Disposant de bases solides grâce à ses épisodes principaux, principalement orientés vers les affrontements compétitifs, Splatoon Raiders entend séduire les amateurs de PVE avec une aventure solo largement inspirée de l’excellent mode Salmon Run de Splatoon 2 et Splatoon 3. En consacrant un jeu entier à cette activité particulièrement défoulante, Nintendo a l’occasion de proposer une expérience plus riche et plus approfondie. Mais cela suffit-il pour autant à faire de Splatoon Raiders une véritable réussite ?
Conditions de test : Nous avons terminé le jeu et effectué la quasi-totalité du contenu annexe. Nous avons également passé plusieurs heures sur la partie end-game et nous avons pu faire quelques sessions en ligne. Notre temps de jeu est dans l’ordre de 60/40 entre jeu docké et jeu portable.
Vrai ou pas : Mecano, le meilleur défenseur de l’équipe Cité-Clabousse ?

Splatoon Raiders – Pasquale la dalle // Source : ActuGaming
Chez Nintendo, les jeux solo ambitieux s’accompagnent presque toujours d’options multijoueurs. Celles-ci vont du simple mode coopératif destiné à permettre aux plus jeunes de jouer avec leurs parents à des expériences bien plus abouties, comme dans Super Mario Bros. Wonder ou, plus récemment, Pokémon Pokopia. Splatoon Raiders est sans doute le premier de l’ère Switch 2 à proposer une approche qui repose sur le plaisir du défouloir et l’accomplissement de challenges de plus en plus corsés.
Pensé comme un véritable spin-off de la série Splatoon, cet épisode délaisse le PvP au profit d’une aventure centrée sur les raids, l’accumulation de butin et la montée en puissance de notre avatar. Pour faire simple, il s’agit d’une évolution du mode Salmon Run, développé cette fois comme un jeu à part entière. Ce format lui permet d’exploiter pleinement le potentiel de cette formule coopérative qui avait déjà séduit de nombreux fans malgré une licence principalement connue pour ses affrontements en ligne où les équipes s’aspergent de peinture.
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C’est également une excellente occasion pour la franchise d’enrichir son univers avec de nouvelles révélations et plusieurs détails qui devraient ravir les vétérans. Certes, nous ne sommes pas au niveau d’un opus principal de Splatoon en matière de narration, mais le contenu proposé reste largement satisfaisant pour un spin-off de cette envergure. La preview nous avait laissé quelques inquiétudes à ce sujet, mais cette version finale offre finalement de quoi satisfaire les amateurs de lore (même s’il faut être un peu patient).
Pour rappel, l’histoire nous place dans la peau du Mécano. Alors qu’il pilote l’hélicoptère transportant le Tridenfer, un violent phénomène météorologique contraint l’appareil à effectuer un atterrissage d’urgence sur les îles Spirhalite. Après près d’un mois passé à transformer l’épave en un véritable navire-refuge, l’équipage commence à organiser des raids afin de trouver un moyen de rentrer à la maison. Le groupe va aussi en profiter pour percer les mystères de ces archipels et ramasser un tas de trésor au passage.
Les îles de la tentation

Splatoon Raiders – Dans le mille // Source : ActuGaming
Dans cette aventure de naufragé où l’on incarne un héros muet, les interactions avec le Tridenfer seront la seule source de distraction et la pointe d’humour suffisante entre deux expéditions. Splatoon Raiders est ainsi conçu pour que l’on enchaine rapidement les parties. À bien des égards, on peut aussi le considérer comme un extraction-shooter très light, dans la mesure où l’on ne perd pas le butin accumulé en cas d’échec, tout du moins en solo.
Indéniablement, la boucle de gameplay est assez simple mais très addictive. On prépare son équipement sur le navire-refuge puis on choisit une destination parmi celles que l’on débloque au fur et à mesure de la progression. Le but est ensuite d’explorer, combattre et récupérer le butin. De retour à la base, les denrées accumulées améliorent votre Mécano, son équipement et les installations de la base.
Dans ce genre de game-design, ça passe ou ça casse. Si vous adhérez au concept, vous ne verrez pas les heures passer tant l’addiction au loot et la personnalisation de votre arsenal sont particulièrement bien pensées. En revanche, une partie du public risque de trouver le concept répétitif à la longue malgré un effort pour varier les approches.
Le jeu profite également d’un socle mécanique qui a déjà fait ses preuves avec un gameplay où l’on asperge de l’encre pour blesser ses ennemis et couvrir le terrain. On reste sur une prise en main nerveuse et dynamique où l’on tire frénétiquement sur les salmonoides tout en se changeant en calamar pour recharger son encre et se déplacer plus rapidement.
Prospecteur Gadget

Splatoon Raiders – L’expédition, ça creuse… // Source : ActuGaming
Bien que similaire dans sa base aux jeux originaux, Splatoon Raiders a parfaitement adapté sa formule au PVE, que ce soit en solo ou en coopération. On retrouve les onze catégories d’armes emblématiques de la licence, chacune offrant un style de jeu bien distinct. La véritable nouveauté réside toutefois dans les trois types de réservoirs et les gadgets qui leur sont associés. Ils permettent non seulement de personnaliser son style de jeu, mais aussi de renouveler constamment les approches en combat.
- Réservoir de rapidité qui favorise les déplacements, l’esquive et les attaques rapides.
- Réservoir de puissance qui privilégie l’affrontement frontal et le contrôle des foules.
- Réservoir tactique qui repose sur le placement et les dispositifs autonomes (comme les tourelles).
Ces gadgets enrichissent considérablement les affrontements, qui ne reposent plus uniquement sur le choix de son arme ou sur son positionnement. Grâce à ses outils liés aux réservoirs, décimer des hordes de Salmonoïdes n’a jamais été aussi satisfaisant. À mesure que l’on débloque de nouveaux gadgets et que l’on améliore son réservoir, on ressent une véritable montée en puissance. La maîtrise du rythme des combats devient de plus en plus naturelle au fil du temps.
De plus, la difficulté est bien dosée et nous pousse toujours dans nos retranchements, notamment grâce une contrainte de temps qui nous oblige à n’avoir quasiment aucun temps mort. Les premières parties donnent parfois l’impression que le chronomètre est trop strict, mais on finit rapidement par comprendre qu’il pousse avant tout à optimiser chacune de nos actions. Au fil des expéditions, chaque nouvelle tentative devient ainsi plus efficace que la précédente.
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Cerise sur le gâteau, chaque gadget peut être amélioré grâce aux composants récupérés au cours des expéditions. Ces derniers peuvent modifier en profondeur leur fonctionnement ou simplement renforcer leur efficacité. Prenons l’exemple de la tourelle automatique : certains composants augmentent sa cadence de tir, sa portée ou ses dégâts, tandis que d’autres ajoutent des effets beaucoup plus originaux. Elle peut par exemple attirer ou repousser les Salmonoïdes, voire déclencher une explosion lorsqu’elle disparaît. Chaque niveau gagné vous octroie d’ailleurs un point d’amélioration qui peut être dépensé pour d’améliorer les points de vie, les dégâts des armes et des gadgets, mais aussi la capacité maximale en composants.
Il n’est pas exagéré de dire que ces composants apportent une véritable profondeur stratégique à Splatoon Raiders. Même après avoir atteint la partie endgame, nous sommes encore loin d’avoir découvert tous les composants nécessaires pour optimiser chaque gadget. La communauté trouvera sans aucun doute des combinaisons plus ingénieuses, mais nous avons déjà pu mettre au point quelques builds très convaincants. Parmi nos favoris, on retrouve notamment une configuration permettant d’enchaîner les bonds presque sans interruption avec le réservoir de rapidité, ainsi qu’une autre avec le réservoir tactique réduisant drastiquement les temps de recharge afin d’inonder le terrain de tourelles.
Ce que l’on ne peut pas voir en peinture

Splatoon Raiders – Défi avec gadget imposé // Source : ActuGaming
L’autre élément majeur des déplacements est sans conteste le robot d’exploration qui vous accompagne tout au long de l’aventure. Il peut être piloté par l’un des trois membres du Tridenfer, ce qui détermine l’attaque ultime disponible une fois suffisamment d’œufs de poisson accumulés. Par exemple, l’assaut Mégalodon de Pasquale invoque un immense requin qui fonce en ligne droite, tandis qu’Angie déclenche une pluie d’anguilles capable de couvrir une large zone.
Le robot ne se limite toutefois pas à son rôle de foreuse. Il s’avère également indispensable aussi bien pour l’exploration que pour les combats. Il est possible de le déployer à tout moment devant soi afin de l’utiliser comme tremplin et gagner rapidement de la hauteur. Si certains éléments du décor permettent eux aussi de s’élever dans les airs, la présence permanente du robot apporte une verticalité particulièrement appréciable. Cette mécanique permet notamment de bombarder des Salmonoïdes perchés en hauteur ou d’atteindre plus facilement les ennemis qui vous bombardent à distance.
Même si dans l’ensemble, Splatoon Raiders nous offre un spin-off très solide, il accuse tout de même quelques points faibles. Tout d’abord, l’exploration n’est pas suffisamment valorisée. En dehors de quelques niveaux particulièrement bien conçus, l’aventure consiste souvent à enchaîner les champs de bataille jusqu’à mettre la main sur le trésor principal. Les objectifs restent d’ailleurs assez classiques : certaines missions demandent simplement de progresser dans un niveau linéaire, tandis que d’autres consistent à accumuler un maximum d’œufs de poisson avant la fin du temps imparti.
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Si cette répétitivité se pardonne facilement dans la boucle de gameplay, elle se ressent davantage dans la structure des missions, qui peinent parfois à se renouveler. La principale exception concerne les défis cachés disséminés sur la carte et repérables grâce à des boussoles que l’on ramasse durant nos expéditions. Chacun impose l’utilisation d’un gadget spécifique pour terminer le niveau. Heureusement, ils sont suffisamment nombreux et créatifs pour compenser en partie la redondance du reste.
Dans un registre plus critique, il faut également évoquer une direction artistique et un level design qui manquent parfois de personnalité. Compte tenu du contexte de l’aventure, il est logique de ne pas retrouver l’esthétique pop et colorée des épisodes principaux de Splatoon. Malgré cela, certains environnements manquent de folie et les arènes souffrent d’une conception parfois trop simple. Les affrontements contre les boss sont, eux aussi, relativement peu nombreux, même si ceux présents se révèlent particulièrement réussis.
Heureusement, Splatoon Raiders se montre irréprochable sur le plan technique. Le jeu tourne en 4K à 60 images par seconde de manière parfaitement stable. Si le bond graphique par rapport à Splatoon 3 reste relativement modeste (il figurait déjà parmi les plus beaux jeux de la première Nintendo Switch), la Nintendo Switch 2 offre un rendu très convaincant aussi bien en mode docké qu’en mode portable.
Ça donne quoi en coopération ?

Splatoon RTaiders – Une vie de perdue… // Source : ActuGaming
Le dernier grand atout de Splatoon Raiders réside dans son mode coopération, particulièrement intuitif. Avant de lancer n’importe quel niveau, il est possible d’activer un appel à l’aide afin que d’autres joueurs rejoignent automatiquement votre partie via un système de matchmaking. À l’inverse, vous pouvez également rechercher des joueurs en difficulté ou créer une session privée avec vos amis pour relever les différents défis ensemble.
Même si, de notre côté, les affrontements se sont souvent révélés rapides et particulièrement chaotiques, il faut préciser que la difficulté de chaque mission est représentée par un niveau conseillé. Il est d’ailleurs possible de rejouer un même niveau à un niveau de difficulté supérieur afin d’obtenir de meilleures récompenses et un butin plus intéressant. Les points de vie étant partagés entre tous les membres de l’équipe, la moindre erreur peut rapidement entraîner un game over. Ce mauvais scénario entraîne une perte totale du butin accumulé, toutefois il reste plus intéressant de jouer en coopération ou d’offrir son aide étant donné que les fin de partie accordent des récompenses aléatoires souvent intéressantes.
On imagine qu’il sera difficile d’établir de véritables stratégies avec des inconnus, notamment pour exploiter pleinement certaines armes qui deviennent beaucoup plus pertinentes en coopération qu’en solo, comme le rouleau ou le sniper. Là encore, on distingue un réel potentiel stratégique grâce aux synergies entre les réservoirs, les gadgets et les différents effets d’altération d’état, comme le gel ou la brûlure. Ces derniers restent toutefois difficiles à appliquer efficacement sans les bonnes améliorations. Tout ce potentiel s’exprimera donc principalement avec un groupe d’amis utilisant le GameChat de la Nintendo Switch 2 ou un serveur Discord.
Concernant le contenu endgame, nous préférons ne pas trop en dévoiler afin de préserver la surprise. Sachez simplement que les possibilités de progression sont nombreuses pour renforcer et optimiser son arsenal. Les joueurs les plus investis pourront ainsi peaufiner leurs builds et relever des défis particulièrement exigeants aux niveaux de difficulté les plus élevés. Il y a également un tas de costumes à débloquer en complétant différents objectifs et quelques uns en activant les Amiibo Splatoon.
Il ne reste désormais plus qu’à espérer que Nintendo assurera un suivi régulier avec des mises à jour afin de prolonger sa longévité et d’exploiter pleinement le potentiel de cette formule qui fait des merveilles.





