Officialisé lors du Tokyo Game Show 2025 après avoir fait l’objet de rumeurs diverses et variées, Forza Horizon 6 est disponible depuis le 19 mai dernier sur PC, Xbox Series et le Xbox Game Pass, et arrivera plus tard, cette année, sur PlayStation 5. Développé comme ses prédécesseurs par les Britanniques de Playground Games, avec le soutien de ce qu’il reste de Turn 10 Studios, ce nouvel opus de la licence axée jeu de course arcade en monde ouvert nous emmène pour la première fois au Japon. Une destination que les fans espéraient avoir l’occasion de découvrir, ou redécouvrir, par le biais de la saga depuis un moment.
Très attendu en conséquence, cet épisode est-il à la hauteur de l’excellente réputation que la franchise s’est forgée avec le temps, comme le laissait présager notre preview effectuée début avril ? Dans l’ensemble, oui car il se montre plaisant et généreux sur bien des aspects. Malheureusement, difficile aussi de ne pas lui reprocher de ne jamais chercher à réinventer à minima une formule qui, même si elle demeure gagnante, n’a quasiment pas évolué depuis la sortie de Forza Horizon 4 en 2018. Explications dans ce test.
Conditions de test : Test réalisé à l’aide d’une version Premium numérique Microsoft Store (PC) fournie par l’éditeur. Celle-ci a tourné en configuration graphique « Élevée » (ray tracing désactivé, NVIDIA DLSS, DLAA et Reflex Faible Latence activés) sur un PC portable AORUS 17H BXF (2023) équipé d’un processeur Intel Core i7-13700H (2,4 GHz), d’une NVIDIA GeForce RTX 4080 Laptop, d’une mémoire vive de 16 Go de RAM DDR5, d’un écran LCD 17,3 pouces de résolution 1080p, et d’une manette Xbox One. Notre session dessus a duré environ 29h, temps nécessaire pour atteindre le rang « Élite » du Festival Horizon et le statut de « Spécialiste de l’exploration » dans la campagne nommée « Discover Japan ». Pour y arriver, nous avons participé à plus d’une centaine d’événements différents et arpenté le monde ouvert en long et en large, jusqu’à dévoiler 92% de la carte et parcourir 1852 km in-game au total. Notez que le point de vue exposé dans cet article est celui d’une personne ayant joué à Forza Horizon 4 et 5.
La prochaine légende du Festival Horizon, ce sera moi !

Direction le Japon pour le Festival Horizon
Après nous avoir fait voyager à travers le Colorado (États-Unis), la Côte d’Azur (France), la Riviera ligure (Italie), l’Australie, la Grande-Bretagne et le Mexique, Forza Horizon 6 nous emmène au Japon. Dans la peau d’un avatar personnalisable qui se révèle être un simple amateur ou une simple amatrice d’automobiles en début de partie, notre objectif est de devenir la prochaine légende du Festival Horizon. En parallèle, le titre nous laisse également nous forger une solide réputation d’explorateur au sein du pays du soleil levant. Autrement dit, ce n’est donc pas une mais deux campagnes bien distinctes qui nous sont proposées dans cet opus.
Intitulée « Horizon Festival », la première nous incite à gravir les différents échelons de la compétition, du rang « Novice » à « Légende », en obtenant des bracelets de couleurs. Pour cela, nous devons d’abord passer par le stade des qualifications qui nous demande d’accumuler des points Horizon. Comment ? En participant à des courses sur route, terre, et cross-country, prenant part à des épreuves et activités multijoueurs (Horizon Play! et Stunt Party), essayant d’effectuer le meilleur score possible dans divers défis (radars, zones de vitesse, zones de drift…), détruisant les panneaux d’XP disséminés dans le monde ouvert, ou encore, en photographiant les plus de 600 véhicules disponibles au lancement.
Quand nous en avons obtenu suffisamment, nous débloquons alors l’accès à la phase « Horizon Rush », celle qui nous récompensera d’un de ces fameux bracelets en atteignant l’objectif minimum fixé pendant un événement plus ou moins original imaginé par les développeurs. Duel contre un mécha géant digne de la franchise Gundam, course contre des voltigeurs de l’extrême, parcours accidentés et techniques sur les docks de Tokyo et autour du centre spatial Irokawa… chacun d’eux profite d’une mise en scène spécifique et apporte ce petit grain de folie qui a toujours fait le charme des Forza Horizon, bien que celui-ci soit effectivement de moins en moins perceptible au fil des itérations.
Concernant la seconde campagne qui a été sobrement baptisée « Discover Japan », elle nous invite à collectionner des tampons, dans l’optique de nous faire passer du statut de touriste à celui « d’Expert » du Japon. Et cette fois, pour y parvenir, nous pouvons nous lancer dans des courses de rue et de Touge, terminer des missions scénarisées (excursions avec Mei, apprentissage du drift, shooting photos pour le magazine Moto Auto…), accomplir des quêtes façon « livraisons Uber Eats » à travers Tokyo, explorer le monde ouvert pour y dénicher des mascottes régionales et trésors de granges, ainsi qu’acquérir de nouvelles voitures et maisons.
D’ailleurs, en parlant des résidences, chacune possède désormais son garage que nous sommes libres de personnaliser comme nous le souhaitons. C’est un ajout assez anecdotique mais nul doute que des personnes seront ravies d’en profiter. Dans ce but, elles devront interagir avec une de leurs demeures, sélectionner l’onglet « Garage modulable », puis l’option « Personnaliser le garage », et elles arriveront dans un éditeur de création similaire à celui utilisé pour concevoir des épreuves et défis sur mesure dans le mode Horizon Event Lab.
Vous l’aurez compris, cet épisode ne cherche jamais à réinventer ou révolutionner la formule si chère à la série, même à minima. La forme change très légèrement mais, sur le fond, nous n’avons remarqué aucune évolution significative, ce qui était déjà le cas dans Forza Horizon 5. Est-ce un défaut ? Oui, clairement, mais ça ne nous a pas empêché de prendre beaucoup de plaisir tout au long de nos 29h de jeu. Qui plus est, nous avons eu le sentiment que le contenu généreux qui nous est à nouveau offert nous a été distillé de manière davantage digeste qu’en 2021, et ce n’est pas pour nous déplaire.
En revanche, sachez que, si vous voulez atteindre le rang « Légende » du Festival Horizon, vous pourrez difficilement faire l’impasse sur le multijoueur. En effet, bien que nous n’ayons pas pu le vérifier pleinement par nous-mêmes, il nous a semblé particulièrement long et ardu de chercher à accomplir cet objectif uniquement par le biais des événements solo accessibles au lancement. Nous supposons que cette impression sera de moins en moins visible avec le contenu saisonnier qui sera déployé dans les jours et semaines à venir, mais une partie du public pourra logiquement être frustrée que Playground Games n’ait pas pris en compte ce « détail » lors de l’équilibrage de la progression. C’est dommage.
Un gameplay arcade toujours aussi fun et accessible

Jouer comme nous le voulons est toujours une des forces de Forza Horizon
Côté gameplay, là encore, Forza Horizon 6 n’a pas vocation à bouleverser nos habitudes. Certes, de nombreux bolides peuvent se montrer un peu plus « joueurs » qu’auparavant, notamment quand nous sommes au volant des plus puissants d’entre eux, mais ça ne nous empêche pas de profiter à nouveau d’une conduite orientée arcade extrêmement plaisante à prendre en mains et accessible à un large public, le tout instantanément et sur le long terme.
Ainsi, c’est une expérience à la carte qui nous est proposée ici, avec la possibilité de régler plein de paramètres différents. Niveau de difficulté des Drivatars, ABS, contrôles de traction, stabilité et départ arrêté, style de comportement de la voiture, gestion automatique ou manuelle de la boite de vitesses, activation ou non de la trajectoire dynamique idéale, du système de flashbacks, des dégâts et de l’usure des pneus… tout est là pour nous laisser jouer et, surtout, nous amuser exactement comme nous le souhaitons.
Si vous vous considérez plutôt comme un ou une pilote chevronné, vous n’hésiterez donc probablement pas à enlever toutes les assistances ou presque, vous adonner au tuning et à modifier les moindres réglages de vos véhicules, tandis que les autres conserveront plus ou moins d’aides et se contenteront d’accumuler des points de prouesses pour améliorer leur roster, comme nous par exemple. Quant aux artistes en herbe, ils n’ont pas été oubliés puisqu’ils ont accès à de multiples outils pour personnaliser leur catalogue et, s’ils le veulent, partager leurs créations en ligne.
Bref, sans surprise, nous avons affaire à un Forza Horizon pur jus, fun et capable d’attirer et convaincre un maximum de profils divers et variés.
Un monde ouvert de toute beauté à explorer

Explorer chaque région du pays du Soleil levant est un régal pour les yeux (mais pas que !)
Faisons maintenant un point sur la réalisation globale de Forza Horizon 6. A l’image de ses prédécesseurs, cet épisode est une vitrine technique pour la franchise Forza et le genre des jeux de course. Outre la modélisation intérieure et extérieure de chaque véhicule qui est toujours aussi soignée, le monde ouvert qui nous est proposé est tout simplement sublime. Que nous arpentions les petits villages pêcheurs d’Ito, les montagnes enneigées et routes sinueuses de Sotoyama, le site traditionnel classé au patrimoine de l’UNESCO de Shirakawa-go, ou encore les rues, ruelles, autoroutes et quartiers de Tokyo, l’explorer est un pur bonheur.
Bien entendu, ce ressenti n’est pas uniquement dû aux graphismes photoréalistes du titre. Le travail effectué autour de la direction artistique y joue également un rôle, bien qu’il ne soit pas autant mis en valeur. De plus, l’environnement qui nous entoure évolue à chaque instant, grâce notamment au cycle jour/nuit, à la météo dynamique et au système de saisons. En effet, même s’il est vrai que nous n’avons été que trop rarement confrontés à des changements drastiques des conditions météorologiques et qu’il faudra malheureusement patienter jusqu’au 28 mai et 4 juin pour voir comment rendent respectivement l’automne et l’hiver en jeu, ça ne nous a pas empêché de constater que l’open-world imaginé par le studio britannique est bel et bien vivant au printemps et en été.
D’ailleurs, à ce sujet, profitons de l’occasion pour revenir sur un aspect qui a grandement fait parler en amont de la sortie de cet opus : le trafic routier. À nos yeux, il est suffisamment présent, dans et en dehors de la capitale. Tout le monde ne sera évidemment pas d’accord sur ce point mais, honnêtement, nous avons eu l’impression qu’un très bon équilibre a été trouvé pendant sa conception et son intégration. Il nous laisse libre d’appuyer sur le champignon, tout en nous invitant à rester alerte pour éviter d’entrer en collision avec une voiture PNJ ou un élément indestructible susceptible de nous faire perdre le score de prouesses que nous avions l’opportunité d’inscrire.
Autres qualités à retenir, cette itération embarque un sound design d’excellente facture et une bande-son d’une grande richesse, composée de nombreux morceaux japonais et internationaux répartis au sein de neuf radios différentes. De la playlist pop de Sub Pop Radio à celle plus orchestrale et classique d’Horizon Opus, il y en a même une qui est entièrement dédiée à la musique nippone. Intitulée « Gacha City Radio », elle inclut, par exemple, « Idol » de Yoasobi, « Song of the Dead » de Kana-Boon et « New Genesis » d’Ado. Des chansons que vous connaissez forcément si vous avez regardé les animés Oshi No Ko et Zom 100: Bucket List of the Dead, ainsi que le film d’animation One Piece: Red.
Enfin, notez que, concernant les dimensions peaufinage et optimisation, la production fait figure de très bonne élève. Certes, quelques bugs mineurs peuvent se manifester mais leur présence n’a rien de dramatique non plus. Cependant, nous espérons que les plantages et temps de chargement infinis rencontrés pendant notre session, eux, seront corrigés rapidement, ce qui n’était pas encore le cas au moment d’écrire ces lignes.















