Test Nelke & The Legendary Alchemists: Atelier of the New World – De la gestion bon enfant

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On enlève le costume d'alchimiste pour enfiler celui de maire.

La série Atelier de Gust a déjà 20 ans, et à l’occasion de cet anniversaire, le studio nous offre Nelke & The Legendary Alchemists: Atelier of the New World, un titre qui rend hommage au chemin qu’a parcouru cette licence du J-RPG qui met en valeur la pratique de l’alchimie. Ainsi, cette opus diffère de ce que l’on a l’habitude de voir, mais est-ce un mal pour autant ?

Everyone is here

The Legendary Alchemists

Alors que nous sommes habitués, chaque année, à une nouvelle héroïne exerçant la profession d’alchimiste, cet opus anniversaire chamboule les codes pour proposer quelque chose de nouveau. Fini le J-RPG classique et place à de la gestion le temps d’un spin-off. Pourtant, c’est bel et bien une protagoniste qui porte le titre avec son prénom, mais il ne s’agit pas d’une férue de chaudrons et d’ingrédients en tout genre. Nelke est une aristocrate tout droit sortie de l’académie et qui est chargée de développer un village au bord du royaume de Westbald. A défaut de pratiquer elle-même l’alchimie, elle va peu à peu s’entourer de nombreuses personnes expertes en la matière.

Pour on ne sait quelle raison, des alchimistes issus de différents mondes atterrissent non loin comme par magie. Ce n’est d’ailleurs par très loin de la vérité puisqu’en plus de développer son petit lopin de terre, il faudra lever le mystère sur ce phénomène via des recherches et des investigations. Bien plus qu’un scénario, le prétexte est surtout idéal pour rassembler tous les protagonistes des différents jeux de la série qui s’étalent sur vingt ans. Tout ça pour fêter dignement cet anniversaire en rappelant de bons souvenirs aux fans de la première heure.

Nelke & The Legendary Alchemists: Atelier of the New World propose une rétrospective de la franchise à travers ses héroïnes (et quelques héros) qui plaira aux fans, mais qui risque de perdre pas mal de monde, et d’assommer les foules avec un nombre conséquent de dialogues.

Malheureusement, cette particularité ne risque pas de parler à grand monde sur le sol français, la licence se destinant déjà à un public de niche, il parait difficile de croire que beaucoup de joueurs se souviendront des opus remontant à l’ère PS2. L’ambiance reste bon enfant et bourré de joyeusetés, cependant c’est surtout le fan service qui est prédominant dans le cas ici présent. On se retrouve donc à lire énormément d’interactions entre les personnages avec tout un tas de références aux différentes séries (Grammar, Iris, Mana, Dusk…). Même pour quelqu’un d’habitué à la franchise, on est vite noyé dans un torrent de dialogues qui s’enchaînent suivant les situations. Pour contrer ça, on aurait bien aimé une encyclopédie un peu plus fournie avec une description des différents personnages (car même les personnages secondaires s’invitent à la fête) ainsi qu’un rappel sur les intrigues. Sans oublier que les textes sont en anglais, ce qui n’arrange rien.

Le Simcity à la sauce Atelier

The Legendary Alchemists

Tout ce beau monde ne va pas se tourner les pouces, et chaque habitant temporaire va apporter son savoir-faire pour aider Nelke à développer le village pour le transformer en une ville florissante, voire plus grande encore. Il faut avouer que l’on ne s’attendait pas à un tel tournant, mais l’idée de transformer la licence en un jeu de gestion est plutôt bonne pour utiliser ce rassemblement de talents. D’autant que les mécaniques de jeu sont assez bien élaborées et ne manquent pas de profondeur. En plus d’élargir votre cité, vous devez faire prospérer les habitants. Pour cela, il est nécessaire d’atteindre un certain équilibre entre le développement, le bien-être, et l’économie. Ainsi, chaque tour de jeu est divisé en deux périodes : le premier, c’est la semaine où l’on planifie les constructions, les plantations, les objets à fabriquer, et à vendre ; le second est le temps libre où l’on va surtout explorer et discuter avec les autres personnages.

Le passage à la gestion est une bonne idée pour exploiter la tonne de personnages rassemblés, et l’âme de la série n’est pas détériorée pour autant.

Globalement, le cheminement est plutôt simple, mais il se complique progressivement avec l’extension de notre espace, et l’augmentations des infrastructures. Les plantations servent à récolter des matériaux que l’on va ensuite transformer dans les ateliers pour créer différents objets. C’est là qu’intervient l’alchimie, la pratique que chérit tant la licence. Elle va notamment nous servir pour créer des ingrédients transformés (comme le blé qui devient de la farine) ou des produits prêts à être vendus (comme du pain pour reprendre l’exemple précédent). Ces derniers doivent ensuite être choisis dans les magasins afin de les vendre et ainsi engendrer des revenus. Tout n’est pas simple car il faut planifier ce que l’on va obtenir le tour suivant, il faut faire attention à la main d’oeuvre que l’on doit payer avec un salaire, mais surtout la gérer intelligemment pour tirer partie des points forts de nos travailleurs. Heureusement, les statuts des personnages permettent de facilement savoir ce que l’on veut.

Malgré la grosse composante gestion, Nelke & The Legendary Alchemists arrive a garder quelques codes de la série avec de l’exploration et des combats. Durant le temps libre de l’aristocrate, vous avez le choix entre discuter avec les habitants pour augmenter les jauges d’amitié afin de débloquer de nouvelles recettes d’alchimie et des constructions, ou bien de partir en expédition pour chasser du monstre et découvrir de nouvelles ressources. Il s’agit surtout d’observer le groupe marcher en ligne droite jusqu’au bout d’une ligne d’arrivée. Entre deux, les récoltes, et les combats se déclenchent aléatoirement. La licence n’a jamais vraiment brillé sur ce dernier point, et elle se contente ici de simples affrontements au tour par tour sans réelles subtilités. En outre, dans l’optique de développer correctement votre ville, vous serez soumis à des tâches bien précises envoyées par le père de Nelke. La première étant par exemple l’accroissement de la population. De ce fait, nous n’évoluons pas vraiment librement, nos actions sont surtout dictées par les requêtes à satisfaire.

Le capitalisme vaincra

The Legendary Alchemists

Bien que le concept dispose de nombreuses qualités, il n’échappe pas à la redondance et à la mécanisation. C’est d’autant plus flagrant lorsque l’on a déjà joué à de bons jeux de gestion. Ces derniers arrivent à faire en sorte, la plupart du temps, que l’expérience soit la moins routinière possible avec de l’imprévisible. Du fait de ses limitations, Nelke & The Legendary Alchemists ne parvient pas à nous surprendre tout du long, ou alors à de rares moments. Les requêtes aléatoires, la découverte de nouvelles zones, les nouvelles recettes via la recherche, toutes ces choses n’apportent finalement que du contenu à ce que l’on nous introduit dans les débuts. Heureusement, le titre arrive à donner à l’alchimie un rôle primordial qui permet aux fans de s’y retrouver. Par contre on pestera toujours contre l’ergonomie, notamment au niveau des recettes. Au fur et à mesure que la liste s’allonge, on a du mal à s’y retrouver surtout que le filtrage n’est pas très intuitif.

La redondance du gameplay, et son aspect graphique restent les gros points noirs de Nelke & The Legendary Alchemists: Atelier of the New World.

Graphiquement, on se croirait vraiment sur de la PS3. Les différents décors ne sont pas très agréables à l’œil, il suffit de jeter un coup d’œil sur nos terres (c’est une option pour observer les alentours) pour s’en rendre compte. Seule la modélisation des personnages reste correct, mais cela contraste surtout négativement avec le reste. Il est vrai que l’aspect visuel n’est pas le critère le plus important dans un jeu de gestion, mais tout de même, il faudrait vraiment que la série rattrape son retard de ce point de vue car cela ne date pas d’hier malheureusement. En ce qui concerne les musiques, nous sommes encore gâtés par une bande-son qui respire la joie de vivre. Gust nous a habitué à de bons morceaux au fil des épisodes, et celui-ci n’y échappe pas. De plus, on retrouve tous les doubleurs japonais qui reprennent leur rôle respectif. On imagine que le nombre impressionnant d’anciens protagonistes explique sûrement l’absence du doublage anglais.

On ne s’attendait pas vraiment à un jeu de gestion pour fêter les vingt ans de la série de J-RPG Atelier, mais il faut avouer que c’est plutôt ingénieux dans la mesure où cela permet d’utiliser au mieux un casting énorme. Il souffre toutefois de quelques lacunes du fait de ce changement de genre, mais il garde aussi ses tares récurrentes comme les combats, les graphismes datés, et l’ergonomie au niveau des recettes alchimiques. Si vous êtes un fan, il devrait toutefois vous plaire si ce changement temporaire ne vous gêne pas en attendant le prochain opus qui sera bien plus classique.

La note de l'auteur

J'avoue avoir été agréablement surpris par la direction de cet opus anniversaire. J'ai eu le plaisir de retrouver quelques têtes connues d'anciens titres même si j'ai oublié pas mal de choses. J'ai souvent été perdu par la surcharge de dialogues et de personnages, mais c'est toujours agréable de jouer à un titre où "tout va bien". L'aspect gestion est bien fichu même si on en voit vite les limites quand on connaît un peu les poids lourds du genre.

Haseo
b
Note du panda
6.5 10

Nelke & the Legendary Alchemist: Atelier of the New World

Points positifs

  • Un jeu de gestion plutôt bien fait...
  • Un bon moyen de rassembler les héros du passé
  • L'alchimie garde tout de même une place importante
  • L'atmosphère bon enfant
  • De bonnes musiques

Points négatifs

  • ... Mais redondant à la longue
  • Trop de dialogues
  • L'ergonomie en ce qui concerne l'alchimie
  • Graphismes datés
  • Les combats trop simplistes

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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