TEST Kingdom Hearts 3 – Ouvre-t-il en grand les portes de notre cœur ?

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Un autre coup de génie ? (et on ne parle pas du meilleur ami d’Aladin).

Certains l’auront attendu très longtemps et d’autres découvriront la licence cette année, en tout cas la messe est dite, Kingdom Hearts 3 est enfin là. Si vous appartenez à cette dernière catégorie de joueurs, la mise à jour 1.01 du jeu vient à point nommé puisqu’elle résume rigoureusement les événements qui se sont déroulés jusque là. Car il faut rappeler que le scénario est bien plus alambiqué qu’un simple voyage à travers plusieurs mondes Disney, et c’est peu dire. Peut-être que ces résumés ne suffiront pas pour bien vous imprégner et on ne peut que vous conseiller les compilations parues sur PlayStation 4 pour essayer de comprendre ne serait-ce qu’un peu l’engouement des fans qui l’attendent depuis 15 ans.

D’ailleurs, ce test est garanti sans spoil. Le jeu a été testé sous PS4 et PS4 Pro. 

“Qui Sora”

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Kingdom Hearts 3 est l’aboutissement d’une aventure qui a commencé il y a 17 ans sur PlayStation 2 avec le tout premier opus. De nombreux autres titres, en passant par Kingdom Hearts 2, sont venus ponctuer cette épopée dévoilant à chaque fois de nouveaux éléments à une intrigue difficile à suivre. Malgré un problème de rythme au niveau de la narration, et certaines justifications à la va-vite pour être raccord avec tout ce qui s’est passé précédemment, nous ne sommes pas déçu du voyage que propose cette conclusion. Les moments marquants ne manquent pas, et parmi eux, certains sont des concentrés d’émotions qui ne vous laissent clairement pas indifférent.

Au milieu de tout ça, nous avons Sora, le héros jovial et téméraire, qui va tenter de retrouver de nombreuses choses perdues, que ce soit ses pouvoirs ou les personnes liées à lui. Alors qu’on pouvait le trouver trop insouciant et agaçant auparavant, nous avons ici un protagoniste qui parcours les dernières étapes de sa maturité, et quel plaisir de l’accompagner manette en main avec Donald et Dingo à ses côtés. En parlant de Disney justement, n’oublions pas que les univers empruntés à l’entreprise américaine sont une part importante puisqu’ils servent de décors à des mondes qui nous plongent au cœur de films d’animation faisant pratiquement l’unanimité auprès du public. Que dire si ce n’est que le respect aux œuvres originales est toujours aussi bluffant.

Voyager en compagnie d’un Sora qui arrive à maturité dans des mondes Disney fidèlement retranscrits est un pur bonheur.

La dernière génération de consoles nous permet d’en profiter dans de très bonnes conditions. D’un point de vue graphique, on se rapproche quand même pas mal de la qualité des long-métrages, en particulier pour les plus récents (Hercule accuse le coup pour ce qui est de la fidélité visuelle du fait de son grand âge). Les cinématiques provenant de la Reine des Neiges sont sans aucun doute la plus belle prouesse à ce niveau-là. Pourtant, ce n’est pas le monde le plus réussi dans sa globalité puisqu’il contient surtout du fan-service contrairement aux autres qui intègrent plutôt bien le lore “Kingdom hearts” – notamment “Les Nouveaux Héros“, on pourrait presque croire que cette “suite” au film est canon. L’immersion est donc clairement réussie toutefois, on ne peut s’empêcher de penser que le doublage français comme à la bonne époque aurait été la cerise sur le gâteau. Heureusement, les voix anglaises auxquelles nous sommes habituées désormais sont toujours d’excellente facture.

La keyblade de voûte

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Kingdom Hearts 3 réalise des rêves d’enfant grâce à l’exploration plus plaisante que jamais. Non seulement l’atmosphère des films est respecté, mais le level design et les décors des différents mondes leur rendent également un bel hommage. Débarquer dans la chambre d’Andy en tant que jouet dans le monde de Toy Story est tout simplement tout ce que l’on rêvait. Grâce à la puissance des nouvelles machines, les mondes sont plus grands, mais surtout plus hauts. Cette verticalité laisse place à de nouvelles mécaniques d’exploration, ainsi Sora peut par exemple courir sur certains murs comme un ninja qui concentre son chakra sous ses pieds.

Par ailleurs, un soin particulier a été apporté aux déplacements pour que ceux-ci ne soient pas pénibles. La fluidité, introduite dans Kingdom Hearts : Dream Drop Distance, s’exprime bien mieux dans ces environnements plus vastes. La meilleure illustration de cet outil se trouve dans la Mer des Caraïbes où l’on peut rejoindre son bateau presque instantanément même si l’on est extrêmement loin de lui. A l’image de ce dernier terrain de jeu où la navigation emprunte beaucoup à Assassin’s Creed : Black Flag (batailles navales comprises), chaque monde possède sa touche personnelle. De nombreux passages sont mémorables comme la descente sur un énorme champ de fleurs dans un Royaume de Corona somptueusement verdoyant et coloré.

Les mondes Disney/Pixar sont plus vastes que jamais et ont tous leur touche personnelle, toutefois les transitions à bord du vaisseau gummi restent perfectibles

Il y a toutefois quelques petits monstres dans les placards avec un aspect technique qui souffre de quelques chutes de framerate à de rares moments, même sur PS4 Pro (si cela reste très fluide la plupart du temps). Sur PS4 on passe parfois en dessous de la barre des 30 fps dans certains endroits avec beaucoup de PNJ. De plus, les déplacements entre les mondes à bord du vaisseau gummi, qui prennent la forme d’un shooter spatial en 3D, resteront définitivement des phases anecdotiques sans grande saveur comme pour Kingdom Heart 1 et 2.

Des efforts ont été faits certes, avec une carte plus vaste qui casse avec les couloirs précédemment, mais nous avons toujours cette impression du sale moment à passer pour vite rejoindre l’endroit suivant. Par contre, les créateurs pourront éventuellement s’amuser à customiser des vaisseaux originaux via le mode construction. On peut aussi ajouter que San Fransokyo, qui est une unique ville ouverte, donne le sentiment d’être un peu à l’étroit. Là ou les Caraïbes arrivent à donner le sentiment de parcourir de grands espaces, le foyer de Hiro et Baymax accuse surement de la tripotée de jeux en mondes ouverts que proposent l’industrie.

Kingdom Hearts-land

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Même si l’aventure peut se boucler aux alentours d’une trentaine d’heures, il serait criminel de passer à côté de tout ce qu’il peut offrir. Dans son ensemble, on peut dire que Kingdom Hearts 3 est une fête, un grand parc d’attractions qui ne cesse d’afficher des activités toujours plus nombreuses. Que ce soit dans les déplacements ou dans le gameplay, tout est bon pour placer une tripotée d’interactions sous la forme de mini-jeux. Et le titre revendique même ce titre de parc titanesque puisque certaines attaques sont des attractions authentiques de Disneyland.

Sans dévoiler le tas d’activités présent dans le soft, on peut évoquer la cuisine avec ce brave Rémy donnant différents bonus en combat (nul doute que les cuistots essaieront de trouver les menus les plus puissants pour bénéficier des meilleurs effets), ou encore le gummiphone qui propose des jeux comme n’importe quel smartphone si ce n’est qu’ils sont surtout un hommage aux “Game & Watch” (en plus de faire référence à de nombreux vieux dessins animés Disney). Et que serait un séjour au parc sans pouvoir immortaliser tous ces moments ? Le gummiphone intègre donc un appareil photo, dont un mode selfie, qui est également utile pour certaines tâches annexes.

Kingdom Hearts 3 est un feu d’artifice qui ne s’arrête jamais avec sa tonne de mini-jeux en tout genre et son gameplay qui est un vrai spectacle.

En outre, les mécaniques de combats sont l’aboutissement des nombreux opus précédents, un melting-pot de tout ce qui a été fait depuis. On retrouve le système de concentration de Kingdom Hearts : Birth By Sleep, les invocations, les attaques groupées avec Donald, Dingo et tous les coéquipiers propres à chaque monde, mais la palme reste sans aucun doute les keyblade aux formes évolutives. Une idée plus qu’ingénieuse dans la mesure où l’on se retrouve devant un mélange entre les styles (introduit aussi dans Birth By Sleep) et les fusions de Kingdom Hearts 2. A mesure que l’on donne un certain nombre de coups, il est possible d’activer des transformations donnant une autre forme aux keyblade comme un yo-yo ou un énorme marteau.

Les développeurs ont eu aussi la bonne idée de laisser la possibilité d’en équiper jusqu’à trois pour que l’on puisse switcher d’arme en plein action. Il y a tout de même un point noir concernant la difficulté qui est mal dosée. Un conseil, si vous êtes un habitué de la licence et que le mode normal est comme un rituel, passez directement au mode expert. En effet, les actions contextuelles apparaissent un peu trop souvent, en particulier les attractions, ce qui fait que l’on fait rapidement le ménage avec uniquement quelques-unes d’entre elles, et tout ça sans parler du reste.

Dés les premières notes du traditionnel “Dearly Beloved” du menu, on sait que la bande son de Kingdom Hearts 3 prend la mesure des événements majeurs qui découlent de cette aventure. Yoko Shimomura signe encore une fois un bande son magistrale avec des arrangements magnifiques que l’on attendait avec impatience (la musique dans la Cité du crépuscule, les différents thèmes de boss…), mais son talent en matière de création s’est surtout exprimé à travers les thèmes des différents monde de Disney/Pixar. Et on ne passe pas non plus à côté de certaines musiques biens connues comme l’ultra prévisible “Let it Go”, mais surtout le “Je suis ton ami” de Toy Story qui accompagne nos pérégrinations dans l’univers des jouets.

Kingdom Hearts 3 valait vraiment la peine d’attendre. Le soin apporté par Tetsuya Nomura et son équipe, surtout en ce qui concerne la fidélité aux œuvres de Disney et Pixar, est à saluer. L’exploration et le gameplay sont également en symbiose avec l’atmosphère de chaque univers en nous offrant un festival d’effets chatoyants de toutes parts. Il a aussi quelques serpents dans sa botte, mais ils ne viennent pas trop ternir le tableau pour autant. Kingdom Hearts 3 est aussi, à bien des égards, un hommage à tous les autres opus avec au moins une référence pour chacun d’eux. Il concentre avec lui tout ce que les joueurs ont vécu depuis les débuts, ce qui donne parfois une impression de trop peu et que tout cela se termine trop vite. 

La note de l'auteur

Fan de la première heure, j'attendais cet opus avec impatience et je n'ai pas été déçu. Il n'est pas pour autant dénué de défauts, mais on fait vite l'impasse dessus tant l'immersion dans les mondes de Disney et Pixar est encore plus incroyable. Le retour à l'enfance quand on entre dans le monde de Toy Story est présent comme jamais. J'apprécie aussi toujours autant les musiques de Yoko Shimomura qui exprime tout son potentiel dans cette licence selon moi. Le gameplay pétillant est aussi un gros plus et j'espère vraiment que la série reviendra.

Haseo
s
Note du panda
9 10

Kingdom Hearts III

Points positifs

  • Énormément de grands moments d'émotion
  • Une fidélité aux Disney/Pixar qui mérite le respect
  • Visuellement splendide
  • Le monde de Toy Story : un rêve de gosse à lui seul
  • Des environnements plus beaux et plus vastes
  • Le gameplay qui est un feu d'artifice permanent
  • Les keyblades tranformables, une idée très ingénieuse
  • Un hommage à tous les opus précédents
  • La bande son grandiose

Points négatifs

  • La narration un peu mal rythmée
  • Des chutes de FPS à de rares moments (en dessous de 30 fps parfois sur PS4)
  • Le vaisseau gummi est aussi "amusant" que dans Kingdom Hearts 1&2
  • Le mode normal trop facile
  • Pas de doublages français

Ce test a été réalisé à partir d'une version commerciale

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