TEST. Aven Colony – L’Éden se trouve-t-il ailleurs ?

Coloniser une planète extraterrestre et développer une société autonome, voilà l’expérience que nous propose l’équipe de Mothership Entertainment avec Aven Colony.

Mothership Entertainment est une petite équipe composée d’anciens développeurs qui ont su faire leurs armes dans bien des productions de science-fiction reconnues (Metroid Prime 2, Star Wars : The Old Republic etc…). Cette année, le studio en question nous sert sur un plateau (comprenez PC, PlayStation 4, Xbox One) un City Builder qui donne la possibilité de diriger la première implantation extrasolaire de l’humanité. Rien que ça ! Voyons donc de quoi il en retourne.

Gérer une colonie ? Facile !

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Le City Builder sonne souvent comme étant une expérience bien particulière, et surtout complexe (données dans tous les sens, graphiques fouillis etc…). Aven Colony, lui, cherche avant tout l’accessibilité et cela se ressent dès les premières minutes de jeu. Un tutoriel est mis à disposition pour expliquer très clairement toutes les mécaniques durant 2 missions; puis une mission d’essai est là pour que nous puissions expérimenter calmement tout ce que nous avons appris. Tout commence alors sur une terre inconnue où des petits modules (fournissant les premières ressources) sont installés pour que nous puissions développer le reste de la colonie. À partir de là, on peut déjà observer une interface très claire et épurée, nous indiquant les informations vitales au bon fonctionnement de la communauté :

  • L’énergie produite et consommée
  • La qualité de l’air
  • L’apport en nourriture
  • L’apport en eau
  • Les stocks
  • Les nanites (ressource de construction)
  • Le bonheur des colons

L’interface est claire et lisible, tout y est pour que le joueur puisse jouer sans se prendre la tête

Si cela ne vous parle pas encore, pas de panique, le jeu ne manque pas de nous guider avec quelques objectifs pour optimiser l’ordre des constructions afin de prendre ses marques. Mais ce qui est essentiel à savoir se résume ainsi : pour construire il nous faut des ressources, pour avoir des ressources il nous faut des mines, pour les mines (et autres) il nous faut de l’énergie. Et pour faire tourner tout ça, il nous faut évidemment des petites mains ! Ces ouvriers doivent se nourrir, il faut donc produire de la nourriture. Et s’ils sont heureux, ils seront efficaces. Une fois cela imprimé, il n’y aura rien de plus simple dans l’élaboration de la colonie, car tout coule de source.

Bien entendu, des subtilités s’ajoutent à ce petit résumé. Comme par exemple le réseau de couloirs. Ces couloirs permettent de relier les structures afin d’optimiser le trajet des ouvriers pour aller sur leur lieu de travail ou de loisir, mais aussi favoriser l’apport en air et de l’énergie de la colonie. Si malgré cela la colonie tourne au ralenti, le jeu propose une série d’écrans permettant de voir directement l’effet de certains paramètres (listés juste au-dessus). Puisque nous en parlions, l’optimisation du trajet peut être symbolisée par une sorte d’hologramme en transparence sur tous les bâtiments. On repère alors très vite celui qui n’est pas correctement relié (orange ou rouge), et on résout le problème comme si de rien n’était grâce à une ergonomie exemplaire de l’interface. Sur PC en tout cas, cette dernière est inattaquable, et il semblerait que la version console s’en tire bien même si nous n’avons pas pu vérifier manette en main.

Toujours trop facile ?

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Le jeu est d’autant plus accessible qu’il propose une tripotée de mode de difficulté, 7 en tout, allant de « fastoche » à « dément ». Il y en a donc pour tout le monde, même si le cœur du jeu reste très simple à comprendre. Malgré tout, il n’est pas impossible de perdre. Hé oui, sinon pourquoi jouer ? Certes il faut le vouloir, mais quelques âmes pressées et inattentives (dont votre serviteur) risquent de se confronter à la défaite. Comment faut-il s’y prendre ? Et bien à moins de ne pas avoir les mains sur le clavier, il est possible que toute la colonie vote contre nous. Ces votes sont réguliers, et si nous n’obtenons pas la majorité, la partie se termine. Mais il est aussi possible que la colonie meurt à petit feu, car parfois le temps est rude. En effet, ce dernier se compte en « sol », et durant cette période la planète vit la plupart du temps avec du soleil favorisant l’énergie et les cultures. Toutefois, l’hiver fait aussi partie du cycle, et là c’est plus compliqué pour tout (récoltes moindres, énergie solaire en chute libre etc…). Mais rien n’est insurmontable car les développeurs nous donnent la possibilité de mettre le jeu sur pause à tout moment, ou au contraire de l’accélérer si tout se passe pour le mieux.

Les menaces présentes ne proposent pas d’enjeu particulier

Si le temps joue contre nous, il n’est pas le seul à vouloir notre peau. Hélas, les dangers présents restent peu nombreux et ne favorisent pas la diversité du titre en ce qui concerne l’enjeu. Parfois, des poches de gaz laisseront des vapeurs atteindre la colonie. La menace est passive, et il suffit d’avoir des bons filtres à air pour ne pas s’en soucier. Il y a aussi des parasites qui viendront répandre des maladies; mais là encore, il suffit d’avoir les drones adaptés pour éradiquer la menace. Il y a d’autres éléments néfastes que nous pourrions citer (les éclairs, les spores…), mais vous l’aurez compris : il est aisé de se débarrasser du moindre souci.

Un contenu faiblard et lassant

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Si le manque d’enjeu est un défaut qui peut arranger certains joueurs. Le manque de diversité est plus embêtant. En effet, en apparence le jeu propose une durée de vie tout à fait correcte (une dizaine d’heure voire plus) grâce à ses 8 missions (+ 3 tutoriels) et son mode Sandbox. Pourtant, force est de constater que le schéma à appliquer se répète.  D’une part, les mécaniques et les bâtiments se débloquent tous assez vite en plus de n’être pas si nombreux; ce qui fait que nos villes se ressemblent toutes. D’autre part, les enjeux et les objectifs du mode campagne sont artificiellement différents et ne changent en rien/très peu la manière d’aborder le niveau. À force de jouer, on se contente d’appliquer les mêmes règles, les mêmes blocs de bâtiments faussement différents ( gratte ciel n°1, gratte ciel n°2, mine niveau 1, mine niveau 2 etc…)

Le jeu est lassant, tant dans son visuel que ses limites créatives

Par conséquent, le jeu lasse visuellement. Le faible nombre de structures ainsi que leurs évolutions n’épanouit pas la rétine et la satisfaction d’avoir créer des sociétés différentes. Non, c’est la même à chaque fois, même si les mauvaises langues diront qu’on peut agencer différemment. Encore heureux ! Mais cette liberté se limite à ce que l’on nous propose, c’est-à-dire pas grand chose. Si l’aspect global des villes est une chose, la direction artistique laisse aussi sur sa faim. Sans atteindre les tréfonds de la médiocrité, la DA est d’une banalité sans nom. Les intervenants durant les dialogues (pas animés) apparaissent dans des costumes dont la seule utilité est de dire au joueur : « vous êtes dans le futur ». Les environnements eux, ne sont que des étendues désertes aux couleurs criardes et au caractère grossier. D’ailleurs, à cela s’ajoute une image au rendu « flou », oui oui, le jeu rend flou même en 1080p. On vous conseille alors de désactiver le post-traitement pour un rendu plus acceptable. Et comme si cela ne suffisait pas, le jeu se permet de ralentir quand la ville que l’on construit devient importante. Les configurations vieillissantes mais vaillantes se retrouveront très vite à 30 fps malgré la pauvreté graphique du titre. L’aspect sonore et musical quant à lui reste simple, et peine à donner un sursaut d’intérêt au jeu.

En ce qui concerne l’histoire, Aven Colony ne propose rien qui en vaille la peine. Les intervenants se contentent de parler pendant la partie et les fins de missions pour donner l’illusion d’une progression. Ça ne fonctionne pas, et on s’ennuie si on s’attarde sur cet aspect-là. Pour pallier à ce manque cruel de narration et d’objectifs un peu bateaux, le mode Sandbox propose une alternative. Ici, il s’agit simplement de voir sa ville prospérer dans n’importe quel environnement en paramétrant plusieurs éléments (la difficulté, si vous pouvez perdre par référendum etc…). Mais ce mode s’adresse avant tout à ceux qui arrivent à se satisfaire du manque de variété dans les structures à construire et à agencer.

Aven Colony est une bonne expérience pour ceux qui souhaitent découvrir le genre du City Builder. Simple, accessible et agréable à prendre en main, il joue à merveille le rôle de première expérience. Mais ça s’arrête là, car le titre n’arrive à percer dans aucun autre domaine. Son aspect visuel peu varié, ses mécaniques répétitives, ainsi que son histoire basique nous empêchent de le recommander pleinement. 

La note de l'auteur

Oubliable, c'est comme ça que je vois Aven Colony. Le jeu aurait pu être super s'il avait fait l'effort de proposer plus ! Plus de bâtiments différents, ou même plusieurs style architecturaux. Là c'est beaucoup trop basique et limité, je ne me sentais jamais récompensé d'avoir réussi à créer une colonie autonome (même visuellement). Pour pallier à mon ennui, j'ai décidé de jouer avec le temps en accéléré, histoire de m'en débarrasser, mais le jeu s'est vengé et m'a fait mourir tous mes colons de faim à plusieurs reprises. Saleté. Un conseil : si vous débutez, ne jouez pas en accéléré ! Ou pas tout le temps !

Maxypower
c
Note du panda
5 10

Aven Colony

Points positifs

  • L'interface claire et lisible
  • Accessible, parfait pour les débutants
  • Durée de vie honnête (10h et +)
  • Le mode Sandbox pour développer sa colonie tranquillement

Points négatifs

  • Mécaniques répétitives
  • Peu de bâtiments à construire
  • Artistiquement peu inspiré/banal
  • Scénario prétexte

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur