TEST. The Elder Scrolls Online : Morrowind – Un vent de nostalgie

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Après un passage en buy-to-play et une multitude de DLC sortis, Zenimax et Bethesda reviennent sur le devant de la scène en proposant la première extension de The Elder Scrolls Online, son MMORPG tiré de la licence éponyme et répondant au doux nom évocateur de souvenirs : Morrowind.

Après avoir connu des débuts assez modestes pendant sa première année de lancement (2014) dus à son choix économique très exigeant et qui peine de plus en plus à convaincre, The Elder Scrolls Online passe au modèle buy-to-play. En effet, s’il vous était nécessaire de posséder un abonnement mensuel afin de parcourir les terres de Tamriel, depuis 2015, il n’en est plus rien. Il vous suffit d’acheter le jeu, rebaptisé pour l’occasion Tamriel Unlimited, et vous pouvez profiter du titre sans restriction. Désormais devenu plus accessible aux yeux des joueurs, TESO fut gratifié par ses développeurs d’une seconde vie, généreuse et prospère. Second souffle valu (en plus d’une refonte de sa progression) à son système de « scaling » de zones, donnant la possibilité de parcourir tout le contenu dans une difficulté toujours adaptée ainsi que ses cinq DLC de très bonne qualité. Le tout dans l’ordre qui sera le vôtre, sans limitation de niveau, brisant la frontière entre les différents joueurs. Rappelons néanmoins qu’un abonnement est disponible pour 12,99€ par mois, vous offrant divers avantages et vous donnant accès aux DLC déjà disponibles.

Maintenant remis sur pied et ayant confirmation des joueurs pendant 2 ans que tout ce remaniement fonctionnait, il était temps que le MMORPG de Zenimax Online se trouve une extension, afin de se remettre sur le devant de la scène. L’univers de Morrowind semblait être tout désigné pour cette tâche, lui qui siège sur le haut du podium de la licence depuis plus de 20 ans. Car si beaucoup d’entre vous ont découvert The Elder Scrolls avec l’épisode Skyrim, un grand nombre a fait ses premières armes sur ce troisième volet. L’île de Vvardenfell, le tribunal, les terres cendrées, la ville de Vivec… tant de lieux emblématiques de la série que les joueurs prendront plaisir à redécouvrir ou même, à découvrir. Mais s’il est facile d’appâter ces derniers à coup de nostalgie, ils sont plus enclins à y déceler les moindres défauts et il est donc essentiel de soigner les moindres détails, sous peine de trébucher aux portes du succès.

Une ambiance remarquable

TESO

Toujours dans cette optique d’accessibilité, la possibilité vous est donnée de commencer l’aventure avec un personnage nouvellement créé, directement sur Morrowind. Un nouveau tutoriel a d’ailleurs été mis en place pour l’occasion, servant de très bonne introduction à son univers. Dans ce dernier, votre bateau sera pris d’assaut par des esclavagistes pendant votre trajet vers Vvardenfell. Une fois les autres passagers et vous capturés, vous serez conduits dans leur repère et y serez emprisonnés. Vous y ferez la connaissance de Naryu Virian, Dunmer assassin des Morag Tong. D’ici, vous organiserez votre échappée vers Vvardenfell, tout en y apprenant les bases du gameplay.

Une fois sur l’île, votre premier objectif sera d’aller rendre visite à Vivec afin d’en apprendre un peu plus sur ce qu’il se trame ici. Vous apprendrez qu’un météore est en direction de Tamriel et que le seigneur Vivec a besoin de vous afin de retrouver ses pouvoirs et de ce fait, être capable d’arrêter ce désastre imminent. Si ce scénario vous fait vous poser quelques questions quant au lore de TES III, il faut savoir que ces événements se déroulent 700 ans AVANT ce dernier. Il ne sera donc pas étonnant d’y trouver quelques différences, notamment dans les villes et structures de la carte. Mais nous sommes contents de voir que le souci de cohérence entre ces deux époques a vraiment été travaillé, nous offrant un potentiel d’exploration et de découverte toujours agréable.

La cohérence d’univers entre ce Morrowind et celui de 2002 est vraiment travaillée, renforçant ce sentiment de nostalgie

Vvardenfell est gouvernée par cinq grandes maisons politiques, possédant chacune une vision bien différente des autres maisons, et des objectifs divergents. L’une d’elle fait l’objet d’une longue suite de quêtes au scénario très intéressant, les Morag Tong. L’occasion donc de retrouver notre charismatique Naryu. D’ailleurs, l’accent a vraiment été mis sur le développement scénaristique de l’aventure. Tous les dialogues sont doublés, très denses pour le peu qu’on s’y intéresse, et chaque ville propose son intrigue dédiée, dotée d’une très bonne qualité, surtout pour des quêtes secondaires. Il faut le dire, si vous aimez le lore, l’immersion, lire les quêtes et fouiner un peu partout, ce jeu est fait pour vous. Au contraire, si ce qui vous intéresse dans un MMO est d’XP rapidement pour accéder au contenu end-game en passant les dialogues, il y a fort à parier que vous soyez déçus, car vous passerez à côté de ce qui fait la force du titre. Mais il faut le dire, quel plaisir de parcourir de nouveau Morrowind dans une ambiance si justement retranscrite. Bethesda et Zenimax ont voulu jouer la carte de la nostalgie et c’est réussi.

Le rôdeur druidesque et protecteur

TESO

Autre nouveauté de ce chapitre : le Gardien. C’est la première fois depuis la sortie du jeu initial qu’une nouvelle classe fait son apparition, rejoignant la Lame noire, le Templier, le Chevalier dragon et le Sorcier. J’entends d’ici les nouveaux joueurs me dire que, quatre classes, quand même, ce n’est pas la folie. Il faut savoir que TESO offre un système de build aux possibilités très variées, rendant cette restriction de classe très minime concernant l’impact que cela a sur les choix de gameplay. Chaque arme possède ses propres skills, auxquels se rajoutent trois branches spécifiques aux différentes classes. Sachant que vous pouvez équiper deux sets d’armes et basculer entre elles pendant les combats, je vous laisse imaginer le nombre de combinaisons possibles.

Maintenant que le rappel a été fait, parlons un peu du gardien. Cette classe se veut très proche de la nature, se rapprochant d’un druide au niveau de ses capacités magiques de soin ou encore d’un rôdeur quant à la possibilité d’être accompagné d’une bête. Il dispose de trois branches de compétences différentes. L’une de soin, nommée « Équilibre vert », une autre offensive (magique ou physique) nommée « Compagnons animaux » et la dernière de tank/soutien,  « Étreinte hivernale ».  Ce qui en fait une classe très polyvalente, tant chaque ligne de compétence à une fonction différente. Zenimax a pensé sa nouvelle classe comme un très bon choix pour les nouveaux joueurs, suivant de ce fait sa politique mise en place ces dernières années sur le jeu, et ça se sent. Et c’est bien joué. Car en effet, si dans d’autres classes, les talents sont un peu plus dispersés dans chacune des lignes, ici leur utilité est clairement définie, dès le début, aidant les néophytes à s’orienter avec efficacité.

Le gardien se trouve être une classe très polyvalente et adaptée aux nouveaux joueurs, comme aux vétérans

Le Gardien s’avère donc être une classe très complète. Mais même s’il est très correct en DPS, il dévoile tout son potentiel en jeu de groupe, grâce à ses facultés de soutien. De plus, étant encore récent, tous ses builds n’ont pas encore été découverts et testés, donc difficile de parler si tôt de son optimisation. Ces essais ne tarderont certainement pas à fleurir sur le net, vous donnant la possibilité de les essayer vous aussi. Ou peut-être serez-vous à l’origine de ces expérimentations, il est toujours plus agréable de le découvrir soi-même.

Une extension pas comme les autres

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Au-delà de l’ambiance, du développement scénaristique et du sentiment hautement nostalgique qui en découle, la durée de vie n’est pas en reste, du moins différemment si on la compare à d’autres productions. Car en effet, généralement, une extension venant se greffer à un MMORPG bouscule complètement le quotidien des joueurs, leur demandant de monter de niveau jusqu’à un niveau maximum et ainsi faire table rase des différences d’équipement et de progression entre ces derniers. Ce fait suscite généralement un engouement majeur, faisant revenir un bon nombre de personnes enchantées par cette « remise à zéro ». Mais ici, et comme dans bon nombre d’autres aspects, The Elder Scrolls Online bouscule ces règles. Car si ce nouveau chapitre propose une nouvelle trame scénaristique, une nouvelle zone, une nouvelle classe, un nouveau format PVP et quelques ajustements de gameplay, cette dernière ne remet pas en cause la progression en termes d’équipements ou de niveaux de personnages. Cela reste néanmoins très cohérent avec la direction que Zenimax a prise avec son jeu. Morrowind propose donc de par son scénario entre 20 et 30 heures de jeu supplémentaires, en plus du temps que vous passerez à explorer, à parcourir la nouvelle épreuve et à vous battre dans cette nouvelle arène PVP en 4v4v4.

Morrowind ne bouscule pas réellement le jeu en lui-même, mais confirme définitivement le chemin que Zenimax et Bethesda ont fait prendre à leur titre, celui de l’accessibilité et de la profondeur scénaristique

Car oui, vous aurez la possibilité de surmonter une nouvelle épreuve, la Cité mécanique, accompagnée de 11 autres joueurs. Un défi qui se trouve être encore une fois très adapté et qu’il vous plaira de parcourir. Le nouveau mode PVP en 4v4v4 est lui aussi très intéressant de par son format malgré quelques imprécisions de gameplay dues au style de jeu de TESO lui-même. Bien que l’aventure soit de qualité, ce type de gameplay entièrement propre aux Elder Scroll ne s’adapte pas toujours très parfaitement à des mécaniques de MMORPG, et notamment dans le PVP dynamique en groupe restreint. Rien qui vous fera passer un mauvais moment du moins, cela est même plutôt amusant, mais il propose moins de compétitivité que certains concurrents. Dans ce sens, et même si TESO est un jeu massivement multijoueur de qualité, nous avons souvent la sensation d’être dans un jeu solo avec de la coopération plutôt que dans un MMORPG pur et dur, l’accent étant mis sur le scénario et l’immersion, comme un épisode de The Elder Scrolls à part entière.

Vous l’aurez compris, The Elder Scrolls Online : Morrowind est un nouveau chapitre plein de qualité. Bien qu’il ressemble un peu plus à un gros DLC plutôt qu’à une extension à part entière, si on la compare avec ce qu’il se fait sur les autres jeux du même type, Zenimax et Bethesda ont l’audace de proposer quelque chose de différent. Cela passe par un MMORPG centré en profondeur sur le scénario, l’immersion et l’accessibilité, afin que la progression ne soit jamais frustrante. Et dans ce sens, Morrowind ne faillit à aucune de ces taches en proposant certainement l’un des épisodes les plus matures et aboutis de sa série. Si vous aimez les TES, et que l’aventure vous tente, sachez que le moment est particulièrement adapté pour vous y mettre. Parcourir l’île de Vvardenfell est désormais à portée de toutes les mains et qui sait, l’envie vous prendra peut-être de découvrir ou redécouvrir le troisième épisode devenu mythique de la série.

L'avis de l'auteur

TES III fait partie de mes premières expériences vidéoludiques qui m’ont véritablement marqué. J’ai passé un très grand nombre d’heures à parcourir Vvardenfell dans mon adolescence. Je vous laisse donc imaginer mon engouement à l’annonce de ce nouvel épisode. Mes attentes étaient grandes et quelque peu différentes de ce que j’ai finalement découvert. Je m’attendais à une extension se rapprochant des autres productions du genre, faisant table rase de ce qu’il avait déjà été accompli, nous invitant à XP de nouveau afin d’aller retrouver un contenu end-game plus ou moins foisonnant et… non. Mais moi qui suis pourtant fan de ce format, j’ai été agréablement surpris par Morrowind. Car premièrement, cette « remise à zéro » n’aurait pas été cohérente avec la direction que les développeurs ont fait prendre à leur jeu. Secondement, l’accent a tellement été mis sur l’immersion, la nostalgie du jeu original et sa qualité et précision scénaristique que l’aventure n’a jamais été désagréable. Au contraire, elle se dévore tel un épisode canonique de The Elder Scrolls. Résultat, et malgré ses 20 à 30 heures de durée de vie en terme de scénario, on aurait aimé que cela dure plus longtemps.

Neilzx
s
Note du panda
8.5 10

The Elder Scrolls Online : Morrowind

Points positifs

  • Un scénario mature et efficace
  • Le Gardien très accessible et polyvalent
  • L'immersion et la nostalgie de cet épisode mythique
  • L’île de Vvardenfell
  • Dialogues entièrement doublés
  • Une adaptation de la carte de Morrowind très bien effectuée

Points négatifs

  • Le gameplay qui n'est pas toujours très adapté à des mécaniques de MMORPG
  • On aurait aimé en avoir un petit peu plus

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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