The Fable : Notre avis sur le tome 3 du manga de Pika

The Fable T3 Couverture Recto

Véritable coup de cœur, il y a quelques temps nous vous avons présenté les deux premiers tome de The Fable, le manga de Katsuhisa Minami, édité par Pika Edition. Si nous ne sommes qu’au troisième tome, pour rappel la série est terminée au Japon et s’étend sur 22 volumes.

Il est maintenant temps d’aborder le tome 3, qui pose un nouveau rythme au récit, après nous avoir donné un avant-goût de ce à quoi nous pouvions nous attendre pour la suite. En l’occurrence, un mix entre polar et comédie absurde.

Un nouvel emploi

The Fable T3 Jackal

Ce nouveau tome de The Fable nous invite à nous attarder toujours plus sur le héros, The Fable alias Sato, qui doit s’acclimater à la vie d’un citoyen lambda. Si dans le tome 2 nous faisions la connaissance de son perroquet, sobrement nommé Lieutenant, cette fois-ci il sera question de découvrir le premier nouveau travail « normal » de Sato. En effet, ce dernier se met en quête de trouver un boulot, ce qui va passer par la rédaction d’un CV et d’entretiens d’embauche. Nul doute que c’est l’occasion de voir une fois de plus le décalage opéré entre l’ancienne vie de Sato et cette nouvelle à laquelle il tente de s’adapter. Toute situation censée être banale est finalement une bonne raison pour multiplier les gags.

D’ailleurs, dans son nouvel emploi de livreur, Sato noue rapidement des liens avec ses collègues. Ces derniers sont stupéfaits par ses capacités hors du commun qui font de lui un livreur exemplaire, l’occasion pour l’auteur de mettre en avant d’autres aspects décalés du héros qui a du mal à passer inaperçu en société. On aura également des scènes qui laissent entrevoir de nouvelles thématiques sur lesquelles le manga pourra rebondir. Notamment au sujet de dérives à connotation purement japonaise, comme ce qui touche au voyeurisme, entre autre. Des séquences qui laissent présager que l’auteur va se servir de cet univers afin de pointer habilement du doigt des thématiques sociales délicates.

L’autre point important de ce tome, c’est la mise en retrait de la sœur de Sato, plutôt bien présente jusqu’alors, qui délaisse un peu de son temps de présence au jeune yakuza, Kuro. Ce dernier est dépeint comme un personnage dérangé, totalement en admiration sur Fable, dont il espère pouvoir devenir l’apprenti. Un objectif qui va justifier l’exposition de nouvelles scènes absurdes, dans la veine de ce que les premiers tomes proposaient. Autre présence importante, le premier lieutenant Ebihara, qui fait toujours preuve d’un charisme indéniable et que l’on découvre sous un jour nouveau, plus attachant et disposant de qualité de cuisinier.

Nous verrons aussi l’introduction d’un nouveau personnage, et potentiel futur adversaire teasé a la fin du tome précédent, un certain Kojima. Ce dernier sort de prison après une peine de 15 ans. On en apprend peu sur lui en l’état, mais on est en droit de penser qu’il s’agit d’un personnage redoutable. Ses actes de présence renvoient systématiquement à une ambiance plus réaliste, et par conséquent plus dramatique, nous rappelant que The Fable traite en premier lieu d’une strate sombre de la société japonaise et, par conséquent met en scène des individus peu recommandables. Encore mystérieux, ce qui paraît pourtant évident à ce stade, c’est que ce Kojima semble de la vieille école et ne compte pas faire dans la dentelle.

La maîtrise des genres

The Fable T3 Fascination

Comme jusqu’à présent, le dessin de Katsuhisa Minami est toujours aussi efficace, toujours très réaliste, avec ce souci particulier du détail sur les armes. Le découpage est une fois de plus soft et structuré, tout autant que cinématographique. Un constat peut-être plus évident sur ce volume.

Nous le disions brièvement en intro, le rythme de ce tome 3 de The Fable est plus posé que sur les deux précédents. Le découpage cinématographique semble prendre plus de poids, tout en restant pertinent, il régule le rythme efficacement. Après nous avoir présenté l’univers du récit, il est maintenant temps de se lancer pleinement dans l’histoire, ce que fait ce volume, lentement mais sûrement. Un choix légitime, puisque si vous avez accroché jusque là, vous n’aurez aucune raison de ne pas continuer la lecture.

Le dessin arrive toujours a être des plus lisibles, et Minami parvient encore à rendre son manga compréhensible sans pour autant s’étaler sur les dialogues explicatif. Toujours bien écrits, utiles et percutants, les dialogues font systématiquement mouche et ne paraissent aucunement superflus. En outre, la finesse des traits, précisément sur les visages, parvient à rendre les personnages suffisamment expressifs pour que l’on parvienne sans effort à saisir le ton et les enjeux qui régissent les scènes.

Notez un premier flashback, porté par quelques planches vraiment très belles, avec un noir et blanc du plus bel effet, venant apporter un peu d’élément quant au passé de Sato. Subtile mais non moins intéressant. Ajoutons que le monde de la pègre n’est pas oublié, on commence un peu plus à entrevoir ce qui se dessine avec les clans yakuza, ce qui participe à créer une ambiance significative.

Faut-il craquer pour le tome 3 de The Fable ?

The Fable T3 Art

Difficile de ne pas vous recommander The Fable de Katsuhisa Minami. Si vous ne connaissez pas le manga, nous ne pouvons que vous suggérer de tenter l’expérience sur le premier tome. Quant aux lecteurs, lectrices qui auraient déjà entamé la série, sautez sur ce tome 3 les yeux fermés. Bien que l’humour soit moins présent et impactant que sur le tome précédent, il semble que ce nouveau volume nous donne un avant goût du rythme narratif auquel s’attendre pour la suite.

Malgré ce coup de frein évident, et tout a fait normal au vu du dynamisme des premiers chapitres, cela n’enlève en rien les qualités déjà relevées de l’œuvre. Au contraire, ce tome prouve que l’auteur connaît très bien son sujet et les genres impliqués, polar et comédie, qui jouissent ici d’un équilibre parfaitement maîtrisé. L’écriture fait mouche, la folie des personnages semble ne pas toucher que le héros, gage de nouvelles idées comiques qu’il nous tarde de découvrir. Puis, s’il y a un élément qui n’a pas bougé en 3 tomes, c’est évidement la lecture.

Quand bien même un rythme de croisière différent, The Fable se dévore toujours aussi vite, une fluidité de lecture qui sonne comme un maître mot. Par ailleurs, malgré une action moins présente, à juste titre, nous apprécions le fait que la quasi totalité des personnages secondaires pour le moment impliqués dans l’histoire bénéficient d’un minimum de background, les rendant consistants. Enfin, en s’attaquant à certaines dérives sociales qui, nous le savons sont malheureusement courantes au Japon, Minami laisse entrevoir une vision critique de la société nippone. Cela donne de la profondeur à l’ensemble.

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Nous ne cesserons de le répéter, mais si ce n’est pas encore le cas, foncez lire The Fable. Ce seinen a le mérite d’aborder un monde peu représenté ces dernières années dans le manga, sans oublier d’avoir un propos en fond. Et il y a forte raison de croire que cette série a encore bien des choses à raconter et à pointer du doigt, ce que la maîtrise habile des genres peut permettre.

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