Test Resonance : A Plague Tale Legacy – Un changement qui surprendra à coup sûr

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7.5

Resonance : A Plague Tale Legacy a été dévoilé officiellement lors du Xbox Games Showcase. Il est le troisième opus de la franchise développée par les Bordelais d’Asobo Studio et éditée par Focus Entertainment.

Ce titre ne rejoint pas directement les deux premiers titres de la licence, il fait office de préquelle pour dévoiler les événements qui se sont déroulés 15 ans avant la tragédie de la Prima Macula. On s’éloigne alors de notre duo Amicia/Hugo pour se plonger dans le récit de Sophia ; la capitaine des contrebandiers.

Conditions du test : J’ai joué à Resonance : A Plague Tale Legacy pendant 16 heures sur PC, à partir d’une version envoyée par l’éditeur. Le jeu a été terminé avec la quasi-intégralité des ressources collectées.

Le temps amène la vérité à la lumière

L’histoire de Resonance : A Plague Tale Legacy éveillera en vous de nombreuses questions sur les événements qui y sont racontés. On souhaite savoir quel est le rapport entre ce spin-off et les deux titres qui mettent en lumière l’histoire d’Amicia et Hugo, on cherche à recoller les morceaux du passé de Sophia tout en essayant de comprendre l’évolution des relations, tout en se demandant les raisons qui ont incité à interpréter un récit mythologique si riche en informations.

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Resonance: A Plague Tale Legacy – Ambiance // Source : ActuGaming

Je ne vais pas vous le cacher ; j’étais vraiment sceptique. Je trouvais que l’histoire tirait sur la longueur et que mes nombreuses questions n’allaient pas avoir de réponses. Or, en arrivant au chapitre X, les pièces du puzzle se sont enfin assemblées pour que tout prenne un sens.

Si on peut croire que ce titre n’a aucun rapport avec l’histoire d’Amicia et Hugo, alors détrompez-vous. C’est criard de sens et de liens. Néanmoins, quelques points sombres viennent ternir cette clarté dans le récit de Sophia.

Le commencement est la moitié du tout

Sous le proverbe de Pythagore, je vais vous parler dans cette partie de l’évolution des personnages qui a mon sens peut sortir de nulle part.

Vous n’êtes pas sans savoir que nous incarnons Sophia dans Resonance : A Plague Tale Legacy. Ici, on explore le passé de notre contrebandière pour comprendre la manière dont elle s’est retrouvée confrontée aux mystères de la Prima Macula et son lien avec une ancienne malédiction. Ainsi, pour une raison qu’on vous cache, on se retrouve à vivre une aventure à cheval entre deux époques : le XIVᵉ siècle, lorsque Sophia est une jeune adulte, et la période minoenne.

Alors, une petite troupe de personnes va vivre avec elle cette aventure personnelle pour comprendre le lien forcé qu’elle entretient avec une figure emblématique de cette période de l’âge de Bronze.

Tandis que l’histoire évolue, bien que lentement, on remarque assez facilement que le lien entre les personnages est brouillon. Il y a une étape manquante, voire une fondation absente qui mène à certains développements qui ne s’expliquent pas.

Une majeure partie du temps, Sophia sera accompagnée de Leni. Et à l’inverse d’Amicia et Hugo, le lien entre les deux personnages n’est vraiment pas clair. Je n’ai pas ressenti cette alchimie qui m’aide à m’attacher aux personnages.

Je me suis attachée bien plus rapidement à un personnage que l’on perd très vite, alors que Leni nous suit tout le long de l’aventure. Elle est censée être le point d’ancrage de notre héroïne pour poursuivre cette dangereuse aventure, mais je n’y ai vu qu’un personnage tertiaire dont on aurait pu se passer.

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Resonance: A Plague Tale – Sophia // Source : ActuGaming

Mais, ce sentiment s’implante surtout parce que les chapitres de Resonance : A Plague Tale Legacy sont peut-être pas assez bien agencés : je pense qu’il aurait fallu un peu moins d’énigmes et moins de phases d’action pour ajouter plus d’éléments du passé pour instaurer des bases solides dans les relations entre les personnages.

On sait que Sophia connaît Leni depuis quelques années, avec un lien fort qu’on doit accepter qui est expliqué en une simple phrase lors d’une cutscene. Or, je ne pense pas que ce soit suffisant pour mesurer l’impact de ce fameux lien entre elles.

Fort heureusement, le lien entre Sophia, Thésée et l’antagoniste est clair, sachant qu’il évolue même très bien. Les événements qui se déroulent prennent lentement un sens et permettent d’expliquer finalement certains sentiments, voire ressentiments.

La victoire s’obtient par la réflexion, non par la force

Cette fois-ci guidée par l’une des maximes d’Euripide, je tiens à applaudir les équipes de développement pour les énigmes présentées lors de la première partie de Resonance : A Plague Tale Legacy. Prendre cette direction est vraiment pertinent, car les énigmes sont bien pensées. On ne ressent pas de lassitude lorsque l’on se creuse les méninges et on développe le sentiment de progresser avec Sophia dans sa quête de réponse.

Les aides apportées sont ingénieuses, car pas trop envahissantes et invitent malgré tout à se poser des questions. Concrètement, les aides nous donnent pas la solution directement, mais nous offrent la chance de réfléchir au problème différemment. C’est une façon intelligente de prendre par la main les joueurs, tout en les forçant malgré tout à faire preuve de logique.

Or, Resonance : A Plague Tale Legacy n’est plus seulement un jeu narratif, et encore moins un jeu d’énigme, c’est un jeu d’action malheureusement en mi-teinte à mon sens. Je trouve que le point noir du gameplay de ce jeu réside dans les combats.

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Resonance: A Plague Tale Legacy // Source : ActuGaming

On ressent le désir de vouloir faire les choses correctement, mais les combats sont mécaniquement trop rigides. Il y a une lassitude des affrontements, un développement des compétences personnelles de Sophia qui ne fait pas sens quand on progresse lorsqu’on comprend d’où elles proviennent.

D’ailleurs, il y a une absence d’asymétrie et de variété ; les adversaires ont des comportements identiques et aucun réel choix tactique ne s’offre à nous. Certes, nous allons avoir de nouveaux adversaires en progressant dans l’histoire, mais la lassitude reviendra de plus belle me donnant cette impression de simplement bloquer ma progression dans l’histoire.

À tout le moins, j’ai malgré tout apprécié les combats de boss. Bien qu’il y ait des animations d’attaques impossibles à annuler, le rythme est différent, plus corsé. Les combats ont un sens, notamment avec des éléments de narration qui viennent agrémenter le tout.

Concrètement, on a parfois l’impression de contrôler une poupée articulée sans âme qui répond plus ou moins facilement à nos actions. Il y a une grosse faiblesse dans les combats dans Resonance : A Plague Tale Legacy et j’ai trouvé qu’ils avaient uniquement très peu de sens à certains moments. Ainsi, pour la suite, nous pensons qu’il sera important de revoir ces mécaniques de jeu, car elles ne viennent pas embellir le titre, mais plutôt le rendre moins amusant.

Enfin, pour conclure sur le gameplay, parlons de la touche de survie indissociable de la franchise. Si les mécaniques de fuite manquent un peu d’évolution au fil de l’aventure, elles gagnent en liberté grâce à un level design plus ouvert. Plusieurs itinéraires sont souvent envisageables pour échapper à la menace, ce qui évite le sentiment d’être enfermé dans un couloir. Sans trop en dévoiler sur le contexte, ces séquences d’action intense surviennent régulièrement : elles risquent de frustrer les adeptes de l’exploration pure, mais sauront séduire les amateurs d’infiltration et de tension.

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Resonance: A Plague Tale Legacy // Source : ActuGaming

Rien n’est beau que le vrai

Quitte à emprunter une maxime à Protagoras, il faut bien admettre que Resonance : A Plague Tale Legacy déploie une superbe direction artistique et un sound design correct. Techniquement, il ne fait aucun défaut. L’île dans laquelle nous nous trouvons nous plonge directement en Crète, avec des panoramas incroyables et des détails sur les éléments antiques qui renforcent l’immersion. Les jeux de lumière sont sublimes et j’ai eu plaisir à visiter l’Île du Minotaure.

Bien que le jeu soit un couloir, avec l’absence totale de partie ouverte, on ne ressent pas cette atmosphère fermée. Au début, de nombreux buissons feront office de murs invisibles. Ils seront frustrants, voire bloquants, mais cette frustration s’éclipse doucement lorsque nous pénétrerons plus profondément dans le cœur de l’île.

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Resonance: A Plague Tale Legacy // Source : ActuGaming

Les développeurs ont toujours su créer des environnements puissants et cette maîtrise se remarque une nouvelle fois dans ce troisième titre. Aucun détail n’est mis de côté. Qu’il soit question des personnages, des détails apportés aux décors, aux vêtements, aux effets naturels de la nature, aux objets que nous ramassons… Resonance : A Plague Tale Legacy coche encore une fois toutes les cases pour nous propulser dans un monde réaliste et cohérent.

Et le tout est saupoudré d’une bande-son magnifique qui nous accompagnera partout tout le long de notre aventure. Les moments forts sont tous accompagnés par une musique lourde de sens par son écriture et renforcent les émotions des scènes que vous allez vivre.