Il y a 27 ans de cela, les joueurs PC et PlayStation découvraient Star Wars Episode 1 : Racer, un jeu de courses de pods issu de la mythique séquence du film. Sa suite, Racer Revenge, est passée plus inaperçue, mais n’était pas dénuée d’intérêt. Mais, alors qu’on n’y pensait plus vraiment, voilà que Fuse Games et Secret Mod remettent le couvert avec Star Wars: Galactic Racer, évidemment plus ambitieux et doté d’une campagne tournée roguelite. Un choix intéressant sur le papier qui montre quelques limites malgré un gameplay détonnant.
Conditions de test : nous avons joué à Star Wars: Galactic Racer sur une version PS5 fournie par l’éditeur. Nous avions accès à tout le contenu du jeu en solo, à débloquer comme vous aurez à le faire, ainsi qu’aux bonus cosmétiques de l’édition Deluxe. Notez cependant que les sessions multi ont été gérée par l’intermédiaire de deux sessions dédiée et que nous n’avons pas pu profiter de parties entièrement composées de joueurs. Les retours sur cet aspect du titre sont donc à prendre pour ce qu’ils sont : un vaste aperçu. Nous reviendrons sur le multi à la sortie du jeu pour approfondir tout cela.
Burnout : Space Edition

STAR WARS: Galactic Racer // Source : ActuGaming
Les projets Star Wars sont nombreux depuis la reprise en main de la licence par Disney et, si la nouvelle trilogie a eu bien du mal à convaincre, les jeux ne s’en sortent globalement pas trop mal.
Certains laissent même les Jedi de côté, pour le plus grand bonheur des fans de la franchise qui aimeraient voir autre chose que l’affrontement millénaire entre les côtés Lumineux et Obscurs de la Force. Récemment, Star Wars: Zero Company nous offrait par exemple un tactical malin en pleine Guerre des Clones, finalement assez loin de la bataille pour le pouvoir.
Place maintenant à Star Wars: Galactic Racer, un jeu de course développé par Fuse Games, un studio notamment composé d’anciens de Burnout, et ça se voit. Côté contexte, on se retrouve un peu après la chute de l’Empire Galactique, avec des pilotes issus de tous horizons qui souhaitent redonner ses lettres de noblesse aux courses, voire réintroduire les dangereux pods.
Star Wars: Galactic Racer : c’est la FIA ou quoi ?

STAR WARS: Galactic Racer // Source : ActuGaming
La Ligue Galactique de la campagne solo est dirigée par Darius Pax, un dirigeant un peu naïf qui doit composer avec Kestar Bool, un champion richissime bien décidé à prendre le contrôle de la ligue et à évincer Pax. C’est pour cela que ce dernier appelle Shade, c’est-à-dire : vous. Au début, vous personnalisez rapidement l’avatar (les options ne sont pas nombreuses) et vous arrivez dans un petit hub qu’on retrouve de planète en planète.
Après quelques échanges et un essai, vous voilà catapulté dans les qualifications avec l’objectif d’accéder à la compétition principale et de défaire Kestar Bool, lequel se montre particulièrement méprisant. Cette histoire sert ainsi de fil conducteur à une aventure divisée en actes et reposant sur une structure de roguelite. Plusieurs chemins, qui s’entrecroisent parfois, s’offrent au joueur.
Il y a des courses, permettant d’obtenir de l’argent et parfois des récompenses, des essais, des rencontres mystères ainsi que des éliminatoires. Ces dernières demandent pas mal d’attention, car les concurrents sont éliminés à intervalle régulier et ne pas finir dans le top 3 fait perdre un jeton de ligue. Or, ces derniers représentent le nombre de vies dont on dispose. En course, quoi qu’il arrive, il faut faire attention. Star Wars: Galactic Racer repose sur la prise de risque au sein de courses parfois très courtes, mais toujours très intenses et qui ne pardonnent rien.
Faut-il utiliser le boost quitte à manquer un virage, tenter un raccourci pour dépasser, pour aller au contact ? À vous de voir, mais si votre véhicule gèle, surchauffe, touche trop les lacs acides ou s’amuse à aller au contact d’un concurrent qui a l’avantage, l’explosion guette. En général, on a plusieurs essais, mais il faudra parfois composer avec des désavantages sur le matériel ou voir son véhicule détruit, ce qui entraîne aussi une perte de jeton.
On progresse ainsi d’une épreuve à l’autre, récupérant bonus, améliorations, argent, récompenses et capacités d’épreuve en épreuve, jusqu’à la défaite (dans un premier temps). On ne repart jamais vraiment de zéro, les Landspeeders, Speeder Bikes et autres Skimspeeders pouvant être améliorés. Chaque véhicule de Star Wars: Galactic Racer offre des sensations différentes et se manipule différemment. Un bon point, même si trois véhicules plus un autre ensuite font qu’on appréhende tout ça rapidement.
L’enrobage au détriment du plaisir
Au gameplay pur, qui constitue LA réussite de ce Star Wars: Galactic Racer, s’ajoute une dimension de progression générale. Chaque fin de run permet d’obtenir des points et de l’argent à dépenser pour obtenir une amélioration définitive, mais chaque run demande également de « construire » son vaisseau. Il y a des améliorations offrant plus de résistance, de boost ou de maniabilité, mais il est aussi possible de débloquer des compétences telles qu’une séquence de pilotage automatique (qui reste intéressante car courte et parfois piégeuse), un bouclier, une attaque à air d’effet, un tir ciblé ou une surcharge.
Il est aussi possible d’améliorer, le temps de la run, les statistiques de l’appareil. De quoi construire chaque partie différemment, même si, en faisant les bons choix, on peut presque aller au bout des améliorations. Pour gagner plus de sous, il est possible de faire des paris avec d’autres pilotes ou de signer un contrat de sponsoring. Ces derniers ont des exigences particulières comme réaliser un certain nombre de sauts, effectuer une certaine quantité de dépassements ou détruire plusieurs concurrents.
Malgré tout, l’enrobage fait défaut à cette campagne. Le cœur du gameplay de Star Wars: Galactic Racer est très bon, aucun doute là-dessus : ça va très vite, c’est risqué, l’IA joue bien le jeu et on peste contre nos propres erreurs ou un dysfonctionnement qu’on passait sous silence. En revanche, le nombre de tracés et d’épreuves est étonnamment faible malgré la présence d’un total de six planètes. Alors oui, elles sont variées : désert brûlant, forêts rocailleuses, zone volcanique et acide, planète acide ou encore stade galactique, mais on retombe très, très souvent sur les mêmes choses en raison de la structure en roguelite.

STAR WARS: Galactic Racer // Source : ActuGaming
Ça permet de connaître par cœur les tracés et de vaincre, mais il manque juste un peu plus de variété pour que le choix de ce mode de progression coïncide parfaitement avec le gameplay. Le hub est également quasiment identique d’une planète à l’autre et la routine s’installe trop rapidement. On a une animation d’arrivée, un concurrent veut nous parler, on va à l’atelier et on répare, puis on se dirige vers le vaisseau de course. On finit par ignorer les dialogues et c’est dommage, car l’écrin proposé par l’équipe de développement de Star Wars: Galactic Racer est sublime.
La stabilité est également au rendez-vous avec de très, très rares chutes de framerate, lesquelles n’influent pas sur le bon déroulement des courses. Finalement, la fatigue vis-à-vis du jeu n’intervient pas tant à cause de son gameplay ni de la dimension roguelite, certes limitée, que de son enrobage qui instaure une grosse répétitivité à trop vouloir créer une histoire et une mise en scène. Notez toutefois qu’au fil des actes, les choses évoluent un peu à côté de la progression principale avec le retour d’un personnage bien connu, ce qui permet un peu de souffler grâce à de petites épreuves supplémentaires.
Des à-côtés denses à consommer avec modération

STAR WARS: Galactic Racer // Source : ActuGaming
Alors, las de la campagne, on se tourne vers le mode arcade et les petits scénarios de ce Star Wars: Galactic Racer. Commençons avec ces histoires, qui sont en réalité un mini-enchaînement de plusieurs épreuves aux commandes d’un des autres concurrents et avec des contraintes. Pour les petites sessions, c’est idéal et on profite pleinement des courses. Ça permet évidemment de récupérer des récompenses et d’obtenir de nouveaux chapitres.
Côté arcade, c’est simple : c’est le joueur contre le chrono et des adversaires du monde entier. Il y a de quoi faire, surtout pour qui veut obtenir toutes les récompenses et débloquer tous les défis ou s’essayer durablement à la très exigeante course de pods. Reste qu’après 15 heures de campagne, retrouver les mêmes tracés a quelque chose de « pfffff ». Si Fuse parvient à intégrer d’autres pistes, alors l’avis général pourra considérablement être revu.
La personnalisation ne concerne pas que la progression au sein d’une partie, elle est aussi esthétique. Chaque véhicule dispose de modèles, pièces, motifs et couleurs différents, à débloquer en jouant. Prenons un landspeeder : il y a un certain nombre de modèles de base à débloquer, mais il est possible de modifier tout un tas d’éléments pour avoir LE véhicule qu’on souhaite, que ce soit en solo durant les runs de campagne ou en multi. C’est anecdotique, car on ne passe pas du coq à l’âne, mais les fans du fait d’avoir leurs véhicules persos ont de quoi faire. Soyons honnêtes, l’absence de personnalisation dans Star Wars: Galactic Racer aurait été pointée du doigt.
Quand le multi révèle les qualités pures du jeu manette en main

STAR WARS: Galactic Racer // Source : ActuGaming
Passons désormais au multi, et, honnêtement, là où se trouve le sel du jeu. Avant d’aller plus loin, sachez que nous avons pu participer à deux sessions multijoueur, avec des serveurs ouverts spécialement pour l’occasion. Sur ce laps de temps, nous n’avons malheureusement pas pu participer à une session pleine de joueurs. Le ressenti qui va suivre est donc à nuancer. Ceci étant dit, passons aux choses sérieuses.
Dans le mode multijoueur de Star Wars: Galactic Racer, on retrouve plusieurs choses, dont les courses rapides, les courses de module rapides (bien plus exigeantes) et le volet dédié à la personnalisation. Aux côtés de ces modes de jeu se trouvent deux modes tournoi, également dédiés aux courses classiques et aux courses de pods. Pour jouer, on peut choisir de jouer Shade, mais également d’autres personnages, qu’on débloque petit à petit, dotés de capacités et améliorations de base qui leur sont propres. Une fois en jeu, on peut parier sur le résultat pour tenter d’obtenir des récompenses supplémentaires.
Dans les modes tournois, on retrouve le principe de progression avec des améliorations, des crédits et des capacités à obtenir le temps de la compétition. Une fois en piste, c’est la foire, au bon sens du terme : les joueurs sont beaucoup moins prévisibles, rusent plus et n’hésitent pas à jouer « sale ». Ce n’est pas un problème, bien au contraire, car c’est totalement dans l’esprit du jeu. Les tracés ont beau être les mêmes, le plaisir est vraiment tout autre. Plus on joue, plus on passe des rangs et plus on débloque de nouveaux éléments. Cela prouve, à notre sens, que le cœur du gameplay et le principe de build sont excellents lorsqu’on les déleste du gras de la campagne solo.












