Test The Suicide of Rachel Foster – une maladroite, courte, mais bien belle aventure

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Développé par ONE-O-ONE Games et édité par Daedelic Entertainment (Shadow Tactics, The Great Perhaps), The Suicide of Rachel Foster est un huis clos narratif à composante horrifique prenant place dans l’enceinte d’un grand hôtel. On y incarne une jeune femme qui vient d’hériter de cette propriété et qui doit s’y rendre dans les plus brefs délais afin de faire un rapide état des lieux et de procéder à la vente du bien familial.

Un bâtiment aux multiples visages

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Ainsi lors de la première visite des lieux, la majorité des salles nous sont d’ores et déjà accessibles, et il est facile de s’y perdre tant l’endroit offre un vaste espace à explorer. On ressent alors le travail qui a été exécuté sur l’ambiance qu’offrent les différentes pièces de l’hôtel. D’autant plus que l’atmosphère qui se dégage de ces salles s’inscrit parfaitement bien dans la narration du jeu.

En effet, Nicole, la protagoniste, n’est pas étrangère à cet endroit puisqu’elle y a vécu plusieurs années. Et même si elle exprime une aversion profonde sur le fait de revenir sur les lieux de son enfance, elle ne peut s’empêcher de ressentir tout de même une pointe de nostalgie. Et cette dualité est très bien représentée dans les différentes parties de l’hôtel.

Dépendamment de l’heure à laquelle Nicole arpente la propriété ou des étages qu’elle traverse, le ressenti ne sera pas le même. Ainsi certaines salles comme celles situées à l’étage supérieur sont dépeintes comme hostiles au joueur, alors qu’à l’inverse les parties comme le hall, les bureaux mais surtout la « Master’s suite » ont une atmosphère plus hospitalière en journée.

Enfin un sound design plutôt abouti vient rajouter de la vie dans ce bâtiment, et joue avec notre conception de l’espace pour ajouter un effet un peu anxiogène au jeu. En effet, le jeu utilise une bande-son binaurale et on ressent l’apport de celle-ci lorsque l’on flâne dans les couloirs.

Redrum redrum redrum

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On remercie d’autant plus le travail appliqué dans ce domaine, car le jeu étant un huis clos, la totalité de l’aventure se passera entre ces murs. En effet, suite à une tempête de neige, la protagoniste devra prolonger son séjour dans cet hôtel situé en plein Montana. Et même si ce scénario a tout pour faire penser à un certain Shining, le fait que l’intrigue soit découpée en plusieurs jours avec un côté horrifique en structure crescendo rappelle aussi un certain Paranormal Activity.

La protagoniste met alors ce temps à profit pour enquêter sur son passé et explorer les différents lieux de l’hôtel. Pour ce faire, différents outils sont mis à sa disposition, comme une carte pour se repérer ou une dynamo pour s’éclairer. Pendant les premiers pas en tant qu’enquêtrice, on ne pourra cependant éviter de se poser des questions quant à la pertinence de certaines fonctionnalités dans le jeu.

En effet, à beaucoup de reprises, le jeu nous propose d’interagir avec des objets disséminés un peu partout afin de soit les ramasser, s’ils ont un lien avec l’intrigue, soit de les contempler sous tous les angles possibles pour ensuite les reposer. Dans le dernier cas, on peut se questionner sur l’utilité de pouvoir contempler de tels objets, puisque la plupart d’entre-eux ne nous apprennent pas grand-chose sur les lieux et n’ont aucune utilité.

On note aussi que le jeu s’est armé d’une commande afin d’effectuer un zoom sur le champ de vision de la protagoniste, un outil également secondaire et pas assez exploité et donc avec peu d’utilité, si ce n’est de pouvoir lire les notes et journaux présents un peu partout dans l’hôtel. La possibilité de choisir entrer différents dialogues n’est également pas étranger à ce sentiment, le fait de contrôler la discussion enter Nicole et Irving renforce un peu l’immersion, mais le contrecoup peut être assez décevant lorsque l’on se rend compte que nos choix n’ont au final aucun impact sur le déroulement de la discussion.

Enfin la carte, censée aider à s’orienter, est représentée sous forme de plans d’architecte, afin d’accentuer le côté réaliste de la situation dans laquelle se trouve Nicole, ce qui pourra rendre sa lecture difficile pour certains. Pas vraiment un point négatif de toute façon, puisqu’il sera plus gratifiant de mémoriser les lieux. Ainsi, on rentre dans un hôtel qui nous est étranger au début de l’aventure, mais qui deviendra par la suite plus familier, ce qui s’inscrit plutôt bien dans l’intrigue.

Au tel dans un hôtel

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Rassurez-vous cependant, plus qu’un jeu à composante horrifique, The Suicide of Rachel Foster est surtout un titre narratif. Vous ne vous retrouverez donc pas seul à marmonner dans votre coin puisqu’un certain Irving vous tiendra compagnie pendant votre séjour à l’hôtel. En effet, Nicole aura un contact qui l’informera de l’évolution de la situation par rapport à le tempête de neige qui a lieu à l’extérieur. En contrepartie, la protagoniste lui transmettra toutes les découvertes qu’elle fera pendant son enquête.

Le duo de personnages est alors assez sympathique et même si la protagoniste n’hésitera pas à passer un coup de fil sur sa plus petite découverte, on aura plaisir à écouter les conversations prenant place entre Nicky et Irving. D’autant plus que les personnages qui nous sont offerts sont assez poussés et le développement de leur relation est appréciable.

Seul hic, le jeu ne possède pas une grande durée de vie et l’intrigue est structurée sur plusieurs jours. Ainsi lors des journées les plus courtes en terme de durée de vie, l’écran de chargement qui fait la transition avec la journée suivante peut maladroitement endommager à minima l’effet immersif offerte par les discussions entre les deux personnages, nous donnant l’impression d’être ramené plus à un statut de spectateur que d’acteur.

Néanmoins livré avec quelques défaillances

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Malheureusement le jeu n’est pas exempt de défauts. Et il ne sera pas rare de rencontrer quelques soucis pendant la campagne. On parle alors d’ici de textures qui apparaissent floues voire qui disparaissent, de l’arrêt des mouvements verticaux de la caméra lorsque Nicole marche ce qui donne l’impression de flotter sur le sol, de la musique du jeu qui se lance et s’arrête presque instantanément, des objets avec lesquels il n’est plus possible d’interagir etc. Certains de ces problèmes peuvent possiblement vous empêcher de progresser et demanderont alors de fermer l’application et de la relancer.

Un autre souci que l’on peut rencontrer est sur le suivi des tâches du joueur. En effet, lorsque l’on consulte la carte, la prochaine tâche à effectuer est inscrite sur votre écran. Or, il arrive que celle-ci ne se mette pas à jour, ou indique un mauvais objectif si le bon ordre d’accomplissement des tâches n’est pas respecté.

Finalement, et pour clôturer cette parenthèse, il aurait été appréciable que le jeu se dote de fonctionnalités assez basiques comme la configuration des touches, puisque dans la version actuelle du jeu, il faudra soit paramétrer son clavier en qwerty soit jouer à la manette. La possibilité de personnaliser un minimum la taille des sous-titres aurait aussi été le bienvenue.

Pour finir sur une note positive, on rappelle le fait que la plupart de ces problèmes peuvent être corrigés avant la sortie commerciale du jeu. Enfin, on souligne aussi la traduction de la majorité des textes et des sous-titres du jeu dans plusieurs langues dont le français, et ça, ça fait toujours plaisir.

Dans The Suicide of Rachel Foster, on ressent l’influence du septième art, ce qui n’est vraiment pas pour déplaire, mais aussi une certaine fragilité pour inscrire correctement cette influence dans une oeuvre vidéoludique, les mécaniques de jeu peu exploitées et les temps de chargements intrusifs en sont un exemple. De plus, on ne peut pas omettre les quelques soucis techniques qu’il possède. Cependant, le pari de nous vendre un jeu d’aventure/narratif à composante horrifique est dans une certaine mesure réussi, car la narration est originale et sympathique, et on ressent tout le soin apporté aux lieux, à un tel point qu’on a l’impression qu’un dialogue s’établit entre ceux-ci et la protagoniste Nicole.

L'avis de l'auteur

The Suicide of Rachel Foster m'a un peu pris au dépourvu en exploitant plus son côté narratif que horrifique. Le jeu livre toutefois une narration intéressante qui s'inscrit très bien dans l'ambiance de ce huis clos, et il est difficile de souligner suffisamment les efforts fournis sur la construction des décors. Ce qui m'a par contre un peu déçu, ce sont les temps de chargement qui peuvent intervenir de façon brusque lors des transitions entre plusieurs journées, ce qui a pour effet de briser un peu l'immersion, d'autant plus que le titre possède une durée de vie assez courte. Alors un 5,5 certes, mais une expérience plaisante qui me donne envie de voir ce que Gray, le prochain survival-horror des développeurs, va donner.

JoeJohns
b
Note du panda
5.5 10

The Suicide of Rachel Foster

Points positifs

  • Un huis clos bien construit avec des décors et une ambiance admirables
  • Un sound design travaillé qui imprègne de vie le bâtiment
  • Des personnages intéressants...
  • ...livrés avec une narration profonde et réfléchie
  • Quelques mises en scène assez sympathiques
  • Des traductions dans plusieurs langues dont le français

Points négatifs

  • Pas mal de bugs qui peuvent entacher la progression du joueur
  • Des mécaniques de jeu peu exploitées et pas pertinentes
  • L'écran de chargement qui coupe parfois brusquement le fil narratif
  • Une aventure trop courte
  • Quelques fonctionnalités en plus dans les paramètres du jeu n'auraient pas fait de mal

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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