Test Clive Barker’s Hellraiser: Revival – Un premier jeu Hellraiser à la réussite contrastée

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Clive Barker’s Hellraiser: Revival est étonnamment le premier vrai jeu de la licence horrifique culte de 1987. Il y a pourtant bien eu des tentatives de porter la licence en jeux vidéo, mais toutes avaient hélas été vite tuées dans l’œuf à l’époque. C’est donc en 2026, soit pratiquement plus de 40 ans après la sortie du tout premier film Hellraiser, que l’éditeur Saber Interactive a décidé de se jeter à l’eau, et de tenter d’adapter cette franchise cinématographique ultra violente et dérangeante en jeu vidéo. Car oui, pour celles et ceux qui ne connaissent pas Hellraiser, il s’agit d’une mythique licence cinématographique qui nous propose de l’horreur, du sexe, mais aussi une violence graphique extrême et malsaine centrée sur le sadomasochisme. Le tout, avec un cube qui ouvre les portes de l’enfer faisant apparaître les cénobites, des créatures sournoises qui peuvent vous emmener avec eux dans de terribles souffrances si vous avez le malheur de résoudre le puzzle du cube.

D’ailleurs, il n’était donc pas très étonnant de voir que le soft ait été censuré à certains endroits sur les premiers trailers d’annonces, tant Hellraiser prône l’extrême violence et le gore. Le titre est d’ailleurs développé par Mad Head Games, qui a depuis rejoint les rangs de Saber Interactive et qui en est réellement à sa toute première grosse production. À l’heure où la plupart des titres horrifiques s’obstinent à réaliser des jeux multijoueurs asymétriques peu intéressants (en témoigne Halloween: The Game qui est désastreux), le studio propose ici un véritable jeu solo narratif avec une histoire inédite co-écrite par Cliver Barker himself. Avons-nous là un vrai premier jeu Hellraiser vraiment réussi ? Dans un sens, oui, même s’il y a évidemment quelques couacs qui nous ont bien frustrés. Explications dans notre test.

Conditions de test : Nous avons terminé la campagne de Clive Barker’s Hellraiser: Revival en 10 heures de jeu en oscillant entre mode normal puis facile vers la fin du jeu. Le titre a été testé sur PlayStation 5.

« What’s your pleasure sir ? »

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Aidan va vite savoir ce qui l’attend après… – Clive Barker’s Hellraiser: Revival // Source : ActuGaming

Avant de plonger dans l’histoire de Clive Barker’s Hellraiser: Revival, sachez que le titre se situe plus d’une vingtaine d’années après les événements du premier film. Ce qui fait que les joueurs pourront apprécier cette histoire inédite sans avoir vu vraiment les films, sauf si vous voulez capter toutes les références des trois premiers films a minima.

La production de Mad Head Games nous plonge ainsi dans la peau d’Aidan Lynch, prenant au début du jeu du bon temps avec sa copine Sunny. Bien évidemment vu que tout ne se passe jamais bien, sa copine, en plein acte, décide d’utiliser le cube qui invoque ainsi les cénobites. A partir de là, ces mythiques créatures plus ou moins dirigées par le légendaire prêtre Pinhead au teint pâle et à la tête cloutée de toutes parts, emmènent Sunny non sans une douleur atroce et gore.

Voilà notre héros devant par la suite tenter de la récupérer par tous les moyens en tentant de traverser le labyrinthe, soit le refuge des enfers des cénobites. Ce dernier devra aussi y récupérer le cube que notre protagoniste égare après le prologue. Qui plus est, Aidan fera également la connaissance du culte de l’église écarlate dirigé par un certain Marlowe, vouant étrangement un culte pour ces cénobites et le Léviathan du labyrinthe.

C’est plus ou moins comme cela que nous pourrions résumer l’histoire inédite de Clive Barker’s Hellraiser: Revival, qui va plus loin que ça dans sa narration. Mais au premier abord, il est intéressant de noter que le titre use de flashbacks qui vont surtout nous en apprendre un peu plus sur Aidan, mais également sur la nature de la relation qu’il entretenait avec Sunny. Tout ceci est bien amené et respecte à la lettre le schéma narratif que proposent, en règle générale, les films Hellraiser (du moins, les deux premiers).

En même temps, ce n’est pas vraiment surprenant, dans la mesure où Clive Barker a mis la main à la pâte sur l’écriture. Cela se ressent clairement sur toute la trame du jeu, et la plupart des protagonistes que l’on croise sont plutôt intéressants et avec même une petite influence Bioshock pour certains. Le titre pioche ainsi dans de belles influences, et il reste plus que plaisant de redécouvrir les cénobites sous un autre angle, avec une malice et une sournoiserie sadique que l’on ne présente plus chez eux.

Concrètement, s’il y a parfois quelques couacs et une progression narrative qui peut paraître aussi plate que notre héros au début, force est de constater que la production de Mad Head Games parvient ensuite à nous accrocher pour ne plus nous lâcher. Il faut dire que la direction artistique très malsaine, à la Hellraiser, y est pour beaucoup. Cela nous aide mieux à nous immerger dans le soft après une petite heure, surtout si vous avez déjà vu les trois films de l’époque (les autres n’existent pas à notre sens). Entre horreur, sexe et BDSM, Clive Barker’s Hellraiser: Revival respecte religieusement la licence d’origine.

Hellraiser se la joue Resident Evil

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Le fameux système à la Resident Evil pour les objets de quête -Clive Barker’s Hellraiser: Revival // Source : ActuGaming

Sans grosse surprise, et les premières vidéos de gameplay le montraient bien avant sa sortie, Clive Barker’s Hellraiser: Revival reprend logiquement les codes du survival-horror. D’ores et déjà, et cela paraît logique, les petits gars de Mad Head Games se sont fortement inspirés de la licence Resident Evil. Effectivement dans la progression globale du jeu, vous serez assez souvent sommés de progresser dans les niveaux en trouvant des objets qu’il faudra utiliser par la suite sur des portes ou autres éléments.

Il s’agit là d’un cheminement classique d’un survival-horror à base d’objets de quête à trouver afin de déverrouiller une porte voire résoudre une énigme ensuite, puis continuer votre bonhomme de chemin. D’ailleurs, il faut déjà noter la qualité des énigmes qui ne manquent pas trop d’inventivité et qui vous forcent parfois à réfléchir sur la manière de les résoudre. Il n’y a pas à dire, Mad Head Games a fait du bon boulot sur la progression, digne des survival-horror d’antan. En même temps, ce n’est pas anodin, le studio ayant auparavant travaillé sur des point’n’click.

Bien évidemment, vous devrez aussi vous battre dans Clive Barker’s Hellraiser: Revival. Vous pourrez utiliser au choix des armes blanches ou des pétoires, sauf qu’ici, les diverses armes de corps à corps que vous ramassez disposent d’une jauge de durabilité. En fonction de celle que vous avez en main, vous pourrez frapper au maximum entre 4, 6 voire 8 coups maximum avant que cette dernière ne se brise. Même s’il y a des kits de réparation pour les rafistoler avant qu’elles ne se détruisent ou que vous puissiez en trouver d’autres en chemin, l’équilibrage sur cette durabilité des armes est discutable.

En mode normal comme en facile, il n’y aura aucune clémence de ce côté-là, ce qui provoquera potentiellement de la frustration chez les joueurs casuals voulant juste découvrir l’histoire. C’est un point qu’il faudra probablement ajuster dans une mise à jour, en sachant également qu’Aidan devra aussi compter ses balles face à ses assaillants. Que ce soit face aux fidèles de l’église écarlate voire aux créatures issues du labyrinthe, il faudra souvent faire preuve d’ingéniosité pour économiser ses balles au maximum.

Il y a bien moyen de passer par un système de craft à base de recettes à acheter auprès d’un marchand et via des ressources à récolter pour les fabriquer, mais dans l’absolu, il faudra à un moment donné faire des choix pour ne pas se retrouver dans une grosse impasse. C’est là que le titre ne sera pas à mettre entre toutes les mains, tant le soft reste relativement exigeant dans ce qu’il propose au niveau de son gameplay, qui propose une énorme connotation survie et avec un inventaire à la Resident Evil 4 où vous devrez optimiser votre inventaire pour faire rentrer un maximum d’éléments.

Par ailleurs, s’il y a bien une mécanique sur laquelle on trouvera quelque chose à redire, ce sera son système d’esquive. À défaut de ne même pas pouvoir sauter ou parader, Aidan pourra effectuer des esquives basiques ou directionnelles afin d’éviter les attaques au corps à corps des ennemis. Intuitif au début, cette mécanique se révèle finalement un peu trop lente et lourde, rendant le résultat assez brouillon. Il en va de même pour le corps à corps qui sera, dans cette disposition, hasardeux, bien que l’on puisse se rendre à l’évidence qu’il reste satisfaisant à certains moments.

La douleur et la peur, que c’est bon… ou presque

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Attendez de les voir en version cuirassé après, ça va être moins drôle… – Clive Barker’s Hellraiser: Revival // Source : ActuGaming

En parlant de douleur oui, Clive Barker’s Hellraiser: Revival va se doter de passages réellement retors en normal. On a déjà assez martelé que le mode facile ne l’était pas vraiment sur quelques points, mais les développeurs nous ont souvent surpris avec des séquences particulièrement douloureuses. Nous avons en tête un passage dans une cabane en bois où il s’agissait de survivre à des vagues de créatures issues des enfers en barricadant les fenêtres à la façon d’un Call of Duty Zombies.

Sauf que cette partie-là ne fut pas un pur plaisir, le jeu nous demandant d’user de presque tout notre arsenal à disposition jusqu’à attendre une cinématique pour se sortir d’affaire. Si nous pouvons louer tout le long de cette critique l’ingéniosité du studio serbe de piocher dans des titres comme Bioshock, Resident Evil voire Codemned qui proposait une ambiance particulière à son époque, force est d’admettre que les développeurs en auraient oubliés d’offrir des séquences peut-être un peu moins tarabiscotées comme celle-ci, surtout que l’endroit est exigu.

Mais bref, Clive Barker’s Hellraiser: Revival offre quand même une arme qui peut être redoutable en dernier recours avec le cube. Usant de la jauge de souffrance (semblable à de la mana finalement), ce cube peut vous permettre d’utiliser la télékinésie. Ainsi, vous pourrez balancer des piques, scies circulaires voire du feu sur les ennemis, histoire de faire le ménage. Et si la jauge de souffrance se remplit totalement, vous pourrez utiliser son pouvoir spécial lançant des chaînes sur tous les ennemis présents, et ainsi les éliminer en un clin d’œil. Cela marche aussi sur les boss, mais cela va juste les immobiliser un moment.

La vibe Bioshock se ressent très clairement et cette mécanique est plus que jubilatoire à utiliser. De plus, il faut admettre que l’exploration des niveaux et fouiller les moindres recoins n’en reste pas moins grisant. En fouillant des caisses, en crochetant des serrures façon Skyrim voire en trouvant des codes çà et là pour déverouiller portes ou armoires vous donnant des munitions, des ressources précieuses ou bien des sacoches augmentant la taille de l’inventaire. Autant dire que même linéaire, le titre vous donne quand même quelques billes pour bien vous préparer même si la difficulté manque parfois d’équilibrage.

Par ailleurs, vous aurez la possibilité d’aller voir Zora la marchande. Comme évoqué un peu plus haut, vous pourrez, moyennant des pièces, acheter ce que bon vous semble comme des recettes de craft, des pétoires, des munitions, des armes de mêlées ou encore des bandages ou trousses de soin. Il sera par ailleurs possible d’y vendre des trésors que vous trouvez sur votre chemin, et ainsi pouvoir acheter un peu plus de choses dont vous avez besoin. Un système de jeu que nous avons déjà vu pas mal de fois, mais qui reste plutôt efficace et cohérent dans l’exécution.

En revanche, ne vous attendez pas à vous la jouer fine dans Clive Barker’s Hellraiser: Revival. S’il est possible au début du jeu de faire un peu d’infiltration, ce sera vite de l’histoire ancienne passé les deux premières heures. L’IA viendra souvent jouer les trouble-fêtes en vous repérant fréquemment et vous irez finalement trop vite foncer dans le tas pour vous charger des ennemis humains ou des créatures. Une IA qui est soit dit en passant pas très futée, même si nous avons vu pire dans d’autres jeux soyons clairs.

Le Labyrinthe, qui n’est pas celui de Pan

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Le Labyrinthe possède des idées visuelles saisissantes – Clive Barker’s Hellraiser: Revival // Source : ActuGaming

Avant d’aborder les passages du labyrinthe, sachez que vous devrez aussi affronter des boss. Dans l’absolu, ceux-ci sont étonnamment agréables à combattre avec un pattern à devoir dompter avant de devoir totalement les éliminer sans trop de mal. Nous sommes très loin d’affrontements mémorables mais qu’on soit clair, ces boss vont vous donner du fil à retordre, c’est une certitude.

Notez également que les développeurs ont pensé à pas mal d’options d’accessibilité. Pour plus d’immersion, et d’ailleurs c’est par défaut, vous pouvez volontairement cacher toute l’interface de jeu jusque dans la barre de vie des boss, si vous ne voulez aucune information. Autant dire que sur cet aspect là, le joueur aura une belle panoplie d’options afin de pouvoir jouer à sa guise, ce qui est plutôt chouette.

Pour le reste, sachez que vous aurez parfois l’obligation de traverser le Labyrinthe. Cela peut arriver après des combats de boss notamment ou à certains moments précis, et ces derniers ne seront pas que contemplatifs. Attendez-vous en premier lieu a devoir vous faire quelquefois courser par l’un des cénobites nommé Chatterer. Ce sont des séquences pour le moins angoissantes où il va falloir user et abuser de la caméra à 180 degrés à la Resident Evil et ainsi semer l’assaillant en évitant divers pièges ou en usant le cube qui vous donne la faculté de déplacer divers objets.

Qui plus est, le titre de Mad Head Games semble être un grand fan du projet avorté de Kojima, P.T.. Il y aura quelques passages de cette trempe-là qui font froid dans le dos et disposant d’une atmosphère franchement réussie pour le coup puisqu’elle colle vachement bien à l’univers d’Hellraiser.

Sachez également que le Labyrinthe porte évidemment bien son nom, puisqu’en plus de son côté organique bien ficelé, ce dernier n’en restera pas moins un puzzle aussi vivant que dangereux. Au programme, vous devrez traverser des endroits très étroits de ce dernier en abusant aussi de la caméra à 180 degrés, tout en évitant dans le bon tempo des pièges mortels.

Le côté organique sera aussi de la partie avec la possibilité d’y récupérer des bonus de santé ou de jauge de souffrance en guise de collectables et sous la forme de créatures organiques peu ragoûtantes. Il n’y a pas à dire, le nouveau studio serbe de Saber Interactive a réussi à retranscrire avec brio l’univers bien inquiétant d’Hellraiser et pour une première grosse production, chapeau à eux.

Une production technique aux petits oignons de toutes parts

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Le titre est vraiment soigné visuellement – Clive Barker’s Hellraiser: Revival // Source : ActuGaming

L’une des grosses surprise de Clive Barker’s Hellraiser: Revival va résider dans son moteur graphique, bien ciselé. Tournant sous Unreal Engine 5, le titre est dans un premier temps d’une fluidité exemplaire. Le jeu ne souffre jamais d’un moindre crash et nous n’avons seulement rencontré que quelques bugs de collisions mineurs en une dizaine d’heures de jeu.

Et pour couronner le tout, le titre est vachement beau. Si le soft est un peu perfectible sur les cinématiques qui n’impressionnent pas forcément,  mais restent convenables, l’ensemble est vachement bien amené. Que ce soit dans la modélisation des décors comme de la violence extrême propre à un titre comme Hellraiser, c’est une réussite. Idem avec les quelques effets graphiques qui ont pu nous laisser pantois. Très honnêtement, nous sommes bluffés par ce qu’a pu faire Mad Head Games pour son vrai premier gros jeu.

Viens enfin la bande-son, qui nous a mis presque d’accord. Avec des thèmes musicaux iconiques et fidèles à Hellraiser, le soft n’a pas raté le coche. On rajoute à cela un peu du dirty électro pour renforcer le malaise des affrontements, et on obtient là un bon cocktail pour nous faire ressentir toute l’atmosphère malsaine et oppressante qui se dégage de Clive Barker’s Hellraiser: Revival. On pourra pester sur le manque d’une version française dans les doublages mais disons que l’on pourra mettre cela sur le compte d’un manque de moyen sur cet aspect-là ? (et encore…)