Test The InnerFriend – Plongez dans les peurs et cauchemars de l’enfance

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The InnerFriend est aujourd'hui de sortie officiellement sur PC. En attendant ses versions consoles qui débouleront en 2019, voyons si cette expérience narrative en vaut la chandelle !

En production depuis pas moins de deux ans maintenant, The InnerFriend est officiellement le premier jeu du studio Playmind. Le studio Québécois s’attardera dans le soft des peurs et des cauchemars de l’enfance. Une idée assez sympa sur le papier, mais reste à voir si cette expérience narrative aura le don de nous accrocher.

Un univers sur le thème des peurs et des cauchemars de l’enfance

The InnerFriend test

Lorsque nous avons pu le tester à la gamescom, The InnerFriend nous avait paru intriguant, vraiment très intriguant. Maintenant que nous avons pu le tester dans son intégralité, il faut dire que nous avons été séduit, mais avec un arrière goût d’inachevé. La production de Playmind nous plonge dans la peau d’une entité mystérieuse, s’apparentant au subconscient de l’enfance. Nous allons y parcourir un univers complètement en rapport avec la psychologie de l’enfance, et donc des différentes peurs et cauchemars de cette période. Comme un certain Inside ou Limbo, tout se jouera sur une narration non-verbale et ce sera l’environnement, la musique, et le visuel qui feront globalement le boulot.

Voilà en somme ce qu’il en résulte de l’histoire, qui nous fera traverser pas moins de 9 niveaux, et qui nous fera souvent revenir dans la chambre d’un enfant, ainsi qu’au monde des rêves. Le titre a comme gros point fort de laisser l’interprétation des différentes situations aux joueurs. C’est une très bonne chose mais en revanche, on ne pourra qu’être assez déçu de la fin. Alors que l’on aurait pu penser à une fin qui nous laisse littéralement pantois, il n’en est malheureusement rien. Cette dernière est non seulement expédiée mais en plus, elle n’en reste pas moins prévisible car on se doute dès les premiers instants du final. Cela dit, le côté interprétation laissée aux joueurs comme on l’a évoqué un peu plus haut, reste tout de même bien amené.

Sa direction artistique fait son effet, mais The InnerFriend pêche dans une construction déjà vue, peu surprenante et très décevante sur sa fin…

Pour la direction artistique, on ne peut pas dire que The InnerFriend transpire la joyeuseté. Etant donné que le soft se lorgne sur les peurs et les cauchemars de l’enfance, le tout est pour le coup très sombre, mais surtout assez glauque lorsque l’on se penche de plus près aux différents niveaux du jeu. On passe par exemple dans une sorte d’école tout droit sorti d’un film d’horreur, en passant par un hôpital, qui nous ferait presque penser parfois à un hôpital psychiatrique. Le titre de Playmind arrive parfois à nous donner un sentiment d’oppression, et c’est réussi. Les idées sont là et plutôt bien exploitées en soi. A contrario, on regrettera un level-design un peu trop convenu, même si certains décors sont par moment sympathiques.

Un gameplay vraiment intéressant sur la longueur ?

The InnerFriend test

Evidemment, étant donné que The InnerFriend se veut avant tout comme une expérience narrative assez sombre et forte, ne vous attendez pas un gameplay du feu de dieu. Le premier bébé de Playmind adopte des petites phases de puzzles pas trop compliquées à résoudre, de rares séquences de plateformes, ou encore de moments où un monstre vous poursuit sans relâche. C’est globalement tout ce que l’on trouvera en termes de gameplay. Le soft s’offre d’ailleurs des contrôles simplistes, bien calibrés, mais manquant parfois un chouïa de précision sur les sauts, tantôt rigides. De plus, il est quand même assez plaisant que les développeurs aient eu la présence d’esprit de varier un peu le tout, histoire de ne pas s’ennuyer les deux heures de jeu durant. Très honnêtement, il y a assez peu de défauts à lui citer en tant que titre se voulant être une expérience narrative, car en globalité toute la jouabilité fonctionne, malgré une certaine répétitivité qui peut se faire sentir à certains endroits.

Là où ça va poser problème par contre, ce sera au niveau de sa durée de vie assez faiblarde. Pour un jeu tarifé quand même à 12,49 €, le titre se termine malgré tout en moins de deux heures et en traînant un tout petit peu. On peut néanmoins atteindre à la rigueur les trois heures de jeu, si on veut s’amuser à choper tous les collectibles du soft, à poser par la suite dans la chambre de l’enfant avant de retourner dans le monde des rêves pour le prochaine niveau. En sus, il faut savoir que le jeu est très accessible pour les joueurs occasionnels, ce qui fait que le jeu est taillé pour tous, et en particulier les joueurs friands d’expériences narratives, saupoudré de quelques puzzles simplistes.

The InnerFriend reste une expérience narrative pas déplaisante, avec un gameplay plutôt bien calibré.

En tersme de technique, The InnerFriend est un jeu tournant sur de l’Unreal Engine 4. Pour une première production, Playmind nous offre un jeu plutôt joli, propre, et super fluide. On est du coup curieux de voir ce que donneront les versions PS4 et Xbox One lorsqu’elles sortiront. Qu’on se le dise, les textures du jeu sont relativement propres, mais quant à la modélisation des quelques humains dans le soft, elle est parfois un peu datée et c’est dommage. Pour le reste, le jeu est loin d’être vilain, avec quelques effets visuels réussis.

Enfin, en ce qui concerne le sound design, c’est réussi également. Même si le jeu est non-verbal, toute la musiques orchestrée dans The InnerFriend est une pure réussite. On retrouve quelques moments calmes, sublimés par quelques petites musiques électro discrètes, et des musiques bien plus prononcées quand il s’agit de se faire courser par de méchantes créatures pas très accueillantes. Une fois encore, très peu de défauts à lui reprocher sur cet aspect là.

Sans être une bombe vidéoludique, The InnerFriend est loin d’être ridicule. Le soft se laisse suivre jusqu’à sa fin, et la notion de laisser l’interprétation aux joueurs est une idée qui marchait avec Inside et Limbo, et qui marchera toujours. A contrario, on pourra être amèrement déçu par une narration trop prévisible, et sans grosse inspiration. Cela dit, la production de Playmind dispose d’un gameplay totalement accessible qui tente de varier les plaisirs. Son atmosphère graphique et sonore font également le boulot dans le fond. En somme, The InnerFriend est un titre agréable à parcourir car il a tout de même des qualités incontestables, mais teinté d’un classicisme flagrant hélas… Il sera cependant à faire à petit prix, car 12.49 € pour moins de deux heures de jeu c’est un poil cher, même pour une simple expérience narrative saupoudrée de quelques puzzles simplistes à résoudre.

La note de l'auteur

The InnerFriend, c'est un jeu que je suivais de près depuis son annonce. C'est surtout son thème et sa patte artistique qui m'ont attiré, et le studio Québécois Playmind m'a finalement satisfait. Le jeu est plutôt joli, bien fini, et il faut dire que je suis assez client des jeux à expérience narrative où tout est misé sur l'environnement, le visuel et l'aspect sonore. Alors malheureusement, j'ai été un peu refroidi par la durée de vie, l'aspect narratif qui m'a laissé de marbre sur la fin mais qu'à cela ne tienne, je ne me suis pas ennuyé pendant ces deux heures sur The InnerFriend, qui pour une première production made in Playmind, n'est absolument pas déplaisant. Je le conseille, mais lors d'une promotion car 12.49 €, c'est trop cher vu la durée de vie. Cela dit, j'ai grande hâte de découvrir les prochaines productions du studio Québécois.

Matheus
a
Note du panda
6.5 10

Points positifs

  • Quelques énigmes sympas dans la progression...
  • Visuellement convenable
  • Une ambiance légèrement horrifique efficace
  • Quelques bonnes idées en matière de direction artistique
  • Une narration non-verbale qui laisse libre cours à l'imagination du joueur
  • Le sound design impeccable à chaque situation

Points négatifs

  • ... Que l'on trouvera trop faciles
  • Un level-design beaucoup trop convenu
  • Vraiment trop court - moins de deux heures en ligne droite, 3H pour le 100 % -
  • Un peu onéreux - 12.49 € -
  • Un final beaucoup trop décevant

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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