Activision : La FTC est divisée sur le rachat par Microsoft pendant que Bethesda obtient son premier syndicat

Activision blizzard

Nouvel épisode dans l’histoire du rachat d’Activision-Blizzard par Blizzard, et pas des moindres. Si, a priori, les deux points évoqués en titre de cet article sont séparés, ils participent à l’avancée de l’affaire, plutôt dans le sens voulu par Microsoft. Aux dernières nouvelles, la FTC (Federal Trade Commission) semblait être prête à bloquer le rachat et à aller jusqu’au procès pour que ce gigantesque deal ne se fasse pas sans concessions. Maintenant que Microsoft est prêt à en offrir, le jury en charge de l’affaire est divisé, ce qui pourrait tout changer.

Un conseil partagé en deux clans

Un article du New York Post nous indique une avancée dans la décision de la FTC. Selon ses sources, le conseil en charge de la décision d’approuver ou non le deal serait partagé en deux. Pour rappel, ce conseil est composé de quatre membres décisionnaires, dont trois démocrates et une républicaine, Christine Wilson (le détail à son importance). Cette dernière se dit être en faveur du rachat (quelle surprise), tandis qu’au moins un autre démocrate serait aussi dans la position d’approuver l’acquisition.

Ce qui amènerait donc le vote à du deux voix contre deux voix, ce qui n’arrange pas du tout Lina Khan, qui est à la tête de la FTC et qui voudrait serrer la vis sur les accords de cette ampleur. Étant donné que le vote serait trop divisé, elle aurait du mal à justifier le fait d’emmener l’affaire jusque devant les tribunaux, et pourrait ainsi préférer un accord à l’amiable selon les concessions opérées par Microsoft. Cela éviterait à la FTC de perdre la face, tout en montrant qu’elle a été capable de faire en sorte qu’un géant comme Microsoft se plie à quelques règles.

Microsoft compare Sony à Blockbuster

Et des concessions, Microsoft est prêt à en fournir. Brad Smith, président du groupe, a rappelé dans le Wall Street Journal qu’il était tout à fait ouvert à l’idée d’offrir un accord sur le partage de la série Call of Duty sur au moins dix ans, et pas uniquement à Sony, mais à qui le voudrait. Le constructeur japonais est tout de même cité une nouvelle fois avec une comparaison qu’il n’appréciera pas forcément :

« Sony est devenu l’opposant le plus bruyant à cette acquisition. Il est aussi enthousiasmé par cet accord que Blockbuster l’était face à la montée en puissance de Netflix. Le principal risque anticoncurrentiel supposé qui est soulevé par Sony est que Microsoft cesserait de rendre Call of Duty disponible sur PlayStation. Mais ce serait économiquement irrationnel. Une part essentielle des revenus d’Activision Blizzard avec Call of Duty provient des ventes de jeux PlayStation. Compte tenu de la popularité du jeu, cela serait également désastreux pour la franchise Call of Duty et la Xbox elle-même, aliénant des millions de joueurs. C’est pourquoi nous avons proposé à Sony un contrat de 10 ans pour que chaque nouvelle version de Call of Duty soit disponible sur PlayStation le jour même de sa sortie sur Xbox. Nous sommes disposés à fournir le même engagement à d’autres plateformes et à le rendre légalement exécutoire par les régulateurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l’Union européenne. »

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Blockbuster, il s’agit d’une entreprise très populaire de service de location de DVD et de VHS, qui a peu à peu disparu avec l’avènement de la SVOD. Une façon peu subtile de montrer que Sony appartient un peu au passé, en comparaison à Microsoft et son Xbox Game Pass :

« Alors que les consommateurs modernes peuvent diffuser des vidéos ou de la musique sur plusieurs appareils avec des abonnements à faible coût, de nombreux jeux ne peuvent souvent être achetés et téléchargés individuellement que sur un seul appareil. Microsoft veut changer cela en offrant aux consommateurs la possibilité de s’abonner à un service de jeu en cloud qui leur permet de diffuser une variété de jeux sur plusieurs appareils pour un prix raisonnable. Cela profiterait également aux développeurs en leur permettant d’atteindre un public beaucoup plus large. Pensez à quel point il est préférable de diffuser un film depuis votre canapé que de vous rendre dans un Blockbuster. Nous voulons apporter le même type d’innovation à l’industrie du jeu vidéo. »

La naissance du syndicat chez ZeniMax, une bonne nouvelle pas totalement gratuite

Pendant ce temps, les choses bougent enfin du côté de la création de syndicats dans le monde du jeu vidéo. Les membres du département QA (l’assurance qualité) chez ZeniMax Studios (près de 300) ont marqué l’histoire hier, en votant pour la constitution d’un syndicat désormais connu sous le nom de Communications Workers of America. Il s’agit donc du tout premier syndicat chez Microsoft, ce qui est une bonne nouvelle pour le respect du droit du travail et pour empêcher toutes les dérives que l’on a malheureusement appris à connaître ces dernières années.

Contrairement à Activision-Blizzard qui a essayé de mettre des bâtons dans les roues aux employés de Raven Software à la formation de leur syndicat (parce que Bobby Kotick), Microsoft avait promis de rester neutre face à cette manœuvre, et de ne pas interférer en faveur ou en défaveur de ce dernier. Puisque le vote a été favorable aux employés, Microsoft a reconnu la constitution de ce syndicat, chose rare pour être soulignée.

Mais derrière cette très bonne nouvelle, il ne faut pas pour autant voir Microsoft comme le chevalier blanc défenseur des droits de ses employés. L’article du Washington Post à ce propos souligne avec justesse que cette approbation pourrait jouer en la faveur de Microsoft dans le rachat d’Activision-Blizzard, ce qui est donc loin d’être désintéressé. Brad Smith dément, citant simplement prendre exemple sur ce que les employés en Europe et en Corée du Sud ont réalisé. Cependant, maintenant que le syndicat a été approuvé, ce dernier vote en faveur de l’acquisition, ce qui arrange finalement bien Microsoft.

Bien que le bien-être des employés et leur respect n’est pour l’instant pas vraiment entré en compte dans le blocage ou non du rachat, cela pourrait marquer un tournant dans l’enquête. Entre les concessions apportées par Microsoft, l’approbation d’un syndicat au sein de ses studios alors qu’il tente de racheter une entreprise qui respecte bien moins ce droit, et le fait que le deal soit approuvé dans plus en plus de pays, la FTC et les régulateurs européens doivent redoubler d’efforts s’ils veulent trouver quelque chose à redire sur cette acquisition. Mais l’histoire n’est pas encore totalement finie, loin de là.

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Jango Jack
Jango Jack
1 mois plus tôt

Merci pour cet article pour un dossier tout à fait intéressant 👌

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