Aperçu : Praey for the Gods – Le Shadow of the Colossus nordique

L'hiver est déjà là.

Par delà nos contrées, sur une île reculée, inconnue de tous, les chants perdus du bout de la Terre résonnent à n’en plus finir. Les dieux, jadis vénérés, y font régner le chaos et le malheur. Ces terres n’abritent que le gel et la neige qui l’un et l’autre balayent le surface du sol comme pour en empêcher l’accès. Le climat y est invivable, tout s’éteint, tout se tait. Un hiver éternel, sournois et ravageur sévit à toute heure du jour, jusque dans les profondeurs de la nuit. Seul un fou, un inconscient oserait s’aventurer dans ce royaume hostile et cruel. À moins qu’il s’agisse d’un héros, d’une héroïne, chargée de faire la lumière sur ces événements. Bienvenue dans Praey for the Gods.

Le grand froid

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Vos premiers pas sur cet îlot dépeuplé sont ceux d’une rescapée, d’une survivante reprenant péniblement ses esprits après s’être échouée. Dans ce monde de glace, où le blizzard souffle sans relâche comme pour foudroyer le voyageur imprudent, vous reprenez péniblement vos esprits. On se réveille ici comme on émerge d’un cauchemar. Dès les premiers instants, vous comprenez que les déplacements sont rudes, coûteux et pénibles. Vous êtes seule, isolée, peu équipée, et terriblement à la merci des éléments. Vos trois jauges (sommeil, froid et faim) vous révèlent immédiatement le calvaire dans lequel vous êtes plongé. Le froid lacère votre peau et y laisse une brûlure insupportable, vos pas s’enfoncent dans le sol comme si vous y étiez aspirée, votre respiration vous trahit rapidement tant le gel s’insinue dans votre corps pour y briser toute volonté. Les vivres sont rares, les ressources éparses. Chaque baie, chaque animal chassé est une aubaine qu’il faut saisir. Chaque peau est un moyen de mieux se préserver du froid. Pour ne pas céder, ne pas abandonner, il faut avancer. Toutefois, n’imaginez pas vous élancer à gorge déployée dans toutes les directions. Si, dans les premiers temps, le chemin est balisé, vous serez très vite perdue face à l’adversité. La recherche d’un abri, d’un camp pour se réchauffer, d’une couche, même de fortune, pour vous reposer, seront votre priorité.

Le personnage que vous incarnez, un savant mélange entre Lara Croft et Aloy d’Horizon Zero Dawn, regorge de courage et de détermination. À vous d’en faire bon usage. Après avoir testé vos capacités d’escalade et appris le maniement du grappin qui facilite grandement vos déplacements, vous comprendrez que chaque effort, chaque dépense physique, a un coût énergétique élevé qu’il n’est guère aisé de contrebalancer par des vivres ou du repos, surtout en plein combat. Pour survivre, la patience et la stratégie seront vos fidèles alliés. Le titre d’ailleurs ne vous ménage pas. Inutile d’imaginer profiter du paysage et de plonger son regard vers l’horizon immaculé telle Hilda de Polaris. Un premier dieu se dresse face à vous, rappelant ces immenses créatures de Shadow of the Colossus. Car les dieux sont en colère. En foulant leur terre, vous commettez un outrage, vous leur faites affront. N’écoutant que son courage, la jeune femme se précipite au combat corps et âme, bien décidée à venir à bout de ces colosses rongés par la rage. Praey for the Gods c’est donc avant tout une histoire de survie, de lutte.

Une histoire exceptionnelle

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Niveau level design, Praey for the Gods est tout simplement magnifique. L’équipe de développeurs a parfaitement rendu cette atmosphère de mort où tout a disparu, où rien ne résiste à l’épreuve du climat. Un endroit à première vue calme et délaissé, par exemple, peut se transformer en un instant en une scène de conflit violente et chaotique. L’ambiance de mort est parfaitement rendue avec ses environnements hivernaux variés et précis. Les falaises escarpées et dangereuses laissent placent bien souvent à d’immenses plaines enneigées où l’on ne discerne rien à trente pas. De nombreuses grottes dissimulent secrets et mystères qu’il conviendra d’explorer avec méthode et réflexion. Plusieurs ruines laissent penser que des peuplades faisaient ici leur vie, il y a des années de cela. Certaines peintures rupestres, dans certains coins reculés de la carte, indiquent également à quel point les dieux étaient aimés, respectés, honorés. Aujourd’hui, seules des hordes de fantômes arpentent les lieux, et sortent comme par enchantement de la terre pour vous poursuivre et avoir raison de vous.

Le titre, même en version anticipé, est d’une richesse incroyable. La restitution de l’état de souffrance de votre personnage pousse à son comble l’impression d’empathie voulue par une histoire rude et brutale. Lorsque votre héroïne subit les assauts des dieux par exemple, le souffle lui manque, son corps l’abandonne et elle se déplace en boitant, recherchant désespérément un abri pour souffler quelques instants. Mais elle repart de plus belle en jetant ses dernières forces au combat. L’identification et l’attachement au personnage sont donc poussés à leur paroxysme.

Par ailleurs, l’absence de dialogue, l’absence d’alter ego dans ce monde de solitude extrême renforce un peu plus le mystère autour de l’histoire et du personnage. Qui est cette jeune femme ? Que fait-elle ici, loin des siens, loin de tout ? Pourquoi se tient-elle seule face aux dieux dans une opposition largement déséquilibrée ? En effet, chaque opposition fait penser à la lutte de David face à Goliath. À la fin de chaque combat, un loup énigmatique ramène inexorablement notre héroïne fourbue au même sanctuaire du départ. Le dieu vaincu disparaît alors des fresques murales qui parcourent l’édifice. Et le cycle reprend son cours. Comme si son rôle était connu et compris de tous et qu’une reconnaissance éternelle venait perpétuellement lui remettre un pied à l’étrier. Côté gameplay enfin, les combats sont assez simples mais efficaces. Nul doute que les développeurs ajouteront à leur road map une réflexion d’ensemble sur la durabilité des objets très limitée et un système de déplacement/coup trop standard pour un jeu si ambitieux. Nul doute également que cette même équipe ajoutera des possibilités de craft plus poussées pour rendre la quête de notre héroïne sans nom plus épique.

Quoiqu’il en soit, alors qu’il n’est encore qu’en early access, Praey for the Gods est déjà un titre très impressionnant, voire fascinant. Son atmosphère, ses environnements nordiques majestueux et effrayants ainsi que son personnage central charismatique marquent les esprits et incitent à creuser plus avant les mystères de cette région. Gageons que les développements ultérieurs du titre alimenteront plus encore le mythe et donneront encore plus d’épaisseur à une histoire déjà riche et complexe.

La claque

Sincèrement, ce jeu m'a mis une claque. Visuelle d'abord avec des environnements magnifiques rappelant Skellige. Au niveau du scénario, c'est très prenant. Moi qui rage d'habitude sur le manque d'indications, je me suis laissé porté par l'histoire sans sourciller. Et quel plaisir. Et puis enfin, au niveau des combats contre les dieux, il faut s'accrocher, les refaire encore et encore. Une grosse révélation pour moi.

Penderflash

Cette preview a été réalisée à partir d'une version éditeur

A propos de notre notation

La note Bamboo
Actugaming Panda
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