Test Far Cry 5 – Elle est belle, l’Amérique !

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Après un Far Cry Primal qui aura un peu divisé la communauté, Ubisoft revient en ce mois de mars avec le très attendu Far Cry 5. que vaut ce voyage aux États-Unis ?

Peu de licences peuvent aujourd’hui se targuer d’une si belle réputation. Avec maintenant une quinzaine d’années d’existence, la saga Far Cry a su se démarquer dans le monde du FPS avec ses scénarios, ses environnements et ses méchants. Si les plus anciens se rappellent de la claque graphique du premier épisode avec son île paradisiaque, tout le monde se souvient de la claque que fut le troisième épisode. Il est difficile de ne pas penser au fameux Vaas lorsque l’on parle de la série, tant que l’antagoniste est devenu une vraie icône de la série.  Aujourd’hui, Ubisoft présente Far Cry 5, un épisode ayant la volonté de proposer un contenu énorme et un vrai renouvellement dans la série, avec notamment la disparition des tours de détection, ou l’arrivée du mode arcade et de la possibilité de créer ses propres niveaux. Officiellement annoncé le 27 mai dernier, le jeu a profité de la conférence E3 de Ubisoft pour dévoiler son univers et son cadre, celui des États-Unis et de la religion. Comme lors de chaque épisode, le soin porté au réalisme est de mise comme nous allons en parler dès maintenant.

Une plongée dans une Amérique torturée

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Dès l’introduction du jeu, nous sommes plongé dans l’univers de Far Cry 5. en tant que simple officier, nous faisons partie d’une opération dans le Montana afin d’arrêter le dirigeant d’une secte religieuse. Sauf que, comme tout titre de vidéo YouTube actuelle, ça tourne mal. Vous vous retrouverez donc assez rapidement seul, paumé dans la cambrousse du Montana, sans but véritable en dehors de rayer de la carte la secte religieuse dirigée par Le Père et sa petite famille de fanatiques religieux. Vous devrez par la suite reconquérir les différentes régions du jeu afin de libérer le peuple du gourou de la secte.

Le jeu sera par la suite rythmé entre notre progression et de véritables passages scénarisés et guidés, nous permettant de nous inclure davantage dans l’histoire du jeu. On voit d’ailleurs ici une véritable volonté de proposer au joueur une expérience à la fois libre mais avec une scénarisation forte. Malheureusement, on peut voir que par moment, certaines phases arrivent un peu comme un cheveux sur la soupe, on est en train de réaliser un combat quand comme cela une séquence arrive. L’effet de surprise marche dans quelques cas, mais cela coupe un peu la dynamique de jeu. Dommage car les séquences sont assez marquantes, et nous impliquent énormément dans l’histoire du jeu.

Pour l’occasion du jeu, Ubisoft Montreal a fait appel à de véritable spécialistes dans le secteur des sectes aux Etats-Unis. Car oui, une des choses que l’on sait peut-être le moins si l’on n’a jamais visité le pays des burgers, ce genre de secte là est quasiment monnaie courante. Pour les curieux voulant découvrir une autre œuvre culturelle autour du sujet, on vous invite à regarder des films comme Midnight Special ou l’excellente série The Leftovers. Dans le soucis de réalisme du jeu, et la volonté de nous plonger dans un univers vraisemblable, l’équipe à travaillé avec pas moins de 33 juristes américains afin de proposer un univers également cohérent sur l’aspect juridique local. Un article réalisé par Les Echos autour de la question montre véritablement les détails mis en place par le studio.

Far Cry 5 est une véritable machine de guerre en terme d’immersion dans une Amérique actuelle

Visuellement, le jeu est dans les carcans actuels. Avec une carte au final assez grande, sans être une leçon du genre, le jeu propose des environnements variés mais cohérents dans un état américain qu’est le Montana. On passe des montagnes aux forêts en passant par les plaines et ses champs et fermes. On pourra regretter un peu le manque d’exotisme en comparaison aux précédents épisodes, mais l’ensemble étant cohérent, on prend plaisir à se promener sur les routes de la région. Comme à son habitude, Far Cry mélange cet aspect réaliste avec une douce folie. Ici comme jamais, Far Cry 5 tombe dans une folie certaine, que ce soit avec les habituels skins d’armes disponibles, les véhicules ou encore la possibilité de pouvoir personnaliser notre personnage, un aspect qui sera utilisé dans le mode Arcade.

Comme toujours, Ubisoft Montreal met un point d’honneur sur l’aspect sonore de ses titres. Far Cry 5 ne dément pas et propose tout un sound design de qualité, en totale cohérence avec la série. Là où cet aspect a été encore plus poussé dans ce cinquième épisode, c’est tout d’abord dans son doublage. Que ce soit en français comme en anglais, l’ensemble est vraiment de qualité. Beaucoup de subtilités sur les différents personnages, et si certaines expressions de personnages peuvent peiner un peu de par leur répétitivité, l’ensemble est vraiment cohérent et permet de nous impliquer dans l’histoire. Le jeu utilise également de nombreuses compositions ingame plutôt bonnes même si répétitives, mais l’aspect qui marquera davantage sera les musiques utilisées. En effet, encore plus que précédemment, Far Cry 5 propose deux radios opposées mais variées. La première radio étant la radio officielle du culte, de nombreuses musiques de type religieux y sont présentes, donnant un aspect très léger, mais cachant une oppression. La seconde, pirate quant à elle, propose une bande son de qualité, allant de Willie Nelson à Greta Van Fleet en passant même par Tenacious D. C’est bien simple, nous avons sûrement ici LA bande son ultime en terme de musique actuelle américaine.

L’évolution dans la continuité

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La série Far Cry a très souvent rimé avec un gameplay de qualité. Utilisant une vue FPS, la série a rapidement voulu ajouter une vraie plus-value en ajoutant de nombreuses fonctionnalités, que ce soit avec une partie infiltration ou encore un arbre de compétences permettant une évolution de votre personnage sur la longueur. Far Cry 5 décide aujourd’hui d’évoluer sa formule conceptuelle. Tout d’abord avec l’abandon partiel des arbres de compétences. Les compétences sont bien entendu toujours disponibles dans le jeu, mais il n’y a pas d’arbres à proprement parler. Pour pouvoir débloquer les compétences, il vous faudra simplement le bon montant de points. Ces points sont débloqués lors de l’accomplissement de défis, allant du plus simple au plus farfelus. On vous conseille d’ailleurs de débloquer assez rapidement l’agrandissement du sac à dos, mais également des holster d’armes, afin de pouvoir tenir sur de plus longues sessions sans retourner dans une boutique.

Ce Far Cry 5 ajoute également l’arrivée des soutiens. Déblocables en accomplissant des quêtes, vous pourrez débloquer un bon nombre d’assists que vous pourrez appeler à n’importe quel moment, afin de pouvoir vous aider lors des différentes situations. Le chien Boomer foncera sur un ennemi tandis que Nick Rye viendra vous aider avec son avion. Vous pourrez de plus recruter jusqu’à 3 personnes qui vous suivront lors de vos pérégrinations afin d’être plus efficace que jamais. On reprochera par contre la perte totale de notion d’infiltration à partir du moment où vous êtes en équipe, l’IA n’étant pas aussi performante que l’on voudrait.

Le jeu propose d’ailleurs un mode coopération complet, permettant de jouer sur l’ensemble de l’expérience de jeu. Si le mode marche plutôt bien, pas mal de choses à regretter. En effet, les joueurs invités dans la partie ne débloquent au final rien du tout sur leur personnage. De plus, nous avons uniquement la possibilité de jouer avec les armes de base ou prestige, et il est donc impossible de faire le jeu avec le holster final. Quelques soucis sont de plus à noter, comme des ennemis apparaissant que pour une seule personne. Des soucis que nous espérons seront corrigés par la suite via différents patchs.

Une autre nouveauté allant dans le sens de l’évolution de la formule est bien entendu l’ajout de nouveaux véhicules utilisable dans le jeu. Un des gros points forts de cet aspect est d’ailleurs les avions. Facile à prendre en main, avec une physique un peu logique, on prend un grand plaisir à conduire ces machins-là. Les dogfights présents dans le jeu relèvent du domaine de l’épique, proposant de vrais moments marquants. C’est d’ailleurs une des grandes forces du titre, cette capacité de créer des moments uniques, qui feront que l’on se souviendra de notre partie sur Far Cry 5.

Ce qui marque les esprits dans Far Cry 5, c’est le fun qui peut se dégager dans ce jeu

Et si Far Cry 5 arrive à marquer les esprit rien que le temps d’une mission, c’est car Ubisoft a enfin compris et mis en place un des très gros attraits de la série : le fun. En effet, comme on a pu le voir par le passé avec Blood Dragon, la série sait ne pas se prendre la tête, et c’est dans ces moments-là qu’elle excelle. Dans Far Cry 5, le fun est quasiment partout. Vous souhaitez tuer un ours au lance-roquette ? C’est possible. Le nombre de situations possibles est tout simplement illimité, et on voit que de par le contenu proposé par Ubisoft Montreal, cette volonté est totalement présente. On peut d’ailleurs voir que les prochains DLC vont totalement dans ce sens-là, avec ces trois campagnes ne se prenant jamais au sérieux.

Aux États-Unis, tout semble plus grand

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Passé la zone de tutoriel, on se retrouve donc plongé dans le monde du jeu. S’ouvre alors à nous trois grandes zones de jeu, correspondant au trois grands membres de la secte. Chaque région propose son lot de lieux, de missions annexes, d’activités et de missions principales. Chaque région fonctionne sur le principe suivant : vous avez une jauge que vous devrez remplir pour pouvoir affronter le dirigeant régional et libérer la région du gourou de la secte. Pour remplir cette jauge, chaque action que vous ferez aura un impact dans cette direction-là : accomplir une mission, libérer un otage, exploser un silo ou un bâtiment important. En cela, le jeu donne une impression de véritablement impacter le monde dans lequel nous sommes et cela est très plaisant. Dommage que l’IA des ennemis viennent entacher cette expérience-là, en fonçant notamment tout le temps sous nos roues. Le second soucis étant que, comme le jeu est pensé comme pouvant être fait dans n’importe quel sens, le jeu est pour le coup très répétitif. Chaque région propose sensiblement le même genre de quêtes FedEx dont on se serait bien passé.

C’est d’autant plus dommage car les quêtes principales et annexes proposent une qualité d’écriture rare. Toute personne ayant joué au jeu se souviendra pendant longtemps du fameux festival de testicule ou du tournage d’un certain Blood Dragon. Si certaines sont plus redondantes comme voler plusieurs véhicules, la plupart proposent une excellente écriture et nous font découvrir des personnages passionnants. On sent du coup plus globalement que le jeu zozote et n’arrive pas à se décider entre proposer quelque chose de totalement nouveau. On ressent à chaque instant la volonté du studio de proposer une expérience totalement libre, mais sans jamais parvenir à nous laisser totalement la main, voulant nous rattraper avec sa narration.

Ubisoft Montreal se lâche totalement avec le mode Arcade de Far Cry 5

Mais lorsque le studio décide de nous laisser complétement les reines de sa machine, cela peut donner peut-être un des plus gros potentiels vidéoludiques depuis pas mal de temps. C’est dans un mode nommé Arcade que Ubisoft décide de simplement nous proposer un éditeur de niveau, à la fois pour créer nos aventures solos comme multijoueurs. C’est simple, le jeu propose les éléments graphiques d’une bonne dizaine de jeux, permettant de proposer une expérience unique à la communauté. Si l’éditeur est bien entendu beaucoup moins fonctionnel sur console que sur PC en terme d’ergonomie, il est assez simple d’utilisation et intuitif. Véritable Super Mario Maker du FPS, vous pourrez également jouer à l’ensemble des niveaux créés par la communauté. Lorsque vous aurez fini votre niveau, vous pourrez noter le niveau par un simple pouce vers le haut ou vers le bas, permettant ainsi de proposer par la suite une note sur cinq. En déjà une semaine, le mode est déjà rempli d’expériences nouvelles comme proposant un bon nombre de clins d’œil au jeu vidéo.

Far Cry 5 s’inscrit comme un épisode de transition. Une transition passant d’un jeu très narratif vers une forme d’open world actuel où la liberté joue un grand rôle. Si le jeu sait raconter une histoire, il a encore du mal à convaincre sur la deuxième partie, la faute à une grosse répétitivité en terme de quêtes et de conception. Le mode Arcade et les futurs DLC mettent d’un autre côté tout l’aspect fun qui transpire à l’écran pendant les nombreuses heures de jeu que l’on passera dans le Montana.

La note de l'auteur

J'ai adoré Far Cry 5. C'est un jeu répétitif oui, mais qui me procure un plaisir coupable de courir dans la forêt chasser l'ours au lance-roquette, brûler des fanatiques avec un lance-flamme, ou encore sauter d'un avion en plein vol pour finir un dogfight en toute beauté.

Antoinerp
a
Note du panda
7.5 10

Points positifs

  • Une belle écriture...
  • Immersif comme toujours
  • Des dogfights vraiment bien pensés
  • Un doublage impeccable
  • Une bande son à tomber
  • Le mode Arcade

Points négatifs

  • ... Malgré une redite scénaristique
  • Un jeu beaucoup trop répétitif
  • La coopération à revoir
  • Manque de rythme sur les passages monde ouvert vers narration
  • Manque de variétés des décors

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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