TEST. DOOM – Un retour démoniaque sur Mars !

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Dans la lignée des grands classiques du FPS tels que Quake ou Unreal Tournament, DOOM fait partie de ceux qui auront marqué l'histoire du jeu vidéo dans les années 90. Étant l'un des premiers jeux de son genre, le succès est inouï et persiste jusqu'à aujourd'hui sous un reboot signé Bethesda et ID Software. Voici notre avis !

Il a été très attendu depuis son annonce en 2014, DOOM est désormais bel et bien disponible depuis le 13 Mai 2016 sur PS4, PC et Xbox One après dix ans d’absence, si l’on ne compte pas le remake du troisième volet.

Étant un pilier du genre FPS et ayant automatiquement répandu et innové le genre, il aura su amasser de nombreux fans aujourd’hui qui attendaient d’ailleurs un retour en enfer. Pari risqué pour Bethesda après tant d’années d’absence, l’éditeur s’est donc lancé dans un reboot de la franchise pour y donner un bol d’air frais sous cette génération. Alors entre possibilités de jeu accrues, le 60 fps, marketing élargi et surtout nouveaux jeunes joueurs, voici que ce Fast-FPS bien nerveux et explosif à souhait marque son retour après 20 ans d’existence. Après plusieurs alpha et bêta multijoueur, le jeu était perçu de plusieurs avis mitigés – certains le trouvaient très bon, avec son essence de nervosité et ses armes au poil, d’autres reprochaient le manque de punch, de dynamisme et reprenait mal ce qui faisait le charme d’un Doom. Alors sous sa couverture finale, que vaut-il ?

WELCOME TO HELL

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Voilà ce qu’un panneau aurait dû nous informer au lancement du jeu. Après avoir passé un menu ultra simpliste, être confronté au choix de multijoueur, solo ou SnapMap est un choix dès le début assez difficile. Commencer par rager et en crier en multijoueur, aller dézinguer des suppôts de Satan en Solo ou bien de créer son p’tit business à l’effigie du jeu.

Pour cette première partie, nous avons préféré évidemment nous plonger dans les ténèbres du mode campagne. Et, comment dire, ça a du pep’s. Aucun doute. DOOM nous place immédiatement dans l’ambiance, sans même y réfléchir en plongeant notre protagoniste nu sur une table de rituel où des démons tenteront de venir nous dépecer. Mais nous sommes un vétéran et n’avons pas froid aux yeux, et surtout, avons un protagoniste qui sait s’y faire avec les démons. Première session de manette en main, petit pistolet pour dézinguer du démon et l’on est parti pour faire exploser des crânes à tout vas, avec une ambiance satanique sous un fond de métal envoûtant collant au thème du massacre que donnera ce volet.

Oui, DOOM a incontestablement ce petit quelque chose de nerveux

Profitant évidemment du dernier moteur id Tech 6 de Bethesda et ID Software, DOOM est le premier jeu tournant sous cette technologie et disons-le, ça envoie du pâté. En fait, on aimerait même être grossier pour dire ce que l’on ressent aux premiers abords du jeu. De plus, le 60FPS est vraiment constant, les seuls ralentissements notables ont été lorsque j’ai un peu trop abusé des démons à l’écran, les explosant tous en même temps. Et puis, cela ne m’est arrivé qu’une fois, alors disons que le moteur tient le coup dans son ensemble sans trop de difficulté.

Pas de scénario… en fait, on n’a pas l’temps !

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Bon, évidemment, on s’en doutait hein… Le titre d’accroche est un peu faux car il y a bien une histoire, mais disons qu’avec le très peu de dialogues présents dans le jeu, on finit par en apprendre simplement avec des images. C’était prévisible, mais DOOM ne contient donc pas de scénario solide. Son histoire est un petit peu complexe et mal menée à cause de dialogues trop « philosophiques » et religieux, mais elle n’est pas difficile à comprendre : vous êtes un survivant – certainement soldat – sur la planète Mars, qui s’est faite envahir par des entités démoniaques. Dernier humain, vous progresserez à l’aide de l’intelligence artificielle abritant votre tenue, et un androïde du nom de Samuel, qui vous accompagnera pour exterminer ces races démoniaques. Le but étant de ? de ? Bah vous le savez en fait, fermer les portes de l’Enfer ouvertes par Olivia, une scientifique voulant changer le cours du temps. Bah ouais, il y a un Enfer sur Mars.

Mais finalement, nous ne sommes pas là pour avoir un scénario profond, on s’en fiche, si on veut jouer à ce jeu, tout ce que l’on veut c’est écraser, anéantir, se défouler et exploser des monstres. Autant vous le dire, vous allez être servi. L’avantage, à titre subjectif, c’est que DOOM mixe bien le côté corps à corps pour dégager notre haine, et le côté armes à feu pour exterminer les démons avec classe. Vous avez certainement dû apercevoir au travers des vidéos de gameplay ces fameuses exécutions, appelées Glory Kill dans le jeu, eh bien rien n’aura autant révélé mon côté sauvage dans un jeu. Pour y parvenir, il faudra blesser un démon, quel qu’il soit, jusqu’à ce qu’il se mette en surbrillance pour pouvoir y faire cette exécution. Votre position par rapport à celui-ci déterminera un Glory Kill aléatoire. De devant, de derrière, d’en haut, d’en bas, l’emplacement déterminera le type d’exécution que vous souhaiterez faire subir aux ennemis.

DOOM révélera le démon qui est en vous !

Ces exécutions sont une part essentielle de la nervosité qu’apporte DOOM. Ce ressenti de haine lorsque vous déchirerez un ennemi sera couplé à des armes qui ne caresseront pas simplement l’ennemi. Aux chargeurs uniques (pas de rechargement dans Doom, c’est pour les mauviettes !), vous vous contenterez de foncer sur l’ennemi, l’affaiblir et prierez pour qu’il souffre assez sous un Glory Kill sanglant à souhait. C’est ça, l’élément fort de ce bon gros bébé ! De plus, au sujet de ces armes, elles se comptabilisent au nombre de 8, comprenant chacune d’entre elles 2 modules d’armes changeables à souhait après déblocage. De ce fait, on peut conclure qu’il y a 16 façons d’exterminer des démons. Ajoutez avec ceci deux armes spéciales aux munitions plus rares, mais aux dégâts colossaux, et vous obtiendrez un arsenal de destruction massif absolument génial et complet. Pistolet, shotgun, railgun… C’est trop bon !

Dans les années 90, le FPS était caractérisé par trois jeux phares de cette époque : Unreal Tournament, Quake et Doom. Ces trois FPS renfermaient un point commun essentiel à leur essence : le combat en arène, rendant une atmosphère déjà très nerveuse à cause du fait qu’il n’y ai pas d’échappatoire. Il fallait affronter l’ennemi de face, avec sa stratégie pour remporter le combat. C’est ici que nous avons été surpris avec DOOM. Le jeu regorge d’éléments similaires à ces ancêtres, en variant power-up, combats en arène et la niaque d’un FPS du genre. Le jeu comptabilise 4 power-up, étant l’invincibilité, le « Berserk » vous transformant en véritable machine de guerre qui one-shot n’importe quel ennemi, le « Quad-Damage » qui multipliera votre puissance par 4 et la « Célérité » qui accélérera tous vos mouvements.

La recette ne change pas, elle évolue. Sans parler des graphismes qui sont ultra satisfaisants, on y retrouve un défouloir vraiment démoniaque avec un arsenal complet pour dézinguer du satanisme sous une zone fermée, où nul ne peut s’échapper et seul le dernier survivant pourra progresser. Vous, de préférence.

On ne change pas une bonne recette

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Contenant une bonne flopée d’éléments propres à la série, ce reboot de DOOM ne fait que poursuivre et évoluer ce qui a été fait jusqu’à présent. En effet, nous évoquions donc le scénario plus haut avec l’importance des armes et de ce qui suit du jeu dans sa globalité. Mais dans ce reboot, il y a plusieurs éléments à aborder, et c’est délicat de le faire sans oublier quelque chose.

Parlons des démons. Le bestiaire n’est vraiment pas mauvais, on compte plus d’une dizaine de créatures différentes, mais quelque chose chagrine à ce sujet, c’est que nous les découvrons un peu trop vite. A peine la moitié du jeu parcourue, et vous aurez déjà rencontré tous les démons ! Mais bon, autant dire qu’avec les facultés de chacun, vous serez souvent confrontés à vous dire « Oh non pas lui, il fait trop mal », « Oh oui lui il est facile, il renferme beaucoup de vie ! ». Le nombre de ces satanés monstres à l’écran seront également très convaincant, de quoi sortir l’artillerie lourde et de crier des injures à tout bout de champ après avoir explosé ces atrocités.

Le level-design reste fidèle au genre. On démarre le jeu dans un vaisseau dévasté par les créatures, et automatiquement, nous sommes confrontés à des couloirs semblant être sans fin. Jusqu’à arriver une première fois en Enfer où là, c’est le kiff total assuré. C’est diaboliquement beau, et bien retranscrit, on se sent bien dans ce lieu qui regorge de monstres appréciant la souffrance, et ouvert qui plus est. Il y a tant d’élément qui nous font ressentir que l’on se retrouve bien dans la demeure de Satan : rites recouvrant chaque parois, architectures ornées de formes démoniaques, lieu vaste, luminosité chaude, ton rougeâtre et toutes ces plateformes volantes qui nous font savoir que nous ne sommes pas chez nous. En fait, c’est diaboliquement beau, oui.

Le jeu est assez ouvert dans son ensemble, même s’il arrive souvent de rencontrer des couloirs ne comprenant qu’une seule direction. Mais arrivé aux zones de combat, place à l’arène et au déluge. Évidemment, ce n’est pas tel qu’un véritable open world comme nous connaissons le genre aujourd’hui, mais disons que pour un FPS comme DOOM, et bien le jeu se montre pas si petit que ça !
Petite mention supplémentaire au sujet du moteur graphique id Tech 6 qui donne un rendu assez impressionnant sur un FPS de ce genre. Le rendu d’humidité et de sang est satisfaisant, et on apprécie voir les giclées et explosions de démons après décapitation.

Un reboot de qualité, sans hésitation !

Si le solo de DOOM m’a personnellement tenu en haleine, il n’en sera peut-être pas pareil pour certains. En revanche, s’il y a une chose qui reste bien réalisée, c’est la présence des collectibles variés et éparpillés dans chaque chapitre. Ceux-ci seront nombreux et particulièrement bien cachés, et pourront être retrouvés sur la carte (plutôt ergonomique, il faut le souligner) après amélioration de votre tenue.

C’est ici que le jeu se révèle intéressant : il contient de nombreux éléments d’améliorations. En plus de rencontrer parfois des machines comportant des modules d’armes (ceux qui vous donneront la possibilité d’avoir un tir secondaire), il sera possible d’améliorer ces modules par la suite grâce à des points gagnés par de nombreux moyens. Avec d’autres types de points que vous ramasserez sur des cadavres cachés, il vous sera également possible d’améliorer votre tenue, en plus de la santé, armure et munitions max portées. Ajoutez avec ces éléments quelques défis appelés « Épreuves runiques » à rechercher dans chaque chapitre, et à réaliser sous un temps imparti avec des restrictions imposées, et vous avez de quoi améliorer la durée de vie de façon conséquente.

Le jeu est porteur de 13 chapitres, et se termine approximativement entre 10 et 12h de jeu comme promis par ses développeurs. Cependant, en ramassant tous les items mis à disposition dans le jeu, vous devriez facilement en avoir pour de bonnes heures en plus. Ce n’est pas négligeable, quand on y ajoute un mode SnapMap de qualité et un multijoueur extrêmement nerveux. En plus, 5 modes de difficultés sont présents pour envenimer vos périples, dont le dernier intitulé « Ultracauchemar » qui mettra vos talents à l’épreuve. Une mort signifie la fin définitive de la campagne, vous serez bon à recommencer après ça. Voilà qui devrait donner du fil à retordre aux plus courageux !

Les modes secondaires

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Jouons la carte de la sobriété pour ces deux autres modes, car c’est ce qu’ils sont. Holà, cela ne signifie pas qu’ils sont mauvais, loin de là, mais il n’y a évidemment pas de quoi révolutionner le genre.

Le multijoueur est très efficace, on ne vous le cache pas. D’entrée, on y retrouve un menu plutôt mal pensé, il faut tout de même l’admettre, car il n’y a aucune visibilité sur votre personnage. Disons que jusqu’ici, c’est le seul point faible. Mis à part ce petit défaut, on y retrouve un multijoueur jouissif, nerveux et explosif comme peu de jeux peuvent le proposer. Répétitif, mais authentique et inlassable, DOOM propose quelque chose de simple et efficace.

Dans ce mode, vous aurez la possibilité de créer vos classes parmi les armes proposées (une petite dizaine, mais chacune d’entre elles sont au top !) et surtout, la personnalisation de votre Space Marine qui prendra une place importante et essentielle. C’est ce qui fera la différence dans ce mode en ligne : votre avatar est supposé être unique. Vous pourrez personnaliser votre avatar de la tête au pied, en changeant de casque, plastron, bras et jambes. Au thème soldat ou démon, vous choisirez de créer ce qui sera votre protagoniste lors des parties multijoueurs. Une grande palette de choix sera mise à disposition, et de nombreux éléments seront à débloquer – y compris des couleurs mâtes, brillantes ou métallisées. Il sera même possible de définir l’usure de votre armure, et sa saleté. Suite à cela, vous pourrez également y mettre des motifs mis à disposition pour définir une bonne fois pour toute votre personnalité. Cerise sur le gâteau, les couleurs et motifs seront applicables également sur toutes les armes de vos classes. Bref, vous devriez avoir le choix d’être unique.

Un multijoueur authentique et un mode SnapMap efficace

Mais hormis ce statut de personnalisation, qu’en est-il des modes et de l’expérience en ligne ? Tout simplement au top. Les statistiques comptant 50 levels avec des prestiges, vous serez en mesure de vous plonger dans 6 modes de jeux avec un peu plus de cartes. Bon, cela pourrait paraître un peu trop maigre en contenu, mais disons que ces modes, si l’on exclue le match à mort, sortent de l’ordinaire en proposant par exemple un mode Sentier de la guerre étant une capture de point étant en mouvement en permanence, ou encore le mode Moisson d’âmes qui fait son effet en proposant toujours un démon incarné par un joueur présent dans la partie.

D’ailleurs, c’est ici que le charme surgit. Chaque partie sera dynamique, mais sera envenimée avec la présence quasi-permanente d’un joueur incarnant le démon. Dans la plupart des cas, le tuer fera apparaître une rune qui donnera la possibilité à celui qui la récupère de prendre place à cette forme démoniaque. Cependant, on ne regrettera la simple présence de 5 démons jouables… en espérant en avoir un peu plus dans du contenu supplémentaire.

En bref, le mode multijoueur n’est pas à laisser de côté, et nous vous recommandons tout de même de passer y jeter un coup d’œil.

Puis vient le mode SnapMap, qui aura tant été attendu et aura attiré les questions de certains. Ce mode est donc un éditeur de niveaux, ce qui signifie que vous pourrez de votre côté créer votre mission, votre « mini jeu » avec le moteur et les graphismes de DOOM. Qu’on se le dise de suite, ce mode rajoutera de très nombreuses heures de jeu à ce reboot. En effet, avec une facilité de création de mode de jeux, il vous sera aisément possible de réaliser des modes de jeu de survie, de free-run, d’objectifs en coopération ou solo et tout un tas d’autres folies (je suis même tombé sur un niveau musical… Toujours original !).

Le nombre de niveaux jouables est déjà conséquent à l’heure où l’on écrit ces lignes, et le fait de pouvoir retrouver les niveaux les plus joués ou les mieux notés séparément nous offrent la possibilité de jouir du meilleur contenu facilement, sans passer par ceux étant raté ! Comment ne pas tomber sous le charme ? Il est à savoir que DOOM contient un Season Pass qui devrait apporter du contenu en multijoueur, et pourquoi pas, dans le SnapMap pour enrichir de façon conséquente son contenu.

A titre subjectif, ce DOOM est l’un des rares jeux qui m’ont fait dire des injures de plaisir à voix haute. Avec ce respect de la licence dans un jeu bourrin blindé de sang et gore à souhaits, il se révèle très convaincant avec une durée de vie très honorable et très bonne rejouabilité. Sincèrement, il serait une erreur de passer à côté de ce Fast-FPS ayant donné naissance au genre que l’on connaît aujourd’hui, d’autant plus que celui-ci se révèle particulièrement fun et promet de belles heures devant sa console grâce à un mode multijoueur dynamique et plaisant, et d’un mode SnapMap très créatif et accessible. Une vraie pépite en soi. 

8 10

Points positifs

  • Une parfaite durée de vie (~10-12h)
  • Des démons partout à souhait...
  • Une parfaite rejouabilité
  • Une campagne plutôt bien rythmée
  • L'easter egg clin d'oeil au premier DOOM !
  • Un SnapMap complet, accessible et addictif
  • Un multijoueur dynamique...
  • L'Enfer

Points négatifs

  • Des temps de chargements un petit peu longs
  • ... mais qui manquent parfois d'originalité
  • Une fin trop rapide !
  • Un corps à corps parfois mal calibré, hors Glory Kills
  • Un léger manque de modes de jeu en ligne
  • Une bande-son pas assez présente
  • La VF manque de ton
  • ... qui manque un petit peu de contenu
  • Une progression multijoueur trop rapide
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