Critique Super Mario Galaxy Le Film – Un divertissement pur qui divise
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Rédigé par Quentin
Non content de diviser la presse spécialisée et les spectateurs, Super Mario Bros. Le Film a su créer un véritable effet de surprise et de curiosité. Nintendo et Illumination avaient donc la lourde tâche de poursuivre sur cette lancée en parvenant à surprendre davantage leur audience. Super Mario Galaxy Le Film ramène Mario au cinéma avec une nouvelle adaptation ambitieuse, qui, une fois encore, reste fidèle à la philosophie des jeux tout en s’éloignant des codes traditionnels du cinéma. Si cette approche s’accompagne de défauts évidents, elle n’en demeure pas moins rafraîchissante et parfaitement calibrée pour le plombier moustachu et son univers.
Note : cette critique est garantie sans spoiler
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ToggleYoshi dans la colle ?
Super Mario Galaxy Le Film n’a pas vocation à raconter quelque chose de profond, ni même d’avoir plusieurs niveaux de lecture. A l’image de Nintendo qui privilégie avant tout le plaisir de jeu en reléguant le lore et les timelines au second plan, le film d’animation cherche simplement à nous faire passer un bon moment avec un déluge de cascades, de gags et de fun.
Si vous vous attendez à ce qu’une adaptation comble un manque narratif de la saga vidéoludique ou nous raconte une fresque émotionnelle à la Pixar, vous pouvez passer votre chemin. C’est sans doute ce qui explique la relative sévérité d’une partie de la presse cinéma. Car Super Mario Galaxy Le Film assume pleinement son ADN vidéoludique et préfère s’inspirer des mécaniques et du rythme propres aux jeux Nintendo plutôt que des codes habituels du cinéma familial. Si des films tirés de licences du jeu vidéo comme les Sonic fonctionnent très bien avec des formules classiques de film d’aventure familial, le choix de Nintendo et Illumination d’emprunter un « autre tuyau » montre que l’on peut réussir autrement avec une adaptation à la fois fidèle, singulière et étonnamment libre qui ne ressemble à aucune autre.
Côté intrigue, le film conserve l’essence de la saga avec une princesse à sauver. Mais ici, exit Brooklyn et le Royaume Champignon, le terrain de jeu devient intergalactique dans un univers directement inspiré des jeux Super Mario Galaxy. S’engage alors une course effrénée, presque sans temps mort, à travers les étoiles, pour contrecarrer les plans du nouvel antagoniste, Bowser Jr. Le film en profite d’ailleurs pour élargir sa palette de personnage et introduire plusieurs figures emblématiques de l’univers Nintendo, Yoshi et Harmonie en tête d’affiche.
Certes, certains pâtissent d’un temps d’écran limité, ce qui pourra frustrer, mais chacun parvient malgré tout à marquer les esprits. La dynamique fraternelle entre Mario et Luigi fonctionne toujours aussi bien, tandis que la relation père-fils entre Bowser et Bowser Jr. oscille habilement entre tendresse et comédie. Quant à Yoshi, il s’impose sans difficulté comme l’un des personnages les plus cool du film, talonné de près par Fox McCloud, avec une surprenante mais efficace apparition. Par ailleurs, il est vraiment dommage que Nintendo ait dévoilé la présence du héros des jeux Star Fox en amont tant la surprise est à la hauteur, mais on imagine que Glenn Powell (la voix américaine du renard) ne pouvait pas rester dans l’ombre de la promotion.
Un film qui ne va pas plus loin que son Peach

Pour les joueurs de Super Mario Galaxy qui ont été émus par le petit conte racontant l’histoire d’Harmonie, il est vrai que l’on était en droit de s’attendre à quelque chose de plus audacieux par rapport à Super Mario Bros. Le Film. La fable (totalement optionnelle dans le jeu cela dit) constituait une tentative d’apporter de l’émotion et du sens au personnage, en abordant des thèmes comme le deuil et la solitude. Une vision portée par Yoshiaki Koizumi (réalisateur de Super Mario Galaxy) et qui contraste avec celle de Shigeru Miyamoto, désireux de préserver un univers simple en évitant une lecture trop lourde. Une orientation qui sera d’ailleurs « corrigée » dans Super Mario Galaxy 2, et qui sert ici clairement de modèle principal.
Si une approche plus mélancolique aurait pu être tout aussi intéressante, c’est logiquement celle du créateur de Mario qui prévaut. Le film conserve ainsi un ton léger et constamment amusant, ne se prenant jamais vraiment au sérieux, à l’exception d’une révélation qui devrait faire réagir les fans de lore. On peut toutefois reprocher au film une seconde moitié un peu décousue qui part dans tous les sens. Si ce cocktail survitaminé reste digeste grâce à une bonne maîtrise de l’action et de la comédie, il n’en demeure pas moins parfois chaotique. Les nombreux caméos sont appréciables, mais donnent aussi, par moments, un sentiment de trop-plein.
La fin, quant à elle, apparaît trop expéditive, avec des transitions qui manquent de souffle. Le film aurait mérité davantage de temps pour laisser respirer les événements qui concluent l’aventure. Le rythme très frénétique peut donner l’impression d’un film calibré pour une « génération TikTok » à l’attention limitée. Toutefois, on préfère y voir une volonté du studio de retranscrire la dynamique propre aux jeux Mario, eux aussi très rythmés.
En revanche, Super Mario Galaxy Le Film renforce ses points forts par rapport au premier film avec des séquences d’actions plus inventives, un humour encore plus percutant et un respect inconditionnel à l’univers de Nintendo.
Moins de chansons pop et plus d’OST

L’aspect qui met au moins presque tout le monde d’accord est la qualité d’animation offerte par le studio Illumination. On assiste à un véritable feu d’artifice visuel, le tout porté par une direction artistique extrêmement colorée et une profusion d’environnements galactiques. Cette richesse esthétique s’accompagne d’un sens du détail remarquable avec une fidélité à l’univers de Nintendo qui transparaît dans chaque plan. Un deuxième visionnage sera sans doute nécessaire, mais même dans les arrière-plans les plus discrets, on pouvait apercevoir des références assez inattendues.
En accord avec le chaos déjà évoqué, on peut néanmoins ressentir une certaine surcharge visuel par moment. Mais ces excès n’entament jamais réellement la solidité de l’ensemble tant la qualité technique pure, la mise en scène et l’inventivité des décors sont incontestable. L’évolution la plus notable par rapport à Super Mario Bros. Le Film se situe néanmoins du côté de l’ambiance musicale. Alors que la licence compte parmi les compositions les plus appréciées du jeu vidéo, l’accumulation de chansons pop dans Super Mario Bros. Le Film ne rendait pas hommage à l’héritage musical de Mario. Les arrangements orchestraux de Brian Tyler, qui reprennent les thèmes iconiques des jeux, s’intègrent parfaitement à ce format sur grand écran. Le fan service sonore est ainsi parfaitement dosé. Quelques notes suffisent à nous emporter durant les moments forts.
Pour finir, on salue une nouvelle fois le doublage français qui propose une performance vocal qui n’a du tout à rougir face aux stars américaines.
Super Mario Galaxy : Le Film est un spectacle généreux, coloré et résolument drôle qui privilégie le divertissement pur au détriment de toute véritable ambition narrative. Un choix qui ne conviendra pas à tous, mais qui s’inscrit dans la continuité du premier film et reste parfaitement cohérent avec la philosophie de Nintendo. S’il souffre d’un rythme parfois trop frénétique et d’une conclusion expéditive, il compense par une maîtrise technique indéniable et une aventure spectaculaire de bout en bout. Encore une fois, la plus grande réussite de cette adaptation est qu’elle parvient autant à séduire les fans de la première heure que le grand public (un peu moins aux cinéphiles exigeants). Un vrai tour de force.
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