Sorti au début des années 2000 par Bungie (Destiny, Marathon, Myth), Halo: Combat Evolved est un FPS Sci-Fi qui a marqué de son empreinte l’industrie vidéoludique. Comment ? Grâce à son récit prenant, ses gunfights à la manette plaisants, son univers intrigant et son statut de porte-étendard technique sur la première Xbox de Microsoft. Environ 25 ans plus tard, ce jeu culte fait son grand retour par le biais d’un remake, Halo: Campaign Evolved, dépourvu de toute dimension multijoueur et conçu par Halo Studios, l’entreprise américaine anciennement connue sous le nom de 343 Industries qui avait justement participé au développement du remaster Halo: Combat Evolved Anniversary commercialisé en 2011.
Disponible dès ce 28 juillet sur PC, Xbox Series, le Xbox Game Pass et pour la première fois sur une machine de Sony, la PlayStation 5, cette version parvient-elle à se montrer digne et fidèle au monument qui a tant séduit la critique et le public auparavant ? Réponse dans ce test.
Conditions de test : Test réalisé à l’aide d’une édition Premium numérique Microsoft Store (PC) fournie par la firme de Redmond. Celle-ci a tourné en configuration graphique « Élevée » (NVIDIA DLSS et Reflex activés) sur un PC portable AORUS 17H BXF (2023) équipé d’un processeur Intel Core i7-13700H (2,4 GHz), d’une NVIDIA GeForce RTX 4080 Laptop, d’une mémoire vive de 16 Go de RAM DDR5, d’un écran LCD 17,3 pouces de résolution 1080p, et d’une manette Xbox One. Notre session dessus a duré environ 17h, temps nécessaire pour terminer une fois sa Campagne principale et mini-Campagne bonus, en solo, difficulté « Normale », et dans sa version française. Nous avons ensuite rejoué plusieurs missions, afin d’essayer d’identifier les Crânes et Terminaux que nous avions manqués pendant notre première run, et testé brièvement le mode « Campagne Remix » en vue TPS. Pour rappel, il est également possible de profiter des deux Campagnes en coopération locale et en ligne sur PC et consoles. Notez que cet article est garanti sans spoilers majeurs. De plus, le point de vue exposé dedans est celui d’une personne ayant effectué la preview de ce remake en juin dernier, ainsi que bouclé une fois par le passé chaque Campagne des titres suivants de la licence : Halo: Combat Evolved Anniversary, Halo 2: Anniversary, Halo 3, Halo 3: ODST, Halo: Reach, Halo 4, Halo 5: Guardians, et Halo Infinite.
Le début d’un long périple qui n’a presque pas pris de rides

Le Major et Cortana rempilent pour leur premier périple, un des meilleurs de la série Halo // Source : ActuGaming
Pensé à la fois pour attirer les néophytes et fans de la saga, Halo: Campaign Evolved nous invite, sans surprise, à suivre l’histoire racontée dans la Campagne de Halo: Combat Evolved. Autrement dit, elle nous emmène en 2552, dans un futur lointain où l’humanité livre une guerre sans merci depuis environ 27 ans contre une dangereuse espèce extraterrestre appelée l’Alliance Covenante. Malheureusement, ce conflit ne penche pas en sa faveur.
En effet, elle vient de connaître une cuisante défaite avec la chute de Reach, bastion hors système solaire le plus important des forces militaires humaines de l’UNSC (United Nations Space Command). Cependant, des survivants ont réussi à réchapper de cette tragédie, en parvenant à embarquer dans plusieurs vaisseaux spatiaux tels que le Pillar of Autumn. Dirigé par le capitaine Keyes, celui-ci s’évertue à tenter de semer l’ennemi en enchaînant les sauts au hasard dans le sous-espace. Une tactique vaine puisque les Covenants finissent par le rattraper et l’aborder.
Au vu des circonstances, ce commandant doit se résoudre à ordonner l’évacuation de l’appareil. En parallèle, il ordonne aussi la sortie de cryogénisation du Major. Considéré comme l’ultime espoir de l’humanité, ce super-soldat se voit alors confier une mission de la plus haute importance : emmener en lieu sûr Cortana, une intelligence artificielle très évoluée ayant accès à des informations sensibles convoitées par les forces aliens. Une quête que nous devrons mener à bien, sauf que la situation va continuer d’empirer.
Pendant notre fuite, notre nacelle de survie se crashera sur le Halo Alpha, une étrange et gigantesque structure en forme d’anneau. Pour ne rien arranger, elle semble convoitée par les Covenants. Pourquoi ? Quels secrets cache l’installation ? Arriverons-nous à la quitter en un seul morceau avec toute une armée à nos trousses ? Si vous ne le savez pas déjà, pas de panique, nous vous laisserons trouver les réponses à ces questions par vous-mêmes. Quant aux autres, ils et elles auront l’occasion de replonger au cœur d’un périple remis au goût du jour qui n’a presque pas pris de rides malgré son quart de siècle d’existence.
Fidèle à celui d’origine et demandant environ 9h pour être terminé en ligne droite, il est donc à nouveau porté par une écriture soignée, un scénario bien rythmé et intéressant à suivre de bout en bout, ainsi qu’un duo Major/Cortana toujours aussi attachant. Il profite également de l’occasion pour y intégrer une mise en scène modernisée, par le biais de cinématiques entièrement refaites absolument sublimes, et une bande-son remasterisée, pour le plus grand plaisir de nos oreilles.
Et concernant la VF, si vous l’ignoriez encore, le casting historique de cet opus et de la franchise n’a pas été rappelé, en raison du litige opposant les professionnel(le)s du doublage à la politique menée par Microsoft à propos de l’usage de l’IA générative. Par conséquent, ce sont des acteurs et actrices inédit(e)s qui ont été chargé(e)s de donner vie aux différents personnages de ce remake. Lesquel(le)s ? Officiellement, aucune idée, étant donné qu’ils et elles n’ont pas été crédité(e)s au moment d’écrire ces lignes et contrairement aux personnes qui ont contribué aux localisations anglaises, allemandes, espagnoles, italiennes, etc. Officieusement, plusieurs indices apparus fin de semaine dernière sur les réseaux sociaux suggéraient que la nouvelle voix du Major serait d’origine marocaine… ce qui lui a valu d’être harcelé et menacé instantanément par des internautes (oui, le monde est fou !)
Toutefois, nous sommes maintenant enclins à croire la firme de Redmond qui, il y a quelques semaines, avait affirmé que le casting français était bel et bien constitué d’humains. Nous sommes conscients que tout le monde ne sera peut-être pas du même avis, ni que certains et certaines d’entre vous nous pardonneront de dire cela, mais, sincèrement, nous avons bien accroché à cette VF inédite. La personne derrière Cortana campe à merveille son rôle et, s’il est vrai que la voix « rocailleuse » du Major sonne davantage « gros bourrin prêt à tout défoncer » façon Schwarzie, Sylvester Stallone, ou Bruce Willis que « militaire pur jus droit dans ses bottes », nous nous y sommes rapidement habitués.
En revanche, nous pouvons regretter que les développeurs n’aient pas souhaité ou eu l’idée d’inclure une sorte de « codex » in-game, dans l’optique de permettre notamment aux néophytes d’obtenir des informations complémentaires sur les personnages et le lore de cet épisode et de Halo au fur et à mesure de la partie. Il existe bien un équivalent potentiel, à savoir le manuel officiel du FPS, mais, pour le consulter, il faut impérativement posséder l’édition Premium numérique.
Un gameplay manette modernisé, toujours intuitif et très plaisant

Halo: Campaign Evolved apporte des ajouts et améliorations de gameplay qui font la différence manette en mains // Source : ActuGaming
Côté gameplay, Halo: Campaign Evolved coche quasiment toutes les cases pour nous combler de joie. Que ce soit dans les déplacements ou gunfights, son expérience nous propose des ajouts et améliorations qui rendent sa prise en main à la manette toujours intuitive dès les premières minutes de jeu et extrêmement plaisante sur le long terme.
Par exemple, les mouvements du Major sont plus fluides qu’auparavant et intègrent la possibilité de sprinter, ce qui n’était pas le cas dans l’épisode original et son remaster. Nous n’avons pas estimé nécessaire de souvent l’utiliser mais sa présence peut avoir un intérêt dans des situations spécifiques ou aux yeux des néophytes qui sont habitués à y avoir accès de base dans d’autres FPS.
Pour ce qui est de l’arsenal, davantage d’armes peuvent également être maniées par notre personnage en cours de partie. Magnum, pistolet à plasma, fusil d’assaut, Needler, mitraillette, épée à énergie, grenades, rayon de Sentinelle… il y a largement de quoi faire pour nous amuser sur le champ de bataille. Bien entendu, les power-ups « Bouclier renforcé » et « Camouflage » sont à nouveau présents. Toutefois, les packs de soin, eux, n’ont pas été réintroduits, et c’est tant mieux ! Ainsi, notre barre de santé et les boucliers de notre armure se reconstituent et se rechargent automatiquement quand nous restons statiques et à couvert pendant quelques secondes.
Outre nous donner le droit d’en détourner un contrôlé par un adversaire si nous en avons l’opportunité, les véhicules ont aussi bénéficié d’une physique entièrement retravaillée, de manière à rendre leur conduite bien plus agréable que par le passé. De l’iconique Warthog au Scorpion de l’UNSC, en passant par le Ghost et Banshee Covenant, celle-ci est très satisfaisante. Mais, si jamais nous éprouvons tout de même des difficultés à piloter correctement, une option à activer dans les menus nous permet de switcher d’une maniabilité axée sur les deux sticks analogiques à une seconde orientée sur l’usage du joystick gauche, pour gérer la direction, et des gâchettes gauche et droite, pour accélérer ou freiner.
De plus, vous pouvez noter que la progression a subi différents ajustements de confort, afin de réduire le sentiment de frustration que nous pouvions ressentir à l’époque face à certains passages spécifiques de la Campagne. Nous pensons surtout à ceux nous ayant fait errer au sein de cette fameuse immense Bibliothèque pendant ce qui nous semblait être une éternité, ou encore ceux nous plaçant au cœur du chaos engendré par les apparitions de Messieurs P et GS sur le terrain. Tous ces moments sont franchement bien plus digestes dans ce remake.
Enfin, sachez que la courbe de challenge opposée par nos ennemis nous a paru correctement dosée et convaincante dans l’ensemble. Certes, l’IA demeure parfois trop passive mais elle fait le job et nous avons intérêt à ne pas trop la sous-estimer la plupart du temps. Quant à son comportement si particulier, allant des Grognards prenant la fuite parce que « Le chef est mort ! Courez ! » aux redoutables Élites camouflés susceptibles de nous éliminer en un coup, il contribue à nouveau et à sa façon au charme de Halo.
Une refonte de haute volée sous Unreal Engine 5

« Il est vachement beau le jeu quand même, non ? » // Source : ActuGaming
Sur le plan technique, nous étions particulièrement curieux de découvrir si Halo: Campaign Evolved ne nous vendait pas trop de rêve avec ses trailers et vidéos de gameplay publié(e)s depuis octobre 2025. Verdict : ce n’est pas le cas. Détails des textures, gestion de la lumière et des ombres, modélisation des personnages, PNJ, armes, véhicules, environnements, et du ciel, niveau de qualité des animations et du sound design, lisibilité et ergonomie de l’interface, fluidité de l’expérience de jeu… la refonte sous Unreal Engine 5 de Halo: Combat Evolved opérée par les développeurs est vraiment impressionnante.
Que nous arpentions et/ou combattions dans les couloirs du Pillar of Autumn, d’un vaisseau Covenant, ou encore au sein des zones intérieures et extérieures du Halo Alpha, la réalisation globale proposée par ce remake est de haute volée. Même le travail soigné réalisé autour de la direction artistique se remarque et mérite d’être mentionné, bien que celui-ci ait effectivement tendance à être trop masqué, comme souvent dans ce genre de productions optant pour des graphismes photoréalistes poussés sous le moteur d’Epic Games.
À part ça, nous n’avons pas grand-chose à ajouter si ce n’est que jouer à ce titre est un régal pour les yeux, malgré la présence de quelques bugs ici et là. Honnêtement, c’est un plaisir de revoir la franchise capable de nous gratifier à nouveau de ce type de vitrine technique, même si ça ne se fait pas par l’intermédiaire d’un moteur maison.
Missions bonus, Crânes… une rejouabilité solide au programme ?

Des missions bonus avec Johnson, c’est bien, des missions bonus avec Johnson et sa « vieille Sophie », c’est mieux ? // Source : ActuGaming
Outre la modernisation de la Campagne de Halo: Combat Evolved, il est important de rappeler que Halo: Campaign Evolved nous propose de découvrir d’autres ajouts, à l’image de « Opération: MÉTÉORITE ». Conçue en collaboration avec l’auteur américain Troy Denning, cette mini-Campagne bonus se déroule environ un an avant les événements du Halo Alpha. Sans Cortana, nous y retrouvons le Major et le sergent-major Johnson qui y ont pour mission de dérober les précieuses données de navigation d’un vaisseau de recherche Covenant gravitant autour de la colonie vitrifiée de Promise.
Sympathique à suivre dans l’ensemble, cet arc préquel est cependant très court, étant donné qu’il se compose de trois missions seulement dont nous avons vu le bout en à peine 2h-2h30 en ligne droite. Certes, il a le mérite de faire revenir les Brutes dans le bestiaire, de nous laisser l’occasion d’utiliser deux armes de leur arsenal (le fusil à plasma Brute et le Spiker), ainsi que nous donner la possibilité de prendre part à une bataille spatiale (une première pour la licence !), mais c’est à peu près tout.
Côté collectibles, le titre inclut également 42 Crânes à récupérer et 13 Terminaux avec lesquels interagir dans chacun de ses niveaux, afin de débloquer respectivement des modificateurs de gameplay divers et variés (vue TPS, munitions et grenades infinies, véhicules de l’UNSC indestructibles…) et des informations de lore supplémentaires. De plus, réussir à acquérir trois Crânes nous déverrouille le mode « Campagne Remix », qui nous invite à refaire la Campagne de base en activant à minima les effets des Crânes « Adaptation », « Recharge » et « Armistice » (randomisation de l’emplacement des armes et des adversaires rencontrés + les factions ennemies ne s’attaquent pas entre elles).
Sur le papier, ces nouveautés sont intéressantes car elles viennent combler l’absence du multijoueur, en dotant le FPS d’un assez fort potentiel de rejouabilité au passage. Cependant, encore faut-il avoir l’œil et l’ouïe pour dénicher ces collectibles ! De notre côté, ce n’est qu’après une bonne quinzaine d’heures que nous sommes parvenus à obtenir notre premier Crâne et il nous a fallu fouiller cinq fois les moindres recoins du niveau 1 pour gagner le droit d’essayer le mode « Campagne Remix ». Alors, évidemment, nous sommes bien conscients que cette dimension « recherche », à la fois patiente et acharnée, fait partie du jeu, mais nous n’aurions pas été contre que cette activité se montre aussi moins frustrante.
Enfin, notez que ce remake intègre également une fonctionnalité nous laissant personnaliser certaines armes et l’armure du Major. Ce n’est pas un ajout particulièrement marquant, d’autant plus qu’il est nécessaire de posséder l’édition Premium numérique pour avoir un maximum de choix dans les skins, mais nous supposons qu’une partie d’entre vous l’apprécieront.

















