Demon Tides est la suite directe de Demon Turf sorti en 2021 qui était déjà un jeu de plateforme 3D mais avec la particularité d’utiliser des sprites 2D. Pour Demon Tides, on revient sur une direction artistique plus classique en restant entièrement en 3D, tout comme Bubsy 4D, autre jeu de Fabraz et son équipe (et oui, il n’est pas seul au générique), qui devrait arriver d’ici quelques mois. Rassurez-vous, pas besoin d’avoir joué au précédent opus étant donné que son scénario, qui tient sur un timbre-poste, est résumé au début du jeu.
Conditions de test : Demon Tides a été terminé à 100 % sur PC en passant par Steam en 17 h. L’entièreté du jeu a été réalisé avec les réglages graphiques au maximum à l’aide d’une RTX GeForce 4060Ti
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ToggleBienvenue à Ragnar’s Rock

Beebz, petite démone orpheline, a décidé de devenir la reine des démons et, sans surprise, elle y est parvenue. Peu de temps après ses nouvelles responsabilités, elle est à présent invitée à une rencontre diplomatique dans le royaume voisin dirigé par ce qui semble être son propre père, elle s’y rend donc accompagnée de ses amis (qui inclut l’ancien roi des démons par ailleurs).
Voilà l’introduction de Demon Tides qui nous servira d’excuse pour explorer le royaume de Ragnar’s Rock qui, comme son nom l’indique, sera librement inspirée de la culture viking. Et maintenant, si on se fie au titre du jeu lui-même, on peut s’attendre également à une région très aquatique.
On a bel et bien un mélange des deux, ce qui n’est pas si incongru quand on y pense. Cela permet d’ajouter l’exploration maritime entre les phases de plateforme. On pense directement à Zelda : Wind Waker, parcourir de grandes étendues d’eau pour aller d’île en île accompagné de cet énorme sentiment de liberté et d’exploration. Ça fonctionnait à l’époque, ça fonctionne toujours maintenant.
Petite différence made in 2026 cependant, les trajets durent rarement plus de 30 secondes et pourtant on ne peut pas se permettre d’ennuyer le joueur ne serait-ce qu’une seconde. Alors on ajoute des cerceaux à traverser, des mines à éviter qui apparaissent aléatoirement. Honnêtement ça ne sert à rien mais on comprend l’intention.
Bref, c’est toujours plaisant de se dire « Oh, je ne suis pas encore allé là-bas » ou « C’est quoi cette structure dans la brume au loin », du game design basique mais efficace. Surtout dans un monde aussi cohérent. Il y a une explication pour tous les phénomènes du jeu : la montée des eaux justifie que tout soit inondé, la guerre civile entre les rebelles et les forces du roi Ragnar justifie les nombreux endroits en ruine…
Demon’s Odyssey

Oui, vous avez bien lu, « guerre civile ». Demon Tides adopte un style coloré et cartoonesque typique de ce genre de jeu de plateforme 3D et pourtant le contexte dépeint est plus sérieux qu’on pourrait le croire. Le scénario a ainsi une place plutôt importante et explore les parts d’ombre du passé de Beebz.
Le développement du monde est au service du gameplay. Les environnements sont logiques et pourtant ils se renouvellent sans cesse. Île volcanique, île enneigée ou encore île hantée, autant de lieux que d’idées pour conserver notre intérêt durant les quelques dizaines d’heures nécessaires pour finir le jeu.
On est en droit de se demander si un jeu de cette taille se renouvelle également dans le gameplay. Et bien c’est le cas. Pour y parvenir, il faut déjà des bases solides et c’est ce que nous propose Demon Tides. Cela saute aux yeux immédiatement, pour peu que l’on soit un habitué du genre. On essaye quelques touches et on retrouve le triple saut ou le saut en longueur typique de Mario, on continue un peu et on découvre la forme serpent qui permet de foncer aussi rapidement que Sonic.
Sur ce sujet-là, c’est un des plateformers 3D les plus complets qui existent, mais ça vient avec son petit défaut. Trop de mouvements peuvent tuer le mouvement, il est compliqué de se rappeler de chaque possibilité et de les utiliser à bon escient, mais si vous arrivez jusqu’au moment où tout est parfaitement fluide dans votre cerveau, Demon Tides devient un vrai plaisir à parcourir.
To Beebz or not to Beebz

Peu importe la qualité des mouvements, il nous faut une carotte pour nous faire avancer. Demon Tides a bien compris ça et a bien analysé les retours des jeux de plateforme 3D récents, où les joueurs se sont souvent plaints d’avoir trop de récompenses.
Ici les récompenses sont bien dosées, en plus des pièces à profusion (largement assez pour tout acheter) on peut récupérer des coffres contenant divers butins. Les activités pour avoir ces coffres sont vraiment variées : gravir une tour, faire une course, ramener un bébé à ses parents… Il y a rarement plus de 3 ou 4 récompenses majeures par île, un juste milieu pour contenter tout type de joueurs.
Si on chipote un peu, on pourrait dire que le nombre de récompenses qui fait progresser l’histoire et débloque des zones est quand même légèrement trop faible. Le contenu des coffres est divisé en trois : les rouages dorés sont l’équivalent des lunes de Super Mario Odyssey, ils réparent une machine pour pouvoir aller plus loin, mais comme ils sont dilués avec d’autres récompenses, on a parfois la sensation de ne pas progresser assez vite. On pardonne facilement cette impression tellement les deux autres types de butins sont sympathiques.
Tout d’abord nous avons les talismans, objets à équiper qui facilitent ou ajoutent des mouvements. Saut supplémentaire ou roller permanent, on n’a jamais récupéré de talismans sans avoir instantanément envie de les essayer et pourtant il y en a beaucoup.
Ils servent également d’outils d’accessibilité, certains sont tellement utiles qu’ils simplifient les nombreuses phases de plateforme, parfait pour permettre aux joueurs les moins à l’aise d’aller jusqu’au bout de Demon Tides. On peut changer de set de talismans sur simple pression de bouton, pratique selon la situation. Il faut penser à varier les configurations pour maximiser la hauteur, la distance ou encore les capacités de combat.
Un peu moins important mais tout de même très cool, Demon Tides nous offre une tonne de costumes et autres cosmétiques. Ce ne sont pas simplement des skins clichés, Beebz pirate, Beebz à la plage… Ça va plus loin que ça ici, pour notre plus grand plaisir, ils sont vraiment uniques et détaillés. En bref, on n’est jamais déçu par ce que l’on trouve en fouillant les îles.
Si les costumes sont si bien, c’est aussi parce que les modèles de manière générale sont très jolis. Le chara-design est rempli de personnalité et les personnages sont très expressifs. Dommage que la mise en scène des dialogues montre les limites du jeu en étant assez étrange, mouvement des lèvres sans doublage ou même caméra passant totalement à côté du personnage. Même si Demon Tides est réalisé avec beaucoup d’efforts, le jeu n’est pas exempt de défauts.
Hissez Haut

Pour avoir plus d’emplacements de talismans et personnaliser son expérience, il faut battre les boss de chaque zone, qui ne sont d’ailleurs pas obligatoires (mais ce serait dommage de ne pas les faire). Les boss de plateformer 3D oscillent souvent entre inintéressant et franchement excellent, dans Demon Tides on est plutôt sur la deuxième catégorie concernant les boss majeurs.
Il y en a peu mais ils s’affrontent tous différemment. Il est toujours surprenant de voir un jeu coloré et mignon nous envoyer sur la figure un boss qui fait de son mieux pour être épique et en mettre plein la vue. Ces descriptions s’appliquent moins à la dizaine de miniboss qui sont globalement le même combat avec de légers changements. Le principe s’essouffle dès le troisième affrontement.
Pour les plus avertis, plateformer 3D rime avec speedrun, ce n’est pas pour rien que Super Mario 64 est toujours un des jeux les plus runnés. Demon Tides comprend l’importance du speedrun dans la scène et c’est pour ça que c’est autant mis en avant. Après avoir terminé à 100 % un niveau, il est possible d’affronter son propre fantôme ou un autre en ligne afin de battre les meilleurs temps. C’est un moyen très malin de garder un jeu solo vivant et présent pendant un petit moment.
On a hâte de voir à quoi vont ressembler les speedruns après quelque temps, de voir toutes les mécaniques et les talismans les plus efficaces. Pour la musique, on ne l’écoutera pas en dehors du jeu, mais que ce soit de la musique un peu lo-fi pour l’exploration ou plus active lors des combats, elle accompagne très bien Demon Tides et ses diverses situations.
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