Test Don’t Knock Twice – L’épouvante dans le creux de la main

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Wales Interactive Ltd nous apporte une nouvelle aventure tout en 3D en vue à la première personne avec Don’t Knock Twice sur PC/PS4/XB1/Switch dans un grand manoir où bien de choses pas nettes viennent ponctuer notre parcours dans les couloirs de cet immense habitat. L’essence de l’histoire est issue d’une légende urbaine réinterprétée en un jeu à la première personne basé sur de l’horreur psychologique plus que visuelle. Le film du même nom paru en 2016 dirigé par Caradog James (The Machine) aura servi également comme référence visuelle pour bâtir cette expérience déconcertante.
Temps de lecture : 7 min.

Les jeux d’horreur sont un genre très apprécié par un large public et le genre s’est vu être diversifié à plusieurs niveaux d’effroi voir à faire acheter des couches en cas d’épouvante insoutenable. Les premiers jeux comme Silent Hill ou encore le fameux Resident Evil 1 se sont fait connaître par leur direction artistique à couper le souffle tout comme leur manière d’emmener le sentiment de crainte auprès du joueur. Ici, nous nous intéresserons particulièrement à la version Switch qui se voit offrir un des premiers jeux du genre horreur ce qui est un bonus plus qu’appréciable pour les fanatiques du genre. Le titre sorti peu de temps après les fêtes d’Halloween, il aurait pu être le jeu eShop parfait en mode portable à emmener sous la couette pour quelques frissons de peur. Ce qu’il en ressort, après une expérience Joy-Con en main dans ce manoir aux dédales interminables, c’est qu’il réussit parfaitement à être effrayant, cependant, pas pour les bonnes raisons.

Une recette originale

Test Don't Knock Twice - L'épouvante dans le creux de la main 1

Le cadre de Don’t Knock Twice ne fait pas dans la dentelle pour aider à comprendre le contexte dans lequel on se situe d’entrée de jeu. Pour la faire brève, le joueur incarne une mère qui vient d’avoir à nouveau le droit de garde de sa fille qui, par l’occasion, lui reproche son comportement égoïste issu de son passé d’abus de drogues ce qui crée un dialogue par SMS interposés entre les deux protagonistes. L’histoire est grandement révélée par des documents et objets retrouvés le long du chemin en restant constamment dans le flou sans réellement expliquer pourquoi la maison semble si austère avec quelques apparitions ectoplasmiques. Des éléments occultes sont retrouvés pendant la recherche de votre fille ainsi que des articles inquiétants traitant de la disparition d’enfants et de rituels folkloriques pour invoquer une sorcière.

Ces éléments scénaristiques donnent du corps à toute l’histoire distillée un peu partout dans la maison, tout en amenant le sentiment d’une menace pesante qui rôde dans les couloirs. L’exploration devient tendue, chaque bruit suspect évoquera à la fois curiosité et prudence. A de nombreuses reprises, quelques puzzles, recherche d’objets et même un féroce combat seront au menu pour sauver votre fille de cette menace d’outre tombe. En toute honnêteté, rien ne semble avoir de défauts quant au fil conducteur du jeu et des enjeux du personnage à parcourir en plein orage, les lumières éteintes, un manoir à la recherche de son enfant. Don’t Knock Twice est habité par une histoire et un contexte qui sont en osmose l’un avec l’autre, maladroitement servi au joueur c’est sûr : celui-ci pourrait totalement passer à côté de la subtilité des indices parsemés dans les pièces de ce manoir bien inquiétant et compléter le puzzle de ce qui se trame réellement.

Un jeu d’horreur bâti plus pour une expérience VR

Graphiquement, rien d’exceptionnel, le moteur est tout à fait honorable et les rendus, bien qu’un peu pauvres et en deçà de ce qu’on pourrait attendre pour un jeu Switch, apportent néanmoins une bonne ambiance oppressante avec de jolis effets d’éclairage, d’ombrage et d’effets pas trop spéciaux. Certes, les visuels sont austères et inquiétants : ce sentiment de malaise à découvrir une maison où quelque chose ne tourne pas rond est bien présent. Ce qui est absent de ce titre est vraiment l’enveloppe “horreur” : il y a bien sûr des “jumpscares” et autres artifices pour redresser les cheveux mais rien de sanguinolent ou viscéral. L’inquiétude à découvrir des éléments paranormaux et du registre de la sorcellerie vous feront écarquiller les yeux pour reconstituer les pièces du puzzle afin de renvoyer ce mal qui ronge les lieux.

Frappez une fois pour la réveiller de son lit, deux fois pour la ressusciter des morts

La maison est vaste à s’y perdre, pas de carte disponible pour se repérer, il va falloir faire appel à sa mémoire pour cartographier les lieux pour être le plus efficace possible aux nombreux allers et venues que le jeu demandera. Le sound design est bien choisi par des bruits discrets de présences invisibles ou encore des sons environnementaux essentiels à l’expérience qui nous font sentir bien seuls dans cette grande bâtisse. La rejouabilité du titre est cependant nulle, pas d’objets à collectionner durant cette aventure très linéaire, une seule exploration des lieux suffira pour avoir fait le tour du propriétaire avec le sentiment net de ne pas vouloir remettre les pieds dans la maison une nouvelle fois.

Don’t Knock at all

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Au-delà d’une recette originale pour concocter un jeu qui semble avoir un potentiel immense en immersion à la première personne (surtout en VR sur PSVR), la véritable épouvante contenue dans le soft provient de son très mauvais portage…

De courte durée avec de très bonnes idées mais sans vrai challenge

Le rafraîchissement d’images est tout simplement atroce pour aucune raison apparente. La dernière console en date est capable de faire tourner des jeux comme Zelda Breath of the Wild ou encore récemment Doom (adapté pour le support bien sûr); il est aberrant de se retrouver devant un jeu qui tourne autour de l’exploration et de voir celle-ci difficilement praticable avec des contrôles à se jeter par la fenêtre. En effet, la console ralentira sa cadence, peut-être pour charger le reste de la zone à explorer ou charger des textures non encore préparées dans la mémoire déjà saturée par manque d’optimisation en pleine recherche d’indices et de découverte des lieux… Les environnements ne sont pas lourds en modélisation, ni en textures autant que les effets spéciaux présents ne fourmillent pas à outrance dans le champ de vision du joueur. C’est le gros point noir de Don’t Knock Twice que d’empêcher le joueur de s’approprier du personnage jouable ainsi que de se mouvoir sans écueils dans un univers spécialement élaboré à cet effet. Les commandes inexactes, un moteur techniquement à la ramasse et mal optimisé, des bugs empêchant une progression fluide et j’en passe.

Comment un projet non fini comme celui-ci a pu être commercialisé sans un patch salvateur le jour de sa sortie ? Vraiment regrettable, car le jeu a vraiment tout pour lui pour se frayer un chemin parmi les jeux d’ambiance horrifique. De plus, les deux heures de jeu que promet le titre ne sont pas suffisantes pour pleinement s’imprégner de la détresse de la mère qui cherche à sauver sa fille d’une fin atroce. Les commandes sont très rigides et difficiles à assimiler, même pour lire un simple document, obligé au pixel près de poser le curseur de visée sur un objet pour pouvoir interagir avec et même une fois en “main”, l’analyse devient difficile à cause de contrôles mal calibrés. Non vraiment, quelle mauvaise surprise de constater que le jeu a été précipité sur Switch pour tenir le cahier de charges et qu’il soit disponible pour la période de Halloween.

Le studio nous aura quand même servi de beaux titres comme The Bunker, étudié et fini, respirant la qualité bien que dans un registre différent. La surprise a été double avec Don’t Knock Twice, un titre prometteur et original qui sort sur Switch avec un catalogue encore pauvre dans le genre, qui déçoit par son portage bête et raté. Peu de choses à rajouter à la déception au bout de l’aventure car sa conclusion est certes bien trouvé mais la peine technique qui accable tout le long de l’aventure rend l’exorcisme insipide. Vous l’aurez compris, si Don’t Knock Twice vous intéresse, la version Switch est à éviter !

La note de l'auteur

A l’annonce de la sortie sur Switch, j’étais particulièrement content de pouvoir ajouter un jeu d’horreur à ma ludothèque sur la nouvelle console de Nintendo. Après une brève recherche sur internet, j'étais conquis par le concept ! Acheté pendant la période d'Halloween, ce fut la douche froide : mais qu'est-ce que j'ai acheté ?! Il y a peu à ajouter au test mais l'horreur est réellement réussie dans le portage sur Switch et non pour la dimension artistique du jeu, un joli raté qui donnera une leçon au studio j'espère bien. Pour ma part, le jeu ne sera sans doute plus relancé sur ma console, ce qui ne met pas du tout en doute les compétences du studio car j'ai pu apprécier bon nombre de leurs jeux. J'espère voir une nouvelle tentative de leur part, cette fois plus maîtrisée afin de balayer cette malédiction qu'afflige la ludothèque de la Switch pour de bon.

Marc Pjc
d
Note du panda
3 10

Don't Knock Twice

Points positifs

  • Une histoire originale
  • Des bruitages immersifs
  • Euh ?

Points négatifs

  • Un scénario mal agencé
  • Un rafraîchissement d'images catastrophique
  • Une maniabilité horripilante
  • Aucun défi digne de ce nom

Ce test a été réalisé à partir d'une version commerciale

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