Test Enshrouded – Le jeu de survie parfait pour ceux qui n’aiment pas les jeux de survie

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Lancé en accès anticipé en janvier 2024, Enshrouded s’était rapidement fait remarquer pour ses ambitions particulièrement élevées. Entre action-RPG, survie, exploration et construction, le titre de Keen Games entendait réunir plusieurs genres au sein d’un vaste monde ouvert entièrement façonnable. Un projet séduisant sur le papier, mais qui nécessitait encore beaucoup de travail pour exploiter tout son potentiel. Après presque trois ans d’accès anticipé et huit mises à jour majeures, le studio allemand passe enfin à la vitesse supérieure avec une version 1.0 particulièrement généreuse en nouveautés. Cette version définitive montre ainsi Enshrouded sous son meilleur jour, mais peut-il devenir une nouvelle référence du genre ?

Conditions de test : Nous avons suivi Enshrouded depuis son accès anticipé sur PC et pris en main les mises à jour majeures. Pour cette version 1.0, nous avons fait le choix de recommencer une toute nouvelle partie afin d’observer les différents changements. Même si nous sommes loin d’avoir exploré tout le contenu, nous avons tout de même plus d’une centaines d’heures de jeu au compteur. Nous avons joué entièrement en mode solo. Le mois dernier, nous avons également assisté à une présentation en compagnie des développeurs détaillant le dernier biome et le système « Sparkswork ».

Une aventure qui a bien grandi depuis son accès anticipé

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Enshrouded – Une vue à couper le souffle // Source : ActuGaming

Depuis janvier 2024, Enshrouded a bénéficié d’un suivi particulièrement exemplaire avec huit mises à jour majeures avant son passage en version 1.0. De quoi enrichir considérablement une proposition qui disposait déjà de solides fondations, mais dont le contenu et certaines mécaniques demandaient encore à être approfondis.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’évolution du royaume d’Embervale. Initialement limité à une partie de sa carte, ce vaste monde ouvert s’est progressivement agrandi avec l’apparition de nouveaux biomes. Les marécages de Blackmire, les montagnes enneigées des Albaneve Summits ou encore les environnements aquatiques introduits avec « Wake of the Water » ont permis de diversifier les paysages, mais aussi les situations rencontrées pendant l’exploration. À cela se sont ajoutés de nouveaux donjons, des ennemis supplémentaires, des équipements et de nombreuses améliorations de confort.

La version 1.0 vient désormais compléter cet ensemble avec l’ouverture des dernières portions de la carte. La principale nouveauté est « Cinder’s Cradle », celle-ci prend la forme d’une région volcanique où des terres ravagées par la lave côtoient d’impressionnantes îles flottantes. Cette zone de haut niveau introduit notamment une nouvelle faction d’ennemis, des ressources inédites et de nouveaux défis.

On peut désormais atteindre le niveau 50, améliorer notre équipement jusqu’au niveau 55 et poursuivre la progression de la Flamme. L’histoire principale dispose enfin d’une véritable conclusion (qui laisse tout de même la porte ouverte à de nouvelles aventures). De plus, au fil des mises à jour, le studio a aussi revu certaines composantes essentielles de son jeu, à commencer par les combats, l’arbre de compétences et les outils de construction.

Le titre proposait déjà une expérience assez plaisante et très prometteuse lors du lancement de son accès anticipé et, après avoir recommencé une nouvelle partie sur la version 1.0, on ne peut que saluer le travail de Keen Games pour rendre chaque étape du jeu intuitive, agréable et dotée d’une difficulté bien dosée. Malgré la mise à disposition d’un monde ouvert immense, le titre impose quelques légères limitations afin de garder une progression assez fluide et de permettre une découverte des mécaniques sans trop de lourdeur.

Pour celles et ceux qui se posent la question : oui, Enshrouded peut parfaitement se jouer en solo malgré sa composante de jeu de survie en coopération. Il ne demande pas non plus de longues séances intensives de farming de ressources pour progresser. Il y en a, mais cela reste raisonnable et ciblé sur des paliers spécifiques.

Un monde ouvert qui mise sur l’exploration et la découverte

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Enshrouded – Des secrets à chaque coin de brume // Source : ActuGaming

L’aventure nous place dans la peau d’un « Éveillé de la Flamme », dernier espoir d’un royaume autrefois prospère, mais aujourd’hui ravagé par une mystérieuse corruption. Au milieu des ruines d’Embervale, notre mission consiste à reconstruire progressivement la civilisation tout en cherchant à comprendre les événements qui ont conduit à sa disparition.

Contrairement à bon nombre de jeux de survie qui reposent sur une génération procédurale, Enshrouded propose un monde entièrement conçu à la main. Les environnements possèdent une géographie fixe composée de villages abandonnés, de ruines, de passages dissimulés et de nombreux secrets en tout genre. Comme vous pourrez le constater durant le prologue, Enshrouded emprunte beaucoup à Breath of the Wild, mais pour le meilleur. Il ne fait pas partie de ces mondes ouverts parsemés de multiples points d’intérêt, mais vides entre ceux-ci. Chaque recoin cache une histoire, des trésors ou des ressources rares.

Le titre accorde également une place importante à la verticalité. Le grappin et le planeur permettent de rejoindre des endroits difficiles d’accès, de franchir certains obstacles ou de parcourir de longues distances depuis les hauteurs. Des possibilités qui s’associent naturellement à la particularité de son moteur voxel, puisque de nombreuses portions du terrain peuvent également être creusées ou modifiées.

L’une des mécaniques centrales qui donne son nom au jeu est le Shroud (le Voile en français). Cette brume corruptrice recouvre certaines parties d’Embervale et impose une limite de temps aux expéditions. Une fois à l’intérieur, il faut composer avec un brouillard qui réduit la visibilité, des créatures hostiles et la nécessité de rejoindre un endroit sûr avant l’épuisement du compteur. Faire progresser votre Flamme (en offrant une liste de ressources définies à chaque pallier) permet toutefois de s’aventurer dans des zones toujours plus dangereuses en augmentant votre temps maximum à l’intérieur du Shroud.

Malgré une aventure assez cosy dans l’ensemble, ces zones corrompues permettent d’obtenir ce petit shot d’adrénaline en prenant un risque souvent calculé, mais aussi imprévisible dans la mesure où l’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Le jeu en vaut la chandelle en matière de récompenses et la clé de la survie repose souvent sur une bonne décision de notre part : rebrousser chemin ou continuer jusqu’à atteindre une zone sûre ? Cette exploration occupe une place importante dans la progression. Les ressources récupérées servent à fabriquer de nouveaux équipements, les personnages découverts enrichissent les possibilités de craft et les quêtes permettent de découvrir progressivement les différentes régions. Tout est donc pensé pour encourager les allers-retours entre l’aventure et votre base.

La narration adopte de son côté une approche relativement discrète, qui repose notamment sur les documents retrouvés un peu partout et les échanges avec les survivants. La version 1.0 apporte d’ailleurs un doublage pour les principaux personnages et les textes du lore. Malheureusement, pas de version française ici, malgré plusieurs langues disponibles. L’histoire principale, ainsi que les petites histoires qui gravitent autour, se révèlent assez intéressantes à travers les différentes lectures. Toutefois, on comprend aussi le choix de ne pas mettre la narration davantage en avant pour ceux qui préféreront laisser tout cela de côté afin de se concentrer sur l’aventure ou la construction.

Entre action-RPG, survie et construction

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Enshrouded – Un système de construction simple comme Guten Tag // Source : ActuGaming

Si Enshrouded emprunte de nombreuses mécaniques aux jeux de survie, son approche se distingue par une philosophie relativement accessible. Plutôt que d’imposer constamment des contraintes punitives, le jeu privilégie la préparation. La nourriture et le repos permettent notamment d’obtenir des bonus très utiles, mais qui ne freinent pas la poursuite du périple. En outre, la difficulté, dont certaines règles de survie, peuvent être adaptées à travers différentes options. Pour résumer en un slogan : Enshrouded est LE jeu de survie pour ceux qui n’aiment pas les jeux de survie.

Sa dimension action-RPG structure surtout les affrontements. Votre avatar peut manier différentes armes de corps à corps (épée courte, grande épée, hache, marteau…), utiliser un arc ou recourir à la magie, tout en s’appuyant sur des esquives, des parades et un système d’endurance. Un vaste arbre de compétences permet de développer différentes spécialisations sans imposer de classe précise. Vous pouvez aussi bien vous focaliser sur une ou deux voies ou bien partir sur quelque chose d’assez hybride.

Les combats ont d’ailleurs bénéficié d’importantes modifications avant même la sortie de la version 1.0. Avec « Forging the Path« , Keen Games avait déjà introduit de nouvelles possibilités offensives et revu une partie de la progression. La version finale poursuit ce travail en accordant notamment une attention particulière aux mages. Neuf nouveaux types de sorts viennent compléter leur arsenal (davantage d’attaques de zone, d’options de contrôle et même des invocations). Les sorts éternels peuvent également être améliorés et les comportements ennemis ont été retravaillés.

Durant l’accès anticipé, nous avions d’ailleurs commencé par le mage avant de changer pour un guerrier plus classique, étant donné que la classe n’était pas assez viable en solo. Pour avoir retenté la voie de la magie avec la version 1.0, le bond effectué est stratosphérique. Les affrontements sont beaucoup plus plaisants et les possibilités plus variées. En revanche, malgré les gros efforts du studio, le système de combat reste assez simpliste et répétitif dans l’ensemble. On en voit vite les limites compte tenu de l’immensité de l’univers, et ce, malgré un bestiaire et des boss variés.

En revanche, la composante construction d’Enshrouded est sans aucun doute sa plus grande réussite. Grâce au moteur voxel, il est possible de modifier le relief, de creuser des galeries et de bâtir des structures particulièrement élaborées. Elle permet aussi d’imaginer des villages, de restaurer des bâtiments abandonnés, de créer des zones aquatiques ou de concevoir des forteresses épousant le terrain.

Ces installations possèdent aussi une véritable utilité. En recueillant de nouveaux survivants, on débloque progressivement des ateliers, des recettes et de nouvelles possibilités de fabrication. On a ainsi un cercle vertueux où l’exploration enrichit le crafting qui enrichit lui-même l’exploration.

La version 1.0 approfondit encore cette dimension avec plusieurs améliorations ergonomiques dont, un outil permettant de voler au-dessus de sa base pour faciliter les constructions complexes. La gestion des coffres devient également bien plus pratique qu’auparavant. Mais au-dessus de toutes ces qualités, c’est sa maniabilité très intuitive qui nous impressionne le plus. À la manette, tout est simple à prendre en main et les constructions les plus basiques ne prennent pas énormément de temps (même s’il faut connaître quelques astuces). Et ces éloges viennent de quelqu’un qui n’est pas du tout un créatif dans ce genre de titre, mais le système est tellement bien ficelé que l’on se surprend à s’investir dedans.

Pour les plus investis, Keen Games introduit « Sparkworks », un système de logique comparable dans son principe à la Redstone de Minecraft. Il permet de relier des mécanismes, des interrupteurs et des pièges pour créer des installations interactives. De quoi imaginer des passages secrets, des énigmes ou des donjons personnalisés que vous pouvez partager avec les autres joueurs et joueuses. Difficile de faire plus complet.

Une version 1.0 suffisamment aboutie ?

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Enshrouded – Ma petite base // Source : ActuGaming

La coopération est évidemment de la partie et permettra notamment de répartir les tâches entre exploration, combat, collecte et construction. La version finale permet de réunir jusqu’à seize joueurs sur PC et huit sur PS5, mais sans cross-play entre ces deux plateformes au lancement. La sortie de la version 1.0 représente aussi une étape importante sur le plan technique. Keen Games a notamment retravaillé son moteur avec un nouveau système de rendu destiné à améliorer l’affichage des terrains et des constructions à distance. Les éclairages, les ombres et l’ambiance des différents biomes ont également bénéficié d’ajustements.

Sur notre configuration, le soft tourne comme un charme malgré de rares effets de clipping. La distance d’affichage est excellente et les jeux de lumière font très bien leur effet dans les souterrains et aux différents moments de la journée. À première vue, l’esthétique du jeu n’a rien d’impressionnant, mais compte tenu de son caractère malléable, on reste sur un rendu très correct.

Malgré l’enrichissement considérable du jeu, certains défauts subsistent, notamment la réinitialisation des modifications du monde en dehors des bases protégées par les autels de la Flamme. De même, la multiplication des possibilités de craft, de construction et de personnalisation rend l’ensemble assez complexe une fois que l’on est bien avancé, particulièrement en solo.

Pour finir sur une bonne note, le futur s’annonce radieux pour Enshrouded. Bien que Keen Games ne se repose clairement pas là-dessus, avec une proposition de base déjà très forte, la construction et le partage des créations devraient prolonger davantage la durée de vie pour celles et ceux qui auront bouclé l’aventure principale. L’usage de l’accès anticipé a notamment permis de créer une communauté fidèle au fil des années. Le studio a également précisé que cette version 1.0 ne marquait pas la fin de son travail. En dehors des ajustements, on espère donc des extensions.