Test Control Resonant – Une suite qui tente de nouvelles choses, et c’est grisant

Publié le :

Par :

Pas de commentaire
0
8.5

Note des lecteurs

Partagez votre avis (0)

Après Alan Wake 2 il y a trois ans, Remedy ne chôme pas. Il fallait bien que le studio se focalise sur le second opus de Control avec Control Resonant. Ici, contrairement au premier jeu qui n’était autre qu’un TPS orienté shooter combiné avec les pouvoirs de Jesse Faden et avec un côté metroidvania qui faisait largement le boulot, Control Resonant s’oriente sur un autre type de jeu.

Effectivement, tout en conservant le lore de Remedy qui veut faire son propre Remedyverse en liant Alan Wake et Control, le titre nous propose cette fois-ci un monde un peu plus ouvert tout en étant davantage action-RPG dans l’approche. Ce sera cette fois-ci le frère de Jessee que nous incarnerons et déjà aperçu dans le premier jeu, soit Dylan. Et sans surprise, il semblerait bien qu’une nouvelle fois, Remedy nous éclabousse de son talent avec un Control Resonant qui fait tout aussi bien que son aîné, et vous allez comprendre pourquoi dans notre critique.

Conditions de test : Nous avons exploré les environs de ce Manhattan surnaturel durant 25 heures de jeu en laissant derrière nous une petite poignée de quêtes annexes restantes. Le titre a été testé sur PlayStation 5 majoritairement dans son mode performance. 

À la recherche de Jesse

Control resonant test 1 1

Première rencontre avec Zoe dans des choix de dialogues pas si impactants… – Control Resonant // Source : ActuGaming

Quand Control vous permettait de contrôler Jesse Faden à la recherche de Dylan dans l’ancienne maison possédée par le Hiss, sachez que Control Resonant est aux antipodes. La production de Remedy vous fait prendre le contrôle de Dylan, le frère de Jesse. Le soft nous emmène plus de sept ans après les événements du premier opus, quand celui-ci se réveille enfin de son long coma.

En émergeant, Dylan se rend compte qu’il se retrouve dans l’ancienne maison du BFC, où Manhattan est désormais sens dessus dessous. Le Hiss, l’entité maléfique du premier épisode en a pris totalement le contrôle, plongeant la ville dans un désordre insensé. Dans son périple, notre héros va devoir faire équipe avec le BFC et quelques personnages de Control premier du nom, tout en recherchant sa sœur portée disparue, et qui était justement directrice depuis peu de cet organisme.

C’est sur ce point de départ que va débuter Control Resonant, et sachez qu’il n’est pas nécessaire d’avoir terminé le premier jeu pour comprendre l’histoire. Un long résumé est disponible au début du jeu, afin de connaître l’essentiel de la trame contée dans Control Resonant. Et très franchement, son univers reste toujours aussi fascinant. Il faut dire qu’avec le savoir-faire de Remedy, on se retrouve assez souvent avec des séquences maîtrisées et jouissives dans la mise en scène, avec cette influence à la Inception qui fonctionne vachement bien.

De même, il y a de quoi apprécier notre nouveau protagoniste aussi attachant que complexe dans son approche. Dylan Faden est clairement touchant au fil de notre progression, et nous en apprenons bien plus sur son passé et celui de sa sœur Jesse. Ajoutons à cela un fil rouge franchement bien soigné et une intrigue profonde qui étend encore plus le lore du « Remedyverse », et on obtient là une histoire qui marche du feu de dieu sur Control Resonant qui nous donne envie de voir le fin mot de l’histoire.

Très honnêtement, du début à la fin, Control Resonant arrive à nous faire sourire, à nous émerveiller, mais également à nous faire verser quelques larmes par son émotion narrative. Remedy a toujours eu le chic de savoir conter des histoires complexes et bougrement bien écrites, et il faut croire que le studio avec, pour directeur créatif le fameux Sam Lake, cela fonctionne toujours comme au premier jour. Qui plus est, le lien avec Alan Wake 2 fait du coup largement sens et montre que lier ses licences de la sorte, c’est une bonne idée quand c’est bien fait.

En fait, la seule chose que l’on peut reprocher, et encore ce n’est qu’une broutille, ce sont les choix de dialogues qui n’impactent pas autant que l’on aurait pu l’espérer. Répondre aux personnages dans le temps imparti voire sélectionner une réponse tranquillement ne va pas réellement déclencher un quelconque embranchement significatif.

Cela se voit à la rigueur sur quelques quêtes annexes ou bien sur la relation entre certains personnages qui peuvent évoluer mais, dans l’absolu, la fin restera la même et les conséquences de nos actions seront moindres. On en soupçonnerait presque Remedy d’avoir ajouté cette mécanique afin d’apporter une notion de choix artificiel. Ce n’est cependant pas très grave et, oui, on attend désormais de voir ce que Remedy compte faire de Control avec pourquoi pas un troisième volet ? En tout cas, c’est ce que l’on espère fortement.

Un action-RPG avec un grand A

Control resonant test 6 6

Les combats sont tellement satisfaisants, même en aérien ! – Control Resonant // Source : ActuGaming

Control Resonant fait les choses autrement dans cette suite. Oubliez le côté TPS orienté shooter et metroidvania du premier, car ce second volet opte pour une approche radicalement action-RPG. Les armes à feu ne sont pas de la partie, et Dylan va devoir, au début de son périple, choisir une forme d’aberration qui ne sera autre qu’une barre de fer pouvant se transformer en l’arme de son choix. D’une faux en passant par un hachoir ou encore deux bâtons de fer pour des attaques rapides, voilà ce que vous pourrez choisir.

Si on craignait un peu que les affrontements ne soient pas au niveau, sachez que Control Resonant offre quelque chose de bougrement jouissif, rien que sur les premières minutes. Les esquives sous forme de dash sont fluides, les combos que l’on peut enchaîner sont dévastateurs, et même le feeling global est pêchu, naturel et surtout terriblement impactant à l’écran. Pour une première dans de l’action-RPG pur, teinté de beat’em all, force est de constater que le résultat nous a vachement impressionnés de la part de Remedy.

D’ailleurs, Dylan n’aura pas qu’une seule arme à son actif. Effectivement, notre protagoniste pourra disposer d’une forme secondaire pour remplir la jauge d’étourdissement des adversaires rongés par le Hiss, ce qui peut vous permettre de réaliser une exécution stylée une fois l’ennemi suffisamment étourdi via la pression d’une simple touche. Le tout s’exécute bien, et Control Resonant sort même de sa manche une troisième forme d’arme en guise de fin de combo qui, là, peut remplir la jauge d’étourdissement certes, mais aussi matérialiser un état de faiblesse, afin de mieux terminer nos assaillants ou leur faire un peu plus de dégâts.

Vous l’aurez compris, Dylan aura de quoi se défendre avec un arsenal d’armes blanches varié. Qui plus est, les diverses armes que vous n’aviez pas pu avoir au début du jeu, notez que vous pourrez les crafter et donc les obtenir moyennant un système de ressources basique (nous y reviendrons plus tard). Le frère de Jesse pourra aussi utiliser les pouvoirs issus des Resonants, les boss du jeu à combattre. Une fois terrassés, vous aurez la possibilité de choisir entre l’un de leurs pouvoirs, et ainsi l’utiliser par la suite en guise de combat.

Bien évidemment, on vous le donne en mille, l’utilisation de ces pouvoirs s’effectue moyennant de l’énergie via une jauge qui se remplit en mettant quelques tatanes à vos adversaires. Il y a également une variante qui peut utiliser votre santé en guise d’énergie, mais cela ne se produira que si vous équipez un certain artefact (une autre mécanique que l’on abordera plus loin). Il n’y a pas à dire, Dylan peut vite devenir surpuissant et dispose d’un équipement suffisamment diversifié pour terrasser ses adversaires, et c’est grisant.

Toutefois, il fallait bien pointer du doigt un élément enquiquinant qui n’est autre que la lisibilité de l’action. Si cette dernière est bien ciselée avec la possibilité de verrouiller ses ennemis, il faut dire que l’action peut quelquefois partir en cacahuète pour pas grand-chose. Il pourra vous arriver d’avoir un système de verrouillage un poil embêtant qui peut n’en faire qu’à sa tête, ou une caméra sans verrouillage qui peut ternir un chouïa l’action à l’écran.

En dehors de ça, les trois quarts du temps, on adore ce que l’on voit à l’écran en termes de combats, qui n’en restent pas moins spectaculaires et jubilatoires. Certes, nous pourrons pester sur des éléments un peu répétitifs à terme mais dans l’ensemble, nous nous sommes copieusement régalés durant ces 25 heures de jeu en faisant énormément de contenu annexe à côté.

L’intervalle Control Resonant

Control resonant test 11 11

L’univers de l’Intervalle est déjà saisissant – Control Resonant // Source : ActuGaming

Afin de faire monter en puissance Dylan, ce dernier peut aller directement dans l’Intervalle. Se présentant comme le subconscient de notre héros (presque similaire au palais mental d’Alan Wake 2), vous pouvez y faire ici pas mal de choses à commencer par améliorer ses talents. Prenant logiquement la forme d’un arbre à compétences, cela vous donne la possibilité d’améliorer les divers pouvoirs ou statistiques de Dylan via des points de talents reçus en montant en niveau sur les diverses zones du jeu (que l’on détaillera plus bas). C’est classique dans l’exécution mais efficace.

Par la suite, vous pouvez aussi améliorer vos armes. Avec des ressources que vous pouvez acheter via un fournisseur disséminé dans chaque zone du jeu, ou récoltées sur les ennemis une fois éliminés, il sera ensuite possible de crafter des améliorations ou obtenir de nouvelles armes que vous aurez tout le loisir d’équiper. Cela permet ainsi de faire monter le niveau de puissance de Dylan, et pouvoir ainsi mieux aborder les affrontements sur des boss ou des ennemis étant auparavant plus puissants que vous.

Concrètement, le système est super bien huilé, et l’Intervalle vous permet enfin de crafter des artefacts. Une fois récupéré sur des ennemis ou après avoir terminé des quêtes principales ou annexes, vous pourrez ensuite crafter moyennant de la source (la monnaie du jeu), et quelques éléments de craft, l’artefact convoité. Il est possible d’en porter jusqu’à trois, et vous confèrent des bonus intéressants comme des boosts de coups critiques si votre santé est pleine ou des avantages plus risqués avec la santé qui peut s’utiliser en guise d’énergie pour lancer vos pouvoirs.

L’ensemble peut ainsi vous donner un petit coup de pouce supplémentaire si vous n’êtes par exemple pas assez puissant sur les zones en question. Très honnêtement, dans son classicisme, nous retrouvons des éléments rafraîchissants dans cet Intervalle qui restent de surcroît bien ancrés dans cet enrobage Remedy. Globalement, tout est bien ficelé et aide grandement le joueur à rendre Dylan à terme surpuissant et à nous procurer notre dose de dopamine face aux ennemis.

 Extrêmement généreux sur son monde ouvert

Control resonant test 21 16

Les améliorations par zones sont plutôt grisantes – Control Resonant // Source : ActuGaming

Là où Remedy frappe fort résidera dans son système de zones que l’on parcoure. En effet, il faut voir ces zones-là comme un terrain de jeu qui peut être à votre avantage une fois amélioré. En réalisant des quêtes, en éliminant les ennemis du Hiss voire en réalisant quelques primes ou activités totalement annexes, vous allez faire monter en niveau la zone en question et gagner un point de talent à utiliser ensuite.

Vous pourrez la faire monter au maximum jusqu’au niveau 10 pour chacune d’elles, et vous avantagera largement une fois ces dernières maîtrisées. En fonction de son niveau, vous pourrez effectivement déverrouiller de nouvelles primes qui ne sont autres que des activités secondaires, augmenter le niveau du fournisseur – qui sera le marchand vous permettant d’acheter des ressources avancées – et des artefacts rares à crafter, ou bien tout simplement gagner un peu plus de santé en terrassant quelques ennemis.

Bien que cette boucle de gameplay par zones puisse forcément se répéter, il faut bien avouer que l’on oublie rapidement cet écueil, et que l’on se prend au jeu d’améliorer au plus vite la zone, ce qui pourra nous avantager plus tard. D’ailleurs, le titre incorpore une fois encore cet aspect metroidvania, dans la mesure où vous aurez de nouveaux pouvoirs ou mécaniques de badge à niveau qu’il faudra posséder afin d’accéder à certaines zones qui sont inaccessibles au début.

En fait et il faut bien l’avouer : Remedy ne s’est pas gêné de reprendre des mécaniques de Control jusqu’à les sublimer et les amener encore plus intelligemment et de manière originale dans la progression de Dylan. Qui plus est, les Resonants auront une importance puisque ce seront des boss qui pourront même être parfois presque secondaires pour certains.

Mais ce serait bien dommage de les ignorer, dans la mesure où ces derniers pourront vous apporter de nouveaux pouvoirs à mettre dans votre build de combat ou non. Il n’y a pas à dire, Control Resonant laisse une liberté assez folle aux joueurs et même s’il y a des mécaniques déjà vues et revues des mondes ouverts (les portes pour les déplacements rapides, les tours à calibrer afin de révéler la carte de la zone…), le reste est vachement bien amenée dans sa boucle de gameplay, pratiquement addictive et jamais monotone pour un sou.

Même concernant sa difficulté, le titre est toujours juste, et jamais vraiment frustrant dans son approche. Nous devons cela grâce à cette difficulté modulable via les améliorations de zones et de la puissance de la build de Dylan, qui peut accroître notamment grâce aux collectables de PV et de puissance que vous pouvez trouver dans des coffres.

Cerise sur le gâteau, les quelques missions secondaires offrent également des moments tout aussi narratifs. En dehors des primes qui restent des activités annexes un peu barbantes sur le long terme, les autres missions secondaires sont intéressantes et permettent de casser un peu la routine des missions principales (même si elles restent intéressantes et captivantes, je vous rassure).

Vous l’aurez compris, Control Resonant est généreux sur son contenu, tente des choses inédites et cela lui réussit. D’ailleurs, les séquences d’énigmes et de plateformes fonctionnent elles aussi très bien, ne se répètent jamais plus que ça et les sensations qu’elles procurent sont exquises. Et pour le level design, ne soyez pas surpris, Remedy est en totale maîtrise et il y a de quoi rester sans voix sur comment le titre arrive à jouer sans vergogne avec la gravité dans certains passages.

Oui, vous l’avez bien compris et même si le début peut paraître un peu générique, Control Resonant est autant généreux sur la construction de ses zones comme sur la totalité du jeu, qui va vous en donner le tournis entre des séquences psychédéliques (mais parfois drôles !), voire des passages à la Inception qui va vous en donner des frissons de plaisir.

Direction artistique, graphismes, bande-son… Tout est sous Control

Control resonant test 22 21

Le jeu est riche en idées visuelles dingues – Control Resonant // Source : ActuGaming

Après tout ça, peut-on encore rappeler à quel point la patte artistique de Control Resonant est fabuleuse ? Oui, elle l’est sans problème, et ce depuis que le studio nous a émerveillés avec les Alan Wake et surtout le premier Control. Là, il faut dire que le titre nous offre des décors encore plus fous, plus complexes et surtout plus profonds dans sa conception. S’il y a forcément des décors qui finissent parfois par se répéter et c’est l’un des points noirs du jeu, les nombreuses séquences marquantes et les autres zones que l’on explore nous font oublier ces petits défauts.

Ce qui est au passage encore plus dingue, c’est surtout comment Control Resonant est fichtrement beau dans ce joyeux bordel surnaturel et bizarre qui nous est donné de voir tout le long du jeu. Si l’on excepte les quelques bugs çà et là et une expression faciale très clairement en deçà, le reste est franchement très joli en comparaison.

La plupart des effets visuels sont de grande qualité, et son moteur graphique reste d’une fluidité à toute épreuve que ce soit dans son mode Performance comme Qualité. Sincèrement, le titre impressionne par sa bonne qualité graphique, et ses nombreuses textures franchement bien travaillées qui font plaisir, jusque dans les nombreux jeux de lumière qui forcent le respect.

Enfin, la bande-son de Control Resonant tape extrêmement fort, et colle parfaitement à l’ambiance assez étrange mais très chouette du jeu. En mélangeant pas mal de thèmes musicaux entre du rock symphonique voire de l’électro hybride et sombre, le compositeur Petri Alanko nous offre très clairement un sound design de qualité qui se marie bien à chaque combat et moments du jeu.

Mais pour les doublages du jeu, c’est contrasté. La qualité des comédiens de doublage est toujours de très bonne facture en français, mais ce que l’on pourra largement lui reprocher, ce sera sa synchro labiale. Le résultat est franchement décevant pour ne pas dire désastreux, et sachez que c’est le seul point qui fera tache quand le reste est finalement réussi de toute part sur la bande-son globale.