Après le succès mitigé de Code Vein, il est surprenant de voir qu’une suite a vu le jour. Il est encore plus étonnant de voir la prise de risque associée à cette sortie. Ne vous faites pas totalement avoir par le titre Code Vein 2, scénaristiquement il ne s’agit pas d’une suite mais d’une sorte de nouveau départ de la licence. Conservant uniquement l’ambiance post-apo, l’esthétique gothique et les concepts comme les Revenants (des sortes de vampires), on reprend de zéro dans un tout nouvel endroit avec un casting inédit. La plus grosse preuve de l’ambition de Bandai Namco avec ce jeu reste le passage à une formule open world. Des Souls-like en monde ouvert en dehors de celui qui est sur toutes les lèvres (Elden Ring, bien évidemment), on n’en a pas des milliers d’exemples. Code Vein 2 a-t-il eu les yeux plus gros que le ventre en se mettant en comparaison directe avec Elden Ring ?
Conditions de test : Nous avons joué à Code Vein 2 sur PS5 classique une quarantaine d’heures, le temps d’aller jusqu’à l’obtention du trophée de platine et par extension d’avoir fait un gros tour du jeu.
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ToggleLe Sang de la Vein

Code Vein 2 est très difficile à appréhender au premier abord. On est lâché dans un monde avec ses factions, ses événements et ses dizaines de termes spécifiques à l’univers. Alors quand s’ajoute à ça le concept de voyage temporel (à la mode ce mois-ci, n’est-ce pas Dragon Quest VII ?)… Après quelques minutes de bourrage de crâne, on ne sait plus où donner de la tête.
Si c’est le cas d’un point de vue scénaristique, ça l’est aussi mécaniquement. Entre les armes, les codes sanguins, les prisons, les formas et la liste est non exhaustive… Même en ayant joué au premier Code Vein, on est perdu pendant un petit moment. Heureusement, ce sentiment s’estompe et apparait comme un mauvais moment à passer.
On finit par s’adapter à chaque catégorie citée précédemment, qui comporte des dizaines de possibilités. Soit, face à nous, un nombre de builds vertigineux. À noter qu’au sein de la même catégorie d’armes, chacune d’entre elles possède quand même ses propres mouvements. Par exemple, les hallebardes vont de la fine lance rapide à l’imposante hache.
On combine les sorts, les armes et les statistiques comme on le souhaite en prenant seulement quelques minutes dans les menus. Car oui, dans Code Vein 2, il n’y a aucun choix définitif, les niveaux sont juste une montée de statistiques globale et tout le reste peut se changer à la volée. Pour les plus courageux, cela permet de s’adapter aux différents ennemis du jeu.
À tout cela s’ajoute un judicieux système de charge/surcharge qui va impacter vos esquives et divers passifs. Au lieu de se baser sur un hypothétique poids, chaque pièce d’équipement va charger une ou plusieurs statistiques. Vous êtes en surcharge uniquement si votre build n’est pas cohérent.
Sang contrefaçon

Ce nombre de possibilités est une des conséquences positives du monde ouvert. Qui dit monde ouvert, dit exploration, et il faut pouvoir récompenser cette exploration en multipliant les équipements dénichables ou les matériaux d’amélioration. Sur ce point-là, Code Vein 2, sans réinventer la roue, fait un travail remarquable. Il n’y a pas de points d’intérêt tous les 2 mètres mais ceux-ci sont suffisamment bien placés.
La présence d’une moto facilite les déplacements mais celle-ci est presque inutilisable sur terrain accidenté. Ce qui peut être frustrant dans un premier temps se révèle intelligent pour forcer une découverte plus minutieuse en dehors des axes principaux.
On a quelques autres aspects de l’exploration qui sont vraiment bien pensés. On pense principalement aux autels délivrant des bonus de statistiques disséminés aux quatre coins de la carte. Le bonus offert par ceux-ci est limité à la région dans laquelle ils ont été découverts. Parfait moyen de récompenser la recherche sans gâcher la difficulté du jeu pour ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de fouiller dans les moindres recoins.
Cependant, malgré l’envie de bien faire, on est bel et bien confronté aux problèmes classiques des open worlds. Une répétition des activités qui devient lassante. La faute en partie à un bestiaire qui, dans un Souls-like d’ambition classique, serait plus que suffisant, mais ici la taille de Code Vein 2 rend l’ensemble répétitif.
La dizaine de donjons annexes reste étrangement plaisante à parcourir, bien que l’on se rende compte des similitudes dans leur construction. Tout simplement parce qu’ils ne sont jamais trop longs pour leur propre bien. Ces donjons et bestiaires offrent un autre problème : les boss. La majorité des boss sont des ennemis de base glorifiés ou alors les mêmes boss en boucle.
Un point fort se cache cependant derrière ce problème… Les combats restent intéressants, ce qui prouve que le moindre ennemi a un nombre et une qualité de patterns assez stimulants. Ça reste dommage autant de recyclage quand on voit la qualité des boss majeurs du scénario, que ce soit en termes de combat ou alors de design.
Attention cependant, c’est incompréhensible, mais certaines quêtes secondaires spoilent tout simplement des boss importants. Mais ces combats sont aussi les seuls endroits (avec les moments émotionnels) où la musique se réveille. Elle, qui reste invisible ou ennuyeuse la majorité de l’aventure, nous propose tout de même quelques fulgurances.
Vampire Diaries

Revenons un peu sur le scénario qui nous a perdus au début de Code Vein 2. Le jeu ne s’embarrasse pas à nous expliquer en détail ses tenants et aboutissants, le prouve une phrase d’un PNJ qui s’adresse presque directement à vous sur votre canapé. « Je n’ai pas le temps de t’expliquer en détail, pour en savoir plus consulte le codex ». Merci mais non merci, on va plutôt se focaliser sur ce qui fait la force de l’histoire.
C’est-à-dire ses personnages. Le jeu nous met pour ainsi dire au défi de ne pas tomber sous le charme des personnages ne serait-ce que 10 minutes après leur introduction. De notre côté, on a échoué à ce défi, les personnages de Code Vein 2 sont tous bien trop attachants. Ce sentiment se renforce au fur et à mesure de nos voyages à leurs côtés et même les personnages les plus antipathiques sont écrits avec de multiples facettes.
Pour développer les personnages, on peut compter sur les quêtes secondaires, toutes directement liées à un personnage. On n’aide jamais de PNJ inconnus au bataillon, ce qui motive grandement leur accomplissement. N’oublions pas non plus la marque de fabrique de Code Vein. Les flash-back tristes avec une musique larmoyante. Certes, c’es complètement cliché, mais on s’est attaché à cette manière de faire qui contourne les limites des développeurs.
Par contre, l’apparence de ces personnages ne plaira pas à tout le monde. C’est le genre de style qui ne poserait aucun problème sur les pages d’un manga mais le rendu 3D rend le tout un peu… surprenant. Des proportions exagérées : longs cous, larges épaules… ou encore des tailles toujours plus extrêmes. Ça passe ou ça casse. De notre côté, on a apprécié les charmes de cette proposition.
Même si, sans être au courant en avance, nous avons été un peu conservateurs sur l’apparence du personnage principal, qui de ce fait ne s’intègre pas très bien au reste de l’univers visuel. Profitons-en pour glisser un mot sur l’outil de création de personnage. Il est bluffant, sûrement l’un des meilleurs existants dans le jeu vidéo tellement les possibilités sont nombreuses, pour peu qu’on ait l’esprit un peu weeb.
Sans conteste ce sont les personnages qui sauvent le jeu visuellement. L’ensemble des environnements reste terne avec aucun endroit qui ne sort réellement du lot. La ville est grise, la forêt est grise et figurez-vous : le parc d’attraction est gris également. Ce qui n’est pas sauvé par les graphismes qui sont somme toute plutôt datés. Ce qui rend difficiles à accepter les quelques ralentissements du jeu dans les zones particulièrement chargées ou alors par temps de pluie.
Mieux vaut être mal accompagné que seul

Après avoir beaucoup contourné la question pourtant point central d’un bon nombre de Souls-like, qu’en est-il du gameplay ? On peut déjà vous dire qu’il est en tout point supérieur à celui du précédent jeu. Les sensations manette en main sont bien meilleures, même si elles ne restent toujours pas parfaites, on aimerait un poil plus d’impact dans les coups. Et cette maudite caméra, toujours à nous mettre des bâtons dans les roues dans les moments les plus délicats.
Comme mentionné avant, l’ampleur des possibilités est ce qui rend le gameplay si agréable. En quelques minutes, on peut passer d’un build complètement à distance, avec sorts et fusil, à un build au corps à corps qui met d’énormes coups de marteau. De quoi combattre la lassitude après de longues heures de jeu. Tout s’améliore de la même façon, alors il n’y a pas un style de combat qui sera vraiment meilleur que les autres. Dans tous les cas, une arme améliorée au maximum sera surpuissante.
Surpuissante, c’est bien le terme, le début de Code Vein 2 est extrêmement compliqué, sans avoir beaucoup de choix ou beaucoup de consommables de soin, on est bien fragile. Très vite, en se spécialisant dans un ou plusieurs styles de combat, on devient beaucoup plus fort que nos adversaires, le challenge se dissipe peu à peu.
De plus, on est en permanence accompagné d’un allié. Il peut prendre l’aggro, nous rendre de l’ichor (le mana du jeu) ou même nous ressusciter. Par ailleurs cette mécanique est bien plus équilibrée que lors de Code Vein premier du nom. Ici, il est possible d’absorber notre allié pour avoir un bonus de stats et conserver les passifs de sa présence. Ce n’est plus seulement un handicap volontaire de se passer de sa présence, mais un véritable choix affectant notre manière de jouer.
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