Dans les quelques productions VR de ce mois d’avril, nous avons eu également la sortie de The Amusement. Édité par Arte et développé par le studio allemand Curvature Games qui en est à sa première production VR, le soft nous entraîne dans un contexte de Première Guerre mondiale. Le jeu nous propulse dans un parc d’attraction que notre héroïne Samantha va devoir inspecter, à la recherche de réponses. Ce titre VR, en plus d’offrir un titre intelligent dans sa conception, nous transporte dans une aventure très captivante dans son approche.
Conditions de test : Nous avons terminé The Amusement en 4 heures de jeu. Le titre a été testé sur le Meta Quest 3 via PCVR avec 32 Go de Ram, une RTX 3070 et un i5 12-400 (2.50Ghz). Les images proviennent de notre partie et aussi de l’éditeur, étant donné que nous avons eu des soucis de captures de screens lors de notre test.
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ToggleUn parc d’attraction bien particulier

Un bel exemple de mise en scène renforçant l’immersion
The Amusement commence sa narration de manière assez simpliste. Situé pratiquement dans les années 20, vous prenez le contrôle de Samantha qui, à la demande de sa mère, va devoir faire une dernière inspection dans un parc d’attraction abandonné. À partir de là, pas mal de souvenirs d’enfance vont lui revenir, et notre héroïne, tout en parcourant les différentes attractions, va devoir lever le voile sur toute la vérité qui, semble-t-il, lui a été cachée tout ce temps.
Sur ce fil rouge de départ, il faut bien avouer que l’histoire peine vraiment à nous enthousiasmer, ni à nous captiver plus que ça. La première partie du soft reste pour le moins assez barbante, avec les tâches rébarbatives que sa mère donne à Samantha. Ce n’est qu’un peu plus loin dans le jeu que l’on finit par enfin avoir un petit sursaut d’intérêt, avec quelques révélations qui deviennent aussi poétiques que touchantes.
Qu’à cela ne tienne, le titre arrive tant bien que mal à puiser sa force dans la mise en scène des cinématiques. Assez souvent, que ce soit en début de chapitre ou en progressant, des cinématiques sous forme d’ombres de marionnettes projetées sur un mur offrent un petit côté théâtral relativement plaisant. Tout ceci nous donne pour le coup des indices clairs sur ce qu’il s’est passé durant l’enfance de Samantha, avec un résultat qui fonctionne vachement bien.
Mais bref, en dehors de cette trame vraiment inégale, on ne peut pas rester indifférent face à l’habillage artistique de The Amusement, qui dépote. Sur les sept chapitres composant le titre de Curvature Games, nous sommes forcés d’admettre que la diversité des environnements via les diverses attractions fait que l’on ne parcourt jamais deux fois le même décor.
Le soin a d’ailleurs été particulièrement apporté aux détails de chacune des attractions, parvenant à entrer complètement en adéquation avec la phobie de notre héroïne. Il n’y a pas à dire, les développeurs ont accompli ici une belle prouesse sur cet aspect, finalement organique avec le personnage. En plus de cela, nous retrouvons des décors plutôt colorés et jamais monotones, pour notre bon plaisir.
Généreux et inventif dans son gameplay, amusant

Les phases de plateformes apportent un peu de variété à l’expérience de jeu
Avant d’aborder son gameplay, The Amusement introduit un système de déplacement libre façon roomscale. En somme, si vous avez suffisamment de place dans votre pièce, vous avez la possibilité de marcher sur votre zone délimitée, et cela vous permettra de vous déplacer dans le jeu sans avoir à utiliser votre joystick pour déplacer le personnage, ou à user du système de téléportation propre aux jeux VR. Une riche idée qui marche bien la plupart du temps, même si la calibration peut parfois se révéler capricieuse et qu’il faut avoir assez d’espace dans votre salon pour en profiter de manière optimale.
Un système qui arrive à révolutionner un poil le gameplay en VR, qui offre quant à lui une aventure vraiment généreuse dans sa jouabilité. En progressant dans le jeu, Samantha dispose de quelques outils qu’elle peut utiliser afin de résoudre certaines énigmes environnementales. Via un système d’inventaire pratique à utiliser sous la pression d’une simple touche, vous pouvez par exemple utiliser un yo-yo permettant de débloquer des mécanismes, voire une baguette magnétique pour récupérer des objets coincés et qui vous seront utiles plus tard dans certains puzzles.
Il n’y a pas à dire, l’utilisation de ces outils est fortement grisant et ils ne sont jamais délaissés. Ils s’obtiennent majoritairement au fil de votre progression et seront cruciaux dans la progression ou la résolution des puzzles. Des puzzles qui d’ailleurs ne manquent pas d’ingéniosité dans l’exécution, la plupart demandant un minimum de logique et vous sommant d’observer attentivement l’environnement afin de comprendre comment résoudre l’énigme.
Bien qu’il y en ait certains qui finissent par se répéter sur la façon de les résoudre, les autres se dotent d’un minimum d’inventivité et se basent de manière générale sur des objets à récolter pour avancer. Ces derniers pourront être des clés pour ouvrir des portes, des fusibles, voire d’autres types d’objets pour faire fonctionner des mécanismes. Il y aura également des séquences où il faudra aussi brancher au bon endroit des tuyaux ou prises électriques, pour un résultat suffisamment diversifié pour ne pas s’ennuyer ferme.
Tout est bien réussi, comme les phases de plateformes. En effet, après avoir déverrouillé des mécanismes ou passé avec succès les puzzles environnementaux, Samantha devra faire un peu de grimpette. Ici, le gameplay reste traditionnel d’un jeu VR où il va falloir mimer le geste de grimper certains éléments, tout en maintenant la touche latérale pour tenir fermement le point d’accroche. Cela se laisse jouer sans déplaisir, même si le challenge ici ne restera qu’assez peu présent. Mais bref, cela varie le gameplay et nous prenons cela avec grand plaisir.
Sur la construction des niveaux enfin, The Amusement s’en sort bien, avec ses accrocs. Le cheminement des sept chapitres est plutôt soigné avec une linéarité qui, ici, passe finalement bien. Il y aura en revanche quelques écueils vers la fin avec quelques bugs de scripts à corriger mais dans l’ensemble, hormis les deux derniers chapitres qui restent bâclés, le level design est intelligent et soigné. Notez que le jeu se finit en quatre heures, ce qui est déjà plus long que Little Nightmares VR: Altered Echoes, avec ses deux heures seulement.
Graphismes ok mais pour la bande-son, ce n’est pas l’amusement

La qualité graphique de The Amusement est un régal pour de la VR
Si nous avons déjà parlé de l’habillage artistique de The Amusement, nous n’avons pas forcément souligné son aspect technique vraiment très beau. Les textures ont été soignées et visuellement, en général, force est de constater que l’on se prend une petite claque graphique pour un jeu VR de cette trempe. Honnêtement, le jeu propose des effets visuels de qualité et peu de bugs de collisions, en dehors de quelques scripts capricieux et d’un moteur physique quelquefois discutable.
Pour le reste, que ce soit dans les panoramas ou le moteur graphique, The Amusement en met quand même plein la vue, en plus d’être suffisamment bien optimisé. Il y a bien ces soucis de calibration qui peuvent agacer sur PCVR, mais si vous jouez sur le Meta Quest 3 sans le Air Link, le résultat devrait largement être plus stable et sans trop d’écueils.
Enfin pour son sound design, The Amusement reste bon, sans non plus casser des briques. Avec des musiques à la fois mélancoliques et jouant la carte du mystère, ces dernières s’imbriquent d’une bonne manière dans l’atmosphère du jeu. Certes, ce n’est pas non plus inoubliable mais cela fait le boulot. Il en va de même pour les comédiens du doublage, qui s’en sortent très bien dans leur version originale. Car oui, le jeu n’est doublé qu’en anglais mais avec des sous-titres français, rassurez-vous.
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