Test Dawn of the Monsters – La référence en matière de kaijus ?

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Depuis le film Gojira (1954) de Ishirô Honda, le terme de kaiju s’est popularisé au point de devenir un genre culturel à part entière, particulièrement au Japon.  Et au cinéma surtout, mais pas que. Le phénomène manga, Kaiju N°8, dont nous avons déjà parlé sur le site, est un bon exemple d’œuvre du genre. Si dans le jeu vidéo, plusieurs titres se sont aventurés sur le terrain avec des qualités pas toujours au rendez-vous, Dawn of the Monsters compte bien rattraper le coche avec une proposition qui, sur le papier, semble bien prometteuse. Notez que des éditions limitées sont actuellement disponibles en précommande, et ce jusqu’au 3 avril.

Développé par 13AM Games et WayForward, qui édite également, Dawn of the Monsters est un Beat’em Up à scrolling horizontal en 2,5D. En plus de s’inspirer visuellement des mangas, la particularité du titre est bien de mettre en scène des affrontements de kaijus. Avec en prime, la possibilité de jouer deux personnages inspirées de héros de Tokusatsu (Ultraman, Kamen Rider, etc).

Les développeurs ne sont pas les premiers à proposer le concept, SNK l’ayant déjà plus ou moins fait en 2002 avec Godzilla : Domination sur Game Boy Advance. Titre sur lequel travaillait déjà WayForward d’ailleurs. Néanmoins, les équipes de 13AM Games ont clairement plus d’ambitions, notamment celle de se détacher d’une seule référence pour proposer un univers unique. N’hésitant pas à brasser dans tout ce que le genre a à offrir.

Condition de test : Jeu testé sur PS4. Nous avons terminé la totalité des missions de l’aventure et passé du temps avec chacun des personnages qui composent le roster, pour un temps de jeu avoisinant globalement les 6 heures, à peine plus.

Les envahisseurs de l’espace

Danw of the monsters tag

Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons que plusieurs artistes reconnus ont participé au projet. Ainsi, le célèbre Shinji Nishikawa, qui a travaillé sur des films Godzilla, a créé un boss pour l’occasion. Citons également Yuji Kaida, connu pour ses illustrations sur Ultraman, Gamera ou encore Ghouls n’Ghosts. Enfin, Matt Frank, dessinateur de BD Godzilla et Transformers a lui aussi été sollicité. Des collaborateurs qui attestent du désir des studios d’offrir une touche esthétique singulière à leur jeu. C’est pourquoi Dawn of the Monsters propose un style graphique inspiré du manga, que ce soit sur le bestaire ou le roster.

L’aspect BD va également apparaître dès le menu principal découpé en cases. Un rendu qui fonctionne très bien en plus d’apporter de la plus-value au concept et de se démarquer de la concurrence. En pleine partie, des onomatopées viendront investir l’écran et nous rapprocher toujours plus du parti pris manga. Les effets visuels vont dans ce sens, l’ensemble garde de la cohérence. Concernant l’histoire, elle sera essentiellement concentrée sur des dialogues façon Visual Novel. En outre, des compléments narratifs seront accessibles via une rubrique du menu principal. Ces dialogues optionnels donnent des informations utiles à la compréhension de l’univers du jeu. Ainsi que vis-à-vis de la personnalité des personnages.

Plusieurs éléments sont aussi regroupés dans des archives qui vous donneront de plus amples détails sur les protagonistes, les montres croisés et sur des sociétés impliquées dans le scénario. Dawn of the Monsters distille un récit sympathique et très inspiré des kaiju-eiga dont les rapprochements sont clairement visibles. Précisément d’un point de vue thématique. Bien que l’intrigue ne soit pas très originale, elle a le mérite de reprendre fidèlement les thématiques généralement abordées par les œuvres mettant en scène des kaijus, et de s’en servir pour façonner son propre lore.

De surcroît, la propension des kaiju-eigas, et autres œuvres affiliées, à mettre en avant des thèmes très en phase avec leur époque se retrouve aussi dans Dawn of the Monsters. Un soft qui n’hésite pas à se référer à la crise écologique toujours d’actualité en 2022. La petite différence, c’est qu’on parle ici de nephilim plutôt que de kaiju, bien que la représentation soit la même. Ces créatures ont envahi la Terre et vous devrez les éliminer. En tant que membre du DAWN (Defense Alliance Worldwide Network) vous pourrez partir sur le champ de bataille en prenant le contrôle de deux méchas, Tempest Galahad et Aegis Prime, ou bien deux créatures que sont Megadon et Ganira.

La guerre des monstres

Dawn of the monsters boss punch

Malgré un roster limité à quatre personnages jouables, ce dernier profite heureusement d’une réelle diversité. Chacun dispose de ses propres capacités et va se jouer d’une façon différente, ce qui les rend complémentaires. Megadon, sorte de dinosaure mixé avec Godzilla, est le plus polyvalent du groupe. Il peut brûler les ennemis et créer de violentes explosions. Le second kaiju Ganira, un crustacé géant, est potentiellement le personnage le plus facile à manier. C’est aussi un très bon choix en solo, étant donné que vous pouvez ralentir vos opposants, les attirer vers vous, mais surtout invoquer une petite créature pour vous épauler.

Côté mecha, entendez par là qu’un humain pilote un robot de l’intérieur à l’instar d’Evangelion, nous avons Aegis Prime spécialisé dans le combat rapproché. Membre le plus rapide, son gameplay met l’accent sur les combos. Quant à Tempest Galahad, il peut être vu comme le plus difficile à prendre en main du fait qu’il privilégie les attaques à distance via une une arme à feu. De façon générale, la prise en main est relativement simple, les mécaniques sont expliquées avec clarté et délivrées au compte-gouttes. Avec seulement trois boutons pour les coups, une esquive et une garde, on manie vite le jeu. Mais le gameplay de Dawn of the Monsters se veut plus complet qu’il n’y paraît.

Si nous ne sommes pas avec la profondeur d’un Streets of Rage, dont le titre s’inspire en partie, il est tout de même possible de réaliser quelques combos plutôt cools, particulièrement en coopération. Le panel de coups est limité, mais cela a au moins le mérite de ne pas complexifier le jeu. En plus de vos attaques normales, vous aves des coups spéciaux, trois par personnages, qui se déclenchent en position de garde et consomment de la barre de rage. Barre de rage qui va se remplir en fonction des dégâts reçus et infligés. Qui plus est, l’utilisation d’une attaque de rage va augmenter une autre jauge, celle qui donne accès à une attaque cataclysmique.

La boucle de gameplay autour des jauges est simple et efficace. Le jeu est bourrin et nous incite intelligemment à user de toutes nos capacités et techniques pour venir à bout des kaijus adverses. En outre, il y a aussi un système de finish move stylé, qui exécute un ennemi de manière jouissive. Mais ce n’est pas tout puisque ces exécutions, réalisables seulement quand l’ennemi n’a plus de vie, vous redonneront des points de vie. En dehors de rares fioles de santé disséminées dans les niveaux, c’est votre seule option pour vous régénérer. Enfin, en combat il est possible de chopper des morceaux de buildings pour agresser les créatures avec. Un petit plus gratifiant nous faisant profiter de villes entièrement destructibles. Ce qui fait sens avec la proposition du jeu. On regrettera des soucis de lisibilité assez récurrents, surtout sur les derniers niveaux.

Gunbuster

Dawn of the monsters elimination

Avec seulement quatre zones géographiques disponibles, Toronto, Igauçu, Le Caire et Tokyo on fait malheureusement vite le tour de l’aventure, mais aussi des décors et de situations de jeu. La direction artistique fonctionne super bien mais manque un peu de détail pour être plus immersive. Si chaque ville amène une teinte colorimétrique et une ambiance finalement différente, il n’en reste que leur construction, en terme de décors et de level design, est trop générique et ressemblante d’un lieu à l’autre. Un Beat’em Up étant par nature répétitif, avec le manque de diversité dans les situations cette redondance va vite s’en trouver exacerbée, plus que chez la concurrence.

Ceci étant, Dawn of the Monsters trouve son rythme, avec des missions expédiées en 10 minutes, ne laissant pas vraiment le temps de se lasser, surtout en coopération. Il faut avouer qu’en solo le soft est moins engageant. Par ce manque de contenu, le bestiaire, aussi réussi soit-il visuellement, est également limité dans sa diversité. On a trop souvent l’impression de revivre les mêmes séquences de jeu avec les mêmes antagonistes. Constat également mitigé concernant les boss. Aussi expéditive que sont la trentaine de missions qui composent l’aventure, force est de constater que le recyclage est de mise et qu’il peut peser. Sans compter le faible roster dont on fait rapidement le tour.

Entre ça et les décors post apocalyptiques redondants, difficile d’y voir une rejouabilité. Quand bien même un système de notation à la PlatinumGames et les nombreuses modifications ADN que l’on débloque après chaque mission et qui peuvent être équipés à nos personnages afin de les améliorer. Ce faisant vous pouvez bénéficier de bonus de divers et variés qui vont pimenter un minimum votre expérience. Un système plutôt gratifiant qui vous récompensera proportionnellement à votre note obtenue (S+ étant la note maximale). Dommage que le jeu n’incite pas plus à leur utilisation. Il n’y a qu’en rencontrant un peu de résistance qui nous viendra l’idée d’améliorer ses personnages.

Or Dawn of the Monsters est un peu trop facile, ne proposant pas vraiment de challenge, pas même en solo. Vous gagnerez aussi de la monnaie dans le jeu afin d’acheter quelques boost de santé ou des cosmétiques, certains rendant explicitement hommage à des personnages connus de films et/ou de mangas. En revanche, l’OST est bien trop en retrait et redondante. A l’inverse, le sound design fonctionne mieux et apporte un peu d’intensité aux affrontements de Dawn of the Mosnters qui en manquent quand même un peu. On ne ressent pas forcément toute l’ampleur de ces combats de titans.

Visuellement, avec cette patte manga et le chara design qui en découle, ou bien dans son concept de Beat’em Up 2,5D mettant en scène des combats de kaijus, Dawn of the Monsters propose une expérience satisfaisante qui respire la passion. Même si le contenu est aux abonnés absents et que le roster est limité, le tout est maîtrisé et les personnages offrent des gameplay différents et complémentaires. Même le scénario reste plaisant à suivre et pullule de références. Cependant, le jeu ne parvient pas à sortir d’une répétitivité ici plus présente que dans d’autres licences du genre. Sur ce point, la faible durée de vie du soft permet de ne pas trop en subir le revers, même si les situations se répètent. Agréable à prendre en main, Dawn of the Monster est sans doute le meilleur titre mettant en scène des kaijus. Par contre, difficile de pleinement s’amuser en solo, la faute à un certain manque d’intensité et d’un challenge inexistant.

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

  • Un système de personnalisation intéressant...
  • Une direction artistique qui fonctionne très bien
  • Un roster stylé, diversifié et complémentaire
  • Le concept d'affrontement de kaijus
  • Un gameplay simple et efficace, qui révèle toute sa richesse en coopération
  • ... Mais trop sous exploité pour pleinement convaincre
  • Seulement quatre personnages jouables
  • Des coups et des capacités limités
  • Une bande-son anecdotique
  • Une absence de challenge et d'intensité
  • Le manque de contenu
  • Une répétitivité mal gérée avec des décors et des situations qui peinent à se renouveler
  • Quelques soucis de lisibilité
7
  • PC
  • PlayStation 4
  • PlayStation 5
  • Stadia
  • Switch
  • Xbox One
  • Xbox Series X | S

Dawn of the Monsters

A propos de notre notation

L’avis de la rédaction

Membre Actugaming.net

Malgré une déception évidente sur mes parties solo et sur la répétitivité mal négociée du titre, j'ai trouvé l'expérience sympathique, en plus d'avoir ressenti une réelle passion, un vrai amour des développeurs pour les kaijus. Si je reste sur ma faim au vu des ambitions et des qualités présentes. Dawn of the Monsters méritait d'aller encore plus loin dans sa proposition, mais il reste un bon défouloir qui tranche avec ce que l'on a l'habitude sur la scène du Beat'em Up.

Neomantis Dee
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