Kusan: City of the Wolves est le tout premier jeu du studio sud coréen Circle from dot, qui a visiblement été énormément influencé par les deux excellents Hotline Miami. Il faut bien l’avouer, ces deux volets des petits gars de Dennaton Games sont cultes, et ont inspirés par la suite pas mal de développeurs. Et Circle From Dot a donc voulu logiquement se laisser tenter en développant son propre Holine Miami-like. Sauf qu’ici, nous retrouvons un contexte cyberpunk teinté d’une esthétique à mi-chemin entre le pixel art pour le moteur graphique et roman graphique pour les cinématiques.
Le tout, avec des personnages anthropomorphes en guise de protagonistes. Dès les premiers trailers, le jeu du studio Circle from Dot était prometteur et sans surprise, le titre se révèle être un très bon Hotline Miami-like qu’il va falloir faire absolument cet été. Explications dans notre test.
Conditions de test : Nous avons terminé tous les chapitres de Kusan: City of Wolves en sept heures de jeu, sans aller chercher toutes les puces de limbus pour le système d’amélioration. Le titre a été testé sur PC avec 32Go de Ram, une RTX 3070 et i5 12-400 (3.50Ghz).
La cité de Kusan en danger

Les cinématiques sous forme de roman graphique, une pure merveille ! – Kusan: City of Wolves // Source : ActuGaming
Kusan: City of Wolves dispose ici d’une narration qui part d’un point de départ très générique. Dans une ville fictive de Kusan déjà rongée par le chaos, vous incarnez Jin, un ancien soldat devenu désormais un mercenaire. Après quelques missions de routine, le voilà embarqué dans un périple dangereux où il devra protéger une enfant au pouvoir démesuré capable de raser la ville, et suscitant bien des convoitises du côté du gang des Diamond Wolves comme du gouvernement.
C’est grosso modo comment on pourrait résumer l’histoire de Kusan: City of Wolves, sans rentrer dans les détails. En tout cas, la première grosse qualité du jeu ne provient pas réellement de sa narration, mais surtout de son esthétique dans les cinématiques, proches du roman graphique voire du manga. Tout y est majestueusement mis en scène sans être trop envahissant et l’ensemble est très souvent vachement bien placé en fonction du contexte.
Le chara design est lui aussi ultra soigné, montrant que les studios sud-coréens ont indéniablement un certain savoir-faire quand il s’agit de créer un lore de toute pièce. Ici, les petits gars de Circle from Dot ont joué la carte des personnages anthropomorphes, pour un résultat plus que clinquant. Bien que nous soulignons quand même le côté très caricatural avec par exemple les personnages chiens représentant les toutous du gouvernement (les suiveurs d’ordre en somme), il faut bien avouer que la satire proposée est assez pertinente tout le long du jeu.
De même, la narration bien que très basique avec les hautes sphères du gouvernement aux desseins plus que discutables éthiquement parlant, n’en reste pas moins bien ficelée de toute part. Que ce soit dans sa mise en scène affreusement bien maitrisée jusque dans les quelques twists qui arrivent à nous émouvoir tant bien que mal, il faut dire que Circle From Dot sait ce qu’il fait quand il s’agit de rendre une histoire un minimum captivante et avec des personnages forts.
Même si ce sont des protagonistes anthropomorphes, le résultat prend bien. D’ailleurs, on finit même par s’attacher aux personnages comme au chara-design, saisissants. Evidemment mention spéciale à Haru, cette enfant d’une mignonnerie sans nom, et que pas mal de joueurs devraient certainement porter dans leur cœur une fois le jeu terminé.
Par ailleurs et c’est surprenant, il se peut même que Circle From Dot n’en est pas tout a fait terminé avec cet univers vu la scène post-générique qui peut amener à une suite. En tout cas vu ce qu’il se passe oui, nous sommes déjà dans le train pour attendre cette potentielle suite si elle est en chantier.
Du Hotline miami-like modernisé et efficace

Les fameux soucis de lisibilité en pleine action… – Kusan City of Wolves // Source : ActuGaming
Au cas où vous douteriez encore oui, Kusan: City of Wolves reprend clairement les codes instaurés par Hotline Miami, tout en gardant sa propre patte et ses mécaniques. Dans l’idée, la progression dans les niveaux est fondamentalement la même que dans la production de Dennaton Games. Effectivement, vous évoluez dans un niveau où il faudra éliminer tous les ennemis afin d’être autorisé à passer à l’étage suivant et de continuer à progresser dans le niveau.
Une boucle de gameplay qui reste dans le jus d’un Hotline Miami, même s’il y a des petites subtilités intéressantes dans le gameplay. Jin n’est au début équipé que d’un simple bras bionique qu’il peut utiliser de manière traditionnelle, ou bien de manière chargée afin d’envoyer valdinguer ses adversaires et faire une belle réaction en chaîne de morts derrière. Cette mécanique apporte un peu de fraicheur et de brutalité et sachez que notre protagoniste pourra au cours de sa progression, lancer un couteau et utiliser évidemment des armes à feu.
Et indéniablement, ce petit mélange entre corps à corps, armes à feu et lancer de couteau donne ici une chorégraphie des combats ultra fluide et naturelle, surtout quand vous parvenez à maitriser le gameplay de Kusan: City of Wolves, vachement exigeant. Vous faire toucher une fois signifie le game over comme dans Hotline Miami, et il va falloir parfois cravacher pour connaitre par cœur l’emplacement des ennemis et surtout quels types d’ennemis tuer en premier afin de se faciliter la tâche sans faire la moindre erreur.
Attendez-vous à retrouver des individus armés de couteau, des taureaux mécaniques pouvant vous foncer dessus ou plus enquiquinant, des adversaires dotés d’armes à feu et étant particulièrement réactifs. Le bestiaire est très varié et tout cet ensemble nous offre ici un gameplay ultra frénétique et péchu. Il ne faudra à aucun moment confondre vitesse et précipitation, au risque de mourir fréquemment et de devoir recommencer la séquence de jeu.
D’ailleurs, Kusan: City of Wolves ne se cantonne pas seulement à faire du Hotline Miami dans certains niveaux, puisque le titre s’autorise malgré tout à offrir d’autres séquences qui permettent de renouveler l’expérience. On pense à des passages en dehors de la ville où vous allez devoir vaporiser quelques ennemis en évitant quelques voitures voire une séquence à moto qui risque fortement de vous faire hurler rien que par sa difficulté.
Reste que le titre, même s’il reste inventif sur ces passages et qu’il offre quand même un level-desing maitrisé avec quelques secrets à déceler ça et là, n’est pas pour autant exempt de défauts. D’ores et déjà, il y a parfois cette hitbox approximative qui va vous faire criser pas mal de fois. Ensuite, il y aura une lisiblité quelquefois très capricieuse qui va aussi accentuer le côté punitif déjà bien présent sur le soft. Enfin et c’était prévisible, on ne pourra pas oublier le côté répétitif du soft qui, même s’il se renouvelle un peu, reste sur une même boucle de gameplay.
Cependant et il faut le souligner, Kusan: City of Wolves se dote de quelques combats de boss qui vont vous demander une dextérité à toute épreuve. Si le premier est largement facile à battre si on fait attention à ne pas se faire toucher une seule fois, les deux autres seront une véritable épreuve de force pour vous. Ils ont un bon game design dans l’ensemble et vous offriront par contre un véritable sentiment d’accomplissement une fois vaincus tant ces derniers demandent une concentration extrême.
S’il y a cependant quelques bugs vraiment gonflants qui peuvent bloquer la progression (on ne doute pas que cela a été corrigé avec le patch day one du 30 juillet), force est d’admettre que ces combats de boss permettent de casser un minimum la routine des niveaux traditionnels à la Hotline Miami. De plus, sachez que l’on ne voit pas vraiment passer les septs heures de jeu, montrant une nouvelle fois que le titre est juste prenant.
Du classicisme flagrant dans les mécaniques d’upgrade

Les mini-énigmes pour récupérer les puces de Limbus apportent une légère plus value – Kusan City of Wolves // Source : ActuGaming
Bien évidemment, Kusan: City of Wolves nous donne la possibilité d’upgrader notre Jin national via notre majordome Nimo. A chaque niveau vous allez d’abord ramasser pas mal de boulons. Ces derniers vont servir à débloquer des emplacements cybernétiques pour placer vos améliorations à la manière d’un Tetris, mais aussi d’acheter vos upgrades et vous donner des capacités spéciales (se déplacer plus vite, lancer le couteau plus librement etc.).
De plus ce n’est pas tout, ces boulons vous permettent également d’améliorer vos armes et d’encore une fois, les placer sur les emplacements cybernétiques. Enfin, Jin pourra récupérer également des puces récoltées sur les Limbus, cachées dans les niveaux et prenant la forme d’un mini-puzzle à résoudre pour les récolter. Ces éléments vont également vous donner la possibilité de débloquer de nouveaux emplacements d’améliorations à ensuite imbriquer façon Tetris, mais aussi d’optimiser vos améliorations fraichements achetées.
Vous l’aurez compris, on retrouve ici un côté amélioration que l’on a déjà vu maintes fois, et qui n’apporte pas forcément grand-chose de neuf au niveau de son système de jeu. Nous avons l’impression que Circle From Dot n’a pas trop voulu se casser la tête sur cet élément de gameplay, et a surtout pioché sur ce qui s’est fait de mieux chez d’autres licences. Ce n’est en clair pas un mal, vu que le système d’amélioration des armes et des habiletés fonctionnent de manière basique, mais efficace.
Enfin et on pourra être déçu sur ce point là, les moments narratifs ne sont finalement que très anecdotiques. Certains chapitres vont vous donner la faculté de vous balader rapidement dans votre QG et mis à part voir Nimo pour les améliorations et parler à quelques personnages, cela n’apporte rien de plus dans le gameplay. On aurait bien vu un système de choix de dialogue ne serait-ce que pour apporter une plus-value à la jouabilité, mais ce n’est hélas pas le cas du tout. Peut-être verrons-nous cela dans une potentielle suite ? En tout cas, ce serait génial, c’est certain.
Une claque artistique et sonore

Mama est franchement drôle – Kusan City of Wolves // Source : ActuGaming
Si nous avions déjà adoubé de manière totalement mérité les cinématiques façon roman graphique de Kusan: City of Wolves, nous n’avons pas parlé de sa technique vraiment aux petits oignons. Tournant sous le moteur Unity, on pourrait presque dire que ce moteur graphique est carrément trop sous-côté comparé à l’Unreal Engine 5 qui est utilisé à foison.
Très franchement, le bébé de Circle From Dot est une pure pépite graphique avec un style pixel art qui dépote en nous offrant un aspect coloré satisfaisant, mais pas que. L’action est fluide, super optimisée, et dotée de quelques effets visuels vraiment stylés de toute part. Clairement, la plupart des plans d’ensemble que l’on peut voir sont terriblement jouissifs à regarder. Et on peut le dire sans crainte : Kusan: City of Wolves est d’une beauté sans nom pour un titre en vue du dessus, montrant tout le talent du studio sud-coréen. Il manque juste un correctif pour les quelques bugs et le titre risque de charmer sans problème les joueurs.
Même la bande-sonore est une pure dinguerie. Il faut bien l’avouer, les musiques typées rap/hip-hop se font assez rares ces temps-ci, et force est de constater que Loptimist qui n’est autre qu’un artiste de hip-hop coréen, a su redorer le blason de ce genre de musique qui s’est visiblement un peu perdu.
La soundtrack du compositeur donne une pêche folle au titre, et il est certain que vous ne vous priverez surtout pas de relancer quelques niveaux précis pour profiter de ce travail musical, chirurgical et très bien amené. On en oublierait presque que le jeu n’est pas doublé tant le titre dégage une énergie folle dans les musiques, qui va vous mettre dans un bon mood malgré la difficulté ahurissante du soft.















