Test Stupid Never Dies – Un action-RPG à la sauce rogue lite aussi défoulant que frustrant

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Stupid Never Dies est le tout premier jeu du studio japonais GPTRACK50. Si vous ne connaissez pas ce studio, c’est normal, car il a été fondé en 2022 par un certain Hiroyuki Kobayashi. Le bonhomme est quand même connu pour avoir été producteur pour le compte de Capcom sur quelques licences plutôt lucratives avec Resident Evil, mais surtout Devil May Cry 1 & 4.

Le voilà donc maintenant avec son propre studio de développement, et dans lequel lui et son équipe ont pu développer durant pas moins de trois ans Stupid Never Dies. Le titre se veut être un action-RPG teinté d’une grosse composante roguelite, où vous allez devoir aller au bout de pas mal de runs via des donjons, et vous permettre d’avancer dans cette histoire totalement déjantée à base de monstres et de zombies.

Et justement, vous allez incarner ce bon vieux Davy le zombie, mais avec pas mal de mécaniques de jeu à base de capacités que notre personnage peut voler, et des donjons à parcourir dans un temps limité. Un concept qui peut être casse-gueule s’il est mal amené, mais qu’on soit clair, Stupid Never Dies nous a quand même plu, même si l’on sent qu’il y a de gros manques pour l’apprécier pleinement. Explications dans notre test.

Conditions de test : Nous avons terminé l’histoire principale de Stupid Never Dies en 30 heures de jeu, en ayant fait le tour global de ce qu’il propose dans sa mécanique de donjons à parcourir d’une traite. Le titre a été resté sur PC avec 32 Go, une RTX 3070 et un i5 12-400 (2,5 GHz).

Un zombie pour sauver le monde

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Un amour très étrange – Stupid Never Dies // Source : ActuGaming

Stupid Never Dies démarrerait presque comme un jeu de Suda51 dans son histoire, sauf que ce n’est juste pas le cas. Vous prenez le contrôle de Davy, un zombie nonchalant qui se retrouve dans un centre commercial confiné. Il y fait la connaissance du docteur Steiner, un savant fou qui nous apprend qu’une grosse partie de l’humanité a été éradiquée par des monstres dans une guerre menée par un certain KOM, voulant dévorer toute l’intelligence de l’humanité.

Dans un même temps, notre putréfié y découvre le corps congelé d’une certaine Julia dont il tombe follement amoureux, et fera tout ce qu’il peut pour tenter de la sauver comme le monde sous le joug de KOM. Très clairement, il y a de grosses ressemblances avec les jeux de Goichi Suda dans Stupid Never Dies, qui ne s’arrête jamais de nous proposer des situations totalement décomplexées, et surtout des dialogues qui parviennent à nous décrocher quelques sourires.

En témoigne le début du jeu qui nous fait déplacer Davy à la vitesse d’un escargot malade (ce qui est normal puisque c’est un zombie). Bien heureusement, rassurez-vous, le bougre peut ensuite utiliser un robot aspirateur pour se déplacer plus rapidement. Dans ces tout petits détails, Stupid Never Dies parvient d’ores et déjà à nous faire ressentir tout un titre qui prône le fun et un aspect totalement déjanté qui fait systématiquement mouche. Qui plus est, la plupart des personnages que l’on suit dans l’intrigue sont hauts en couleur, et n’en restent pas moins attachants.

Mais bien entendu, cela ne suffit pas souvent pour permettre au jeu d’avoir un fil rouge très palpitant. Même s’il y a des rebondissements dans la trame, force est de constater qu’il y a pas mal d’éléments que l’on voit venir à des kilomètres, et surtout une fin à laquelle on s’attend. Oui, le scénario est d’un classicisme flagrant, mais les références aux films de zombies avec une grosse métaphore sur la stupidité parfois palpable de l’humanité restent néanmoins plutôt malignes dans l’approche.

Idem pour cette ambiance globale dans les donjons, qui nous ferait presque penser à du Castlevania par moments. De toute manière, avec Kobayashi aux commandes, il fallait s’attendre à ce genre d’univers orienté monstres et déjanté, dans la mesure où le bonhomme avait déjà bossé sur les Devil May Cry. Il faut également saluer l’esthétique un peu cel-shading du soft, qui vaut le détour et apporte un cachet fort plaisant au titre de GPTRACK50.

Original dans son concept de roguelite/donjons ?

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Une aire de repos est toujours la bienvenue pour souffler du chrono – Stupid Never Dies // Source : ActuGaming

Dans son concept, Stupid Never Dies a opté pour un titre orienté action-RPG, mais également roguelite dans son approche. L’idée de Stupid Never Dies est de descendre de plus en plus bas dans des Strates, qui seront les « salles » dans lesquelles vous évoluerez et disposant de deux ou trois étages en fonction de la Strate choisie. Mais la petite subtilité est que ces donjons seront chronométrés, ce qui fait que vous n’aurez pas d’autre choix que de progresser rapidement jusqu’au bout de la run pour y accomplir l’objectif en cours, ou bien ramasser des cellules temporelles pour souffler. Donjon chronométré oblige, vous pouvez monter logiquement en niveau très rapidement.

Cependant, notez que vous pouvez complètement souffler à la fin des Strates puisque vous arriverez dans des aires de repos où le chrono est mis en pause histoire de vous ravitailler en santé, morsures ou encore changer l’équipement de Davy (on y reviendra après). Vous l’aurez compris, la boucle de gameplay se présente par le fait de descendre systématiquement jusqu’au bout de la Strate indiquée, et ainsi d’accomplir l’objectif que l’on vous demande, et ainsi de suite. En somme, nous restons clairement sur un format calqué sur du roguelite pur, mais il faut dire que plus on avance, et plus on se prend au jeu de cette boucle de gameplay addictive.

On retrouve finalement presque les mêmes sensations qu’un Control Resonant, sauf que nous sommes ici aux antipodes par rapport à ce qu’offre Stupid Never Dies. D’ailleurs, le soft de GPTRACK 50 ne tente pas uniquement la carte de l’originalité avec les donjons procéduraux et chronométrés, puisque le titre utilise aussi le système de morsure de Davy de manière plutôt originale. En effectuant divers combos sur les ennemis dans les donjons, vous remplirez une jauge de morsure que vous pourrez ensuite utiliser sur les ennemis. Cela vous donnera bien évidemment de la santé, mais pas que.

Les morsures de Davy lui donnent également la faculté de mordre des noyaux d’ennemis élites morts ou non, et ainsi de totalement voler leur capacité de style. Ainsi, une fois la capacité volée, Davy peut se transformer en l’ennemi qu’il a combattu, que ce soit un loup-garou, un cyclope, un ondin, une liche voire tout simplement une harpie ou un golem. La liste est très longue mais pour le coup, vous bénéficierez tout bonnement des attaques de l’adversaire en question. Mais sachez qu’évidemment, le vol de la capacité n’est que temporaire et ne dure que trois étages. Ce n’est pas plus mal d’un côté, car cela force du coup le joueur à tenter de voler à nouveau une capacité sur un autre ennemi élite lors de sa progression.

Rien que sur ça, GPTRACK50 s’est peut-être inspiré d’un certain Castlevania: Aria of Sorrow et Soma Cruz pouvant justement voler les capacités de ses ennemis via un système d’âme. Même si le côté est plutôt bien ficelé et nous permet d’utiliser un peu plus d’une dizaine de capacités de style ennemi, ce qui n’est pas rien, il faut avouer que la progression peut paraître à certains moments très frustrante. Bien que cela soit le concept même d’un roguelite, on ne peut pas s’empêcher de voir certaines runs un peu trop punitives pour pas grand-chose, et qu’il manque un équilibrage flagrant sur ces strates censées être moins fortes par rapport à notre niveau actuel et qui ne l’est pas vraiment.

C’est la fausse note qui pourra nous décevoir un peu, au même titre que l’agencement des niveaux, pas vraiment exceptionnel. Certes, la génération procédurale nous permet de découvrir de nouvelles dispositions, voire des décors qui peuvent changer en progressant dans le jeu, même après la quinzaine d’heures passée. Mais il faut se rendre à l’évidence qu’il peut y avoir des ratés, à l’image de niveaux orientés plateformes qui ne sont pas adaptés au gameplay. Il y a bien parfois des cheminements que l’on ne peut utiliser que si l’on a volé la capacité de style adéquat de l’ennemi, mais cela est aussi sous-exploité comme le level-design global, qui fait un peu vide malheureusement. Sur ça, Stupid Never Dies ne réussit pas totalement son pari.

Un gameplay jubilatoire certes, mais qui pouvait faire mieux…

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Il va falloir faire le bon choix de la Strate… – Stupid Never Dies // Source : ActuGaming

Vient ensuite son gameplay, qui ne réussit pas vraiment tout ce qu’il entreprend. Comme nous l’avons évoqué un peu plus haut, Davy peut effectuer quelques combos basiques, user de ses compétences spéciales, mais l’ensemble manque cruellement de réactivité. Effectivement, il ne peut pas réellement stopper ses combos, ni même effectuer une parade au bon moment.

Ceci peut ainsi créer des situations cocasses où ce dernier peut littéralement se faire enchainer comme pas possible par les boss ou ennemis basiques. Heureusement, ce n’est pas toujours le cas car nous pouvons nous en sortir, et que Davy peut directement se reprendre avec la pression d’une simple touche si ce dernier se fait projeter. D’ailleurs il faut mentionner que la plupart des boss restent très génériques dans la manière de les combattre, et manquent cruellement de créativité en plus de souffrir de ces soucis de gameplay.

Ces éléments ternissent un peu l’expérience de jeu et c’est dommage, bien que le titre ait la bonne idée d’incorporer, en plus de son système de morsure, le concept des parades débiles. En effet, après avoir posé une parade au bon moment, Davy aura des dégâts réversibles. Cela veut dire qu’il ne les a pas vraiment encaissés, mais qu’il peut les rendre aux monstres dans la foulée. Mais pour récupérer dans un second temps ces dégâts pris, le bougre devra obligatoirement mordre un ennemi et ainsi se refaire une santé.

C’est l’une des sacrées bonnes idées du jeu, au même titre que la montée en niveau rapide. Plus haut, nous avons effectivement évoqué la montée en niveau qui est dans l’obligation d’être express vu que nous sommes dans un donjon chronométré et ici, Davy enchaîne les montées en niveau à vitesse grand V. Et justement en montant en niveau, Davy peut choisir ensuite entre trois reçus, qui seront des capacités à bonus passifs de couleur déterminant leur puissance (commun, rare, épique, légendaire, etc.).

Vous vous en doutez, ce sont des habiletés qui ne restent que lorsque vous progressez dans le donjon, et sachez que mourir dans Stupid Never Dies n’est pas vraiment si punitif. En vérité, si vous mourez, sachez que les aires de repos visitées auront limité la casse, et vous auront également monté en niveau de maîtrise vos capacités de style volées sur les ennemis. Vous aurez également récupéré quelques babioles et éléments à utiliser ensuite dans le centre commercial (que nous aborderons plus loin).

Nous pourrons aussi noter le choix des Strates parmi plusieurs possibilités, donnant une dimension stratégique captivante à votre run. Est-ce que vous allez prendre des risques et aller dans des strates ayant cinq ou dix niveaux de plus que vous ? Ou au contraire irez-vous dans des strates avec des bonus et malus mais qui seront gratifiantes en matière de récompenses ? Ce seront l’une des nombreuses questions que vous allez vous poser histoire d’avoir un Davy surpuissant avant de combattre un potentiel boss une fois la strate maximale atteinte. Cet élément, bien que répétitif, est annihilé par son côté bougrement addictif et on adore. Par contre, on pourra quand même pester sur les objectifs de mission sur la fin du jeu, qui donnent l’impression de remplir artificiellement la durée de vie de jeu déjà bien longue (30 h au moins pour le terminer).

Concernant d’ailleurs les styles de combats, sachez qu’il ne sont pas tout égaux pour autant. Si le principe pour le joueur sera certainement de jongler avec les capacités de style (limitées à deux seulement), ou bien de choisir son propre style, ils ne seront pas tous vraiment amusants à contrôler. Il y a en effet dans un premier temps de gros soucis de lisibilité dans les affronteemtns quand il y a trop d’effets à afficher, la caméra est dénuée d’un système de verrouillage et n’aide pas, et puis certains styles à jouer disposent parfois d’un game design douteux (le vampire pour ne citer que lui.).

Les débiles ne meurent jamais

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Très peu ragoûtantes les glaces… – Stupid Never Dies // Source : ActuGaming

Si toute la partie donjon est jouissive mais quand même répétitive à force de faire la même chose en boucle, sachez que vous avez le centre commercial qui sera le hub central. Dans ce dernier, c’est ici que vous pouvez dans un premier temps aller voir Acelino. Notre loup-garou chihuahua pourra permettre à Davy de se doter d’implants sur ses deux bras, ses jambes mais aussi sa tête. Cela lui permettra de bénéficier de compétences actives à utiliser sur les ennemis, tout en ayant des bonus passifs définitifs comme plus de coups critiques, plus de santé, ou encore faire un peu plus de dégâts.

Notre héros pourra aussi recycler certains éléments qu’il n’utilise pas pour obtenir de la ferraille et ainsi débloquer d’autres emplacements de préréglages moyennant de la ferraille et de l’OT que vous ramassez dans vos runs (la monnaie du jeu). Et ce n’est pas tout, puisqu’il est même possible de modifier les statistiques des implants de Davy, en prenant forcément le risque de ne pas avoir une bonne compétence passive et de faire chuter le niveau de pouvoir de votre implant (classé également par couleur de rareté comme les habiletés). Dans l’absolu, cette mécanique est plutôt grisante.

Julia sera aussi une protagoniste avec laquelle vous pourrez vous améliorer. Via des éléments que vous trouvez dans vos runs ou si vous avez accompli l’une des listes de souhaits via le zombie derrière le rideau de fer du centre commercial, vous pourrez obtenir des points de compétences à attribuer sur l’amélioration du déchaînement de Davy, qui est plus ou moins son mode rage en mode pop rock lorsque vous avez effectué plusieurs morsures d’affilée sur les ennemis et qui reste franchement classique mais efficace.

Également, vous aurez la boutique de burgers de Bessie et même un glacier. Le premier vous donnera la possibilité de déverrouiller ou d’améliorer la rareté des capacités que vous devez choisir dans les donjons, histoire de monter un peu plus en puissance à chaque run, et cela se ressent par ailleurs.

Vous avez ensuite le glacier qui là va permettre à Davy de devenir encore plus puissant. Il faudra systématiquement se frotter à des boss déjà combattus lors de vos runs afin de récupérer leurs abats, qui feront office de points de compétence à attribuer. Les abats seront de différentes couleurs, et vous pourrez ainsi les attribuer pour augmenter au choix l’efficacité de vos parades débiles, l’apparition plus fréquente des squelettes en or offrant pas mal de monnaies et de récompenses et bien d’autre joyeusetés. Cette mécanique est intéressante si elle ne forçait pas au grind de boss pour pleinement l’apprécier.

Ce sera plus ou moins tout ce que vous pourrez faire pour améliorer dans le centre commercial, même si vous aurez des clés d’Everent à y récupérer après vos runs. Ces dernières permettront de débloquer des bonus supplémentaires sur les aires de repos, mais n’apparaissent pas tout le temps. En somme, sachez qu’il y a aussi des éléments cosmétiques à déverrouiller pour le nounours représentant le timer du donjon, mais aussi la bande-son du jeu. Le système d’amélioration marche bien, même s’il y a quelques éléments sous-exploités ou très superflus qui feront passer le tout aux oubliettes.

Techniquement correct, avec une bande-son qui peine à marquer

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Le style graphique est vachement agréable – Stupid Never Dies // Source : ActuGaming

Il ne reste plus qu’à voir la technique et franchement, Stupid Never Dies s’en sort bien sans être non plus transcendant. Le titre propose parfois de beaux effets, reste spectaculaire visuellement sur les animations des combos, mais pour le reste, les textures du jeu sont juste correctes sans nous faire tomber de notre chaise.

C’est parfois joli, parfois convenable, mais on ne reste pas des heures à regarder les décors qui paraissent génériques et manquant d’un petit quelque chose. Le style graphique cel-shading sauve les meubles comme son optimisation bien ciselée, mais pour le reste, le jeu ne restera pas dans les annales graphiquement.

Pour ce qui est de la bande-son enfin, c’est malheureusement en dents de scie. Malgré un très bon doublage anglais et des sous-titres français impeccables, les musiques ne sont finalement pas si marquantes. Avec un tempo qui se veut pêchu et néo-punk rock, la plupart des thèmes musicaux ne nous ont pas suffisamment transcendés pour les apprécier. On voit la bonne volonté du studio de rythmer les affrontements, mais cela ne suffit pas.