TEST. BlazBlue Cross Tag Battle – Le all-star survitaminé d’Arc System Works

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Non content d'avoir délivré en début d'année Dragon Ball FighterZ, dont le succès n'est plus à démontrer, Arc System Works récidive en proposant un autre jeu de combat : un nouveau BlazBlue. Et pas n'importe lequel, car cette fois-ci, Ragna et ses collègues vont devoir affronter des combattants issus d'autres univers.

Annoncé l’année passée à l’EVO (le plus gros tournoi de jeux de bagarre situé à Las Vegas), BlazBlue Cross Tag Battle se veut ambitieux. Non seulement il chamboule complètement son gameplay, mais en plus il traverse les frontières de la fiction pour faire fusionner différents univers.

Ainsi, nous retrouvons avec BlazBlue trois autres licences. Tout d’abord Persona 4 Arena, le jeu de combat tiré du RPG d’Atlus, qui était un titre simple à maîtriser, mais extrêmement fun et bien pensé, pour ne pas frustrer les fans de jeux de rôles. Se trouve ensuite Under Night In-Birth (UNIEL pour les intimes), un peu plus compliqué à appréhender mais tout aussi bien fait. Dommage que le destin ait voulu qu’il sorte quelques semaines chez nous après l’ouragan Dragon Ball FighterZ. La dernière licence est un cas particulier car elle n’a jamais fait l’objet d’un Versus Fighting, il s’agit de RWBY (prononcez ça « Ruby »), sorte de manga fait par des Américains. Plutôt propre si vous n’êtes pas trop sensibles aux animations toutes en 3D et aux musiques bien rock.

Can’t escape from crossing fate !

Test BlazBlue Cross Tag Battle

« Eh ben dis donc, ça doit en faire du beau monde, mais j’ai pas forcément envie de faire un choix entre ma Makoto et ma Chie ! » allez-vous vous exprimer, vous, lecteur amateur de waifus. Mais ne vous inquiétez pas, Arc System Works a pensé à cela en ajoutant un partenaire lors de vos rixes endiablées. BlazBlue Cross Tag Battle, est, comme son nom le laisse suggérer au moins deux fois dans son titre, un 2 contre 2. Et il faut bien avouer que le fait de jouer deux personnages n’est absolument pas un gadget, et tout le système de combat repose sur la synergie que vous allez employer avec votre nouvel allié.

Car oui, malgré l’ajout d’un nouveau combattant, le gameplay a été bien simplifié si l’on sort tout juste d’un BlazBlue Central Fiction. Le titre se joue sur cinq boutons, attaque faible, forte, une touche pour changer de bagarreur. Et plus exotique, un bouton « Clash », permettant de faire des overhead, (une attaque qui touche un adversaire qui reste accroupi) ou des versions plus excitées des coups spéciaux. Et la dernière, la touche Partenaire, qui va gérer toutes les manœuvres offensives de votre coéquipier.

Une fois le pad en main (ou le stick arcade), nous pouvons confirmer que c’est bel et bien un jeu Arc System Works : ça bouge vite, les couleurs et les effets éclatent dans tous les sens, sans jamais être réellement confus une fois le gameplay de base assimilé. D’ailleurs, nous retrouvons toujours ces petits repères visuels pour mieux comprendre pourquoi une attaque est passée. Par exemple, un point d’exclamation jaune signifie que nous n’avions pas mis la garde correctement, un vert signalera une projection… Tout repose sur vos Smart Combo (ce sont des auto-combo, mais avec une dénomination bien plus valorisante pour les joueurs n’ayant pas d’exécution) et votre mental. Ici, pas d’enchaînement de 50 coups à apprendre, pas besoin de faire des doubles demi-cercles comme dans un King of Fighter, il ne faut pas retenir que tel ou tel personnage peut faire des anti-air, des coups invincibles, des supers attaques prioritaires…

BBTAG est un jeu où l’on s’amuse instantanément, où l’on peut jouer tous les personnages sans qu’il soit demandé aux joueurs d’avoir dosé depuis plusieurs années.

Dans BlazBlue Cross Tag Battle, tout le monde dispose de ces outils, Le coup invincible (le fameux « dragon » ou plus familièrement,« le pif ») est disponible pour tout le monde, même Rachel Alucard ! Et surtout, il s’active en appuyant tout simplement sur deux boutons. Une idée aussi géniale que maléfique. À l’instar de Dragon Ball FighterZ, le jeu ne demande qu’à maîtriser un quart de cercle pour sortir les attaques spéciales et les Distortion Drive (les supers attaques de BlazBlue). Et même pour des spécialistes de la projection tels que Tager ou Waldstein, leur chope spéciale ne demande plus à faire un tour entier de votre stick pour être sortie. Ce qui rend ces messieurs un poil plus terrifiants. Une autre façon de prouver que le titre a été pensé pour être joué à la manette, la prise en main se trouve encore plus intuitive.

Et nous en venons donc à la question qui brûle sur toutes les lèvres, le jeu est-il « casualisé » ? Eh bien pas vraiment, car le système de Tag apporte sa touche de profondeur, et certaines mécaniques de gameplay sont assez cruelles pour nous obliger à rester concentré durant tout le match.

Un bon coup de Cross

Test BlazBlue Cross Tag Battle

Profond, car votre soutien n’est pas là pour donner juste un coup et repartir, deux touches lui sont assignées. Un simple bouton permettant d’échanger sa place avec votre personnage actuel, afin qu’il puisse regagner quelques précieux points de vie, et l’autre, qui va servir à attaquer. La touche Partenaire est assez intéressante. Il est possible de faire effectuer à votre allié trois attaques différentes qui vont jongler entre portée plus ou moins large ou des coups vous permettant de prolonger votre combo. Le tout est régulé par une jauge spécifique (appelé jauge « Cross ») afin d’éviter les abus, Cette dernière se recharge avec le temps. Vous pouvez aussi consommer cette barre pour autoriser à votre copain de rester plus longtemps sur le champ de bataille, et ainsi contrôler les deux protagonistes en même temps. Attention, car votre p’tit pote est tout aussi vulnérable lorsqu’il apparaît à l’écran, accordant la possibilité pour votre adversaire de pouvoir toucher toute votre équipe, ce qui peut provoquer une situation bien périlleuse.

Notons aussi la possibilité de vider toute votre jauge de Cross d’un coup en burstant. Sorte de joker du versus fighting qui vous autorisera une échappatoire face à une attaque adverse en forçant un changement de personnage. Le Burst est bien plus fréquent sur BBTAG, mais il peut être puni sévèrement si il est anticipé et surtout, vous perdez toutes ces options une fois que l’un de vos fiers combattants est mis à terre. Car oui, si votre soutien tombe, le combat ne s’arrête pas et votre second héros se jette dans la mêlée directement en attaquant. Mais vous êtes mal en point car vous perdez pas mal d’options (dont le fameux Burst). Fort heureusement, BlazBlue Cross Tag Battle propose une mécanique de come-back fulgurante : Le Resonance Blaze.

Quinze secondes, c’est le délai du Resonance Blaze. Cette précieuse échéance va vous permettre de retourner l’issue du combat à votre avantage. En appuyant une dernière fois sur la touche Partenaire, votre survivant va subir un gros boost de toutes ses capacités, sa barre de super va monter toute seule, ses dégâts de gratte (les coups qui touchent en garde tout en occasionnant des dommages,) se verront augmentés, et, il sera possible d’ajouter un Distortion Drive là ou ce n’était pas possible auparavant.

L’occasion ici d’évoquer la cruauté du jeu. Car oui, sous son apparence festive et facile d’accès, BlazBlue Cross Tag cache un être cruel et fourbe, jamais nous n’avons été autant concentrés durant la totalité d’un round. La barre de vie fond vite, il est possible d’envoyer la max pour punir directement un coup dans le vent ou le coup invincible qui ne peut pas être gardé si l’on se trouve dans les airs. On pense aussi à l’abus de Distortion Drive en Resonance pour enlever toute la jauge de vie de l’adversaire.

Sans évoquer un équilibrage plutôt douteux, notamment Yukiko qui peut se soigner un peu trop, occasionnant quelques abus. Ou encore, Yosuke qui passe sa vie dans les airs à appeler l’assist (oui, le testeur ici présent s’est fait bourrer comme ça en ligne). Bien entendu, cela constitue certainement ce qui se nomme « les escroqueries du Day-One » et il appartient au joueur de trouver la parade face à cela, car il y a toujours une façon de s’en sortir, si tout est bien équilibré. Mais il existe un combattant appelé Gordeau. Nous n’allons pas rentrer plus dans le détail, car sinon nous risquons de très mal parler des gentilles progénitrices des gens qui jouent ce personnage. Pour résumé simplement, nous pensons que la personne qui a conçu Gordeau n’aime pas les jeux de combats. Voire n’aime pas les gens et la vie tout court.

Quoiqu’il en soit, il est difficile dans un test de juger l’équilibrage, surtout après la sortie du titre, et même de dire s’il est compétitif ou non (nous aurons une première réponse à l’EVO 2018). Pour le moment, BlazBlue Cross Tag Battle est un jeu où l’on s’amuse instantanément, où l’on peut jouer tous les personnages sans qu’il soit demandé aux joueurs d’avoir dosé depuis plusieurs années, et peut devenir la future star de vos soirées canapé.

Tagliatelle Orie

Test BlazBlue Cross Tag Battle

Avec tout ce beau monde (comptez 20 personnages hors DLC, avec la majorité des champions issus de la licence BlazBlue), est-il possible de faire un scénario bien chouette ? Et bien malheureusement, comme souvent dans ces cross-over doublés de jeu de combat, l’histoire générale n’est qu’un gros prétexte pour donner une sorte de justification à un combat entre un Hyde et une Ruby. Les dialogues sont malheureusement assez forcés même si nous avons ceci dit apprécié les petits traits d’humour, et certains artworks lorsque nous arrivons à la fin d’un épisode. Mais c’est tout. Le boss de fin n’est pas passionnant, voire anodin.

Alors qu’Arc System Works avait pris l’habitude de nous récompenser avec un combattant supplémentaire à débloquer, (comme Susano dans BB Central Fiction ou C-21 dans DBFZ,) ici nous pouvons juste affronter des protagonistes disponibles en DLC en avant-première. À noter que les épisodes RWBY, UNIEL et Persona 4 ne proposent pas de routes alternatives. Fini donc les séquences humoristiques qui remplissaient bien leur rôle côté fan-service. Seul le scénario BlazBlue propose différents choix qui auront autant de poids que dans un mauvais Telltale.

Pour le moment, il n’y a pas de traduction française, mais Pqube, l’éditeur européen, nous a assuré plancher dessus et cela viendra via une mise-à-jour. Côté musiques, pas de réels nouveaux sons, on note surtout les thèmes de BlazBlue avec une introduction coupée pour mieux rentrer dans l’action effrénée. Cela reste très bon mais sans grosse surprise, exceptés les thèmes de RWBY qui ont été mixés spécialement pour l’occasion.

Un titre qui met plus en avant le mental et la réaction, et plus en retrait l’exécution et le par cœur.

Pour le reste de l’habillage, nous avons droit à nouveau à un lobby en guise de menu principal. Vous contrôlez alors l’un des héros sous forme « chibi » et pouvez naviguer pour jouer aux différents modes de jeu, et même communiquer avec d’autres joueurs via des messages personnalisés ou des mimiques absolument adorables (pour ensuite mieux les salir durant un match). Vous pouvez aussi éditer votre profil qui sera visible par tous. Mais à la différence d’un Dragon Ball FighterZ, le lobby est bien moins imposé, une simple pression sur la touche triangle permet de retourner à un menu plus classique et plus intuitif.

En dehors du mode Episode, BlazBlue Cross Tag Battle propose un mode Survie tout aussi anodin, une galerie plutôt rachitique si on la compare à celles des précédents BlazBlue. Malgré tout, ce n’est pas si grave si cela est un peu raté, le plus important étant le versus local, le versus en ligne et le mode entraînement. Du côté de ce dernier, c’est une réussite. Le mode Tactics (le tutoriel en quelque sorte) est très complet, présentant une à une les différentes mécaniques de gameplay évoquées précédemment. Vous pouvez voir quelques combos et coups spéciaux de chaque personnage un à un. Les combos proposés dans ces défis ne sont pas extraordinaires, mais cela n’est pas réellement surprenant, le jeu privilégie avant tout le fameux mind game, plutôt que votre pianotage. Et surtout, la présence d’un mode mission, jusqu’à celle exclusive au Guilty Gear Xrd, qui vous permet de tester des techniques avancées, comme bien punir un coup Reversal, une mauvaise gestion du partenaire, mais aussi apprendre à être en sécurité après un enchaînement. Une fois les bases assimilées, les combattants consultés, le mode histoire terminé, il vous reste le plat principal : les joutes en ligne.

Battle Tendency

Test BlazBlue Cross Tag Battle

Et de ce côté-là, le bébé d’Arc System Works ronronne aussi agréablement qu’un chaton. La connexion se fait vite, et nous avons immédiatement envie de jouer contre quelqu’un d’autre. Durant les phases de bêta du mois de mai, très peu de latence était ressentie. L’astuce étant de laisser un peu la cinématique d’ouverture pour que le lag se stabilise. Le netcode est très bon encore aujourd’hui. Et bien que nous ayons dû nous frapper contre des confrères américains et japonais, il n’y avait pas énormément de latence. Elles existaient, mais compte tenu de la distance, c’est tout à fait honorable (bon, nous sommes fibrés aussi mais rappelons que le test a été effectué avant la sortie européenne du jeu).

Cross Tag propose en plus des matchs amicaux qui accordent la possibilité de créer sa propre salle, très utile pour regarder les duels en direct. Il y a aussi un mode classé, mais son fonctionnement est particulier : au lieu de choisir un adversaire au hasard, vous allez procéder comme en amical, et pouvoir jouer à l’infini contre une même personne si vous le souhaitez. C’est assez étrange, mais il existe aussi la possibilité de faire ça à l’ancienne, en laissant les serveurs choisir un adversaire à votre mesure.

Précisons que le jeu sort également sur Switch. La version du titre sur l’hybride de Nintendo tient bien la route, en mode portable le jeu est fin et très joli. Ceci dit, en mode docké, nous remarquons l’absence d’un filtre qui donne un rendu plus pixelisé une fois sur la télévision, sauf pour les personnages de RWBY. Ensuite, l’indice de connexion, permettant de prévoir un adversaire contre qui il y aura de la latence, n’apparaît pas pour les gens qui sont sur la console du petit artisan. C’est un peu une sorte de roulette russe du lag. Excepté cela, le portage est de bonne qualité.

Sous son apparence festive et facile d’accès, BlazBlue Cross Tag cache un jeu cruel et fourbe, jamais nous n’avons été autant concentrés durant la totalité d’un round.

Enfin, difficile de parler de BBTAG sans évoquer sa fameuse politique de DLC. En début d’année, l’annonce d’ASW, assez maladroite, a provoqué une levée de bouclier. Vingt lutteurs  disponibles au départ, et vingt autres en DLC. Il faut apporter quelques précisions (oui, vous pouvez vous asseoir, écouter nos explications et après vous plaindre). Tout d’abord, les combattantes Blake et Yang seront gratuites, afin de mettre la totalité de l’équipe RWBY. Ensuite, 6 packs de personnages sont prévus. Chacun comporte 3 pugilistes de tous les univers hors RWBY, et sont vendus à 4€50 l’unité. Et vous pouvez prendre la totalité des packs pour 16€99. Pour terminer, Platinum, Kanji et Orie seront gratuits les deux premières semaines. Le 22 juin, les Européens auront droit directement à Blake, Yang et le premier pack sans frais supplémentaires. Les packs 2 et 3 seront aussi directement téléchargeables.

Conscient de ce contenu amputé, le prix de BlazBlue Cross Tag Battle l’est aussi, le titre se trouve à 40€ neuf. Ce qui donne le jeu complet au prix d’un produit neuf vendu sur le marché. Une politique de contenu supplémentaire assez particulière, qu’il faut détailler avant de vous lancer dans la mêlée. Certains verront cela comme une opportunité pour ASW de ramasser quelques sous supplémentaires sur des sprites déjà conçus, mais d’autres verront cela comme une occasion de tester un jeu à moindre coût dès le départ, et de pouvoir ensuite acheter le reste, si ce dernier lui plaît. Quoiqu’il en soit, nous sommes très impatients de découvrir la suite du roster, et ainsi profiter de ce BlazBlue Cross Tag Battle avec tous les personnages.

Difficile de dire à travers ce test si BlazBlue Cross Tag Battle aura un avenir radieux dans la scène compétitive. Difficile également d’anticiper la réaction des gros joueurs de versus face à un titre qui met plus en avant le mental et la réaction, et davantage en retrait l’exécution et le par cœur. Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est que le dernier petit d’Arc System Works et un jeu accessible, fun, et dont les mécaniques de gameplay sauront vous tenir en haleine durant les matchs. Dans tous les cas, une chose est certaine, la rapidité et la nervosité des rounds font que nous avons envie de relancer une partie tout de suite après avoir terminé une rencontre !

L'avis de l'auteur

J'adore BlazBlue, ce n'est pas un secret, c'est le titre qui m'a donné envie de m'investir dans le versus fighting, qui m'a fait acheter mon stick arcade, et m'a fait goûter aux joies du online. Je suis content de voir cette approche qui met en avant l'accessibilité et me permet de jouer un peu tous les personnages sans avoir à les travailler pendant des heures. Il me tarde vraiment de voir le jeu une fois les 40 personnages accessibles. Et il me tarde aussi de voir quel avenir lui est réservé, avec plus d'univers par exemple, comme l'ajout de 2B et 9S de NieR Automata, une possibilité évoquée par le directeur du jeu, Toshimichi Mori.

Piloustation
s
Note du panda
8 10

BlazBlue Cross Tag Battle

Points positifs

  • Un jeu de combat accessible
  • Fun instantanément
  • Le système de Tag vraiment bien intégré
  • Tous les personnages disposent des mêmes outils
  • Un très bon netcode
  • Le fan service avec les différents duos possibles
  • Il nous tarde de découvrir le roster complet

Points négatifs

  • Le mode histoire en dessous de ce que nous avaient habitué les autres BlazBlue
  • Une simplicité et des mécaniques assez cruelles qui peuvent dérouter les habitués de la licence

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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