 janvier, et affichées à moins de vingt euros.

C’est sur la version Nintendo Switch que nous allons nous attarder aujourd’hui, bien que toutes les éditions consoles soient, à priori, identiques. L’occasion, principalement, de rendre compte de cette traduction tant attendue, mais aussi de la qualité de ce nouveau portage. Pas de critique à proprement parler, donc, mais si c’est ce que vous cherchez, alors on vous renvoie évidemment à notre très complet test de la version Steam. Pour les autres, voici un énième article vantant les mérites d’un jeu vieux de près de quatorze ans, qui continue de faire parler de lui et de sa qualité indécente. Suivez le guide !

Conditions de test : Nous avons passé près de cinquante heures sur la version Nintendo Switch, principalement en mode portable sur le modèle Lite. Ce test est garanti sans spoiler, ce qui est valable pour les différents screenshots, tous capturés au cours de la première partie du jeu (moins de dix heures au compteur).

Retour à Inaba

Persona 4 golden

Dans Persona 4, vous incarnez un lycéen dont il n’est ni possible de choisir le sexe, ni de déterminer l’apparence. Un point crucial puisque, vous l’aurez sans doute remarqué, ce personnage relativement stoïque est présent sur la jaquette du jeu. On passera rapidement sur le fait qu’il s’agisse d’un énième protagoniste muet, dont il est paradoxalement possible de déterminer les réponses et gestes régulièrement, pour nous attarder sur ses pérégrinations.

Parce qu’en incarnant ce personnage semi-muet, vous allez faire face à bon nombre d’événements surprenants, surnaturels, miraculeux, et parfois catastrophiques. Envoyé dans la petite ville d’Inaba, où il résidera chez son oncle, un policier un peu rustre, ce jeune héros va rapidement faire face à la dure réalité. Un meurtrier sévit visiblement dans les parages, s’attaquant pour commencer à une jeune femme, retrouvée accrochée en pleine rue, à la vue de tous.

Premier point qui surprend lorsqu’on lance le jeu pour la première fois, puisque son visuel très coloré et son character design agréable à l’œil ne semblent pas le destiner à nous narrer une histoire aussi sombre. Pourtant, il va falloir s’y faire. Derrière son apparente mièvrerie, le titre de Atlus cache en réalité une trame captivante, intelligemment écrite, touchant pêle-mêle à des histoires de sexualité, de meurtre, et de vices en tous genres. La saga Shin Megami Tensei est connue pour sa maturité d’écriture, et Persona 4 n’y fait pas exception.

Une chance que la traduction en français soit IM-PE-CCABLE. Et je pèse mes mots ! Ceux qui ont touché au jeu dans sa version anglaise, se rappellent sans doute de la qualité de cette localisation, qui ne pêchait que très rarement, sur de bêtes divergences culturelles, des points difficiles à retranscrire dans une langue autre que le japonais. Or, cette version française semble avoir été revue et corrigée, puisque aucun petit problème de ce genre ne pointe le bout du nez.

Ce qui est une excellente chose, sachant que Persona 4 Golden est un J-RPG très dense, mais aussi particulièrement bavard (souvent qualifié de visual novel), à la durée de vie pouvant sembler insurmontable aux profanes. Comptez entre soixante et quatre-vingt heures pour en voir le bout en ligne droite. Ainsi, il est plaisant de constater que les différents jeux de mots, pas forcément évidents à comprendre dans la langue de Shakespeare pour tout francophone normalement constitué, sont ici traduits de belle manière, et font parfaitement sens.

Mais aussi que tous les dialogues semblent avoir bénéficié d’un traitement irréprochable, au point que même l’apparition d’argot fait sens, et n’est jamais source de malaise pour le joueur. Au contraire, cela participe à l’immersion et à l’appréciation des différents protagonistes, auxquels il est difficile de ne pas s’attacher. Parce qu’en plus d’être bien écrit, Persona 4 déconstruit plusieurs archétypes de personnages, en jouant sur leurs vices et sur les personnalités de façade, s’avérant beaucoup plus profond qu’escompté.

Persona 4, c’est comme le bon vin, l’ébriété en moins

Persona 4 golden

Bien sûr, même si l’on peut difficilement faire pire que Persona 3 Portable à ce niveau (on vous renvoie à notre test d’ores et déjà disponible), il demeure peut-être un brin compliqué de lancer Persona 4 Golden après avoir retourné Persona 5 Royal dans tous les sens. Les deux jeux partagent beaucoup de choses, à commencer par leur amour pour la profusion de dialogues, mais il est évident que les huit longues années qui séparent leurs sorties respectives (au Japon) confèrent certains avantages au plus récent.

Cela étant, force est de reconnaître que Persona 4 Golden fonctionne encore très bien en 2023. Passée la découverte de sa ville très restreinte, manquant clairement de vie, et de ses donjons aléatoires qui font parfois peine à voir, il demeure un certain charme propre à cet opus. Tout fan de J-RPG à l’ancienne trouvera rapidement ses marques dans ses mécaniques de gameplay simples, mais d’une richesse ahurissante. Et pour les autres, le jeu fait tout pour que la courbe d’apprentissage soit très douce, avec au besoin un simple coup d’œil dans le menu attitré pour une piqûre de rappel efficace.

Persona 4 Golden n’a jamais été aussi accessible, la traduction apportant évidemment un confort immense comparativement aux précédentes versions du jeu. Ce qui est d’autant plus vrai lorsque l’on constate le retour de la fonction « wifi », permettant de demander de l’aide à d’autres joueurs en donjon, ou l’apparition de différents modes de difficulté, de facile à difficile. Une riche idée, qui ne semble guère dénaturer l’expérience, le mode normal demeurant bien sûr similaire à ce que proposait le titre original en terme de challenge (à savoir quelque chose d’assez soutenu, il faut le reconnaître).

Dernière nouveauté à entrer en piste, la sauvegarde rapide est tout aussi importante dans cette appréciation du confort de cette cuvée 2023. Il faut dire que, si les premières heures de jeu opposent peu de résistance, il faudra rapidement s’armer efficacement et penser stratégiquement chaque combat, ce qui demeure très chronophage.

Or les donjons sont de plus en plus longs et tortueux, ce qui demande une organisation exponentiellement réfléchie. Une petite pause, sans avoir à terminer sa journée (ce qui fait perdre du temps dans le jeu) n’est pas de refus. D’autant qu’un chrono, déterminé par la météo, nous impose un nombre défini de jours avant le game over à chaque apparition d’un nouveau donjon.

À côté de cela, Persona 4 Golden conserve les apports de la version Steam de 2020, à savoir un visuel légèrement amélioré (ainsi qu’une fonction 4K sur les machines compatibles) et la possibilité de choisir parmi les doublages japonais ou anglais. Les seconds étant les seuls disponibles sur l’édition PS2 que nous avons eu en Europe, ainsi que sur la cartouche PS Vita. Une injustice qu’il est bon de voir disparaître en même temps qu’apparaît la tant attendue traduction française. Quant à la bande son, elle est toujours aussi exceptionnelle, un point c’est tout !

Enfin, rappelons que nous avons testé le jeu sur Nintendo Switch, ce qui a participé au sentiment si positif laissé par cette seconde découverte. Parce qu’il faut le reconnaître, la portabilité de cette mouture lui confère d’emblée un avantage énorme par rapport à ses compères. Rappelons que Persona 4 Golden est très long, et la fonction de veille de la console de Big N permet ainsi de commencer et d’arrêter sa partie à chaque instant, sans avoir à se soucier de sauvegarde, du moins tant que la batterie n’est pas à sec. Quel meilleur moyen de découvrir un J-RPG aussi touffu ?

En conclusion

Difficile de le dire autrement, mais passer à côté de Persona 4 Golden en 2023 serait criminel si vous appréciez un minimum le jeu de rôle nippon. Il faut dire ce qui est, cet épisode a pris quelques rides, surtout lorsqu’on le compare à son successeur évidemment, mais rien d’insurmontable. Il demeure un véritable classique du genre, qui mêle sujets intelligents et intelligemment amenés, personnages diablement attachants, bande son si bonne qu’elle reste en tête, et profondeur incroyable couplée à une durée de vie qui donne le vertige.

Et si ces arguments ne parviennent toujours pas à vous convaincre, alors demeure l’excellente traduction en français, et les doublages japonais qui feront plaisir aux puristes. Ou bien sûr, parce qu’il faut bien le citer, son prix très attractif, fixé à moins de vingt euros. On pourra pester autant qu’on le souhaite sur l’absence de sortie en physique, mais soyons honnêtes : cette version est un véritable cadeau offert aux fans de la licence, et à ceux qui souhaiteraient la découvrir dans les meilleures conditions ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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