TEST. Enter the Gungeon – Un rogue-lite plein de balles !

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Le jeune studio Dodge Roll, et le fameux éditeur Devolver Digital, s’aventurent dans le milieu du Rogue-lite avec Enter the Gungeon. Faut-il craquer pour lui ?

Le rogue-lite a récemment fait son retour sur le devant de la scène, et avec un certain succès qui plus est. On a notamment pu poser les mains sur le très bon The Binding of Isaac, l’acrobatique Spelunky, ou encore le sympathique Rogue Legacy. En tout cas le milieu ne manque pas de concurrents, et pourtant l’éditeur de Hotline Miami, Broforce et The Talos Principle, tente sa chance avec un jeune studio américain, Dodge Roll.

Un Rogue-lite, c’est quoi ?

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Avant de disséquer le contenu de ce jeu, il semble approprié de parler de ce qui fait d’un Rogue-lite… un Rogue-lite. Partant de l’ancêtre Rogue, sorti en 1980 pendant la préhistoire du jeu vidéo, ses nombreux descendants gardent les mêmes principes de base. Une génération des niveaux aléatoire, une difficulté relevée, et des nombreux équipements à trouver pour espérer survivre un peu plus longtemps.

Mais, depuis quelques temps, les représentants modernes de ce type de jeu ont ajouté une continuité entre les différentes parties. Cela se traduit par du contenu à débloquer facilitant votre prochaine entrée dans le donjon. Les plus pointilleux diront que le terme Rogue-lite désigne ces nouveaux jeux, et cette continuité, tandis que Rogue-like fera référence à ceux en étant dépourvu.

En tout cas, avec Enter the Gungeon, on a droit à un Rogue-lite. Les cinq étages à explorer sont construits aléatoirement, le loot est présent et bien sûr, le jeu ne vous fera pas de cadeau. Mais, en plus de ça, il dispose de quelques nouvelles idées ingénieuses. Prenez votre revolver, on descend dans les entrailles du Gungeon !

Orgie de Balles !

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L’histoire du titre ne se prend pas au sérieux. C’est même avec un humour loufoque que les développeurs ont imaginé cet univers intéressant. Sur une planète, et plus précisément sur un vieux château, s’est écrasée une météorite bien étrange en forme de balle. Après avoir corrompu les habitants, les transformant en armes, munitions et autres étrangetés, le lieu attire quatre guerriers de l’espace, déterminés à atteindre le dernier sous-sol. En effet la légende raconte que la mystérieuse météorite renferme le pouvoir de tuer le temps.

Il y’a donc quatre personnages jouables, chacun ayant bien entendu un équipement de départ bien différent. Le Marine commencera pour sa part avec un casque, rajoutant un point d’armure, et un appel de soutien, permettant de récupérer des munitions. Le Pilote d’un crochet, vous laissant une chance d’ouvrir les coffres sans clé, et d’une réduction non négligeable chez le marchand du Gungeon. La Condamnée dispose d’un fusil à pompe bien pratique, mais aussi d’un cocktail Molotov assez puissant. La chasseresse est quant à elle accompagné d’un petit chien, et d’une redoutable arbalète.

Il y’a également un cinquième personnage, appelé le Cultiste, réservé au mode coopératif. Il dispose d’un cookie permettant de ressusciter l’autre joueur, facilitant énormément la partie. Le jeu est indéniablement fun à plusieurs, malgré une baisse de lisibilité. En revanche on se demande pourquoi ce mode de jeu est réservé au local uniquement. Impossible donc de rejoindre les parties de vos amis, mais uniquement un coop local sur le même écran.

Binding of bullets

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Le soft se rapproche par beaucoup de point du jeu d’Edmund McMillen et c’est loin d’être un défaut quand on connait la qualité de ce dernier. Les points de vie marchent sur le même principe. On a trois cœurs de vie en début de partie, chacun représenté par deux balles. On perd une balle quand on se fait toucher. L’armure nous donne une balle supplémentaire, et fait une petite explosion en disparaissant. Il également possible de sacrifier de la vie pour devenir plus puissant.

Les objets et armes sont à trouver dans des coffres, qu’on ne peut ouvrir qu’avec une clé. Le Pilote peut néanmoins tenter de le crocheter au risque de le détruire ce qui nous laissera une chance de gagner son précieux contenu. Le contenu est d’ailleurs généralement une arme, parmi la centaine disponible et déblocable, ou un objet actif ou passif, parmi, là aussi, un choix conséquent. Une boutique est aussi disponible à chaque étage, permettant d’échanger son argent contre objets ou points de vie.

L’autre grande influence pour Enter the Gungeon, c’est un autre jeu avec des armes à feu, Nuclear Throne. On partage le même switch d’arme, et le besoin en munitions. De quoi rajouter un peu de pression, bien qu’ici l’inventaire soit bien plus grand. La roulade d’esquive est également de la partie, vous rendant invulnérable à tout projectile pendant une courte seconde. Et les ennemies disposant d’attaques à distance de toute sorte, donnant presque un aspect Bullet-Hell, forçant le joueur à slalomer entre les dizaines de balles mortelles.

Le Gungeon, c’est de la balle !

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En plus de piocher des idées qui marchent très bien chez le voisin, le poulain de Devolver dispose de ses propres qualités. La Ballablanc permet par exemple de faire disparaître tous les tirs adverses, et les empêche de tirer pendant quelques secondes. Un bonus parfois salvateur qu’il fait bon avoir dans son arsenal. Le catalogue d’armes est d’ailleurs bien fourni, et terriblement drôle par moment. Entre un canon à neige, une mitraillette à T-shirt, un rayon laser, et un lance-roquette, il y’en a pour tous les goûts.

Une autre excellente idée, qui fluidifie grandement le rythme de nos parties, sont les téléporteurs. Disposés dans la majorité des pièces, ils s’activent une fois toutes les menaces vaincues. En un clic, on peut ainsi activer la carte et se téléporter dans une salle déjà nettoyée. Fini donc les longs allers-retours chez le marchand, ou vers les points de vie inutilisés restants au sol. En plus il sera même possible de débloquer un raccourci pour ne pas commencer au premier étage.

Niveau graphisme, le jeu fait son travail. Le pixel-art est réussi et la direction artistique maîtrisée. Le seul regret vient de l’absence de patate, notamment sonore, des armes. La musique est par contre géniale, rien que le thème principal vaut le détour. Les boss sont eux aussi tous très bien fichus, avec un design et des noms savoureux, ainsi que des paternes d’attaques bien ardus. Une fois éliminés, ils octroient au joueur une monnaie, ne disparaissant pas à la mort. Elle servira à acheter toute sorte d’armes et d’objets supplémentaires, qui seront ensuite trouvables dans vos prochaines parties.

Au final, on peut retenir qu’Enter the Gungeon est l’un des meilleurs Rogue-lite disponible sur le marché. Long et gratifiant, dur mais pas injuste, des idées de gameplay ingénieuses, le jeu à tout pour plaire aux amateurs du genre. Si bien sur, l’humour décalé et l’histoire humoristique ne vous dérange pas. Les seuls regrets qui l’empêchent de se hisser au sommet sont peu nombreux. Le manque de feeling des armes et leurs bruitages pas au top, ainsi que l’absence de coopératif en ligne. Mais pour quinze petits euros, ces quelques errances ne pèsent finalement pas lourd.

8 10

Points positifs

  • Un bon Rogue-lite
  • Gameplay au poil
  • Les boss et l'humour
  • Les téléporteurs
  • La coop en local

Points négatifs

  • Son des armes raté
  • Pas de coopération online