Les 7 Ninjas d’Efu : Présentation et avis sur le manga de chez Meian

Les 7 Ninjas d'Efu - Couverture

Le Japon est unifié mais son peuple, lui, l'est un peu moins.

Ces derniers temps, nous vous parlons beaucoup des licences publiées par Meian Editions. Et pour cause, c’est déjà le troisième article d’affilé sur eux ! Après Jormungand et Baltzar, nous allons passer à la troisième série lancée cet été : Les 7 Ninjas d’Efu. Et disons-le tout de suite, il s’agit d’une œuvre bien plus violent et sanguinolentes que le sont les deux œuvres citées ci-avant.

A coup d’encre et de motivation, Takayuki Yamaguchi nous dépeint un univers riche scénaristiquement parlant et soigné visuellement. Certes, son trait de crayon peut déconcerté au premier abord, mais ça fait son effet une fois que le lecteur s’y habitue. Cet homme est d’ailleurs très expérimenté puisqu’il est actif depuis la fin des années 80 et compte de nombreuses publications à son actif, surtout entre 1992 et 2015.

Malheureusement, le succès n’est pas au rendez-vous et il faudra attendre Shiguri pour que l’auteur sorte enfin du lot. Il revient donc, en 2015 avec Les 7 Ninjas d’Efu, bien motivé à s’imposer sur le marché européen. Après tout, il ne s’agit que de sa seconde œuvre à arriver dans nos bibliothèques. Actuellement, la série compte sept tomes au Japon et deux chez nous, depuis cet été.

Au pays du soleil levant, cette licence est appréciée pour ses personnages charismatiques et son scénario empreint de drame et de violence. Mais est-ce que cette plongée dans un seinen prenant place dans un Japon à peine unifié en vaut la peine ? Tentons d’y répondre ensemble !

Un univers riche, complété d’éléments historiques

Les 7 Ninjas d'Efu

Comme nous vous le disions, l’action se déroule au Japon, juste après son unification. Nous sommes donc en 1615 après l’œuvre lancée par deux célèbres noms : Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi. Ieyasu Tokugawa, fort de sa victoire sur le fils d’Hideyoshi décide de traquer tous les potentiels héritiers du « singe serviteur » et crée alors une milice chargé d’éradiquer ses éventuels opposants avant même qu’ils ne se dressent face à lui.

Mais, forcément, ces derniers profitent de leur forme d’immunité pour commettre d’atroces crimes accentuant encore le sentiment d’insécurité ambiant du Japon. Loin d’être stable, le pays pourrait très vite basculé. C’est alors que, comme le nom du manga l’indique, 7 lames se dressent face à ces horribles personnages : les 7 ninjas d’Efu.

Non, cette série ne nous dépeindra pas la gestion du pays par les différents Shogun avec les yeux d’un seigneur de l’époque, comme c’était le cas dans Samurai Warriors : Spirit of Sanada par exemple, mais bien via le regard de ces acteurs du conflit. Et puisque nous en sommes à vous parler de musou, sachez que l’ambiance est plus proche d’un Berserk que d’un Dynasty Warriors. Le ton est donc donné !

Et, pour donner du corps à cette intrigue imbibée d’éléments historiques, l’auteur ne se fait pas prier d’ajouter toujours plus d’informations pour remplir son univers. On peut donc obtenir de véritables détails sur Ieyasu, sa montée au pouvoir en encore la chute d’Hideyori. Mais l’on retrouve aussi quelques éléments plutôt issus du folklore, voire de l’imaginaire du mangaka. Un subtil mélange qui permet au titre de trouver sa propre identité et de développer un univers riche et varié.

Et, dans toute cette complexité scénaristique, le dessinateur cherche à créer un rythme propre à son histoire, avec des personnages intrigant et moult développements.

L’une ou l’autre bévue qui n’entrave pas le plaisir

Les 7 Ninjas d'Efu

En parlant des personnages, ceux-ci sont introduits un à un, avec une présentation de leur passé et la façon dont ils sont devenus ces fameuses sept lames. Cette présentation est amenée en prenant bien le temps de poser les choses, s’étendant sur plusieurs chapitres, le lecteur a donc l’occasion d’en apprendre plus sur chaque visage présent dans l’œuvre.

Le petit bémol, c’est forcément que le rythme de la trame narrative n’est pas soutenu, c’est même plutôt lent. En plus, c’est également peu original puisqu’il s’agit d’un schéma vu et revu dans l’univers de la BD japonaise. Quoi qu’il en soit, cette manière de faire permet d’imprégner le lecteur dans cet univers propre à l’artiste et c’est suffisamment bien orchestré pour que l’on puisse oublier ce petit point lors du verdict final.

D’ailleurs, l’auteur rajoute encore un peu de crédit à sa production en couchant sur papier un style visuel très propre et qui lui est propre. Les détails sont légion, mais le gore également. En effet, l’artiste se donne au maximum pour proposer une œuvre sanglante où les démembrements sont foison. Dommage que les combats, eux, soient aussi peu approfondis, car ils ajouteraient une dose de peps supplémentaire qu’on ne rejetterait pas.

Mais qu’à cela ne tienne, Yamaguchi se rattrape en proposant un univers travaillé, allant jusqu’à détailler les décors et les scènes macabres auxquelles le lecteur fait face. C’est percutant, parfois un peu dérangeant, mais bordel ça fonctionne bien !

Faut-il craquer pour Les 7 Ninjas d’Efu ?

Les 7 Ninjas d'Efu

Reste que Takayuki Yamaguchi sait dans quoi il se lance. Il maîtrise très bien les codes du gore ainsi que le trait de crayon pour chaque situation. Si le rythme est un peu lent, ayant pour cause son désir de présenter chaque personnage plus en profondeur, le scénario global est intéressant et immersif. Le troisième tome ne manquera pas de surprendre et de plaire.

Les quelques petite errances scénaristiques de l’auteur lui sont rapidement pardonnées tant il parvient à contextualiser son intrigue et ses personnages, malgré quelques erreurs de débutant un peu trop flagrantes. Bref, il y a du potentiel mais il faut encore parvenir à l’exploiter à son paroxysme. Malheureusement, ce n’est pas encore le cas au bout de ces deux premiers volumes.

Enfin, partons du côté de Meian Editions qui réalise, encore une fois, du bon travail. La traduction est soignée, de même que l’impression. Le papier, quant à lui, est aussi épais et souple que pour leurs autres publications. Les textes, eux, sortent parfois un peu des bulles mais ça n’a rien de scandaleux à ce niveau. Aussi, mettons en avant, une nouvelle fois, le splendide travail effectué sur la première de couverture, qui reste de grande qualité.

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En conclusion, on peut dire que Les 7 Ninjas d’Efu est une bonne production. Si certains défauts restent présents, les deux premiers tomes de la série sont très prometteur. L’histoire est intrigante, les personnages surprenants et la patte artistique plus qu’originale. Il faut voir ce que cela donnera sur le long terme, mais nous sommes pour l’instant convaincus.

Le côté gore de l’oeuvre la rend cependant inaccessible à un public plus large. Il en va de même pour le contexte historique qui, bien que présenté par Yamaguchi, n’est pas toujours clair et à la portée de tous. Bref, c’est beau, c’est cool, ça promet une belle suite mais certains points sont encore à améliorer !

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