Un sénateur américain va présenter un projet de loi pour bannir les loot box dans les jeux visant un public mineur

Un sénateur américain va présenter un projet de loi pour bannir les loot box dans les jeux visant un public mineur
Peut-être une avancée majeure dans la législation concernant les loot box et les microtranscations.
Temps de lecture : 3 min.

A l’image de la Belgique, qui a récemment mené un combat contre les éditeurs vis à vis des loot box et autres microtransactions dans les jeux vidéo, il se pourrait que l’Oncle Sam emboîte bientôt le pas sur cette question. On rappelle que la commission des jeux de hasard belge a en effet jugé que ces pratiques étaient dangereuses, en particulier pour les plus jeunes. Le ministre de la justice de nos voisins du nord a approuvé ces recommandations, et elles sont désormais bannies du territoire.

On associe souvent le système des loot box à ceux des jeux de hasard dans la mesure où l’on achète des coffres à butin sans en connaitre le contenu au préalable. Ce procédé, qui pousse à la consommation, permet surtout aux éditeurs d’avoir d’énormes rentrées d’argent sur le long terme. Pourtant, tout cela pourrait bien changer si l’un des plus gros marché du monde venait à légiférer.

Make video games great again

Un sénateur républicain du Missouri, Josh Howley, va proposer une loi (« the Protecting Children from Abusive Games Act ») visant à interdire les loot box et les microtransactions dans les jeux destinés aux enfants, ou du moins dont la communication et la stratégie marketing englobe un public mineur. En outre, il prévoit également d’interdire l’accès des loot box aux enfants dans des jeux exclusivement destinés aux adultes. Plus précisément, toutes les récompenses aléatoires obtenues via les microtransactions, tous les systèmes de progression qui encouragent à la dépense, et toutes les microtransactions donnant des avantages en jeu (autrement dit les Pay Yo Win) seront purement et simplement interdits.

Il déclare entre autres ceci : « Les réseaux sociaux et les jeux vidéo provoquent des risques de dépendances, siphonnent l’attention de nos enfants en les écartant du monde réel et engrangent des profits en exacerbant les comportement compulsifs. Peu importe les avantages qu’en tire l’industrie, une chose est claire : Rien n’excuse l’exploitation de ces pratiques sur des enfants. » Il prend comme exemple celui du célèbre jeu Candy Crush et son « Luscious Bundle » qui offre aux joueurs de la monnaie virtuelle, des consommables qui rendent le titre plus simple, et 24 heures de vies illimitées. Et tout cela pour 150$. Malgré les relations tendues entre démocrates et républicains, il se pourrait que cette proposition fasse consensus au sein du sénat américain.

Cela ne date pas d’hier

Comme le rappelle le site Gameindustry.biz, les critiques de certains démocrates, dont la sénatrice Maggie Hassan, avaient abouti à une demande au FTC (Commission Fédérale du Commerce) afin qu’il traite le sujet. L’agence indépendante a d’ailleurs déjà prévu une réunion le 7 août prochain qui fera intervenir des acteurs de l’industrie et des avocats représentant les consommateurs. On apprend également que l’ESA (Entertainment Software Association), l’équivalent nord-américain du SELL, va défendre le modèle en place. En effet, son président, Stanley Pierre-Louis, déclare ceci : « Bon nombre de pays comme l’Irlande, l’Allemagne, la Suède, le Danemark, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont déterminé que les loot box ne sont pas liés aux jeux d’argent. Nous allons partager, avec le sénateur, les outils et les informations que l’industrie offre aux parents en matière de contrôle des dépenses. Les parents ont déjà la possibilité de limiter ou interdire les achats en ligne avec des contrôles parentaux simples. »

A l’heure actuelle, de nombreuses questions se posent, notamment sur les méthodes qui pourront être mises en place si cette proposition passait. Comment savoir si un enfant dépense de l’argent sur un jeu destiné aux adultes par exemple ? Sans parler des répercutions sur l’industrie avec des éditeurs qui devront potentiellement revoir leurs copies. Enfin, cela pourrait aussi donner des idées à d’autres pays. On ne manquera de suivre cette affaire.

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C’est du bon sens tout simplement. Et ça devrait être interdit tout court. Car bien que l’on soit responsable de nos choix, et qu’il ne tient qu’à nous de ne pas CON-sommer, il est complètement illusoire de penser que l’on aie notre totale libre-arbitre lorsque l’on est incité de tout part à consommer. C’est méthodes sont abjectes. P.S: Je n’achète jamais rien en ligne donc je ne souffre pas de ce problèmes, mais les nouvelles générations ont de moins en moins de reculs, banalisent ces méthodes et bien évidemment l’industrie en tire profit. Et osent arguer que les parents peuvent… Read more »

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