TEST. Kona – Petite balade surnaturelle au Nord du Québec !

Par le studio Parabole, Kona est un jeu d’aventure avec une petite ambiance surnaturelle qui n’a pas énormément fait parler de lui, que ce soit de son annonce jusqu’à sa sortie officielle. En tant que jeu indépendant, Kona se révèle-t-il être finalement une assez bonne surprise made in Québec ?

Kona est donc le premier jeu d’aventure développé par les p’tits gars de Parabole, et nous transporte par conséquent au Nord du Québec, où vous devez enquêter sur un mystérieux village en proie à des événements surnaturels. Cela est-il suffisant pour faire de Kona une bonne expérience vidéoludique ?

Carl Faubert, un détective menant l’enquête au Nord du Québec !

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L’aventure débute en 1970 plus précisément dans la peau d’un détective privé en la personne de Carl Faubert, envoyé au Nord du Québec près du Lac Atâmipêk. Ce dernier a été appelé par un certain Wiliam Hamilton, un riche industriel ayant constaté des actes de vandalisme dans sa propriété. Le bougre ne s’est donc pas fait que des amis dans cette région, et c’est pour cela que le fameux Hamilton fait donc appel à vous en tant que détective pour trouver les coupables, alors qu’un étrange blizzard et quelques événements surnaturels font leur apparition, après que Carl Faubert ait été percuté par une voiture au début du jeu.

C’est le point de départ de l’aventure de Kona, qui se dote étonnamment d’une narration particulièrement bien ficelée, et narrée qui plus est par un narrateur et son petit accent Québécois bien sympathique, nous immergeant directement dans le soft. Le titre de Parabole nous présente tout de même pas mal de personnages, mais seulement via les divers écrits que vous trouverez au cours du jeu, et il est bien dommage soit dit en passant que Kona n’ait pas eu la possibilité de les présenter de façon « physique ». Car tout le jeu vous le traverserez seul, sans pour autant croiser un seul signe de vie. Bien évidemment, ce qui est intéressant, c’est que vous trouverez assez rapidement ce qu’il est advenu en l’occurrence d’Hamilton, LaChance, Lamothe, et bien d’autres personnages. Mais en fait, sinon, c’est globalement la seule ombre au tableau que l’on peut véritablement lui reprocher.

Kona dispose d’une trame narrative affreusement bien ficelée, et d’un univers tout simplement envoûtant !

Outre cela, Kona a quand même le don de nous proposer pour le coup cette histoire assez bien amenée, avec son petit côté surnaturel particulièrement charmeur. D’ailleurs, si la fin est en soi intéressante avec son lot de révélations, et nous donnant presque une petite morale à toute cette intrigue, cette dernière nous a paru semble-t-il un tout petit peu expéditive. Pour le coup, une autre fin à Kona n’aurait pas été mauvaise car là, on sent venir le final à des kilomètres…

Mais au-delà de ça, on peut néanmoins affirmer que les p’tits gars de Parabole proposent une direction artistique des plus léchées, c’est une certitude. Les diverses maisons vides et ce blizzard incessant sont globalement des plus inquiétants, notamment par le fait qu’il n’y ait pas le moindre signe de vie si ce n’est de simples loups qui rôdent de ci de là, et cela a le dont de procurer une ambiance vraiment lourde par moment, avec quelques légers moments de tensions. Bien évidemment, ce manteau blanc qu’est la neige sera pour le coup tout le temps omniprésent tout le long du jeu, et cela aura peut-être le don de faire pester les plus pointilleux, car il est vrai que le seul défaut que nous pourrions à la rigueur trouver dans l’esthétique de Kona, c’est assurément le manque de diversité dans les décors, malgré les diverses maisons et notamment la caverne de glace que l’on traverse. Pour le reste, c’est réussi de notre point de vue.

De la conduite, de la survie, et des énigmes à foison !

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Une fois lâché dans l’univers impitoyable de Kona après une longue intro, vous voilà sur une immense map, où vous devrez clairement explorer les moindres recoins et y dénicher un paquet d’objets. Au programme, vous trouverez des consommables, diverses armes pour vous protéger, des objets à crafter par la suite quand on vous le demande, ou bien encore du matériel, et j’en passe. On parlait justement des consommables, ces derniers vous serviront d’une part à vous soigner de manière traditionnelle – trousses de soins, aspirine etc… -, et d’autres serviront à soigner en l’occurrence votre santé mentale – cigarettes, bières, aspirine également etc… -.

Car oui, le titre vous imposera le fait que vous devrez assez souvent faire attention à trois critères qui sont :

  • La santé physique
  • La santé mentale
  • La chaleur corporelle

Il sera donc assez primordial de surveiller sans cesse ces trois éléments-là, au risque de ne plus arriver à courir plus longtemps, de voir sa vue se troubler méchamment à cause du froid glacial, ou bien à ne pas pouvoir viser correctement pour abattre les méchants loups rôdant dans le coin. D’ailleurs, le soft se dote bien évidemment d’un système d’inventaire on s’en doute, mais réparti sur trois types à savoir les consommables, ce dont vous pouvez vous équiper, ainsi que l’inventaire de base pour les objets à utiliser sur les pseudo énigmes en les craftant. Dans l’idée, cela part d’un bon sentiment, mais nous trouvons que nous nous emmêlons un peu trop les pinceaux sur ces derniers, et ce système-là est finalement beaucoup trop confus et fastidieux à utiliser et ce, malgré la possibilité d’assigner des raccourcis pour choisir notre équipement, via les croix directionnelles. Egalement, certains objets ne servent finalement pas à grand-chose durant l’aventure nous avons pu remarquer.

Au-delà de ça sinon, Kona prend donc la forme d’un jeu d’exploration à monde ouvert, où il faudra tout simplement progresser petit à petit en fouillant les divers endroits, trouver diverses armes que vous utiliserez au cours de votre progression, ainsi que dénicher ces objets clés à utiliser par la suite pour pouvoir avancer tout simplement dans l’intrigue du soft. Mention spéciale à la map de Kona qui reste incontestablement assez colossale à parcourir, et notez que vous aurez comme moyen de transport votre bon vieux véhicule des années 70 pour parcourir la map, mais également un motoneige, que vous récupérerez bien plus tard dans le jeu. La physique de ces derniers laisse parfois un peu à désirer mais sinon, la conduite reste en soi agréable.

Le titre de Parabole propose tout un aspect survie et exploration plaisant, malgré quelques lourdeurs et des allers-retours incessants dans le gameplay.

Donc pour résoudre les diverses énigmes et mystères de Kona, vous devrez véritablement fouiller les alentours, en faisant bien attention au décor. Il faudra véritablement être attentif et faire attention de ne pas passer à côté de quelques choses pour résoudre les divers casse têtes environnementaux, car il y a clairement peu d’indications sur par où commencer concrètement, même via la carte. Effectivement, vous devrez parfois récupérer quelques matériaux pour construire par exemple des ponts, ou bien même pour allumer des points de chaleur, qui vous seront bien utiles pour vous réchauffer si jamais votre chaleur corporelle est dans un sale état. Vous devrez également prendre soin de lire la plupart des documents que vous trouverez pour savoir où aller, et ainsi continuer à mener votre enquête sur ce qu’il se trame vraiment sur ce village mystérieux, rempli de cachotteries en tout genre. Avec un minimum de réflexion, notez que le jeu n’est en soi pas si dur, car vous pouvez venir à bout du jeu en à peu près 6 à 7 heures de jeu, voire un peu plus si vous traînez la patte. Mais qu’on se le dise, certains joueurs pourront certainement pester sur le manque cruel d’indications sur ce titre, c’est sûr.

Outre ce petit côté exploration sympathique, et cet aspect survie, Kona dispose aussi à certains moments du jeu de quelques légères phases de combat. Nous ne vous dirons pas forcément contre qui ou quoi, mais il y en a, mais cela se compte concrètement sur les doigts d’une main qu’on se le dise. Néanmoins, vous ramassez au moins quelques armes à feu dans le soft, sachez-le. C’est dommage qu’il y en ait peu finalement, on aurait aimé encore un peu plus d’action, surtout que les allers-retours sont par moment assez nombreux dans le jeu, jusqu’à en devenir véritablement redondants… On notera également quelques déplacements un peu lourds chez notre personnage mais pour le reste, rien d’autre à signaler, si ce n’est que les allers-retours plombent un peu le gameplay dans le fond qu’on soit clair…

Une dernière chose que nous avons appréciée cependant, ce sont les diverses visions un peu surnaturelles que pourra avoir notre bon vieux Carl Faubert. En effet, en touchant quelques personnages malheureusement pris dans le blizzard et donc transformés en Findus pour le coup, ce dernier aura le moyen de voir ce qui est arrivé à ces pauvres individus en les touchant simplement, ce qui lui donnera des visions sur ce qu’il s’est réellement passé. L’esthétique est globalement réussie, et notez que notre détective en herbe aura également la possibilité de prendre également des photos en cours de jeu, histoire de remplir votre journal à 100%.

L’ambiance de Kona sublimée par la bande-son, pas forcément par la technique ?

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Avant d’embrayer sur la bande-son du titre, il faut bien admettre que lors de son annonce, Kona n’allait pas faire des miracles graphiquement parlant. Si nous pouvons bien évidemment saluer les divers effets de lumière, ou de cet affreux blizzard vraiment bien foutu, pour le reste c’est autre chose. Effectivement, Kona est concrètement daté par sa technique avec quelques textures laissant clairement à désirer tout comme les divers modèles 3D de personnages, manquant cruellement de finesse dans la modélisation, clairement. De plus, il faut avouer que les divers chargements longuets à cause des changements de zones sont juste insupportables, tout comme les quelques chutes de framerate que nous avons pu observer sur PS4 standard. Peut-être que le soft est un peu plus joli sur PC, PS4 Pro ou Xbox One, mais sur la version PS4 standard que nous avons testée cela dit, ça reste correct, même si le tout est entaché de ces défauts de chargements, de légers ralentissements qui se sentent incontestablement. Heureusement que la direction artistique sublime le tout.

Pour la bande-son enfin, Parabole a vraiment réussi à créer une ambiance sonore de qualité. Les bruitages du blizzard nous renforce clairement dans cette tempête qui ne s’arrête plus dans tout ce jeu, puis que dire des musiques, qui restent globalement bonnes, et arrivent à créer de la tension, avec des fois de légers moments de frayeur. En tout cas, les musiques rendent l’atmosphère tantôt sympathique, tantôt glaciale, et puis chapeau notamment au narrateur, qui durant tout le jeu, nous propose un doublage de haute volée !

Indéniablement, Kona se révèle être finalement une assez bonne surprise. La production de Parabole a le don dans un premier temps de mixer plusieurs genres – exploration, enquête, action, survie avec un petit soupçon d’énigmes -, mais dispose également d’une trame scénaristique qui se laisse vraiment suivre sans déplaisir. Alors, bien entendu que le soft est un peu lourd dans son gameplay et que les allers-retours dans le soft sont beaucoup trop présents en plus d’un inventaire assez confus dans l’idée mais cela dit, le titre a néanmoins la particularité de nous accrocher par son univers glacial et surnaturel. Très franchement, on passe un bon moment sur ce Kona, notamment grâce à sa direction artistique, son côté immersif, puis sa bande-son assez sympathique. Si vous avez l’occasion de vous le procurer, pourquoi pas vous laisser tenter par ce titre, qui reste bon dans l’ensemble, et qui plus est suffisamment long et colossal pour vous tenir en haleine. Bon, c’est vrai que le soft s’offre très peu d’indications en jeu, mais cela pousse le joueur à jouer les explorateurs, et cela devrait plaire certainement à pas mal de joueurs. 

La note de l'auteur

A la base, je n'ai pu apprendre l'existence de Kona qu'à travers sa première annonce officielle, et il faut dire que le titre m'intriguait beaucoup par la suite, jusqu'à ce que je l'attende de pied ferme. En ressortant justement du soft, j'en suis finalement plutôt satisfait. Bon, il est évident que les allers-retours et les quelques chargements entre les zones m'ont beaucoup irrité dans le jeu, mais pour le reste, j'ai été agréablement surpris. L'histoire est véritablement bien amenée et le côté surnaturel est en soi assez rafraîchissant, et l'une des forces de Kona à mon sens est qu'il arrive à mélanger plein de genres et le truc, c'est que ça marche vraiment bien ! Même s'il faut l'admettre, les déplacements lourdingues du personnage, et son système d'inventaire assez confus ont eu le dont de m'agacer dans ce titre. Mais bref, je met un bon petit rang B à Kona car il reste vraiment perfectible certes, mais reste une agréable aventure narrative que je vous conseille surtout que 6 à 7 heures de jeu pour 19.99 €, c'est plus qu'abordable !

Matheus
b
Note du panda
7.5 10

Points positifs

  • Esthétiquement, ça dépote...
  • Un petit aspect survie pas déplaisant
  • La map proposée relativement grande
  • Vraiment immersif
  • De l'exploration en veux-tu en voilà
  • Beaucoup d'interactions avec le décor
  • Une narration clairement de qualité de bout en bout
  • Des énigmes environnementales bien foutues
  • Bande-son de qualité
  • Assez long - 6h pour en voir le bout -

Points négatifs

  • ... Avec quand même un léger manque de variété
  • Graphiquement, on est loin de la claque graphique
  • Quelques ralentissements et temps de chargement longs sur PS4 standard
  • Système d'inventaire fastidieux
  • Des allers-retours assez pénibles
  • Quelques lourdeurs dans les déplacements du personnage

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur