Annoncé en 2024, le petit jeu indépendant Duskfade vient rendre hommage aux jeux d’action et de plateformes des années 2000. Développé par Weird Beluga et édité par Fireshine Games, le soft nous charme instantanément par sa direction artistique et son gameplay, rappelant des titres comme Jak and Daxter, Ratchet & Clank, ou Kingdom Hearts. Des titres que le petit studio espagnol ne se cache pas de s’être inspiré.
Derrière ses couleurs chatoyantes et son univers clockpunk, Duskfade vient nous raconter une histoire bien plus sombre. Avec pour sujet le deuil et l’acceptation de cette étape de la vie, le soft réussit dans les messages et les émotions qu’il veut transmettre. Malheureusement, le gameplay en demi-teinte vient faire un méchant contraste avec cette ambition narrative.
Conditions de test : Nous avons joué pendant 14h à Duskfade sur PC et Steam Deck, à partir d’une version envoyée par l’éditeur. Nous ne nous sommes pas contentés de filer tout droit vers les crédits de fin, nous avons également fait de l’exploration pour trouver une grande partie des collectables.
Une histoire de deuil et de plateformes
Duskfade nous propose une expérience reprenant les codes des jeux de plateforme des années 2000, à la Jak & Daxter ou Kingdom Hearts. Nous y suivons le jeune Zirian, un apprenti artisan, dans un monde mélancolique où une nuit éternelle règne. L’apparition d’une mystérieuse tour semble en être la cause directe, tout comme de la disparition de sa sœur Allira. Ainsi, armé de son épée en forme d’une aiguille d’horloge, Zirian et son compagnon mécanique Coucou s’envolent dans une aventure haute en couleur à la recherche de sa sœur enfermée dans cette fameuse tour d’horloge.
Certains adversaires renforcent les émotions que parcourt notre personnage par leur simple appellation. En effet, en plus de l’antagoniste Misère, Zirian est confronté à des boss aux doux noms de Tristesse, Remord ou encore Rage. De plus, certaines cinématiques viennent nous toucher émotionnellement, tant la mise en scène est bien réalisée. Notamment celles parlant du deuil et de l’acceptation de cette étape de la vie, dont nous sommes toutes et tous confrontés à un moment donné de notre cycle sur Terre.
- Duskfade misère
- Duskfade tristesse
- Duskfade allira
Son périple nous conduit à travers différents biomes variés, où nous retrouvons des séquences de plateformes et de combat typiques des anciens jeux d’aventures. Des phases de saut très faciles à appréhender, se renouvelant à chaque fois en implémentant divers mécaniques comme l’utilisation d’un grappin, ou bien d’un semblant de bouclier qui permet de glisser sur des rails. Nous notons une petite lenteur sur les animations de notre personnage, notamment lorsqu’il se trouve dans les airs, provoquant une sensation de légèreté et de flottement très perturbante au début. Mais une fois maîtrisé, cette légèreté offre de très jolis enchaînements de sauts, relativement bien animés.
Le soft est dans l’ensemble très joli, mais nous ne sommes pas pour autant bouche bée devant les panoramas, même si certains effets de lumière, ainsi que la colorimétrie et la direction artistique, rendent ces derniers agréables à contempler. Mention spéciale à l’Académie des horlogers se trouvant être l’une des plus belles zones du jeu. Il en est de même pour les animations ne cassant pas trois aiguilles à une horloge. Elles restent très classiques et surjouées pour certaines expressions faciales, renforçant en quelque sorte la naïveté du protagoniste. Mais certaines, comme celles lors de l’utilisation du grappin, sont plutôt bien réalisées, même si l’effet de ralenti est étrange à observer. Le titre tourne d’ailleurs très bien sur PC et dispose par la même occasion de la mention Steam Deck Verified, que nous pouvons confirmer avec notre expérience passée sur le jeu et la console portable de Valve.
La Keyblade n’a pas à rougir
Des phases d’action sont naturellement de la partie, étant donné la nature d’action-aventure que se veut être Duskfade, et c’est un vrai bazar. Entre deux séquences de plateforme, le jeu nous fait régulièrement affronter des ennemis encreurs, s’inspirant fortement de Kingdom Hearts. De plus, le jeu introduit de nouveaux adversaires arborant un nouveau gameplay à chaque avancée majeure, ce qui renouvelle constamment le gameplay au corps à corps.
Ainsi, notre jeune héros fait face à un bestiaire varié, tout en étant armé de Minutero, son épée en forme d’aiguille d’horloge, tirant son inspiration dans la Keyblade. Une arme bien pratique, puisqu’elle lui permet de débloquer de nouveaux pouvoirs et gadgets au fil de son aventure. Elle octroie également des enchaînements de coups, fonctionnant sur deux boutons de la manette afin de faciliter leur prise en main. N’oublions pas notre petit compagnon volant qui peut attaquer les ennemis de manière autonome.
Bien que faciles sur le papier, les affrontements sont cependant très brouillons et manquent cruellement de lisibilité. Surtout que le jeu n’hésite pas une seule seconde à envoyer une multitude d’ennemis à l’écran. Ajoutons à cela un système de verrouillage d’ennemi particulièrement spécial, où la caméra passe en mode cinéma avec des bordures noires sur les côtés, ce qui est très perturbant. Sans parler qu’elle n’arrive pas à suivre correctement les ennemis lorsqu’il y en a plus de trois à l’écran. Autant dire que ce manque de lisibilité donne plus l’impression de subir les affrontements que de les maîtriser.
Cela dit, le gameplay est nettement mieux lors des affrontements contre les différents boss du jeu. Nous avons le droit à une très belle mise en scène, mêlant de la plateforme avec l’utilisation de pouvoirs appris ou gadgets obtenus au préalable, et un combat au corps à corps bien plus lisible. Ces séquences font briller l’entièreté du gameplay de Duskfade, et c’est regrettable que le reste des combats ne subit pas le même traitement.
Zirian le petit poucet
Du côté de l’exploration, Duskfade ne vous montre pas directement le chemin à prendre pour aller à l’objectif suivant, il préfère vous laisser découvrir par vous-même. Nous n’avons pas de mini-map ou une quelconque carte pour se repérer, c’est au joueur ou à la joueuse d’observer son environnement afin de trouver son chemin. Si par malheur nous sommes perdus, des cloches peuvent nous montrer la voie à suivre en tapant simplement dessus.
Vous perdre n’arrive que très rarement avec ce level design très compréhensible, en plus d’être plaisant à parcourir. De plus, un petit retour en arrière et une légère observation de l’environnement suffisent à retrouver son chemin. Celui-ci se trouve la plupart du temps parsemés de minerais à attraper, formant une route à suivre comme le petit poucet, avec souvent à la clé une horloge servant à la régénération de notre mana et de nos points de vie, en plus d’être un checkpoint.
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- Duskfade académie des horlogers
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Des minerais sont trouvables un peu partout dans ce monde. Ils peuvent être mis en évidence comme de simples pièces Lego, ou cassables à l’aide de votre Minutero. Ces derniers servent majoritairement à acheter des améliorations pour notre personnage au marchand, présent au hub central, permettant à Zirian et Coucou d’obtenir de nouvelles compétences et améliorations de gadgets.
Au fur et à mesure que nous avançons dans l’épopée, Zirian fait la rencontre d’autres commerçants. Ces derniers proposent leur service afin de changer l’apparence de notre héros, ainsi que de son épée. Bien qu’une multitude de costumes et d’apparences existent, il nous est impossible de prévisualiser leur modèle tant que nous ne les achetons pas. Cela se trouve très embêtant, surtout lorsque les ressources demandées pour l’achat s’avèrent être rares.
Ces ressources spéciales sont sous la forme de collectables à trouver, comme de la peinture pour l’apparence ou l’engrenage pour l’amélioration d’aptitude. De plus, certains demandent un pouvoir ou un objet bien précis pour les obtenir, donnant un petit côté Metroid-like sur l’exploration. Cela force celle et ceux voulant faire le 100% du jeu à revenir dans les différents biomes une fois l’aventure finie.








