Test Apex Construct – Une aventure en VR pas exempt de défauts

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Apex Construct, c’est un peu le jeu tout en réalité virtuelle de Fast Travel Games qui s’est fait étonnamment tout petit lorsqu’il a été annoncé. Et en ce 20 février, voilà que le jeu d’aventure s’apprête enfin à sortir sur le PlayStation VR, en attendant que le soft atterrisse le mois prochain sur HTC Vive et Oculus Rift. Finalement, on ne peut pas dire que le soft est étincelant, loin de là.

Au sujet de Fast Travel Games, et si le nom de ce studio ne vous dit franchement rien c’est normal. Ce dernier a été créé il y a peu, et compte dans ses rangs un certain Erik Odeldah, directeur créatif du studio, et qui était auparavant le directeur de la conception sur le sympathique Mirror’s Edge : Catalyst, lorsque le bougre était chez DICE à l’époque. Aujourd’hui, le voilà chez le studio nouvellement créé Fast Travel Games, qui a donc conçu un titre post apocalyptique où des robots prennent les rênes du monde, Apex Construct. Même si on sent que le titre transpire de bonnes idées, il n’en reste pas moins exempt de défauts.

Le dernier homme sur Terre contre des intelligences artificielles

Test Apex Construct

Dans Apex Construct, vous incarnez pour le coup le dernier humain sur cette bonne vieille planète Terre. Vous vous faites réveiller d’ailleurs par une intelligence artificielle nommée Fathr. Ce dernier vous apprend que le monde n’est plus ce qu’il était jadis, et vous allez devoir faire face à bon nombre d’ennemis robotiques, sous la houlette de Mothr, une autre intelligence artificielle.

C’est que débutera donc votre quête en compagnie de l’intelligence artificielle Fathr, de mettre hors d’état de nuire la méchante Mothr. Première chose que l’on pourra amèrement regretter, c’est l’histoire en elle-même, pas véritablement fouillée, malgré de bonnes intentions de départ. Vous aurez énormément de dialogue notamment avec Fathr qui vous parlera tout le long du jeu pour tenter de vous expliquer ce qu’il s’est passé, mais cela ne suffira pas une seule fois à rendre le scénario un tant soit peu intéressant.

Dans un premier temps charmeur, Apex Construct déchante vite avec une direction artistique peu inspirée et répétitive.

D’ailleurs, là où l’on pourra tenter de comprendre ce qu’il s’est réellement passé, c’est en lisant les divers documents et divers enregistrements audios. En effet, vous trouverez assez souvent dans le titre des ordinateurs, où vous pourrez accéder à divers fichiers qui vous en apprendront un peu plus sur ce qu’il s’est passé jadis. La relation entre les deux intelligences artificielles est au passage plutôt intéressante dans un premier temps, mais on s’aperçoit que ces deux personnages sont finalement plats et peu intéressants. Pour la fin du jeu c’est aussi la même chose, elle est juste totalement anecdotique et ne tente même pas de nous surprendre, dommage.

Petit déception concernant la trame d’Apex Construct, qui n’arrange pas ses affaires dans sa direction artistique manquant un peu d’identité. Si les premiers décors que nous apercevons sortent un peu de l’ordinaire et nous plonge véritablement dans une planète Terre littéralement sans dessus dessous, on déchante assez vite par son manque d’inspiration. On a clairement l’impression d’être sur une sorte de Horizon bis, sauf que le bestiaire des robots est sensiblement différent, et aussi très peu varié pour le coup. On pestera également sur le fait que le level-design du soft est d’une répétitivité sans nom au niveau des décors. Effectivement, sur les douze niveaux disponibles dans les soft, vous retrouverez au moins cinq décors différents. Car les autres niveaux vous emmèneront à chaque fois sur les niveaux précédents, mais pour aller dans une zone différente à laquelle vous ne pouviez pas accéder précédemment. On retrouve pour le coup un sentiment de répétitivité extrême, et dommage que Fast Travel Games n’ait pas apporté un peu plus de variété sur cet aspect-là.

Un vrai jeu VR mais… truffé de défauts

Test Apex Contruct

Avant toute chose, si vous voulez jouer à Apex Construct, vous serez dans l’obligation d’avoir sur vous des PlayStation Move. Car effectivement, le titre, que nous avons testé sur le PlayStation VR – le jeu sortira d’ailleurs dans un mois sur HTC Vive et Oculus Rift, Sony profitant pour le coup d’une exclusivité d’un petit mois – ne sera jouable qu’uniquement avec les deux Move. Chose qui plus est assez intéressante, sachez que vous pourrez utiliser un système de téléportation comme avoir la possibilité de vous déplacer de manière traditionnelle. Voilà qui laissera l’embarras du choix aux joueurs, et cela devrait faire plaisir aux gamers allergiques au système de téléportation pour progresser dans les jeux VR. Mais il faut le reconnaître, ces deux types de jouabilité sont assez utiles, surtout si vous avez du mal à avancer normalement à cause d’un bug – nous y reviendrons plus tard -. D’ailleurs, notez que vous pouvez jouer en position assise ou debout, et nous vous recommanderons d’y jouer debout si vous avez la place chez vous car la jouabilité debout est assez bridée de notre point de vue, notamment lors des combats.

Côté jouabilité pour le coup, Apex Construct mélange quelques casse-têtes, ainsi que du combat contre de vilains robots pas très accueillants. Pour vous défendre, vous serez armé d’un arc qui peut également faire office de bouclier pour vous protéger des attaques ennemies. Votre arme aura d’ailleurs trois types de flèches à savoir la flèche basique, électrique ou explosive. L’utilisation de l’arc est tout bonnement jouissive avec le PlayStation Move, et nos mouvements sont reconnus de manière totalement fluides et sans véritable accrocs quand la PlayStation Camera est bien calibrée. Les combats contre nos tas de ferraille ne sont en revanche pas de tout repos car ceux-ci sont assez nerveux, et vous demandent de bouger énormément pour éviter leurs attaques, lorsque votre bouclier doit se recharger. L’aspect stratégique rentre aussi en ligne de compte, dans la mesure où vous devrez trouver le bon angle pour terrasser vos ennemis robotiques, et ne pas vous laisser enfermer et tuer par ces derniers. Ils ne seront en général pas très nombreux en mode normal, mais il faudra faire attention et rester attentif, même si l’I.A. reste à revoir au niveau de la finition, car elle peut parfois partir totalement en vrille comme se coincer dans une partie du décor, foncer sur vous tête baissée, ou encore rester parfois figée… Dommage car les combats restent sympathiques dans l’ensemble, mais ce soucis vient entacher l’expérience significativement.

Outre les combats, vous devrez parfois vous casser la tête pour progresser dans les niveaux. En effet, vous devrez en général résoudre des énigmes beaucoup trop souvent à base de codes, que vous devrez rentrer par la suite manuellement avec vos petits doigts sur des terminaux, et ainsi ouvrir les diverses portes et y récupérer l’objectif de mission, et rentrer dans votre Q.G., dont nous y reviendrons un peu plus loin. En général pour les trouver, il faudra fouiller les zones en question, et trouver soit un calepin vous donnant le code, voire farfouiller dans les ordinateurs, en tapant sur le clavier mis à disposition, et ainsi y trouver son bonheur dans les nombreux fichiers. Cela est amusant dans un premier temps, mais taper sur le clavier virtuel avec les PS Move devient vite un enfer, car le calibrage part trop souvent en cacahuète à cause des limitations techniques du PSVR au niveau de son calibrage. De plus, il faut bien admettre qu’hélas, les énigmes ne volent jamais bien haut car vous devrez en permanence fouiller les moindres recoins de la zone et trouver le code pour avancer, et cela donne un aspect répétitif trop prononcé, voire redondant. Les objectifs sont également du même acabit, c’est-à-dire d’une répétitivité sans nom, et on regrette que Fast Travel Games n’ait pas eu un peu plus d’inspiration pour créer de la variété.

Le gameplay d’Apex Construct est bourré de bonnes idées et est même jouissif ! Dommage que la répétitivité le rattrape si vite…

Le studio Suédois a eu néanmoins la riche idée de nous permettre de refaire les niveaux. En effet, cela est rendu possible par un système de Q.G. en quelque sorte, où vous avez la possibilité d’améliorer notamment votre bouclier, arc, et les divers types de flèches. Ce sera en fait simpliste de ce côté-là car vous n’améliorerez votre équipement que par niveau uniquement, et les développeurs auraient dû proposer quelque chose de plus poussé. Pour upgrader votre équipement, vous aurez besoin de points de compétences, que vous récoltez sur les ennemis défunts ou les secrets que vous trouvez. En revanche, pour garder vos points de compétences durement acquis, vous ne devez pas mourir dans le niveau sous peine de les voir s’envoler définitivement. Bienheureusement, vous pouvez quitter le niveau en cours et récupérer vos points de compétences glanés pendant votre périple. Au-delà de ça, on retrouve quand même tout le côté immersif de la VR avec un bon paquet d’interactions avec le décor, et puis vous pouvez vous balader librement dans votre petit Q.G. pour faire ce que bon vous semble, et également checker la carte du monde, où vous pouvez sélectionner les divers niveaux que vous voulez faire, ou refaire.

Un système d’inventaire également immersif est aussi de la partie. En pressant la touche triangle du PS Move droit – le gauche vous permet de vous retourner -, vous affichez un inventaire holographique en trois parties. Le premier est votre inventaire avec huit emplacements, où vous pouvez y placer des canettes qui vous restaurent de la vie – elles sont achetables dans les niveaux via un distributeur de boisson en guise de boutique, une idée originale en somme -, et plein d’autres objets. Ensuite, vous avez une seconde partie où vous pouvez choisir votre arc, le type de flèche ou votre main en fonction de la situation. Enfin, il y a la dernière partie qui vous indique juste votre objectif en cours, et vos points de vie. L’inventaire holographique est une excellente idée pour nous immerger un peu plus dans l’univers d’Apex Construct, mais il est regrettable qu’il en devienne encombrant pour passer d’un type de flèche à un autre en plein combat, ou même pour sélectionner une canette pour se soigner alors que l’on est blessé. Dans le fond, l’idée est sympa mais en pratique, ce n’est pas aussi aisé que cela…

Et sinon, en combien de temps peut se terminer Apex Construct ? Étonnamment, et étant donné qu’il s’agit d’un vrai jeu d’action et d’aventure en VR, Apex Construct est vraiment long, et devrait satisfaire les joueurs. Il faudra compter au moins sept bonnes heures de jeu pour en voir le bout, voire un peu plus si vous coincez à certains passages, car le titre n’est pas facile en mode normal, mais cela reste gérable cependant. Pour 29.99 €, c’est une durée plus qu’honnête pour un titre VR car on ne le sait que trop bien, certains titres VR ne se terminent en général qu’entre 2 ou 3 heures seulement. Là, il y a clairement de quoi faire, et puis les joueurs pourront toujours revenir sur les niveaux déjà faits pour tenter de trouver tous les documents secrets et enregistrements audios, ou bien les secrets à dénicher.

Graphiquement agréable, avec une tripotée de bugs !

Test Apex Construct

Que ce soit sur PS4 pro comme sur PS4 classique, Apex Construct s’en tire assez bien visuellement parlant, à quelques exceptions près. En effet, on restera complètement sidéré par les différents retards d’affichage au niveau des textures assez hallucinantes, les bugs de collision, ou encore un moteur physique douteux. Tout cela vient noircir clairement le tableau alors que le titre, et malgré un aliasing omniprésent sur PS4 standard notamment, s’en sort relativement bien visuellement avec quelques beaux effets, et une patte graphique qui ne laisse pas indifférent. On ne sait pas réellement si ces soucis sont de la partie sur PS4 Pro mais en tout cas, préparez-vous à subir de nombreux bugs si vous possédez une PS4 classique. Cela dit, la fluidité en jeu sera toutefois irréprochable, et sera donc largement jouable rassurez-vous. Côté immersion enfin, le PSVR remplit comme toujours sa part du boulot avec un aspect immersif bien prononcé, et garanti sans motion sickness.

Pour le sound design, Apex Construct fait également le boulot. Les doublages de nos protagonistes robotiques que sont Mothr et Fathr sont d’excellente facture. Les musiques, même si elles se font discrètes sont de bonne qualité, mais elles ne nous marqueront pas plus que cela hélas. Par contre, il va falloir comprendre l’anglais sur le titre de Fast Travel Games car malheureusement, le soft sera uniquement dans la langue de Shakespeare. Nous ne savons pas si le soft se dotera d’un patch pour que le jeu puisse avoir au moins des sous-titres français.

Pour conclure, Apex Construct est définitivement un vrai jeu VR complet bien sympathique, mais qui reste néanmoins plombé par énormément de défauts. Car malheureusement pour lui, le soft est rattrapé trop vite par sa répétitivité sur ses mécaniques, et ne parvient jamais à sortir des sentiers battus pour proposer quelque chose de différent. L’histoire comme la direction artistique ne sont également que peu inspirées, alors que le début était plutôt encourageant. C’est regrettable, car le gameplay répond bien et sans fioriture – excepté quelques moments -, et nous avons tout de même des combats assez nerveux et fun. Et puis surtout, il s’agit là d’un jeu très complet en VR, et pas seulement une bête expérience comme au tout début de la réalité virtuelle. Pour une première du studio Fast Travel Games, le résultat est loin d’être raté, il est même honorable. Mais cela dit, Fast Travel Games, pour son prochain titre va devoir gommer les quelques imperfections dans le gameplay comme la technique, car les bugs sont hélas légion sur Apex Construct. Néanmoins, pour 29.99 €, le soft a le mérite de proposer un jeu complet, et surtout assez long pour en avoir pour son argent.

La note de l'auteur

Pourquoi contrarié ? Et bien, le titre de Fast Travel Games m'attirait beaucoup au premier abord, et je m'attendais à quelque chose de relativement solide et varié dans son approche. Mais finalement, et malgré que je me sois réjoui que le soft soit aussi long que je l'imaginais en terme de durée de vie, il m'a beaucoup déçu par son aspect répétitif beaucoup trop prononcé à mon goût, sans parler du calibrage qui devient un véritable enfer par moment. La direction artistique a été également une pointe de déception par son manque de variété et son bestiaire beaucoup trop faible pour s'y intéresser, comme son scénario d'ailleurs. En somme, il y a eu énormément de points négatifs pour ma part qui ont terni mon expérience sur ce jeu, alors qu'il y a pas mal de mécaniques qui fonctionnent pourtant. De mon point de vue il ne m'a pas plu sur énormément d'aspects mais pour 29.99 €, sachez que vous avez un jeu qui dure sept heures voire plus donc à vous de décider si vous voulez passer à la caisse ou non.

Matheus
d
Note du panda
7 10

Points positifs

  • Gameplay immersif avec beaucoup d'interactions
  • Les combats plutôt nerveux, stratégiques et jouissifs
  • Aucun motion sickness
  • On peut se déplacer librement comme en téléportation
  • La possibilité de refaire les niveaux précédemment faits
  • Acceptable graphiquement parlant
  • Bande-son mystérieuse et efficace
  • Tirer à l'arc est purement jouissif
  • Assez long et à un tarif convenable - 7h voire un peu plus pour 29.99 € -
  • Quelques puzzles à base de codes sympas...
  • Un système de compétences et de Q.G qui fonctionne...

Points négatifs

  • ... Mais le principe tourne vite en rond
  • ... Un peu trop simpliste
  • Direction artistique manquant un peu d'identité avec un bestiaire peu varié
  • L'I.A. qui manque de finition
  • Pas mal de bugs de collision, d'affichage et j'en passe
  • Level-design répétitif
  • Uniquement en anglais
  • Le calibrage devient un enfer pour taper sur un clavier dans le soft

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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