Test Final Fantasy Resonance – Le Final Fantasy à l’ancienne sort de sa tombe plus en forme que jamais

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Il y a eu à peine deux semaines entre la mort présumée de la licence Final Fantasy Brave Exvius, avec la fermeture des serveurs japonais du deuxième jeu mobile, War of the Visions, et l’annonce lors d’un Nintendo Direct du retour de la licence avec Final Fantasy Resonance. En effet, cette annonce suit un effort actuel chez Square Enix de s’éloigner des plateformes mobiles et de « sauver » les jeux qui y étaient coincés. Comme vous le savez peut-être, les téléphones sont un vrai cimetière de jeux vidéo car, lorsqu’un de ces jeux ferme, il n’y a souvent aucune préservation. Ils disparaissent purement et simplement. Alors après Octopath Traveler 0 qui a transformé Octopath Traveler: Champions of the Continent en expérience solo hors-ligne, on est véritablement ravis de voir Final Fantasy Brave Exvius bénéficier du même traitement.

Conditions de test : Nous avons joué une soixantaine d’heures en mode Normal pendant toute l’histoire de Final Fantasy Resonance. La flexibilité proposée nous a permis de basculer en expert pour les combats annexes de fin de jeu. Le test a été abordé avec une vraie connaissance de Final Fantasy Brave Exvius ( que l’on nommera FFBE par souci pratique) en y ayant joué pendant plusieurs années. Ce qui nous a incités à bien poncer l’intégralité du contenu disponible.

La Vision d’un monde presque disparu

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Source : ActuGaming

Au-delà de la surprise de revoir sous une autre forme ce gacha qui, après 10 ans de (plus ou moins) bons et loyaux services, avait rassemblé une communauté assez conséquente, c’est également l’opportunité pour tous les fans de JRPG qui étaient passés à côté de découvrir cet univers. Rien de mieux que ce dernier pour faire renaître une partie de l’identité de Final Fantasy qui avait un peu disparu ces derniers temps.

On parle bien sûr des combats en tour par tour et du pixel art. Sur ces sujets, FFBE avait été un très bon élève. Les sprites et les animations de tous les personnages emblématiques sont encore parmi les plus beaux de tout Final Fantasy. Bien évidemment, graphiquement, tout est réutilisé. On pourrait se plaindre du manque d’effort, mais pourquoi changer une recette qui fonctionne ? On a ici affaire à une vraie lettre d’amour de la licence Final Fantasy, à travers l’enrobage du jeu bien sûr, mais également de manière plus frontale dans son fan service avec le système de Vision.

Chacun des personnages jouables peut équiper une Vision qui représente soit un des héros de la licence principale, soit quelques personnages secondaires directement tirés de Final Fantasy Brave Exvius. C’est ce qui remplace le système d’invocation du gacha, car ce système de Visions fait partie intégrante du scénario. Notre héros Rain invoque réellement ces guerriers du passé ou d’autres univers, c’est donc pourquoi il était impossible d’en faire l’impasse.

Il faut dire que ce compromis est plutôt réussi. On récupère cette vingtaine de personnages de manière fixe à un rythme agréable. Comme dans FFBE, ils ont une attaque appelée ici « Résonance » qui fait disparaître les pixels le temps d’une cinématique en CG qui en met plein les yeux. Ce fan service un peu dégoulinant ne plaira pas à tout le monde, même s’il fait finalement partie de l’ADN de FFBE. Par ailleurs, Square Enix essaye aussi de faire plaisir aux vieux fans du jeu mobile avec le retour de contenus qui ont fait la force du jeu, mais on y reviendra plus tard.

Des personnages construits compétence par compétence

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Source : ActuGaming

On a beaucoup parlé de ce qui était similaire, mais quid de la nouveauté ? Finalement, si l’ensemble est familier, le cœur du jeu, c’est-à-dire le gameplay, a été totalement repensé. Terminé le lancement des compétences à la milliseconde pour déclencher des chaînes qui multiplient les dégâts. Final Fantasy Resonance s’inspire des tour par tour qui fonctionnent le mieux ces derniers temps comme Persona ou Octopath Traveler.

Chaque ennemi possède une barre de choc qui diminue en encaissant des attaques, plus rapidement si vous touchez sa faiblesse. Une fois cette jauge brisée, vous avez le droit à une action voire un tour supplémentaire si tous les adversaires sont en état de choc, un peu à la manière d’une All-Out Attack de Persona. Ce qui donne de l’intérêt aux moindres petits combats qui ici ne se limiteront pas à balancer vos plus grosses attaques en boucle.

Ça permet aussi de donner une orientation aux personnages jouables. Effectivement, toutes les attaques n’ont pas le même pourcentage de choc et certains passifs n’améliorent que le taux de choc. De quoi avoir facilement un breaker attitré dans l’équipe. Vous l’aurez compris, en mixant les compétences natives de nos personnages avec celles des Visions, sans oublier les nombreux équipements et accessoires, on peut vraiment façonner nos héros comme on le souhaite.

Cette liberté est totalement voulue. Vous souhaitez utiliser votre mage avec des dégâts physiques ? Un bâton vous le permet. Vous préférez suivre sa voie toute tracée et lui faire lancer 16 Ultima en un seul tour ? C’est aussi possible (oui, les builds en fin de partie permettent vraiment des trucs assez dingues). On peut même faire tellement de dégâts ou être si intouchable que l’on peut totalement ignorer la mécanique de choc.

Petit bémol cependant, la majorité des possibilités sont offensives. On est vite frustré par l’absence de variété au niveau du support ou du soin. La raison est toute simple : la plupart des Visions sont des personnages principaux de Final Fantasy et malheureusement, en termes de combat, ils sont nombreux à avoir le même archétype. En milieu de partie, on se retrouve à se dire « trop bien mon 6ᵉ dps, trop cool mon 9ᵉ briseur ».

C’est dommage, car la solution était sous leurs yeux. On croise de nombreux personnages de Final Fantasy Brave Exvius au cours de nos quêtes, et en transformer un peu plus en Visions aurait comblé ce manque sans grande difficulté, en sachant que toutes les animations sont déjà présentes sur le jeu mobile. Par exemple, quand on croise Roy le barde, on se dit qu’il aurait fait une Vision de support parfaite (il n’y a aucune Vision ayant ce rôle dans tout le jeu).

Des cristaux dans mon Final Fantasy ?

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Source : ActuGaming

Le combat n’est pas la seule différence majeure. Même si graphiquement on est en terrain connu, 2026 chez Square Enix oblige, on a le droit à la HD-2D. Si certains peuvent s’en lasser, il faut tout de même admettre que le résultat est à la hauteur. Les sprites s’intègrent parfaitement à ce nouveau rendu, même si l’ensemble est clairement porté par ceux-là. Ils rendent les combats dynamiques et leur niveau de détail apporte beaucoup de vie aux animations et aux dialogues.

En ce qui concerne ces fameux dialogues, le scénario de manière générale est celui de la saison 1 de Final Fantasy Brave Exvius. Pas besoin d’avoir des connaissances antérieures, il est fait pour le découvrir de zéro. Et on ne va pas se mentir : il n’est pas révolutionnaire. Des méchants en armure veulent casser les cristaux dans chaque royaume. Plus cliché, tu meurs. Pourtant, derrière ces prémices se cache un peu de profondeur en ce qui concerne ces antagonistes.

L’autre attrait de l’histoire reste la relation entre tous les personnages. C’est vraiment écrit comme un shōnen, avec beaucoup d’interactions entre tout le cast, ce qui est plaisant à suivre même si parfois les dialogues ne sonnent pas toujours très naturels.

C’est peut-être dû à la traduction. En tout cas, celle-ci a quelques problèmes, comme des fautes d’orthographe ou des effets qui ne correspondent pas. On va se rassurer en se disant qu’au moins c’est la preuve qu’elle a été faite par un humain. Mais même en dehors de la traduction, le jeu a de gros problèmes de clarté.

On ne sait pas exactement ce que font les effets, s’ils se cumulent et surtout si les attaques tapent une ou plusieurs fois. Et ce dernier point paraît anecdotique, mais il est particulièrement frustrant quand on atteint le cap de dégâts à 9999 par coup, ou lorsqu’on tombe sur un pampa de métal qui ne prend qu’un seul dégât à la fois, et que l’on ne sait pas ce qui est le plus efficace à part en retenant les animations par cœur. Un choix étrange.

Une réalisation au top

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Source : ActuGaming

Final Fantasy a toujours été précurseur dans un domaine facile à oublier : la mise en scène. Que ce soit la manière de placer les personnages et les décors sur SNES ou avec des cinématiques sublimes bien en avance sur leur temps sur PS1, ils ont toujours réussi à composer avec les limites des consoles.

Aujourd’hui, toute l’industrie a des outils pour réaliser des jeux magnifiques en tout point ; alors Final Fantasy sort moins son épingle du jeu, il est vrai. Dans un élan de nostalgie, c’est malin de se réimposer des limites dans Final Fantasy Resonance où la majorité de la mise en scène se fait à l’aide de simples sprites en 2D. Certes beaucoup mieux animé qu’à l’époque, mais tout de même, c’est rafraîchissant.

Cette réalisation est sublimée par la musique qui reprend en partie les compositions originales de FFBE tout en y ajoutant de nouvelles pistes tout aussi qualitatives. On notera également de nouvelles versions de sons emblématiques telles que la musique des chocobos ou encore certains thèmes de boss qui reviennent nous offrir un vrai challenge.

Un gameplay qui résonne avec son époque

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Source : ActuGaming

Vous pourriez faire le jeu en ligne droite mais vous passeriez à côté de ces combats difficiles et de quelques développements de l’univers. Final Fantasy Resonance tente un vrai effort pour rendre ses quêtes secondaires intéressantes, qui n’existent jamais sans raison. Elles sont là pour ajouter une substance aux personnages jouables ET non jouables, ou alors pour améliorer les héros et leurs compétences.

Cependant, ce n’est pas suffisant pour les rendre totalement captivantes. Il y a encore un peu trop d’allers-retours inutiles et des dialogues bien trop longs. Refaire en entier un donjon de niveau 10 quand on est niveau 30, est-ce vraiment nécessaire ?

L’annexe ne se limite pas à ces quêtes FedEx, heureusement, car il y a de nombreux combats exigeants. Les mêmes qui ont fait la renommée de FFBE. Des chimères, un Colisée et même la chambre des armes qui signe son retour. Tant d’affrontements qui vont mettre à l’épreuve non seulement votre gestion du combat mais également votre préparation.

Si la manière d’infliger des dégâts est bien différente dans Final Fantasy Resonance, le reste est bien similaire, pour notre plus grand plaisir. On doit toujours analyser les faiblesses du boss pour venir équipé en fonction. Est-ce qu’il absorbe tel ou tel élément ? Est-ce qu’il contre les attaques physiques ou magiques ?

Tant de questions qui nous empêchent d’appréhender les combats à l’aveugle. Une fois en combat, le travail n’est pas terminé, les tanks et les soutiens devront suivre des rotations précises ou la moindre erreur pourra être fatale pendant parfois plusieurs dizaines de minutes.