Beyond Good & Evil 2 vit toujours mais ne décolle pas, et projette à présent d’être une expérience « solo first »
Arlésienne parmi les arlésiennes, Beyond Good & Evil 2 n’en finit pas de ne pas se finir. Et comme souvent (pas toujours), l’arlésienne en est une en raison de difficultés de développement, plus ou moins nombreuses. L’ère Michel Ancel a offert, entre autres, son lot de soucis de scope, mais malgré son départ d’Ubisoft en 2020, le projet accumule toujours les problèmes. Le dernier état des lieux, mis en lumière par le média Origami, démontre à nouveau l’enlisement de cette suite.
Un projet encore en pré-production
Plus que jamais, la question de l’existence et surtout la sortie de Beyond Good & Evil 2 brûle toutes les lèvres. Comment un jeu qui galérait déjà il y a pas mal d’années peut nourrir des perspectives sereines dans une industrie qui n’a jamais autant licencié et mis fin à des projets via un claquement de doigts ? Surtout qu’Ubisoft n’est pas le dernier à opérer des restructurations, que ce soit la fermeture de RedLynx et les licenciements chez Ubi Singapour, ou bien le projet de 100 suppressions de postes en Allemagne.
Eh bien Gauthier « Gautoz » Andres, journaliste pour Origami, a publié un article dans lequel il partage des informations sur l’état actuel du développement de ce Beyond Good & Evil 2, encore en pré-production. Si la confirmation que le projet patine n’étonne guère, c’est surtout au niveau du processus de développement et de validation des étapes que l’on en comprend la raison.
Origami pointe surtout que les principaux soucis se trouvent au niveau des « gates » (ou portes). Elles sont censées cadrer le fil du développement, sauf que, inlassablement, elles changent trop régulièrement. Des avis contraires ou supplémentaires au sujet de telle boucle de gameplay, ou émettant le souhait d’améliorer tel système, font que ces étapes conceptuelles ne sont pas franchies.
Par exemple, longtemps vendu comme un jeu à la dimension multijoueur hyper ambitieuse, organique, presque seamless, Beyond Good & Evil 2 a réduit petit à petit ses prétentions, en partant sur des groupes de matchmaking plus petits, dans des zones en réalité plus restreintes, et puis finalement avec moins en moins de joueurs. Tout ça pour arriver aux dernières nouvelles à un jeu principalement solo, très travaillé narrativement et jouable en coop, dont les combats semblent inspirés des Marvel’s Spider-Man.
BGE2 dans une impasse ?
Une taille qui parait désormais plus raisonnable, encore qu’on ne sait pas précisément l’envergure du terrain de jeu et du contenu visé, et que nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux changements. Et puis le moteur Voyager, à un moment très en avance sur l’industrie, a forcément dû subir des transformations pour coller à ce nouveau scope, et donc susciter une lourde charge de travail, comme le dit toujours Gautier Andres.
À travailler sans avancer, les inquiétudes sont donc de plus en plus prononcées au sein de l’équipe de développement et des membres se sont même demandés pourquoi ce projet était encore lié à la licence Beyond Good & Evil 2, et ressentent une perte de sens quant à ce développement. À l’inverse, l’aura du jeu et l’hypothèse selon laquelle Yves Guillemot lui-même ne souhaiterait pas voir le projet annulé suggèrent que ce dernier continue encore à voguer.
Un serpent qui se mord la queue et dont les conséquences humaines (et particulièrement mentales) n’ont pas fini de se faire ressentir. Et rappelons que, rien que chez Ubisoft Montpellier, 250 personnes sont mobilisées sur le jeu, ce qui correspondrait à 70% des effectifs. Alors imaginez le résultat d’une annulation pour ce studio historique de l’entreprise Guillemot.
Bref, même si dans les faits les équipes travaillent d’arrache-pied, il y a trop d’indicateurs suggérant que Beyond Good & Evil 2 n’y arrivera pas, mais, au vu des nombreuses retombées négatives en cas d’annulation, les allures de patient sous assistance respiratoire persistent.