Test Surviving Mars – Un city builder prenant sur Mars

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Le studio Haemimont Games revient à ses premiers amours en sortant un nouveau jeu de stratégie et de gestion sur cette bonne vieille planète Mars. Le titre se nomme assez sobrement Surviving Mars. Sans surprise, on part sur une nouvelle bonne pioche pour ce studio qui a le savoir-faire en la matière.

Lorsque nous avions vu le titre tourner pour la première fois lors de la gamescom 2017 en compagnie des développeurs, nos impressions étaient plutôt enjouées à son sujet. Pour rappel, et si vous ne le savez pas encore, Haemimont Games est un studio qui avait notamment développé l’excellente série des Tropico, Grand Ages, et s’était entre temps essayé à de l’action/RPG, avec le sympathique Victor Vran. Les revoilà donc à la case départ avec à nouveau de la stratégie/gestion avec Surviving Mars, qui sort officiellement en ce 15 mars sur PC. Et qu’on se le dise, les développeurs ne semblent pas avoir perdu la main pour faire plaisir aux fans hardcore du genre mais pour les néophytes, ça se discute.

Il faut survivre sur Mars !

Test Surviving Mars

Malgré les qualités dont dispose le titre et nous allons y revenir plus loin, le soft de Haemimont Games a d’ores et déjà une ombre au tableau. Effectivement, sachez qu’il y a un mode nommé démarrage facile. Ledit mode fait office de gros didacticiel pour le titre sauf que le soucis, c’est qu’il est trop brouillon. A vouloir bien faire pour permettre aux nouveaux venus du genre de maîtriser convenablement par la suite les mécaniques de Surviving Mars, les développeurs en oublient presque d’expliquer pas à pas les bases du jeu. Vous n’avez pas forcément d’objectifs clairs et précis pour enfin connaître les mécanismes du jeu – juste de légères indications -, ce qui fait que vous êtes presque lâché dans la nature sur ce mode-là. Bon, à la rigueur, on nous donne beaucoup de conseils en cours de jeu sur ce mode démarrage facile, il y également beaucoup de textes à lire, mais un didacticiel beaucoup plus précis n’aurait pas été du luxe pour aider les débutants à se faire la main convenablement sur ce city builder.

Outre ce mode démarrage facile un peu raté qu’on se le dise, vous pouvez commencer évidemment une nouvelle partie traditionnelle. Une fois que vous débutez, vous devez choisir votre sponsor de mission, votre logo, votre profil de commandant, et le mystère. Les sponsors de mission vous donneront des avantages et des inconvénients en termes de ressources ou fusées disponibles pour recevoir des ressources en plus, et varieront au niveau de la difficulté. Le logo n’est ensuite que cosmétique, mais le profil de commandant sera un point assez important dans le jeu. Vous pourrez par exemple vous spécialiser en hydro ingénieur pour gagner une ressource d’eau d’entrée de jeu – et dieu seul sait qu’il s’agit d’une ressource primordiale -, ou encore en oligarque, ce qui augmentera votre production d’essence en cours de partie. Enfin, on a les fameux mystères. Vous devez automatiquement en choisir un avant de commencer voire aucune si vous voulez jouer en toute tranquillité. Ces mystères auront des citations, avec un niveau de difficulté variable également. Sa particularité sera en fait de provoquer une bonne ou mauvaise série d’événements, qui avantagera ou pénalisera sévèrement votre future colonie martienne. Cela donne au passage une grosse plus-value sur la rejouabilité, ce qui n’est pas un mal.

Surviving Mars est un city builder aussi pointilleux qu’efficace sur toutes ses mécaniques, et il n’y a pas de place pour le droit à l’erreur.

D’ores et déjà, on sent la patte du studio Haemimont Games, qui propose d’emblée des petites mécaniques relativement profondes, qui peuvent influencer littéralement la partie. Egalement, et avant de véritablement commencer, vous devrez aussi décider de ce que vous allez embarquer sur votre première fusée qui va atterrir sur Mars. Et là, on a l’embarras du choix entre des véhicules qui peuvent transporter des ressources, des bâtiments pré fabriqués – raffinerie de carburant, usine de pièces détachées, etc… -, des drones, des sondes orbitales et bien d’autres joyeusetés. Evidemment, il faudra faire attention au poids standard de la fusée, et également ne pas tout dépenser votre argent, représenté en dollars dans le soft.

Pour terminer, et avant de véritablement partir à le colonisation de Mars, vous devrez finalement choisir votre lieu d’atterrissage sur la planète rouge. Vous pouvez tourner la petite planète dans tous les sens, et ainsi choisir le territoire parfait pour atterrir. Bien entendu vous vous en doutez, en fonction de l’endroit où vous vous installez, la difficulté augmentera, et le nombre de ressources sera plus ou moins important voire pas du tout. En sus, il faudra faire face aux diverses catastrophes naturelles qui peuvent pointer le bout de leur nez en fonction de la zone où vous serez situé. Car effectivement, vous pourrez vous prendre des tempêtes de sable, des vagues de froid importantes, voire vous prendre des météorites qui peuvent endommager par malheur vos constructions. La prudence sera donc de mise, et il faudra réellement choisir le bon endroit où se poser, au risque de se retrouver avec un bonus de difficulté relativement élevé, des catastrophes naturelles à gogo, ou tout simplement une pénurie de ressources. Mais bon entre nous, si vous aimez la difficulté, pourquoi pas car vous pouvez vraiment vous poser où vous voulez sur la planète rouge, et cette liberté laissée aux joueurs est intéressante.

Bienvenue sur Mars, Commandant !

Test Surviving Mars

Une fois toute cette préparation passée, vous allez enfin pouvoir poser votre première fusée, et enfin utiliser vos drones pour débuter la construction. Toute la zone que vous avez sélectionnée, est répartie en plusieurs grilles, représentant chaque secteur. Vous en aurez au moins une de dévoilée de base, ce qui vous donnera la possibilité de poser votre fusée. Vous pourrez en sus vous amuser à scanner les secteurs aux alentours éventuellement, afin de voir s’il est plus avantageux de poser votre fusée là où il y a des ressources plus avantageuses et intéressantes pour vous. Il y a d’ailleurs deux façons de scanner les zones. Soit en cliquant dessus et auquel cas il faudra attendre que le pourcentage atteigne les 100% pour dévoiler la zone, ou bien alors se doter de sondes orbitales, qui dévoilent instantanément un secteur.

Une fois que l’on pose notre fusée, on retrouve incontestablement les codes d’un city builder pur et dur. Votre but sera tout bêtement de faire venir les premiers colons sur Mars, et à terme coloniser entièrement la zone de la planète rouge que vous avez sélectionnée au préalable. Côté interface, on retrouve dans un premier temps la possibilité de mettre en pause votre partie pour voir où vous en êtes, voire carrément d’accélérer le temps pour faire avancer un peu plus vite vos futures constructions, véhicules et drones. La caméra se gère d’ailleurs comme dans un jeu de stratégie et de gestion traditionnel, avec un zoom aux petits oignons, ainsi que la possibilité de parcourir les divers secteurs, et d’effectuer des rotations de la caméra pour mieux s’y retrouver. Ensuite, nous avons également toute une interface pour construire vos bâtiments, déposer vos ressources diverses et variées, vos dômes pour accueillir vos colons, ou bien encore les différents câbles à lier à vos bâtiments pour qu’ils puissent fonctionner. Vous retrouverez également une interface en effectuant un clic droit, qui fera le point sur vos ressources actuelles en métaux, béton, électricité, oxygène, eau, polymère, pièces détachées, et j’en passe, qui vous serviront à construire vos bâtiments et autres joyeusetés. Car oui, la plupart de vos bâtiments et câbles iront puiser dans l’une de ces nombreuses ressources, et il faudra parfois envoyer des transporteurs pour aller récupérer des métaux du moins, en début de partie quand vous n’avez pas de colons.

Qu’on se le dise, Surviving Mars est un city builder ultra pointu, où vous devrez également faire attention aux divers événements pas très sympas qui peuvent se produire. Effectivement, il se peut que parfois, vos installations s’abîment avec le temps, et que les tuyaux transportant de l’eau et oxygène, ainsi que vos câbles électriques, fuient. Auquel cas, vous devrez appeler un drone pour qu’il puisse colmater le tout. Il y a incontestablement pas mal de choses à prendre en compte en plus de ces fameuses des catastrophes naturelles, qui peuvent d’ailleurs vous offrir des malus comme les météorites, les vagues de froid, ou encore les tempêtes de sable. Ces dernières pourront affecter inexorablement vos installations, mais aussi vous priver d’eau ou d’électricité pendant quelques heures voire sur un Sol, définissant une journée dans le jeu.

Entre stratégie et gestion, Surviving Mars est cohérent dans son approche, et surtout terriblement addictif.

On parlait tout à l’heure des transporteurs qui peuvent extraire des ressources de métaux sur Mars, mais sachez qu’il y a aussi deux autres types de véhicules. Vous aurez dans un premier temps l’explorateur, qui pourra scanner la moindre anomalie dans le secteur, et ainsi faire notamment avancer votre arbre de recherches, comme vous permettre de faire de belles trouvailles, ce qui fait que vous pourrez gagner de nouveaux drones, bâtiments ou de l’argent supplémentaire. Cet argent supplémentaire vous permettra d’envoyer une nouvelle fusée sur Mars bourrée de ressources en tout genre d’ailleurs. En sus, vous aurez également des véhicules télécommandés. Ils téléguident en fait les drones à votre disposition et si vous les déplacez, les drones les suivront automatiquement sur un nouveau secteur.

Concrètement, Surviving Mars est un jeu où il ne faut véritablement pas faire n’importe quoi. Il faudra systématiquement être sûr d’avoir posé les bons bâtiments essentiels à la survie d’un humain, avant de pouvoir lancer les tous premiers colons, et tout faire pour qu’ils survivent, et se multiplient pour coloniser la planète rouge entière. Petit bémol en revanche au niveau des objectifs. Ces derniers sont représentés en jalons dans la partie en cours, mais ceux-ci seront systématiquement toujours les mêmes à chaque partie justement… On aurait aimé plus de variétés de ce côté-là. Au-delà de ça, le jeu se dote de cet arbre de recherches que nous avons évoqué plus haut. Il est découpé en plusieurs domaines à savoir la robotique, la biotechnologie, le social, la physique, l’ingénierie et les avancées. Pour avoir une compétence dans l’un de ces domaines, vous devrez effectuer des recherches qui prendront du temps, mais qui la débloqueront par la suite définitivement. Vous pourrez également dégoter des compétences avancées plus tard dans le soft, mais en scannant principalement des anomalies, qui peuvent parfois vous débloquer des compétences, mais qu’il faudra rechercher afin de l’obtenir. Le système est franchement bien ficelé, et parfaitement cohérent avec ce que veulent proposer les développeurs durant tout le jeu.

Enfin, il y a les colons, qui prennent également une place assez importante dans le gameplay de Surviving Mars. Pour les faire venir, vous aurez une interface ravitaillement. Cela vous donnera la faculté d’envoyer des fusées cargo qui transportent des ressources, comme des fusées de transport. Ces dernières transporteront les premiers colons sur Mars, et vous pouvez choisir justement quels types de colons vous voulez voir venir sur Mars, en fonction de vos besoins. Vous pouvez choisir le groupe d’âge – enfant, adulte, senior etc… -, le sexe, les talents qu’ils peuvent avoir, les défauts, et leur statut. Il sera donc possible de faire littéralement le tri sur qui vous voulez emmener dans la fusée, afin que les colons répondent à vos besoins précis comme avoir des colons capables de travailler dans une usine d’extracteurs de métaux et produire plus efficacement en l’occurrence. Il y aura aussi tout le moral à gérer chez les colons dans leur dôme, et il sera donc primordial de faire en sorte qu’ils puissent s’amuser, se nourrir, se soigner, ou encore s’instruire et j’en passe. De la première construction avec les drones en passant par l’arrivée des colons, Surviving Mars est globalement un city builder tout bonnement efficace sur chaque chose qu’il entreprend, même si l’interface peut paraître totalement déroutante au premier abord. En effet, elle n’est parfois pas claire, et il faudra un gros temps d’adaptation pour la comprendre.

Techniquement sinon, le soft de Haemimont Games n’est vraiment pas vilain pour un city builder. La représentation de Mars est finalement on ne peut plus fidèle, et son côté science fiction a véritablement de quoi charmer. Le jeu est super fluide est propre sur cette version PC, et la prise en main est tout bonnement agréable. Honnêtement, il est difficile de lui trouver des défauts côté graphismes. Bien évidemment qu’en zoomant au maximum, le jeu révélera néanmoins quelques textures pas très folichonnes mais de loin, Surviving Mars reste agréable pour la rétine, sans pour autant être une claque qu’on se le dise. Les animations sont également de bonne facture, et les quelques effets de météorites ou de tempêtes restent convenables visuellement. Concernant la taille des maps qui plus est, ces dernières restent relativement grandes à chaque partie, même si on pourra reprocher une architecture qui restera sensiblement la même, lors des diverses parties que nous avons pu effectuer. Pour terminer, sachez qu’il est possible dans le soft de choisir sa propre radio via des musiques prédéfinies relativement relaxantes, et s’accordant bien avec cet univers martien.

Même s’il reste un peu imparfait sur certains points, Surviving Mars est indéniablement un bon petit city builder dans l’univers de Mars à la fois fun, comme exigeant et pointu. Toutes les bases d’un city builder sont là, et on voit bien que le studio Haemimont Games a toujours ce savoir-faire au niveau des jeux de gestion et de stratégie. Alors oui, l’interface manque parfois de clarté, les objectifs se répètent un peu puis les néophytes auront un peu de mal à prendre en main le bousin mais qu’à cela ne tienne, on tient en face de nous un titre à la fois totalement complet dans son approche, en plus d’être d’une cohérence sans faille. Le titre dispose également d’une assez grosse rejouabilité, pour faire plaisir aux amateurs de city builder. Très franchement, si vous cherchez un city builder science-fiction assez pointilleux, vous pouvez sans soucis mettre 39.99 € sur Surviving Mars, qui est d’ailleurs compatible avec Steam Workshop. Ce qui fait que vous aurez le droit d’avoir des mods à gogo, et aussi d’en créer via un éditeur de mods, présent dans le soft.

La note de l'auteur

Vraiment très loin d'être un grand fan du genre de base, j'ai pris malgré tout beaucoup de plaisir sur Surviving Mars. Le côté science-fiction où l'on doit littéralement construire et y emmener carrément de la vie sur une planète Mars totalement vide au départ est charmeur du début à la fin. L'aspect gestion et stratégie est dans l'ensemble assez complet, et on prendra un malin plaisir à gérer nos diverses ressources, et nos futures constructions pour nos premiers colons sur Mars. L'aspect catastrophes naturelles et événements est également bien géré, et j'ai trouvé là un gameplay plutôt cohérent et diablement fun, avec une rejouabilité quasi infinie avec notamment les modes qui arriveront très certainement via Steam Workshop. Pour 39.99 € ne cherchez pas plus loin, il faut se jeter sur ce city builder !

Matheus
s
Note du panda
8 10

Points positifs

  • Des maps relativement grandes...
  • Une modélisation de Mars plutôt fidèle et agréable
  • La compatibilité avec Steam Workshop pour les mods...
  • ... Avec un éditeur de mods, rien que ça !
  • Un city builder complet et profond
  • Les mystères, qui permettent une très bonne rejouabilité
  • Une assez grande variété de sponsors de missions et de profils de commandant pour varier le style de jeu
  • Bande-son parfaitement relaxante
  • Une durée de vie colossale pour vraiment en voir le bout

Points négatifs

  • ... Qui finissent par se répéter
  • Un didacticiel brouillon avec beaucoup trop d'infos à ingurgiter
  • Peut rebuter les débutants
  • Une interface pas toujours claire
  • Des objectifs répétitifs

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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