Kena: Bridge of Spirits : Que vaut le portage Nintendo Switch 2 du bijou signé Ember Lab ?
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Rédigé par Florian
Proposant une aventure à mi-chemin entre fable onirique et bon jeu d’action-aventure, Kena: Bridge of Spirits a su convaincre son public lors de sa sortie initiale en 2021, uniquement sur PlayStation 4, PlayStation 5 et PC via l’Epic Games Store, avec une rentabilité atteinte au bout de seulement quelques semaines de commercialisation. L’année d’après, le jeu se voyait ajouté à Steam, avant que deux années supplémentaires permettent au jeu d’Ember Lab de sortir sur Xbox One et Xbox Series X/S. Une distribution au compte-gouttes qui ne laissait rien transparaître d’une sortie prochaine sur les consoles de Nintendo. Alors que le second opus, Kena: Scars of Kosmora, devrait sortir plus tard cette année, le jeu originel s’est vu porté sur Nintendo Switch 2 depuis le 26 mars dernier. Mais le portage vaut-il le coup près de cinq ans plus tard ? Voici notre avis après quelques heures de jeu.
05Conditions de jeu : Nous avons joué à Kena: Bridge of Spirits sur Nintendo Switch 2, autant en mode docké qu’en mode portable, grâce à un code fourni par l’éditeur.
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ToggleUne nouvelle terre d’accueil

Si vous ignorez tout de Kena: Bridge of Spirits, faisons un bref rappel de ce qu’est le bijou d’Ember Lab. Dévoilé en juin 2020 lors de la conférence phare de la PlayStation 5, le jeu d’action-aventure au visuel proche d’une production Pixar a directement dirigé le regard du public vers lui, jusqu’à sa sortie timide en septembre 2021 après plusieurs reports. Mettant en scène une jeune fille, Kena, présentée comme une jeune guide d’esprits à la recherche d’une montagne sacrée, celle-ci va devoir au passage libérer les esprits piégés dans un village oublié grâce à l’aide de puissants compagnons spirituels, les Rot.
Nous vous en parlions largement dans notre test sorti à l’époque, le jeu va alors centrer son propos sur le thème du passage des esprits du monde des vivants à celui des morts. Aidée dans sa tâche par ces fameux Rot aussi mignons que poilus, la jeune fille allait devoir allier ses capacités physiques à celles héritées de son statut de guide pour redonner vie aux différents environnements traversés, le tout dans une atmosphère sombre et mystérieuse.
Porteur d’un très bon 81 score Metacritic, Kena: Bridge of Spirits a su convaincre par son esthétique aussi mignonne qu’enivrante, mais également par son aventure pas si accessible que cela avec des combats tout aussi relevés que techniques, parades, esquives et attaques devant être rythmées et cadencées, nécessitant une bonne maîtrise technique. Ce fut le cas sur PlayStation 5 (qui en profitait pour faire valoir les prouesses de sa manette DualSense) et globalement tous les supports concernés depuis, mais qu’en est-il de sa version Nintendo Switch 2 ?
Toujours aussi beau

Il nous faut d’emblée signaler que cette version Nintendo Switch 2 profite de tous les ajouts préalablement effectués sur les plateformes concurrentes, à savoir la mise à jour Anniversaire ajoutant le New Game +, de nouveaux ennemis et même de nouvelles phases pour quelques boss, comme les pierres de charme, des épreuves supplémentaires accessibles depuis le sanctuaire des masques et un mode photo amélioré. Autant d’ajouts venus densifier une expérience déjà bien complète, à terminer en une grosse dizaine d’heures. Vendue 39,99€, cette mouture Switch 2 est donc plutôt accessible, même si l’on regrette pour l’instant l’absence de version physique.
Plusieurs années après avoir touché pour la première fois au bijou « triple-i » comme on pourrait le qualifier, il nous aura fallu quelques dizaines de minutes d’adaptation pour retrouver nos réflexes d’antan. Notamment parce qu’on pourrait avoir tendance à oublier que Kena: Bridge of Spirits n’est pas un simple jeu d’aventure « facile d’accès » mais plutôt une épopée plus orientée action, avec de multiples affrontements, et même des combats de boss assez retors, qui nous gratifieront de maîtriser les contrôles de notre héroïne, en plus d’être agrémentés de somptueuses musiques ci-et-là.
La prise en main revenue à son apogée, quel fut le plaisir de replonger dans cet univers si bucolique, si étrange aussi, criant de mignonnerie et toujours aussi bien animé. Même si sur ce dernier aspect, il nous faut tout de même séparer nos constatations en deux parties : les cinématiques d’abord (critiquées à l’époque pour leur framerate calé sur les films d’animation comparativement au gameplay pouvant monter à 60 fps), qui conservent leur patte si caractéristique et leur éclat sans détérioration, pour notre plus grand plaisir visuel.
Il n’en a pas toutefois de même pour l’intégralité des phases de gameplay, qui hériteront parfois des faiblesses de leurs nouvelles consoles d’accueil, bien que cela soit étonnant du fait de la puissance proposée par la nouvelle machine de Nintendo, capable pourtant de faire tourner des titres plus ambitieux (comme on a pu le voir avec Assassin’s Creed Shadows et Star Wars: Outlaws notamment). En découle une baisse de framerate lors de combats plus intenses, des problèmes de caméras (assez rares, avouons-le) mais aussi et surtout quelques problèmes plus organiques groupant aliasing assez présent et même popping d’éléments à l’écran.
Mais toujours aussi imparfait ?

Un constat que nous avons d’ailleurs plus facilement pu faire en mode docké, là où la machine aurait dû fournir davantage de puissance et donc moins d’éléments relatifs à une plateforme moins puissante que la PlayStation 5, la Xbox Series ou un PC bien calibré. Malgré quelques concessions supplémentaires, visibles essentiellement lors d’effets visuels soutenus, Kena: Bridge of Spirits s’en sort vraiment bien en mode nomade, là où on aurait pu croire à des concessions techniques plus drastiques pour faire tourner le bazar. Notre verdict est forcément lié à la taille de l’écran, moins pratique pour constater tous les défauts, mais cela reste grandement suffisant pour admirer une réalisation, elle aussi, souvent à couper le souffle, et qui souligne de manière assez subtile le récit d’une Kena pourtant assez effacée, malheureusement.
L’occasion de préciser que, contrairement à ce que nous pensions, nous n’avons pas la possibilité de choisir entre deux modes de rendu. Sur Nintendo Switch 2, tout le monde jouera dans la même configuration et avec les mêmes réglages, à savoir des textures se rapprochant d’une 4K upscalée (un peu baveuse) sur TV et 1080p en mode nomade, et 30 images par seconde dans les deux cas. Les textures étant alors mal affinées, parfois disgracieuses par moments (hormis lors des cinématiques donc), tandis que les combats jugés assez nerveux pouvaient être frustrants quand on a l’habitude de jouer avec un framerate augmenté de nos jours. Au final, on pourrait rapprocher ce portage à une version PlayStation 4 voire PlayStation 4 Pro, au vu de certaines séquences boostées.
D’autres problèmes techniques sont venus quelque peu ternir notre expérience, à savoir des problèmes d’interface utilisateur et/ou d’affichage de texte sur des écriteaux à lire, dont le texte débordait des deux côtés de l’écran. Des bugs de collision divers et quelques hitboxes mal positionnées nous ont aussi bloqués à quelques endroits. En revanche, avouons que cela s’est grandement amélioré lors des mises à jour successives avoisinant le lancement commercial du jeu.
Les gâchettes adaptatives des Joy-Con 2 apportent toutefois un semblant de résistance bienvenue, tandis que l’on pourrait regretter le manque de finesse des vibrations HD fournies par la console de Nintendo, occasionnellement trop prononcées et bruyantes, qui clivent forcément avec celles, très subtiles, d’une DualSense, sans prendre en charge l’écran tactile non plus au passage. Mais là encore, la comparaison pourrait manquer d’intérêt tant les propositions sont différentes, pour se recentrer sur l’essentiel : il nous est désormais possible de jouer de manière native à Kena: Bridge of Spirits de manière assez agréable et cela suffira largement pour la plupart des joueurs et des joueuses.
Avec des concessions techniques inévitables mais parfois surprenantes au vu d’autres portages de jeux provenant de la même génération, Kena: Bridge of Spirits ne brille pas autant que nous l’aurions voulu sur Nintendo Switch 2. Loin d’être une catastrophe, le portage fait l’impasse sur diverses améliorations attendues en mode docké, en proposant de l’aliasing assez marqué, du popping d’éléments et autres bugs d’affichage et ralentissements lors de combats frénétiques, tout en s’en sortant bizarrement un peu mieux une fois entre nos mains nomades. Cela reste néanmoins un plaisir de retrouver Kena et ses amis à poils dans une aventure toujours aussi mignonne (et exigeante), en édition complète, avant de découvrir la suite de leurs aventures plus tard cette année, que l’on espère se rapprochant du même niveau sur Nintendo Switch 2 que sur ses concurrentes de salon.













