Test Warriors All ☆ Stars – Un musou à la hauteur ?

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Faisant rage depuis bien des années déjà, les licences Warriors ne sont plus à présenter et possèdent toutes leur lot de fans. Guerroyant à travers de multiples batailles, chaque nouveau titre parvient à se faire une place sur bien des étagères. Ainsi, et dans la logique habituelle de Koei Tecmo et Omega Force, nous pouvons découvrir Warriors All-Stars sur nos consoles européennes. Regroupant des figures emblématiques d'autres licences marquées de l'emblème Koei Tecmo, ce Musou like, promettant fun et nombreuses heures d'échanges de coups, n'attend plus que vous.
Temps de lecture : 8 min.

Bon nombre de licences existent et gravitent autour du genre musou, des Warriors si vous préférez. On peut notamment citer les deux plus connues, à savoir Dynasty Warriors ou encore Samurai Warriors, ainsi que leurs dérivés tels que les Xtreme Legends ou les Empires. Avec le temps, d’autres licences ont vu le jour avec, notamment, des titres comme Fate/Extella: The Umbral Star ou le Fire Emblem Warriors à venir. Comme vous l’aurez aisément compris, il existe de multiples déclinaisons de ce genre où la guerre est centrale et dont la popularité ne cesse de croître et, aujourd’hui, c’est de l’une de ces variations qu’il va être question. En effet, depuis le 1er septembre 2017, une nouvelle licence gravée de l’esprit et du nom des Warriors est disponible sur PlayStation 4, PlayStation Vita et PC, à savoir Warriors All-Stars.

Loin d’en être à leur premier coup d’essai, Koei Tecmo et Omega Force proposent, dans ce nouveau bébé vidéoludique, un rassemblement des personnages phares, au nombre de 30, de plusieurs de leurs licences comme Nights of Azure ou les Ateliers pour ne citer que ces noms. Ce cross-over de choix saura sans aucun doute ravir tous les fans du genre ou d’action, mais est-ce vraiment un style qui convient pour un casting dont certains membres sont issus de genres parfois opposés. Lorsque l’on s’intéresse à l’histoire vidéoludique, on se rend rapidement compte que l’association de personnages issus de mondes, d’univers, aux antipodes les uns des autres n’est pas une perle rare. En effet, en 1999, déjà, nous pouvions voir les figures emblématiques de Nintendo se rejoindre pour s’affronter dans des combats où la pitié n’a pas sa place. Pour ce qui est de Koei Tecmo, nous connaissons déjà l’inévitable cross-over du nom de Warriors Orochi qui, bien moins connu que d’autres séries du genre, poursuit cette logique.

L’unification de la Chine, c’est du passé

Pour les plus assidus du genre, vous n’êtes pas sans savoir que la trame scénaristique des opus de la famille des musous tourne généralement autour de l’unification d’un pays, que cela soit de la Chine ou du Japon. Une fois n’est pas coutume, la guerre sera le centre même de votre épopée et l’unification sera, bien qu’en second plan, toujours d’actualité. Vous serez invoqué, en compagnie de 26 autres personnages emblématiques, par une jeune demoiselle à l’allure féline. Une fois la vidéo d’introduction passée, il vous sera simplement demandé de sélectionner le personnage que vous désirez incarner en début de partie.

En guise d’information, voici une petite liste des personnages que vous pourrez incarner dans cette aventure. Chaque personnage en gras est jouable dès le début du jeu:

  • Zhao Yun (DW)
  • Wang Yuanji (DW)
  • Zhou Cang (DW)
  • Lu Bu (DW)
  • Ōka (Toukiden)
  • Horō (Toukiden)
  • Tokitsugu (Toukiden)
  • Opoona (Opoona)
  • Sophie Neuenmuller (Atelier)
  • Platcha (Atelier)
  • Yukimura Sanada (SW)
  • Mitsunari Ishida (SW)
  • Naotora Li (SW)
  • Hajime Arima (Haruka: Beyond the Stream of Time)
  • Darius (Haruka: Beyond the Stream of Time)
  • William Adam (Nioh)
  • Ryu Hayabusa (Ninja Gaiden)
  • Ayane (Ninja Gaiden)
  • Nobunyaga Oda (Samurai Cats)
  • Kasumi (Dead or Alive)
  • Marie Rose (Dead or Alive)
  • Honoka (Dead or Alive)
  • Millenia (Deception)
  • Laegrinna (Deception)
  • Rio (Rio)
  • Arnice (Nights of Azure)
  • Chritophorus (Nights of Azure)
  • Setsuna (Original)
  • Shiki (Original)
  • Tamaki (Original)

Mais ce fameux scénario du coup, qu’en est-il ? On parle ici d’un nouveau monde, que l’on peut percevoir comme étant fantastique. Le Roi dudit monde s’en est allé dans l’autre monde et ce lieu, autrefois un véritable paradis, s’en retrouve meurtri et fane. Ce monde, qui se dessèche, ne peut tenir que par l’utilisation du « pouvoir du printemps », pouvoir contrôlé par le monarque. A la mort du précédent dirigeant, ce pouvoir s’en est également allé et l’équilibre s’en retrouve mis en péril. Pour ne rien arranger, les trois héritiers du trône, plutôt que de s’allier pour maintenir la paix et l’harmonie de ce berceau de beauté, se lancent dans une guerre qui ne fait que plonger ce monde encore plus dans le chaos. Mais comment sauver ce monde ? Peut-il tout bonnement l’être ? Il semblerait que oui, puisque Tamaki, héritière du royaume, tente de le sauver en invoquant divers héros dont l’arrivée était prophétique. Par leur arrivée, la jeune demoiselle espère pouvoir conclure une trêve avec ses frères.

Ces aventures rythmées par les affrontements et autres missions secondaires vous occupera longuement, comme tout musou qui se respecte. Ne vous attendez cependant pas à ce que le scénario vous transcende, lui qui est parfois relégué en second plan et n’apparaissant que comme étant la façade nécessaire à rassembler des personnages d’univers distincts. Une histoire qui ne sert qu’à cacher une envie de faire du fan-service. Certes le mot peut paraître dur, mais il faut bien se rendre compte que le casting qui nous est proposé est bien inférieur à ce que l’on a l’habitude de voir dans les franchises cousines déjà citées dans ce test.

Outre ce défaut qui en est un sans vraiment l’être, on peut également bouder sur des éléments, dont un qui fera grincer des dents bon nombre de francophones. Dans un premier temps, le jeu n’offre qu’un seul mode, le mode histoire. Comme nous l’a prouvé Samurai Warriors : Spirit of Sanada, il ne faut pas juger trop vite l’absence de modes, mais dans le cas présent, on pourrait, malgré la durée de vie considérable de ce dernier, râler tant la plume était fainéante. L’autre point qui blesse reste sans nul doute l’absence de sous-titrage dans une langue au choix, pas de français, de l’anglais et voilà. Shakespeare serait heureux, mais qu’en est-il des plus jeunes ou de ceux qui n’ont pas la connaissance de cette langue ?

Lorsque l’on a connaissance de ces deux éléments, on pourrait se faire la réflexion de « Diantre, il ne faut point que j’eusse perdu de mon précieux temps avec telle bérézina », mais il n’en est rien. Effectivement, comme pour montrer qu’ils n’ont pas été trop las de faire du développement, Omega Force s’est évertué à transposer à chaque personnage un style bien à lui, bien reconnaissable et hérité de la façon d’être de ce dernier dans le soft dont il est originel issu. Sachez également que, bien que le scénario soit assez peu jouissif, la possibilité d’avoir de multiples fins basées sur vos choix en cours de parcours ainsi que sur base du personnage que vous avez sélectionné en tout début de partie est, quant à elle, plus que plaisante. Du pour, du contre, comme tout musou, rien de plus, rien de moins.

Une tentative de nouveau, toujours les mêmes bases.

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Il est maintenant plus que temps de parler d’un autre aspect de ce jeu, à savoir son gameplay, ses graphisme, ses mécaniques, son identité en quelques sortes.

Avant d’aller plus loin, sachez que Warriors All-Stars ne brille pas par ses graphismes hors du commun ou par la technique qui se cache derrière, loin de là. Le soft est soutenu par le même moteur qu’un autre musou, à savoir Samurai Warriors : Spirit of Sanada. Déjà en retard à l’époque, l’écart ne fait que s’accentuer avec le temps qui s’est écoulé entre la sortie des deux titres. De plus, si déjà les graphismes ne sont pas le point fort de ce premier opus, et peut-être dernier, de cette nouvelle franchise, la présence de personnages aux visuels bien distincts, parfois à l’opposé l’un de l’autre, n’arrange rien. Certains designs semblent tout droit issus de Dynasty Warriors, tandis que d’autres semblent avoir été copiés/collés de ce que l’on fait dans les Ateliers. Un manque de cohérence donc, qui ne manquera pas de vous titiller l’œil dès que vous serez face à ce problème. Vous aurez, quand bien même il y a des défauts, le plaisir de les observer sur une bande-son enivrante et qui, par moment, vous surprendra à vous faire vous déhancher les fesses dans le fauteuil.

Une fois manette en main, et bien conscient que vous êtes face à un soft destiné aux fans du genre et autres inconditionnels des productions estampillées Koei Tecmo, vous pourrez parcourir le monde qui vous est offert avec la présence de tous les codes propres aux musous, le tout, en s’appuyant, afin d’étoffer grandement le gameplay, sur les mécaniques d’autres productions du studio nippon. Omega Force vous propose ainsi de prendre possession d’un personnage et d’embarquer avec vous quatre autres avatars que vous pourrez, au loisir, appeler à l’aide afin qu’ils lancent des techniques parfois dévastatrices sur vos adversaires. L’amitié et les relations entre les personnages sont ici au centre de l’aventure et, afin d’en tirer le plus profit, vous devrez former une équipe compétente, capable de se tirer de tous les pétrins. L’évolution des liens entre ces différents personnages sera d’ailleurs l’occasion d’apprendre de nouvelles techniques de combat qu’ils pourront ensuite utiliser pour vous aider encore mieux.

Pour le reste, nous sommes face à un musou tout ce qu’il y a de plus basique. Vous devrez éliminer les généraux présents sur la carte tout en martelant de coups la chair à canon qui se présentera face à vous. Pour ce faire, vous aurez la possibilité d’user de techniques classiques, d’attaques spéciales et du musou rush, chaque chose étant personnalisée pour chaque personnage.

Il s’avère difficile de dire beaucoup plus au sujet de cette nouvelle création issue du duo Omega Force – Koei Tecmo. Comme à chaque itération, on retrouve du potentiel, beaucoup de potentiel, mais gâché par de petites imperfections qui n’ont pas à être là. Le soft reste agréable durant de longues heures, mais les redondances viendra à bout des moins patients et de ceux qui n’apprécient guère l’aspect farming inhérent aux productions de ces studios. Un retard du moteur et un manque de prise de risque plus tard, on se retrouve avec une nouvelle franchise qui tente d’emprunter à Warriors Orochi mais qui fait moins bien. Une petite création qui a le mérite d’exister et qui saura vous occuper, mais qui finira par terminer sa course dans un coin de votre ludothèque, une fois le cap des vingt heures atteint.

La note de l'auteur

Comme sur tout jeu du genre, je me suis amusé ! Le soft est dynamique et fun au possible et offre une expérience originale avec un scénario riche et unique. Loin d'être graphiquement jouissif, le gameplay rattrape majoritairement la déception visuelle. Néanmoins, la possibilité de jouer en écran-splitté avec un ami, grande force des Warriors, ne semble pas pointer le bout de son nez et l'opus vous oblige à arpenter seul les champs de bataille. Regroupant en un seul et même titre les grands noms issus des créations estampillées Koei Tecmo et Omega Force, Warriors All-Stars parvient à captiver grâce aux éléments qui font la force du genre, mais il conserve malgré tout les défauts de ses confrères.

Ludvig
b
Note du panda
6.5 10

Points positifs

  • Voix japonaises ...
  • Un gameplay nerveux et intuitif ...
  • Les relations évolutives entre les personnages
  • Plusieurs points de vue différents
  • Bande-son qualitative
  • Défoulant au possible

Points négatifs

  • ... Mais sous-titrage en anglais
  • ... Malgré une caméra parfois à l'ouest
  • Moult DLC dont on se passerait
  • Absence de mode deux joueurs
  • Graphiquement en retard
  • Redondance inévitable
  • Un seul mode de jeu, le mode histoire

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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