Test Hot Wheels Infinite Rush – Le plastique c’est fantastique

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Studio ayant construit l’intégralité de sa carrière sur les jeux de course et de rallye, avec notamment les séries WRC et Moto GP, Milestone surprenait son monde en 2021 en sortant Hot Wheels Unleashed. Un titre très différent de ce à quoi le développeur italien nous avait habitués jusque-là, plus coloré et surtout bien plus arcade, se basant non pas sur des véhicules et une compétition réels, mais sur la gamme de jouets bien connue de Mattel. Un pari osé, qui aura toutefois abouti à deux sorties plutôt appréciées. Assez en tout cas pour qu’une troisième itération, plus ambitieuse, soit mise sur pied. Cette suite, c’est Hot Wheels Infinite Rush.

Après la réception plutôt mitigée du pourtant prometteur Screamer, reboot d’une série longtemps disparue des radars, ainsi que du dernier Moto GP en date, Milestone lançait donc, à la rentrée, un titre plus ouvert que ce qu’on lui connaît. Hot Wheels Infinite Rush c’est, à première vue, la rencontre des petites voitures en plastique et de la recette d’un Forza Horizon. Une idée qui a de quoi faire saliver, quand on adhère à l’univers des jouets, d’autant plus avec le concours d’un gameplay ayant déjà fait ses preuves sur deux précédents jeux. Reste à savoir si l’ambition revue à la hausse de cette itération ne lui met pas des bâtons dans les roues.

Conditions de test : Nous avons passé une petite vingtaine d’heures sur la version PlayStation 5 du titre, nous ayant été fournie par l’éditeur. Ce fut suffisant pour faire un gros tour de sa proposition, mais pas pour viser le 100%.

L’évolution logique

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Hot Wheels Infinite Rush // Source : Milestone

L’installation de ce Hot Wheels Infinite Rush n’aura pas pris bien longtemps, et nous avons été étonnés de constater qu’il ne pesait pas plus de 15 petits Go. Pour un titre se vendant sur son ouverture, avec quatre grandes maps au programme, cela surprend. On comprend toutefois rapidement pourquoi cette taille une fois la manette en mains : Milestone n’a que peu fait évoluer l’aspect graphique depuis Hot Wheels Unleashed en 2021. Cette troisième itération vise plus haut, certes, mais pas foncièrement plus beau.

Ce qui se ressent au niveau des textures assez pauvres, en ce qui concerne le décor, et de l’apparition momentanée d’un certain clipping, souvent facile à louper, mais parfois assez frappant. Un choix qui s’entend, puisque le studio n’a pas les moyens d’un Microsoft, a fortiori dans la mesure où il auto-édite son jeu. Mais il est vrai que, bien qu’on ne s’attendait pas à ce qu’il rivalise avec le sublime Forza Horizon 6, on espérait un peu plus de l’aspect visuel de ce Hot Wheels Infinite Rush, qui sort en parallèle sur Switch 2, ce qui l’handicape certainement. Heureusement, celui-ci réussit le plus important.

En effet, ce que l’on retiendra surtout c’est l’apparence des jouets mis en scène, parfaitement réussie. On a vraiment l’impression de jouer avec les petites voitures de Mattel, sur lesquelles les effets de lumière sont fort jolis. Avec plus de 150 véhicules au compteur, on comprend bien pourquoi les décors ont été moins travaillés. Cela étant, n’allez pas croire que le titre est laid pour autant. Non, il n’impressionne pas, et il souffre de quelques problèmes graphiques qui font parfois tache. Mais l’ensemble demeure cohérent et agréable à l’œil, en plus d’être globalement très fluide.

On a particulièrement apprécié l’originalité des quatre maps disponibles, chacune ayant son petit quelque chose pour la différencier des précédentes, avec notamment de grosses créatures en plastique qui renforcent assurément ce côté « coffre à jouet » ressenti dès le départ. L’aspect assez vertical de ces environnements les honore par ailleurs, et nous avons trouvé l’intégration des rampes en plastique plutôt bien sentie. On ne vise évidemment pas le réalisme, mais bien le fun à l’état brut, et sur ce point Hot Wheels Infinite Rush est une franche réussite. On a par ailleurs été conquis par l’impression de vitesse.

On s’attendait un brin à être déçu par l’absence de musiques sous licence, faisant en bonne partie l’ADN des titres dont s’est inspiré Milestone. Toutefois, il faut reconnaître que les sonorités électroniques et groove de sa bande sonore font mouche, et collent bien avec l’ambiance générale très arcade et détendue. On a malheureusement fait un peu trop vite le tour des morceaux qui passent pendant les épreuves, au point qu’on finit par s’en lasser, passée la barre des quatre à cinq heures de jeu à peine. Ce qui contraste pas mal avec l’OST nous caressant les tympans pendant l’exploration, nettement plus sympathique sur la durée. On a aussi la sensation qu’il manque un petit quelque chose : des voix.

Parce que le titre de Milestone est extrêmement minimaliste dans sa mise en scène et sa manière de construire sa progression. Pas d’histoire pour nous diriger d’une course à l’autre, pas de contexte, pas de personnage… Un point qui déçoit pas mal, parce qu’on ressent vraiment cette absence, ne favorisant pas la motivation à poursuivre notre aventure une fois le contenu principal terminé. Dommage, parce qu’on constate bien toute la bonne volonté du développeur, et la pléthore de bonnes idées menant à l’appréciation de son travail.

Une recette qui fait mouche

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Hot Wheels Infinite Rush // Source : Milestone

En dehors de cela, Infinite Rush est finalement tout ce que l’on pouvait en attendre. On se retrouve donc avec quatre maps plutôt grandes, proposant des ambiances distinctes, sur lesquelles sont disséminés toutes sortes de défis et de petits secrets à découvrir. Si l’on n’a jamais été vraiment surpris par la proposition, il faut toutefois reconnaître que l’exécution est efficace. À commencer par la variété du contenu, pouvant autant être réalisé en solitaire qu’en multijoueur. Deux manières de jouer qui, dans les faits, changent peu de choses, à l’exception du challenge.

Parce qu’en solo, et dans la difficulté médiane, il faut reconnaître ce qui est : le challenge est globalement assez bas, bien qu’il connaisse quelques petits sursauts au cours de l’aventure. Entendons-nous bien, nous ne prenons pas cela pour un défaut, puisque Hot Wheels Infinite Rush se tourne vers une expérience grand public, adaptée à tous les profils de pilotes, du total novice au plus chevronné. Mais on recommandera toutefois aux habitués du jeu de course de directement lancer le titre en mode difficile, pour leur éviter de briser complètement l’expérience en quelques heures, sans avoir l’impression de se voir opposer la moindre résistance.

D’autant que le jeu de Milestone n’est pas ce qui se fait de plus long, bien au contraire. Il nous a fallu un peu plus d’une douzaine d’heures pour débloquer les quatre îles et vaincre les seize « boss » qui nous y attendent. Après cela, il nous restait encore un paquet de véhicules à débloquer, et pas mal d’activités à réaliser ou de collectibles à récupérer, certes, mais plus vraiment d’objectif clair. L’intérêt est donc retombé en flèche. Pour tout voir et tout faire, il faudra sûrement compter une trentaine d’heures, en prenant son temps.

Notez toutefois que cette durée de vie va de pair avec un prix plutôt abordable pour le genre : moins de cinquante euros. Oui, cela reste une somme à une heure où le sans-plomb 98 a dépassé les 2,30… mais pour ce prix, comme dit plus tôt, vous aurez droit à une expérience certes un poil courte, mais solide et complète. Hot Wheels Infinite Rush n’est pas qu’un bête jeu de course, il propose toutes sortes de petites activités qui donnent envie de visiter son monde et de prendre son temps, de conduire et de tout casser, quand l’occasion se présente.

Avec ses quatre types de véhicules distincts, il offre des sensations fort différentes, et parvient à proposer des épreuves qui mettent parfaitement cela en valeur. Si vous veniez pour la vitesse, alors vous allez en avoir pour votre argent, puisque tout le gameplay tourne autour du boost et du remplissage de sa jauge attitrée. Chaque type de véhicule ayant son type de boost, et son moyen de remplir ladite jauge, il va falloir adapter sa conduite en fonction, ce qui n’est pas toujours évident. Heureusement, les tracés sont plutôt bien sentis, et mettent par ailleurs en valeur une fonction de dérapage qu’on a mis un peu de temps à contrôler, mais qui s’est rapidement révélée jubilatoire.

Quelques exceptions viennent ternir la fête, notamment dans la dernière map que l’on débloque, plus orientée drift. Ce qu’on entend par là, c’est qu’il n’est pas toujours bien évident de s’y retrouver avec tous ces virages, a fortiori dans la mesure où l’extérieur des tracés n’est pas composé de murs solides, mais plutôt de flèches colorées que l’on peut traverser à l’envie, ce qui ne provoque aucune punition. Un bon moyen de permettre à tout le monde de s’amuser, sans avoir à se tenir bien au milieu de la route, certes, mais c’est vrai qu’on peut parfois perdre de vue le prochain checkpoint, et se retrouver en fâcheuse posture.

Ce qu’on a surtout aimé dans ce Hot Wheels Infinite Rush, c’est sa façon de nous laisser libre. Libre d’explorer, d’abord, en dehors des nombreuses épreuves qu’il propose. Mais aussi, libre de tout casser et de se frayer un chemin selon nos propres règles, pendant les courses. Parce qu’en dehors des bâtiments, tout est destructible, et rares sont les objets du décors qui vont vraiment ralentir notre allure. Ainsi, on est complètement encouragé à foncer dans le tas sans trop réfléchir, et cela fait un bien fou, surtout couplé à un sound design très agréable à l’oreille lors des collisions. Ce qui va de pair avec une physique globale qui colle parfaitement au poids supposé des jouets que l’on incarne, créant quelques moments rigolos. Il se dégage un vrai sentiment de détente au contact du jeu de Milestone, idéal pour se relaxer après une journée bien énervée au travail par exemple.

Riche à tous les niveaux

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Hot Wheels Infinite Rush // Source : Milestone

Malgré sa durée de vie un peu faiblarde pour le genre, Hot Wheels Infinite Rush peut très clairement être qualifié de riche sur le reste de ses aspects. La conduite, pour commencer, offre de très bonnes sensations, ne serait-ce qu’avec l’impression de vitesse qu’elle procure. Le fait qu’on soit constamment poussé à utiliser le boost offre une certaine contrainte appréciable, dans la mesure où l’on aura alors tendance à rechercher continuellement la vélocité. Et puisque les quelques murs et rebords de virages ne nous arrêtent jamais bien longtemps, voire nous renvoient vers le milieu de la piste, alors rien ne vient jamais vraiment nous frustrer.

On le disait plus tôt, le nombre de véhicules dépasse les 150, ce qui est plutôt impressionnant au regard du travail réalisé sur leur aspect visuel. Mais ce n’est rien à côté du souci apporté à leur maniabilité. Parce qu’on ne joue pas seulement des véhicules plus ou moins rapides : chaque nouvelle petite voiture en plastique est bien différente de toutes les autres. Le bruit de son moteur, sa façon de tourner, sa prise en main… tout change d’un bolide à l’autre, et c’est un véritable plaisir que d’essayer les nouvelles Hot Wheels qui rentrent dans notre collection. Cela pourrait presque devenir addictif.

D’ailleurs, le jeu en a visiblement conscience, puisqu’il nous propose d’essayer directement chaque bolide que l’on achète en boutique. Mieux, il est possible de changer de véhicule à la volée, via un menu rapide qui se déroule d’une pression de croix directionnelle. Cela devient vite le bazar dans notre collection, qui s’agrandit en battant les seize boss du jeu, en dérouillant certains ennemis spéciaux qui sillonnent la carte, ou parfois même simplement en terminant une épreuve. Mais heureusement, tout est rangé par catégorie : universel, dérapeur, speeder et titan. De quoi s’y retrouver assez facilement malgré le nombre rapidement dantesque de voitures à notre actif.

Notez que les caractéristiques varient énormément d’un véhicule à l’autre, et que l’on débute bien sûr par des voitures peu puissantes. Toutefois, on acquiert rapidement de quoi rouler sur le jeu, sans mauvais jeu de mot, en battant les quatre premiers boss. Chacun de leurs engins est beaucoup plus vivace que ce que l’on possédait avant cela, et que ce que l’on pouvait jusque là acquérir en magasin. Une sensation qui n’est pas sans rappeler ce que l’on pouvait ressentir sur un Need for Speed: Most Wanted. On est ainsi d’autant plus pressé de venir à bout de ces « rushers », correspondant à l’objectif principal du jeu.

On l’a déjà dit, la diversité des épreuves et activités honore le titre de Milestone, bien que pour progresser dans sa quête principale, on se contentera de réaliser des courses aux concepts assez similaires. Nonobstant, le titre propose aussi toute une dimension créative et communautaire. Il vous sera ainsi possible de personnaliser vos bolides, de créer différents autocollants, mais surtout de créer vos propres circuits via un éditeur extrêmement complet. Pas forcément évident à utiliser de prime abord, cependant.

À partir de là, l’imagination des joueurs du monde entier devient la seule véritable limite, puisqu’il vous sera possible de télécharger les maps mises en ligne pour vous y essayer. Et si, pour l’heure, peu de créations ont vu le jour, on ne doute pas que les prochains mois pourraient voir naître de très chouettes circuits. En espérant que la communauté grandira et accueillera des passionnés, comme ce fut le cas sur des titres comme Mario Maker ou Trackmania, par exemple. Cela étant dit, il serait bon que Milestone affiche un peu plus clairement l’existence de cet outil créatif…

Parce que pour y avoir accès, il va vous falloir passer par le menu pause, vers lequel nous ne sommes jamais vraiment dirigés. Il y a bien un tutoriel en début de jeu, mais on ne nous dit jamais explicitement qu’il est possible de réaliser ses propres circuits. On aurait aimé que cela soit mis un peu plus en avant, car c’est finalement sur la fin de notre session que l’on a découvert l’existence de cette fonctionnalité. D’autres joueurs, moins curieux ou moins chanceux, pourraient parfaitement passer à côté.