On le surveillait de loin depuis plusieurs mois, avec son esthétique colorée proche des films d’animation et son gameplay infiltration/plateforme qui ferait assurément mouche pour les amateurs et amatrices du genre. Darwin’s Paradox! est enfin disponible, depuis le 2 avril dernier, sur PC, PlayStation 5, Xbox Series X/S et Nintendo Switch 2. Le jeu des Français de ZeDrimeTim semble vouloir hériter de la formule éculée des Little Nightmares en switchant toutefois de décor pour nous proposer une chasse aux aliens des plus cocasses.
Après avoir proposé une démo sous la bannière des jeux Metal Gear Solid (l’éditeur du jeu étant Konami, ceci explique cela) plutôt convaincante par ailleurs, le jeu avait encore fort à prouver, notamment concernant sa narration, son accessibilité, mais également ses prouesses techniques. Alors, la loufoquerie a-t-elle des limites manette en mains ? Nous avons testé pour vous ce qui s’apparente à une aventure aussi enivrante qu’énervante.
Conditions de test : Nous avons terminé intégralement l’aventure de Darwin’s Paradox! en un peu moins de 8h sur PlayStation 5 Pro en collectant tous les extras.
Sommaire
ToggleUne production singulièrement attachante

Paris, 2026. Le studio ZeDrimeTim (ZDT Studio) s’apprête à lancer Darwin’s Paradox!, leur première production, épaulé par Konami. Fondé par Romuald Capron (ex-directeur d’Arkane Studios à Lyon), Cédric Lagarrigue (fondateur et ancien patron de l’éditeur Focus Home Interactive), Mika Tanguy et Gilles Aujard (issus du monde de l’animation et du cinéma) en 2022, le studio parisien nous propose ce printemps Darwin’s Paradox!, développé sous l’Unreal Engine 5. Le studio entend faire valoir ses talents directement dans la cour des grands, avec un jeu de plateforme plus exigeant qu’il n’y paraît, tout en proposant un univers aussi décalé qu’absurde sous fond d’invasion extraterrestre.
Dans Darwin’s Paradox!, on incarne Darwin, une pieuvre dotée de capacités équivoques qui lui serviront grandement au fil de son aventure. En balade avec son ami qui lui enseigne tout ce qu’une bonne pieuvre doit savoir, celui ou celle-ci se fait enlever par ce qui semble être un faisceau verdâtre étrange. On comprend rapidement qu’une soucoupe volante vient de sévir et qu’il devrait y avoir de la pieuvre au dîner. Après cette courte introduction ayant permis d’apprendre les rudiments de ce qui sera le gameplay évolutif de Darwin’s Paradox!, nous voilà en quête de retrouver notre pieuvre adorée en traversant de mystérieux complexes, nous faisant prendre conscience que le danger ne viendra pas que des profondeurs abyssales de l’océan, alors même que Darwin aura perdu presque tous ses apprentissages une fois seul.
Pour vous résumer la situation, des êtres humanoïdes ayant pris l’apparence des humains classiques construisent à tour de bras de quoi prendre l’ascendant sur notre planète. Notre pieuvre va plutôt subir cette situation et nous montrer ce qui se trame, en tentant de retrouver la trace de son ami(e), plutôt que d’empêcher leur progression, même si nous vous laisserons le plaisir de découvrir toutes les nuances de cette dernière constatation. Le tout prendra place dans ce qui nous rappellera une épopée façon Le Monde de Némo, pour celles et ceux qui ont la ref.
L’aventure, bien que globalement muette, parviendra à faire transparaître une palette d’émotions de la part de notre octopode, aussi vulnérable que courageux, aussi inconscient que déterminé. Darwin va alors retrouver progressivement la mémoire de ce que son mentor lui aura appris, pour retrouver l’entièreté des capacités qui lui sont vouées, comme l’accrochage à n’importe quelle paroi (si tant est que l’on soit « sec »), la possibilité de lancer de l’encre pour effacer un court instant ses traces, mais surtout la capacité de se camoufler pour échapper aux yeux aguerris de ces envahisseurs qui portent bien leur nom.
Caille ocho

Nous ne vous en dirons pas beaucoup plus sur le scénario de Darwin’s Paradox! en tant que tel pour vous laisser le plaisir de la découverte. Ne vous attendez toutefois pas à du grand Shakespeare, l’histoire étant assez sommaire au final, mais s’avérant plaisante à suivre, même si on ne pourra pas passer à côté d’une certaine répétitivité des actions, notamment à la fin, qui arrive d’ailleurs de manière trop abrupte (mais genre vraiment). Une fin qui parvient à vous extirper de ce monde enchanteur en un total de 6 à 9h de jeu en fonction de vos skills, puisqu’il s’avérera que l’aventure ne sera pas si facile que cela, bien au contraire.
On ne s’en doutait guère au moment de lancer l’aventure et même après avoir fait la démo lancée il y a quelques semaines, mais de nombreuses séquences, souvent à la suite, vous feront échouer : trop de précipitation, mauvaise observation, mauvais timing, vous allez avoir la vie dure si vous ne prenez pas le temps d’analyser chaque situation, ou si la chance ne se trouve pas de votre côté. Mouette acharnée (du nom de Steven Seagull, ahah), bombes sous-marines, atelier pâtisserie qui tourne mal, poisson lanterne, lasers inéluctables, rats affamés, etc., autant de dangers que de sources de morts éventuelles, pour notre plus grand désarroi par moment. Un aspect die & retry qui ravira pour autant une grande partie des joueurs et joueuses à la recherche de gratification salvatrice.
Heureusement, le jeu nous met à disposition de nombreux points de sauvegarde, et permet de relancer des chapitres entiers si l’on passe à côté de collectibles, sous forme d’affiches loufoques expliquant davantage comment ces « bêtes » humains se sont fait annihiler par une espèce supérieure à la tête d’une société de production alimentaire. L’essentiel de la progression se fera par la compréhension de votre environnement, des énigmes qui vous bloquent la route, et par de nombreuses phases d’infiltration se soldant souvent par une fuite inéluctable. Le jeu se veut quand même tolérant par moments, en vous laissant une seconde de répit pour vous reprendre avant de signer votre arrêt de mort. Mais globalement, oui, il vous faudra un certain niveau ludique pour y arriver, brisant ainsi les espoirs d’en faire profiter les plus jeunes. Néanmoins, pour toute l’expérience de jeu, Darwin’s Paradox! mettra à votre disposition des aides en jeu directement accessibles en restant appuyés sur le pavé tactile de la DualSense, afin de vous aider à trouver la solution à la situation en cours.
Quelle ingéniosité !

C’est un peu le commentaire que l’on s’est maintes fois répété durant nos sessions de jeu. Une aventure ingénieuse, finement pensée, qui ne laisse rien au hasard, si ce ne sont vos propres compétences à survivre et à échapper à des pièges toujours plus retors. Mais nous avons surtout constaté à quel point le studio avait pensé à imaginer des animations de mise à mort presque pour chaque zone traversée (nous avons juste testé pour les besoins du test, ok ?). Nous avons notamment été subjugués par la finesse des animations globales de notre poulpe, qui répondait aux tentacules et à l’œil, chaque tentacule s’appliquant à progresser sur les diverses surfaces traversées, quel que soit le thème principal du niveau traversé, hormis peut-être le niveau « Nouvelle apparence », trop lourd.
Plusieurs biomes seront à traverser, en allant du port ouvrier à l’usine de production, des fonds marins abyssaux au quartier général des envahisseurs ; l’ensemble bénéficie d’une cohérence assez incroyable, rendant encore plus solide l’aventure déjà fort prometteuse sur le papier. Une prouesse artistique, maintes fois répétée dans nos pensées, qui vient sublimer l’expérience déjà solide, même si Darwin’s Paradox! n’a rien de la claque graphique. Restent les problèmes de lisibilité assez marqués. Darwin’s Paradox! faisant le choix de se dérouler uniquement en défilement horizontal avec pas mal de verticalité, il se pourrait que vous confondiez les différents plans (notamment ceux situés juste derrière l’action), tandis que trouver les sorties dans des endroits sombres pourrait s’avérer quelque peu problématique.
On aurait également aimé des temps de réapparition légèrement plus courts, surtout en cas de morts répétées, tandis que ces dernières mettront en lumière une bande-son trop répétitive pour chacune de ces séquences, dommage car cela en deviendrait presque entêtant à la longue. Tant que l’on en est à parler du sound design, nous aurions aimé voir davantage de folie dans les bruitages et autres musiques lors de séquences burlesques, tandis que nous avons trouvé les cinématiques parfois trop abruptes et pas toujours suffisamment soignées. Rien de rédhibitoire quand on voit la qualité de l’ensemble, mais il est vrai qu’une pointe de cartoon en plus n’aurait pas été de refus, étant donné le thème, l’univers et surtout l’animation génialissime de l’ensemble.
Terminons avec l’aspect technique de Darwin’s Paradox!, quasi parfait. Pendant les trois premiers quarts de l’aventure, nous n’avons rencontré aucun bug ni aucune manifestation technique hors du cadre. Cela s’est malheureusement gâté dans le dernier quart du jeu, qui nous a fait enchaîner crash sur crash le temps d’un chapitre, sans vraiment en comprendre les raisons. Heureusement, après avoir relancé la fin du chapitre précédent, tout est rentré dans l’ordre, nous faisant perdre au passage de précieuses dizaines de minutes mais nous permettant de vivre la fin de l’aventure de notre poulpe égaré. Côté DualSense, pas de folie à ce niveau, mais nous nous y attendions, dommage car nous aurions adoré profiter du haut-parleur et des vibrations haptiques pour ce genre de courte aventure.
Cet article peut contenir des liens affiliés














