La franchise de Bandai Namco s’essaye désormais à la réalité virtuelle avec Little Nightmares VR: Altered Echoes. Avec un Little Nightmares III qui n’a pas vraiment convaincu son monde, cet opus VR a enfin pour vocation d’effectuer une continuation de l’histoire contée dans les deux premiers volets. Six revient parmi nous et ce sera littéralement son alter ego Dark Six que l’on incarnera et qui devra tenter de retrouver le corps originel de Six.
Le titre est d’ailleurs développé par les petits gars de Iconik. Le studio français basé à la Ciotat n’avait jusqu’à présent pas fait énormément de gros jeux de la trempe d’un Little Nightmares, ces derniers s’étant cantonné à un petit jeu de ping pong sympa et atypique avec King Pong. Les voilà désormais sur le devant de la scène, afin d’essayer de contenter les joueurs et joueuses en manque d’un vrai jeu VR Little Nightmares. Même si l’on retrouve la patte artistique de la franchise, force est d’admettre que cet opus en réalité virtuelle tire son épingle du jeu, mais nous laisse un poil sur notre faim.
Conditions de test : Nous avons terminé Little Nightmares VR: Altered Echoes en 2 heures de jeu, en tentant de récolter le maximum de collectables possibles. Le titre a été testé sur le PlayStation VR2, majoritairement dans sa version 1.001.000.
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ToggleDark Six à la recherche de Six

Le moment où l’homme filiforme a dépourvu Six de son humanité…
L’histoire de Six a été longtemps délaissée et inachevée après les deux volets de Little Nightmares, ainsi que ses DLC. Une chose que tente de réparer Little Nightmares VR: Altered Echoes en étendant le lore de ce protagoniste préféré des joueurs et joueuses. Oubliez donc Little Nightmares III se focalisant sur d’autres personnages, car ce nouvel opus VR nous propose une histoire totalement inédite dans la peau de Dark Six. Le titre commence d’ailleurs sur une scène de Little Nightmares II où Six se fait séparer son âme en deux par l’Homme Filiforme.
C’est à partir de là que vous prenez le contrôle de Dark Six, dans une aventure où cette entité va tout faire pour ne refaire qu’un avec Six, désormais dépourvue d’une âme. Premier point positif à noter, Little Nightmares VR: Altered Echoes reste dans la lignée de ses prédécesseurs. D’ores et déjà, le titre respecte sans détour cet aspect sans dialogues qui fonctionne du feu de dieu, vous forçant à interpréter ce qu’il se passe à l’écran, casque VR sur la tête.
L’autre point fort résidera dans l’extension du lore de Little Nightmares, apportant de légères réponses sur cet épisode VR. Bien que la fin nous laisse une nouvelle fois sur notre faim avec encore plus de questions qui vont rester une nouvelle fois sans réponses, les petits gars de Iconik ont eu quand même cette bonne idée de nous faire incarner Dark Six. Ceci nous donne un point de vue radicalement différent de la version normale de Six.
Nous pouvons ainsi avoir en quelque sorte une continuation de l’histoire de ces protagonistes qui avait été laissée en suspens. On recroise au passage quelques créatures iconiques de la franchise via quelques séquences bien senties, mais on se réservera le droit d’être frustré par l’approche de la narration, qui ne vient pas nous donner de vraies réponses, que l’on attendaient depuis des lustres.
De plus, si le titre est finalement trop court avec seulement 5 chapitres qui se bouclent rapidement, on pourra quand même se consoler avec une direction artistique et une mise en scène très solide. Sans surprise, les développeurs ont compris ce qu’est Little Nightmares et ont respecté logiquement la matériau d’origine.
C’est une bonne chose et il faut bien avouer que la mise en scène ne laisse pas indifférent avec des passages dingues et enthousiasmant, notamment sur la fin. Mais bref en dehors de ça, les prises de risque sont absentes, nous laissant en face d’un titre à la narration inachevée à notre goût, bien que rattrapé par tout l’enrobage artistique et le savoir-faire d’Iconik, qui sait ce qu’il fait et il le fait très bien.
Une expérience fidèle au matériau de base, avec zéro risque

L’institutrice, ou la créature la plus opressante de tout Little Nightmares
Sur le gameplay pur oui, on peut dire que les bonhommes d’Iconik sont parvenus sans trop de mal à transposer toute l’essence d’un Little Nightmares en réalité virtuelle. Ne vous attendez pas non plus à une révolution mais dans l’absolu, la maniabilité reste traditionnelle d’un jeu VR avec des déplacements au joystick comme la caméra que l’on tourne, ainsi que la possibilité de saisir des objets à une ou deux mains via les touches latérales de la manette. La prise en main est ainsi très intuitive, personnalisable avec pas mal d’options (assis ou debout), accessible et il en va de même pour les phases de plateformes.
Little Nightmares oblige, vous allez devoir dans un premier temps très souvent grimper aux diverses parois. D’ailleurs, le rapport d’échelle entre votre protagoniste et les créatures immenses que l’on rencontre est bougrement saisissante, nous donnant l’impression d’être un petit enfant face à de gargantuesques monstres qui nous poursuivent. Il n’y a pas à dire, Iconik a réussi cette impression d’être minuscule, donnant lieu à des séquences de jeu qui arrivent indéniablement à marquer.
D’ailleurs, cette durée de vie courte de Little Nightmare VR: Altered Echoes a un avantage : celle de proposer un contenu suffisamment condensé pour ne pas s’ennuyer. Le rythme du jeu est ainsi constamment soutenu, et propose un vrai mélange de séquences intéressantes. De puzzles bien travaillés à résoudre, en passant par des phases de grimpettes voire des séquences de cache-cache face aux créatures, autant dire que le titre ne manque pas de diversité dans ce qu’il propose.
La production d’Iconik propose aussi une belle interaction avec le décor, mais pour des mécaniques de jeu qui paraissent finalement limitées. En effet, vous pouvez interagir avec pas mal d’objets ou éléments du décor, donnant une légère liberté non négligeable aux joueurs et joueuses. Cela reste assez gadget la plupart du temps, mais on apprécie. En revanche, pas mal de mécaniques de jeu instaurées et arrivées à la moitié du jeu, restent finalement un peu trop sous-exploitées, à l’image des allumettes que l’on peut utiliser, afin de s’orienter dans la pénombre et y déceler les pièges.
Qui plus est, le level-design du soft est parfois un poil brouillon. Bien que linéaire durant ces cinq chapitres, on ne pourra parfois pas s’empêcher d’y voir un cheminement confus sur savoir quoi faire sur certains chapitres. Ce petit écueil est vite balayé par la suite parce qu’on s’y retrouve, mais il faut bien avouer que l’inexpérience d’Iconik dans ce type de jeu a pu peser dans la balance. Rien de bien grave toutefois car dans l’ensemble, le studio se rattrape par cette patte artistique réussie et quelques séquences à la mise en scène Little Nightmares pur jus.
On pourra également pinailler sur quelques situations orientées infiltration et cache-cache qui se répètent parfois un peu trop mais dans l’ensemble, le résultat proposé dans ce Little Nightmares VR: Altered Echoes est globalement satisfaisant tout en restant sacrément immersif. Notez que vous n’aurez par contre que peu d’intérêt de retourner sur le jeu une fois fini, mis à part trouver les collectables restants et encore. Qu’à cela ne tienne, le soft parvient à offrir mine de rien des phases de plateformes un poil stressantes, dans la lignée de ce qu’est capable d’offrir la licence.
Graphismes et bande-son au top

Pas vraiment ridicule graphiquement
Dans les deux autres points à aborder, nous avons l’aspect technique, finalement dans les standards d’un jeu VR. Tournant sur le moteur Unity, autant dire que le jeu n’est finalement pas si ridicule techniquement parlant. En dehors de quelques bugs de collisions voire de scripts qui pourront faire tiquer sur la version testée, il faut bien admettre que le jeu en matière d’effets visuels et de textures, reste d’assez bonne qualité. Le moteur physique proposé est également bien soigné, prouvant que le titre a été franchement bien optimisé sans le moindre accroc.
On fini avec sa bande-son, dans le ton de ce que l’on attend d’un Little Nightmares. À savoir la mythique mélodie principale du soft aussi mélancolique qu’inquiétante, mais aussi toute une atmosphère sonore qui renforce le sentiment d’oppression chez les joueurs et joueuses. Il n’y a pas à dire, les petits gars d’Iconik ont clairement compris toutes les facettes de l’univers de la licence et ont réussi sans vergogne à retranscrire tout cette ambiance sonore avec brio.
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