The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon marque le troisième jeu de l’arc Calvard de la licence de Falcom. Comme d’habitude, il s’agit d’une franchise assez particulière à évaluer tant elle dépend de votre investissement dans la série. Si la sortie de Trails in the Sky the 1st Chapter permet aux néophytes de découvrir la licence « proprement », il est un peu plus compliqué de prendre le train en marche, même si la manœuvre peut clairement valoir le coup. Après un arc Cold Steel, qui s’est conclu en beauté avec The Legend of Heroes: Trails into Reverie, Falcom est reparti sur de nouvelles bases avec une nouvelle région du continent de Zemuria et un tout nouveau groupe de héros attachants qui ont pris forme dans The Legend of Heroes: Trails through Daybreak I&II. Bien que ces deux titres aient eu des hauts et des bas en matière de gameplay et de narration, Falcom semble avoir trouvé son équilibre avec The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon qui marque l’un des opus les plus prenants et les plus aboutis de la saga. On vous explique pourquoi ci-dessous.
Conditions de test : Nous avons terminé le jeu en mode normal sur PS5. Nous avons également effectué tous les 4SPG et complété la totalité du Grim Garten.
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ToggleFalcom vise les étoiles

Tout d’abord, on commence par enfoncer une porte ouverte en vous disant que ce test va bien évidemment spoiler quelques éléments des précédents jeux, et par extension de la licence dans sa globalité, au vu des retours de quelques personnages intervenus dans les précédents volets. On vous conseille donc, au minimum, d’avoir complété The Legend of Heroes: Trails through Daybreak I & II. Même si Falcom a conservé ce talent d’étendre son univers sur plusieurs opus tout en incorporant continuellement des personnages majeurs bien écrits, la saga de Calvard a souffert de défauts majeurs. Malgré des qualités indéniables, Daybreak I a proposé sans doute l’un des gameplay les moins bien équilibrés de la série, tandis que Daybreak II a été l’un des opus les plus pauvres narrativement parlant.
Avec The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon, Falcom a enfin trouvé ses marques dans ce nouvel arc qui démarre fort avec un enjeu central assez révolutionnaire pour le continent de Zemuria : le tout premier vol spatial habité de l’humanité. Ce projet, piloté par la République de Calvard, symbolise l’entrée du continent de Zemuria dans une ère technologique sans précédent. Smartphones, réseaux sociaux, streaming et conquête spatiale font désormais partie du quotidien, donnant au monde du jeu une atmosphère étonnamment proche de la nôtre.
Derrière les discours officiels et les promesses d’un avenir radieux, le programme spatial semble dissimuler des intentions troubles. C’est cette ambiguïté qui pousse de nombreux groupes à parcourir Calvard afin de découvrir ce qui se cache réellement derrière ce projet titanesque. Comme pour Daybreak II et Trails into Reverie, le jeu adopte une structure à multiples points de vue, avec trois grandes routes narratives qui se déroulent en parallèle.
Au centre de tout se trouve Van Arkride, le spriggan et dirigeant d’Arkride Solutions, accompagné de son équipe de mercenaires atypiques. Leur route constitue le cœur de l’histoire et le fil rouge du scénario. C’est à travers eux que se dévoilent peu à peu les véritables enjeux du programme spatial et les forces qui tentent de le manipuler.
À leurs côtés, les fans retrouvent deux figures emblématiques de la saga :
- Rean Schwarzer, héros de Trails of Cold Steel, poursuit un objectif personnel qui s’inscrit dans la continuité de son évolution à travers les cinq jeux précédents.
- Kevin Graham, issu de Trails in the Sky, mène quant à lui une mission secrète, plus obscure, mais tout aussi cruciale.
Le rattrapage avec le Japon donne enfin un vrai suspense

Même si leurs routes sont plus courtes que celle de Van, elles enrichissent considérablement la narration. Le jeu réussit un véritable tour de force étant donné que chaque groupe a ses propres motivations, ses propres secrets et son propre ton, tout en restant parfaitement intégré à une intrigue globale cohérente. Sans oublier la puissance monstrueuse du fan service pour les joueurs de longue date. De plus, malgré le nombre élevé de personnages, la narration fait preuve d’une maîtrise constante et remarquable.
Mais c’est surtout dans l’écriture des personnages que Trails beyond the Horizon excelle. La route de Van se distingue par une montée en puissance progressive avec des scènes spectaculaires et des moments intimes plus poignant comme la fin de l’acte III. Arkride Solutions est désormais un groupe profondément soudé, crédible et plus mature aussi, au point de pouvoir devenir l’un des meilleurs castings de toute la saga (pas loin devant l’équipe de Crossbell).
Rean bénéficie lui aussi d’un traitement très soigné avec un arc narratif qui exploite pleinement tout ce qu’il a traversé dans les précédents jeux. Kevin, de son côté, est sans doute la route la moins prenante (en comparaison des autres) bien qu’il profite d’un groupe plus inattendu, mais dont l’alchimie fonctionne étonnamment.
Après trois sorties de jeux The Legend of Heroes l’année dernière (ce qui fait beaucoup), The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon symbolise également un tournant majeur en rattrapant enfin les sorties japonaises, longtemps proposées avec un ou deux ans de décalage. Désormais, nous sommes tous logés à la même enseigne et la tension n’en est que plus palpable car nul doute que la fin de celui-ci rend l’impatience autour de la suite des événements tout simplement insoutenable.
Un système de combat hybride raffiné

Au niveau du gameplay, The Legend of Heroes: Trails beyond the Horizon constitue une véritable montée en puissance et s’impose comme l’itération la plus aboutie du système hybride action / tour par tour introduit avec Daybreak. Là où Daybreak II posait déjà des améliorations solides, cet épisode les raffine et les pousse à leur plein potentiel, au point de transformer chaque affrontement en un exercice tactique et dynamique extrêmement gratifiant.
Cette troisième interprétation du système introduit plusieurs mécaniques majeures : ZOC, BLTZ, Orders et Awakening. De nouveaux outils qui sont de vrais leviers stratégiques venant enrichir le gameplay. La ZOC (Zone of Control) illustre parfaitement cette philosophie : en consommant la jauge de boost, elle permet de ralentir temporairement le temps lors des combats en temps réel afin d’infliger un maximum de dégâts de rupture avant la transition vers le tour par tour. Plus encore, son utilisation en combat au tour par tour (au prix de deux jauges de break) autorise un personnage à enchaîner deux actions consécutives.
La ZOC devient un outil redoutablement intelligent, aussi satisfaisant à maîtriser sur le terrain qu’essentiel lors des affrontements les plus tendus. Elle permet notamment de voler les bonus de tour ennemis et renforce encore l’importance de la gestion de la jauge de boost, déjà centrale pour déclencher les S-Crafts ou améliorer les actions de base. D’autant plus que ces ressources ne peuvent être exploitées sans discernement. Il est impossible de spammer les S-Crafts avec un même personnage et chaque décision compte. À cela s’ajoute une amélioration très nette du système d’upgrade des Crafts, bien plus impactant que dans Daybreak II.
Le retour des « Orders », bien connus des joueurs de Cold Steel III et Reverie, s’intègre ici de manière particulièrement brillante. Ces bonus temporaires (augmentation de statistiques, réduction des délais, effets défensifs) dépendent des personnages de soutien actifs et consomment eux aussi la précieuse jauge de boost. Mais Beyond the Horizon pousse l’idée plus loin car les ennemis disposent également de leurs propres Orders, que l’on peut neutraliser en déclenchant les nôtres.
Parmi les nouvelles mécaniques, le BLTZ agit comme un bonus de tour permettant aux personnages en arrière-garde de soutenir ceux en première ligne, y compris pour les actions de soin ou de soutien. Enfin, nous avons l’Awakening qui permet à certains personnages de libérer leur plein potentiel sur le terrain et de retourner un combat en quelques secondes. Van et sa forme Grendel étant l’exemple le plus marquant.
Un Grim Garten costaud

Comptez 50 à 60 heures pour venir à bout du jeu en effectuant la majeure partie du contenu. Comme à ses habitudes, Falcom propose un contenu annexe généreux qui s’intègre bien à l’intrigue principale et permet de renforcer son équipe. Le Grim Garten est ainsi une évolution du Marchen Garten de Daybreak II où les personnages échangent régulièrement sur les événements en cours dans le monde réel, ce qui permet des interactions autrement impossibles. Le système de récompenses de type gacha fait son retour via le Grimoire Decryption, toujours aussi bien pensé. Il offre tout un tas de bonus utiles, mais aussi des cosmétiques en tout genre.
En parallèle, les activités secondaires classiques sont toutes là : casino, pêche, hacking, basketball…, auxquelles s’ajoute une idée plus légère mais charmante. Le studio rend ainsi hommage à Van et sa passion pour le sucre raffiné avec la possibilité d’alimenter un blog de pâtisseries en ligne.
Le design des donjons confirme les progrès amorcés dans Daybreak II. Sans révolutionner la formule, Horizon propose des donjons intérieurs plus mémorables, intégrant des architectures moins linéaires, mais restant assez répétitifs dans l’ensemble. On est loin des énigmes complexes, mais le sentiment d’évolution est indéniable et devrait satisfaire les joueurs de longue date. Les quêtes secondaires, les fameuses 4SPG, s’inscrivent dans la continuité de la saga, avec toutefois plusieurs moments forts centrés sur Van, dont certaines missions touchent directement à son identité et à son passé. De plus, le retour de nombreux PNJ, dont les arcs narratifs progressent ou se concluent, renforce la sensation d’un monde vivant. On pense notamment au champion du courses automobiles, Maxime et son parcours vers la rédemption au cours des trois jeux.
Malgré ses nombreuses qualités, Trails beyond the Horizon n’est pas exempt de défauts. Bien que Falcom peaufine sa formule au fil des opus de l’arc Calvard, certaines scènes à rallonge et inutiles à l’histoire sont encore trop présentes. En ce qui concerne les mécaniques, on note l’inutilité des « Quick Art » (sauf pour accomplir des objectifs du Grim Garten) et une transition entre le temps réel et le tour par tour qui aurait mérité plus de profondeur et qui n’est exploitée qu’à la toute fin du jeu.
Techniquement, le jeu impressionne par la qualité de sa mise en scène, proposant certaines des meilleures cinématiques de la série, avec des chorégraphies d’action fluides et spectaculaires. En outre, on apprécie la refonte totale des animations des Craft et S-craft pour la majeure partie du casting historique d’Arkride Solutions et autres. Toutefois, sur PlayStation 5, le framerate n’est pas toujours irréprochable et quelques ralentissements se font sentir lors du chargement de certaines zones urbaines ou en fin de jeu. Rien de réellement gênant, mais suffisamment perceptible pour être mentionné ici.
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