Grâce à la popularité grandissante de la série principale Monster Hunter, la série de spin-off RPG façon Pokémon-like a pu prendre le temps de grandir. Là où la saga principale mise sur la chasse exigeante et l’action pure, Stories a choisi la voie du RPG au tour par tour centré sur le lien entre le Rider et les monstres. Avec Monster Hunter Stories 2: Wings of Ruin, Capcom avait déjà franchi un cap important en proposant une aventure plus ambitieuse, une narration plus affirmée et une ouverture vers un public plus large. Monster Hunter Stories 3: Twisted Reflection représente ainsi l’aboutissement de cette maturité. Capcom signe ici un troisième épisode bien plus ambitieux et plus riche dans son gameplay.
Conditions de test : Nous avons terminé le jeu sur PS5 avec les doublages japonais. Nous avons joué 50 heures, ce qui prend en compte le mode histoire, les quêtes annexes et l’optimisation des Monsties.
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ToggleUn spin-off qui a grandit

Là où les deux premiers Monster Hunter Stories reprenaient un schéma scénaristique classique des jeux japonais destinés à un public d’enfants ou de jeunes adolescents, Monster Hunter Stories 3 surprend par une sorte de rupture générationnelle. Elle s’incarne d’abord dans une histoire plus mature, qui met en scène un conflit politique en toile de fond, mais aussi à travers le héros (ou l’héroïne) que l’on incarne, désormais un adulte accompli.
L’histoire nous entraîne dans un monde menacé par un phénomène mystérieux prenant la forme d’une étrange propagation minérale perturbant l’équilibre de la nature et rendant les monstres particulièrement agressifs. Dans ce contexte déjà instable, un événement rarissime vient bouleverser l’ordre établi. Un œuf donne naissance à deux Rathalos jumeaux, un mauvais présage lié à un passé tumultueux marqué par une ancienne guerre entre royaumes.
On incarne le prince ou la princesse du royaume d’Azuria, un Rider chargé de comprendre l’origine de cette catastrophe écologique et d’empêcher que les tensions politiques entre Azuria et le royaume voisin de Vermeil ne dégénèrent en conflit ouvert. Si la série a toujours privilégié un ton accessible, ce troisième épisode adopte clairement une narration plus ambitieuse. Les enjeux écologiques y occupent une place plus importante et l’écriture prend davantage le temps de développer les personnages qui accompagnent l’aventure. Les Rangers qui composent notre équipe disposent chacun de leur personnalité, de leurs motivations et même d’histoires annexes dédiées permettant d’en apprendre davantage sur leur passé.
Sans révolutionner le genre, cette approche renforce clairement l’attachement au groupe et donne au récit une dimension plus émotionnelle que dans les précédents épisodes. Le jeu conserve néanmoins une atmosphère bon enfant et un esprit d’aventure qui entretiennent ce sentiment de voyage épique. On débute d’ailleurs l’histoire avec l’initiation de Thea, la nouvelle recrue des Rangers que vous allez prendre sous votre aile. Elle incarne parfaitement l’ancienne formule et sert intelligemment de transition avec les deux précédents opus.
Le « Shin Megami Tensei » Monster Hunter ?

Cette maturité se ressent également dans le gameplay, qui bénéficie d’un net coup de fouet par rapport aux précédents jeux (on a presque envie d’employer la formule « Le Shin Megami Tensei Monster Hunter »). Monster Hunter Stories 3 reste fidèle à la structure stratégique qui a fait le succès de la série. Les combats reposent toujours sur le système emblématique des trois types d’attaques : Puissance, Vitesse et Technique.
Ce triangle stratégique fonctionne selon une logique de pierre-feuille-ciseaux et constitue la base de chaque affrontement. Lire les intentions de l’ennemi et choisir la bonne attaque reste donc essentiel pour prendre l’avantage. Mais ce troisième épisode enrichit considérablement cette base. Lorsqu’un Rider et un monstre ciblent la même cible avec des types d’attaques opposés, un duel s’engage. Remporter ces confrontations permet de réduire fortement les dégâts subis tout en infligeant une lourde punition à l’adversaire. Afin de briser les parties des monstres ennemis ou de capitaliser sur leurs faiblesses, il est toujours possible de changer de Monstie et d’arme au début de chaque tour.
Le jeu introduit également davantage d’attaques synchronisées qui sont déclenchées lorsque le Rider et son Monstie choisissent le même type d’attaque. Ces actions combinées permettent d’accumuler de l’énergie servant à fusionner temporairement avec son Monstie en le chevauchant. C’est surtout l’occasion de déclencher l’attaque signature du monstre, un assaut ultime particulièrement spectaculaire. On retrouve celles des monstres déjà connus, mais aussi de nouvelles issues des créatures introduites dans Rise et Wilds, avec une mise à jour visuelle assez impressionnante.
Par ailleurs, les armes disposent désormais de techniques consommant de l’endurance, ce qui oblige à mieux gérer ses ressources pendant les combats. Cela, concerne également les objets qui sont aussi décisifs que dans le jeu de chasse principal. Parmi les nouveautés majeures figure la Ruée Synchronisée, une attaque combinée déclenchée lorsque le Rider, son Monstie et ses alliés coordonnent leurs actions au bon moment après avoir épuisé un monstre. Les affrontements gagnent également en intensité grâce à une IA plus agressive et à des monstres capables de varier davantage leurs schémas d’attaque. Il devient ainsi très facile d’être mis K.O si l’on ne prend pas le temps d’élaborer un véritable plan d’action. Certains boss demandent même une réelle adaptation tactique, ce qui renforce la satisfaction lorsque l’on parvient à les terrasser.
Pour résumer, le système ajoute une grosse dimension tactique, à travers le choix des armes et des Monsties ainsi que la gestion des ressources. Cela nous oblige à choisir le bon moment pour utiliser les compétences les plus puissantes et cela évite de spammer bêtement les mêmes attaques. Même si cette hausse de la difficulté peut parfois paraître injuste, elle constitue le principal moteur de l’évolution de la série vers un JRPG plus ambitieux. On ne peut tout de même nier une certaines répétitivité dans les actions et les combats à la longue.
Des monstres fléaux qui ont du flow

Le fléau environnemental décrit dans Monster Hunter Stories 3 a donné naissance à une nouvelle catégorie d’ennemis : les Monstres Féroces. Ces créatures possèdent des Cristaux de Fléau incrustés dans certaines parties de leur corps. Cette particularité rend les affrontements encore plus corsés, car attaquer ces zones peut déclencher des contre-attaques particulièrement dangereuses. Toutefois, briser ces cristaux est souvent indispensable pour affaiblir l’ennemi.
Ce système nous pousse à analyser plus attentivement les comportements ennemis et à adapter notre stratégie. Les combats gagnent ainsi en intensité et adoptent un caractère plus unique, donnant parfois l’impression d’affronter de véritables boss de RPG. Un cran au-dessus encore, on trouve les espèces invasives. Le fait que l’objectif soit simplement de les repousser dans leur tanière au cours de la trame principale donne déjà un bon aperçu de leur dangerosité. Sans oublier les redoutables dragons anciens, comme le Namielle, que certains ont déjà pu affronter dans la démo gratuite.
Repousser ces espèces invasives permet surtout d’obtenir des œufs uniques, qui servent à réintroduire des espèces presque disparues dans l’écosystème. La principale nouveauté du jeu réside justement dans le système de restauration de l’habitat. Dans les précédents épisodes, il suffisait de faire éclore des Monsties pour les intégrer à notre équipe. Ici, il est aussi possible de relâcher certains monstres dans la nature afin de restaurer les écosystèmes locaux. Selon l’élément de la zone dans laquelle ils sont relâchés (feu, eau, foudre, etc.), mais aussi selon la région (via un système de passifs uniques propres à chaque région), les Monsties obtenus ne seront pas les mêmes. Cette mécanique donne un véritable sens écologique à la collecte de monstres et permet surtout une personnalisation très poussée de leurs capacités, alors que le système de gènes transmissibles de la série est déjà particulièrement riche.
La restauration de l’habitat sert également de porte d’accès à certains monstres spéciaux. Certaines variantes ou sous-espèces n’apparaissent que lorsque l’écosystème d’une région atteint un niveau suffisamment élevé. Le système peut même permettre l’apparition de monstres à double élément, une particularité inédite dans la série. Étant donné que les combats se révèlent assez exigeants, le jeu nous pousse naturellement à exploiter au mieux ces nouvelles possibilités.
Monster Hunter Weeb

C’est une bonne chose, mais cela pose malheureusement des problèmes de rythme à la longue. Devoir reconstituer régulièrement son équipe en optimisant chaque nouveau monstre et l’écosystème d’une région peut vite devenir redondant. Heureusement, les développeurs ont cherché à fluidifier au maximum les interactions afin d’atténuer cette lourdeur. Il est ainsi possible de vaincre directement un monstre plus faible sur la carte, ou encore d’utiliser la commande L3 + R3 pour remporter instantanément un combat et éviter les affrontements sans intérêt.
L’exploration gagne en richesse, mais reste malgré tout assez classique dans l’ensemble. Chaque zone propose des biomes et des décors variés, des tanières de monstres à explorer, des ressources à récolter et des quêtes secondaires à accomplir. Même si l’on apprécie l’utilisation des capacités d’exploration des monstres (vol plané, nage, saut, etc.) ce n’est pas forcément l’aspect le plus marquant du jeu. Les environnements gagnent certes en densité et en verticalité, mais l’on conserve souvent un sentiment d’étroitesse, avec de nombreux chemins reliant de petites zones ouvertes.
L’exploration devient surtout plus agréable grâce à l’évolution graphique marqué par rapport à Monster Hunter Stories 2 (qui était d’abord destiné à la Switch). Les environnements affichent davantage de détails, notamment dans la végétation, les reliefs et la densité générale des décors. Les régions sont ainsi bien plus vivantes. Les animations des monstres sont exemplaires et l’ensemble conserve cette direction artistique colorée et inspirée de l’animation japonaise. Cela offre un rendu particulièrement saisissant. Les cinématiques gagnent également en qualité avec des mises en scène nettement plus travaillées.
L’OST accompagne efficacement l’aventure en alternant entre des morceaux orchestraux épiques pendant les combats et des compositions plus douces lors des phases d’exploration. Sans oublier les thèmes emblématiques de certains monstres que l’on retrouve toujours avec plaisir. Le jeu bénéficie également d’un doublage japonais impeccable, même si l’on peut regretter l’absence de voix françaises, surtout lorsque l’on sait que Capcom a récemment proposé d’excellentes VF sur Resident Evil Requiem et Monster Hunter Wilds.
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