TEST. Resident Evil 7 – Le retour tant rêvé du survival-horror ?

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Resident Evil 7 est enfin arrivé dans nos contrées après une timide présentation tout le long de l'année 2016. Avec sa volonté de renouer avec ses origines, aura-t-il le mérite de reconquérir ses fans ?

Louisiane, 2017, un tout nouveau héros débarque dans la saga Resident Evil pour renouer avec les origines d’une série culte qui fête encore ses 20 ans dans le cœur des fans. Un septième opus qui abandonne ses dernières habitudes de testostérone et kalachnikovs au profit d’une arme de poing et un couteau dans un lieu hostile et abandonné… de toute forme humaine.

Resident Evil 7, c’est la promesse de Capcom de reconquérir le cœur des fans qui auront connu des débords douloureux ces dix dernières années. C’est la volonté d’un producteur – Masachika Kawata – de redéfinir le Survival Horror du 21e siècle sous une toute nouvelle vie, une nouvelle origine, un peu à la façon de Resident Evil premier du nom dans les années 90. Une essence gardée et maîtrisée mais une recette modifiée, l’influence de la VR oblige, ce septième volet transpire l’authenticité, mais il aura également perdu de sa magie. Une suite à la première personne dans un tout nouvel univers quelque peu inédit, est-ce que cela convient à un Resident Evil ?

Officialisé à l’E3 2016 et resté à l’abri de tous les projecteurs jusqu’à sa sortie le 24 janvier, Resident Evil 7 aura fait couler pas mal d’encre à cause du peu d’informations que l’on aura reçu de la part de son éditeur. Véritable remontée en flèche ? Prouesses techniques révolutionnaires ? Une VR au meilleur de sa forme, en sachant qu’il est l’un des premiers jeux triple A à en bénéficier temporairement sur PS4 ? Serait-ce cet opus qui réconciliera tous les joueurs entre eux ?

Authentique par dessus tout

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Dans Resident Evil 7, vous incarnerez Ethan Winters. Ce nom ne vous dit rien ? Normal, il est totalement inédit et réinventé de toutes pièces, sans inspiration d’un héros quelconque. Manque de bol, nous ne connaissons pas tellement son identité, ni même son visage – bien que des « fuites » sur internet par le biais de quelques mods pc, nous ayons pu obtenir une idée. Héros manquant de charisme et d’identification vis-à-vis du joueur donc, celui-ci sera un être innocent, comme vous et moi, à la recherche de sa femme Mia, disparue mystérieusement depuis 3 ans.

L’histoire commencera alors que votre gentille dame vous transmet un e-mail remplis de peur et d’avertissements mais témoignant sa vie, alors qu’Ethan la croyait perdue. Notre homme aura donc la ferme volonté de retrouver sa chère et tendre qui lui aurait laissé ses coordonnées GPS afin de la retrouver. Direction la Louisiane, dans une ferme, chez les Bakers.

En toute évidence, Ethan voyagera seul, et homme non-prudent qu’il est, il sera démuni de toutes pièces défensives. La fameuse maison et cette plantation perdue aux fins-fonds de la Louisiane sera le seul refuge capable de procurer quelques armes et munitions à notre cher petit pantin. Jusqu’ici, tout semble évidemment très encourageant et change de ce que l’on aura eu l’habitude de voir dans les Resident Evil 4, 5 et 6. Nous n’avons plus ce côté « sécurité » d’un héros aux aptitudes de défenses exceptionnelles, pas de Chris Redfield, Leon S.Kennedy ou encore de Jill Valentine, ni d’artillerie lourde.  Pourtant, Resident Evil 7 est bien inscrit dans la suite officielle de Capcom pour sa série fétiche, et ces noms auraient pu ressortir à tout moment. Mais un seul aura été retenu, et sa présence dans le jeu n’aura finalement aucun impact, ce qui donnera même un sentiment de déception aux fans de la première heure.

Pourrions-nous considérer Resident Evil 7 comme un reboot ? Oui, à vrai dire. Nous allons commencer à décortiquer cet opus si convoité par les fans et tant caché par Capcom depuis son annonce…

« Welcome to the Family, son »

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La phrase culte, analysée à de nombreuses reprises par les joueurs depuis leurs tests de la démo et les visionnages des petits trailers concoctés par Capcom. Quelle famille ? Qui sont Jack et ceux qui l’accompagnent ? Que nous veut-il ? Resident Evil 7 est entre nos mains dorénavant, et ce que nous pouvons vous en dire, c’est que Jack est bel et bien ce « retour » de Nemesis sous une autre forme, qui sera sous une emprise démoniaque, mais attention aux oreilles : elle n’est pas virale. Non, lourde déception, Resident Evil 7 « biohazard » n’a rien de biologique, hormis son réel antagoniste principal dont nous vous cacherons l’identité. Aucun virus n’est à l’heure évoqué dans la trame principale hors DLC, il n’y a donc aucune succession au fameux Virus-C de Resident Evil 6.

Les Bakers, respectivement Jack, Marguerite, Lucas et Zoé, seront le groupe antagoniste de toute cette aventure. Attention les yeux, seconde déception que j’ai repéré, ce sont les seuls. Pas de virus, pas de contagion, personne n’est à vrai dire « infecté ». Il est à préciser fermement que ce teste représente l’aventure principale hors DLC, et que ces derniers ont des chances de révéler plus amples sujets de ce genre. Mais force est de constater que Resident Evil 7 déçoit par son bestiaire ultra maigre, qui aura beaucoup de mal à nous terrifier et, par ailleurs, à nous rappeler ce qu’est un Resident Evil. Pas de lickers, pas de hunter, pas de zombie (c’est triste ? Ne pleurez pas. Pas encore.), pas de créatures malfaisantes… hormis ces Molded, alias « Mycomorphes » de leurs noms français. Ces créatures, vous les avez déjà aperçues dans un des trailers du jeu mis en ligne par Capcom. Leur naissance provient simplement d’une création de la véritable source malfaisante de Resident Evil.

Il est difficile de faire un lien scénaristique avec Resident Evil 6

Ne restons pas battus pour autant, Resident Evil 7 reste une réussite et un premier culte de cette année 2017 palpitante. En effet, bien qu’il puisse sur certains points paraître paresseux, on se retrouve avec un vrai survival-horror qui contient tous les éléments chers de ses ancêtres. Énigmes (bien que celles-ci se révèlent généralement très simples), clins d’œils, allers/retours, machine à sauvegarder (limitée ou non en fonction du mode de difficulté), peur, terreur, de plus le jeu n’offre pas de pause pendant la consultation de votre inventaire. Il ajoute également une ambiance claustrophobique, répugnante de par son gore et ajoute ce petit côté machiavélique et plus prononcé « horrifique » que ses prédécesseurs. Par contre, et heureusement pour moi, Resident Evil 7 n’est finalement pas si « terrifiant » au point d’éteindre la console ou de faire de lourds sursauts et ne se rapproche pas d’un P.T comme cela a tant été énuméré par la communauté.

L’ambiance donne un énorme sentiment de nostalgie

Il y a quelque chose que je voudrais ajouter qui m’a particulièrement charmé pour ce Resident Evil, c’est le côté maigre, certes et heureusement, de crafting d’objets. Rien de très compliqué, il permet seulement au joueur de choisir sa façon de jouer : privilégier le soin et la vitesse ou sa sûreté avec des balles ? Grosso-modo, évidemment, cela se joue à ça, car le composant principal sera le fluide chimique (qui prendra une place dans l’inventaire) qui devra être fusionné avec de la poudre à canon pour des balles, ou bien une herbe verte pour du soin (et d’autres objets pour faire du combustible pour le lance-flamme ou pour des grenades). A propos d’herbe verte… oui, c’est bien la seule qui existe, l’absence de monstre poison étant la cause de l’absence d’herbe bleue, et le fluide chimique se chargera de remplacer l’herbe rouge. Tristesse.

Enfin, je terminerai ces impressions in-game pour signaler la lenteur d’Ethan lors des séquences importantes. Je m’explique, par exemple, pour les premiers moments passés avec Jack… qui sont tout bonnement un calvaire. Pas parce que Jack est invincible et puissant, non, simplement parce qu’il a deux voire trois fois votre vitesse de course, et qu’il est donc difficile à éviter et faisant de vous donc une cible facile. Ce n’est, certes, pas insurmontable, mais cela reste perturbant pour la progression car on retrouve un Ethan fort lent qui devra user régulièrement de la nouvelle fonction « défense » pour réduire les dégâts reçus. Évidemment, la raison de cette lenteur est due à la VR qui interdis des mouvements trop rapides afin d’éviter les nausées et problèmes cardiaques des utilisateurs. Cela rendrait le jeu pas très équitable si le mode non-VR était plus facile que son homologue..

La famille Baker n’est pas à la hauteur d’Ethan

Malgré tout, Resident Evil 7 est plus que jamais le plus proche de son premier opus. Nous serions même tentés de dire qu’il est une copie originale avec une vue à la première personne en ce qui concerne le décor et la structure des niveaux. Généralement, Ethan se débrouillera seul tout le long de l’aventure et vivra des scènes assez répugnantes, autant en réel que par le biais de cassettes, qui auront pour but de vivre ce qu’un survivant aura déjà vécu par le passé pour nous éclairer sur le background de ce volet. S’ajoute à cela 32 documents à lire pour en apprendre plus sur les personnages, ainsi que quelques Mr.Everywhere qui seront des statuettes à détruire pour le côté bonus du jeu. Parlant de bonus, notons que le jeu propose quelques bénéfices si vous terminez le jeu sous certaines conditions, comme une scie circulaire ou des munitions infinies !

Mon point préféré à souligner, c’est que le jeu propose également trois modes de difficultés, à savoir le Facile, Normal et Survie. Ce dernier est le plus intéressant de tous, car c’est celui qui propose une aventure plus authentique que jamais grâce notamment aux sauvegardes limitées par ramassage de cassettes pour user de la fonction. Exactement de la même façon que le ruban encreur dans les trois premiers opus ! Un véritable coup de nostalgie, et un challenge accentué, car l’inventaire est également rempli plus facilement avec ses emplacements limités…

Peu de boss, mais mémorables !

On souligne également une durée de vie solide, et à la fois maigrichonne comme tout vieux Resident Evil qui se respecte. Avec une moyenne de 10 à 12h de jeu pour terminer l’aventure principale dans une balade normale une première fois , il est tout à fait possible de terminer le jeu en 6 petites heures une fois les niveaux mémorisés, et un succès/trophée propose même de finir le jeu en 4h. C’est pour dire… et c’est chagrinant. Fort heureusement, Capcom promet des extensions dans le cadre de son Season Pass qui révèlera bien d’autres expériences pour prolonger l’aventure comme il se doit. Du moins, on l’espère, et de toute façon, le tout montre une rejouabilité plutôt sympa et ne lasse que peu le joueur.

Le talent de la VR sur PlayStation 4

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Nous allons évidemment faire un aparté important sur la VR, atout principal de ce Resident Evil 7 qui est l’un des premiers opus à gros budget à destination de la réalité virtuelle sur PlayStation 4, exclusivement pendant une année entière. Il était temps, depuis le mois d’octobre, qu’un tel jeu puisse enfin se révéler compatible.

Mais qu’en pensons-nous ? Simplement que ce mode est, finalement, peut-être un peu la cause d’une mini-déception pour moi. Je n’ai, personnellement, pas joué de longues heures avec le casque, mais je l’ai quand même suffisamment utilisé pour affirmer que le jeu se porte très bien dans tous les sens. Aucune nausée, immersion intense, un mode de visée intelligent, un très joli graphisme par rapport aux caractéristiques et performances du casque. Seulement… ce fameux bémol qui est pour moi le gros point noir de ce Resident Evil 7 en VR : la progression. Également, la VR est selon moi la cause de tous les défauts de Resident Evil 7.

Une immersion totale, qui se veut être l’une des meilleures en réalité virtuelle !

En effet, la réalité virtuelle en est à ses premiers jours sur nos consoles de salon et PC, bien que cette dernière plateforme soit un peu plus évoluée. Les tests sont encore de rigueur sur ces casques qui s’apprêtent bien à envahir petit à petit nos foyers. Dans l’ensemble, le jeu se porte bien, mais à la moindre interaction scriptée (et croyez-moi, elles sont plutôt nombreuses) du genre tomber d’un escalier, descendre une échelle, rencontrer quelqu’un ou n’importe quelle autre transition de ce genre, le casque affiche un court écran noir d’une petite seconde seulement, mais qui perturbe selon moi la progression et son immersion. C’est évidemment un défaut récurrent chez les jeux VR, mais sur un tel titre, c’est regrettable. Alors je vous l’affirme, oui, jouer sans VR est tout à fait convenable, d’autant plus que les graphismes sont globalement très agréables à l’œil. Ah oui, et pour information, le mode VR n’offre qu’un visuel des bras d’Ethan pour ce qui concerne votre corps dans le jeu. Je dis ça comme ça, pour les plus curieux…

Un bilan plus positif que ses prédécesseurs

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Pour couronner ces lignes au sujet de ce Resident Evil 7 attendu au tournant, l’expérience reste excellente. Il reste toujours un jeu mystérieux laissant quand même des questions sans réponses, n’énumère aucun indice quant à une éventualité de présence du Virus-T, C, Uroboros ou Progenitor et reste quand même dans la lignée des Resident Evil.

L’absence des zombies (eh oui, tout du moins hors DLC) est chagrinant. C’est bel et bien la menace « principale » théoriquement dans les premiers opus si cultes, et pour un retour aux sources, avoir placé ces « Molded » sortis de nulle part est une idée un peu révoltante selon moi, car leur origine n’est pas spécialement justifiée. On en reste cependant rassurés avec la présence de Jack et Marguerite Baker, qui seront à vrai dire les seuls bourreaux de l’aventure. En fait, on dirait que Resident Evil 7 est le mix de Resident Evil premier du nom et le troisième opus, dans une petite sauce Project Blair Witch.

Une reprise des plus grands cultes de l’horreur, remise à la sauce Resident Evil

Innovant tout en se reposant sur ses lauriers, ce septième volet aura intérêt de laisser quelques traces supplémentaires à l’avenir pour en apprendre plus et ne pas rester bouche-bée trop longtemps quant au scénario, qui reste également prenant jusqu’aux tripes. On ignore si Ethan restera si silencieux comme ça longtemps, mais pour ma part, je ne trouve pas que sa place est méritée dans le roster des héros de la franchise.

Resident Evil 7 est une première réussite en cette nouvelle année. Frais, innovant, nostalgique et authentique, il ne se laisse pas berner par ses défauts qui seront discutables pour tous. Les fans de la première heure sauront apprécier tous les clins d’œil et les bons souvenirs que laissaient les précédents volets dans cette nouvelle aventure, et seront déçus du bestiaire ainsi que des énigmes peut-être un peu trop faciles. Les novices seront tout bonnement ravis par l’ambiance proposée, l’expérience et l’innovation, surtout couronnée par un mode VR qui se veut être l’un des meilleurs proposé sur le marché. On attends quand même la suite, mais c’est bien parti pour être le retour de Resident Evil.

L'avis de l'auteur

Au début surexcité, puis indécis, puis déçu mais avec de l'espoir, j'attendais dans tous les cas Resident Evil 7 au tournant de pied ferme. Avec grande impatience, les yeux rivés sur l'actualité maigre planant autour du hit de ce début d'année, je me suis rué sur le jeu sans réfléchir à ce qu'il pouvait être dès sa sortie, et après trois heures de jeu, j'ai dû lâcher la manette. Ce septième volet n'est pas celui que j'attendais, et j'aurais largement préféré qu'il soit décliné en spin-off pour nous proposer une vraie suite digne de ce nom. Dommage pour moi.

Arnaud Auer
c
Note du panda
7 10

Points positifs

  • Les innombrables clins d'oeil aux cultes de l'horreur
  • Un Resident Evil de source avec de la survie
  • Une bonne rejouabilité
  • Très agréable à l'oeil, autant en VR qu'en TV
  • Un arsenal dément (pistolet, fusil, lance-flamme...) couplé aux coffres
  • De nouvelles questions pour de nouvelles intrigues

Points négatifs

  • La dernière heure lourde et décevante
  • Un minable bestiaire
  • Ethan. Oui, quand même.
  • Une bande-son un peu absente
  • Ne suit pas tant que ça la trame principale
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