Test SnowRunner – Une suite qui en a sous le capot ?

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Suite d’un précédent volet en demi-teinte Spintires : MudRunner, SnowRunner est un jeu de simulation sandbox qui vous met au volant de 40 véhicules différents à travers 3 régions à travers le globe. D’abord annoncé sous le nom MudRunner 2 puis renommé SnowRunner car se déroulant essentiellement sous la neige, le jeu est développé par Saber Interactive et édité par Focus Home Interactive pour une sortie sur PC, PS4 et Xbox One ce 28 avril. Alors quoi penser de cette suite qui veut prouver avoir compris les erreurs de son aîné ?

Conditions de test : Nous avons parcouru très largement les 3 régions en monde ouvert que propose SnowRunner, en accomplissant environ un bon tiers des contrats, défis et tâches proposés pour une durée totale de 25h de jeu sur PS4 Pro.

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Point mort, frein de parking

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Tout comme le jeu qui l’a précédé, SnowRunner propose un mode solo très complet. Vous permettant de faire le tour de tout ce que propose le titre, vous débuterez forcément par un didacticiel au volant d’un véhicule pas très paré à ce qui vous attend. Aussi simple soit-il, l’objectif est ici de vous laisser vous dépatouiller de toutes les situations, seul, vous et votre jugeote.

Puis vient le saut dans le grand bain. Le mode solo se compose de 3 vastes univers en monde ouvert situés dans 3 régions différentes du monde : le Michigan, l’Alaska et la Russie (dans cet ordre), chacune découpée en 3 ou 4 cartes. Chaque carte est interconnectée à d’autres via des tunnels et vous pouvez même traverser les 3 régions en une seule fois avec le même véhicule si cela vous enchante.

Mais bien que vous ayez la possibilité de vous déplacer librement, vous vous rendrez rapidement compte qu’il vous faudra obtenir de nouveaux véhicules ou améliorations pour progresser toujours plus loin dans le territoire accidenté ou bloqué. Autant vous dire que le début sera très douloureux si vous aimez avancer rapidement pour voir le potentiel d’un jeu.

Et c’est l’une des choses que l’on reprochera à SnowRunner, la pénibilité encourue par le joueur afin de se sortir de son statut de « novice ». Car bien que vous puissiez accéder très rapidement à la deuxième région, l’Alaska, le jeu lui-même vous indiquera que vous n’êtes que trop peu expérimenté pour vous y rendre aisément. Alors à vous de galérer pendant plusieurs heures afin de maîtriser un tant soit peu le soft. Si tant est que vous n’êtes pas du tout initié à la conduite d’engins poids-lourds et cela peut vite devenir un calvaire. Il vous faudra ainsi très rapidement trouver de nouveaux véhicules ou améliorations parfois disséminées sur la carte mais souvent proposées à l’achat.

Mais heureusement, pour vous aider, des tours d’observation ont été aménagées à l’image des tours radio de Far Cry ou des points de vue d’Assassin’s Creed. Elles vous permettront de révéler la position des centres d’intérêts et tâches majeures à réaliser dans un périmètre précis afin d’obtenir des points d’expérience permettant de mieux vous équiper.

Il faut bien avouer qu’une fois bien équipé et les routes réparées ou libérées grâce aux contrats, vous voguerez sur les routes bien plus aisément qu’au début, paradoxalement à un déroulement de jeu classique.

Un monde ouvert… de galères

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Les zones que vous aurez l’occasion de visiter sont pour le moins plutôt vastes et denses, pour un total de 30 km², ce qui est 4 fois plus que son aîné. Cela vous prendra ainsi plusieurs heures pour visiter chaque zone des cartes. Et de ce point de vue-là, les développeurs de Saber Interactive ont fait un travail remarquable.

Les routes et chemins sont nombreux, la forêt ou la neige extrêmement bien modélisées, tout est très coloré (contrairement au précédent volet très très terne), avec une alternance jour/nuit et une météo dynamique. Bref le monde paraît vivant et on sent le travail accompli par les équipes artistiques du titre et par le nouveau moteur graphique très performant.

Là où SnowRunner perd de son réalisme c’est que, bien que l’environnement semble littéralement vivant, vous ne croiserez aucun véhicule roulant sur l’asphalte, aucun PNJ ou animaux pour donner vie à des forêts ou villes-fantômes. Bien que l’on ne soit pas là pour cela dans ce genre de jeu de simulation, ajouter un peu de vitalité aux zones urbaines aurait été bienvenue, alors même que certains des 160 contrats, défis ou tâches à effectuer vous demanderont de vous rendre dans des lieux tout public (motels par exemple).

Au rayon durée de vie, pas moins de 80h à 100h seront nécessaires pour tout faire à 100 % tant les territoires sont vastes et les allers-retours nombreux. Réussir les contrats, défis et tâches demandées vous feront gagner de l’expérience et de l’argent, permettant ainsi de vous faire monter de niveau et quitter petit à petit le statut de petit conducteur de poids-lourds.

Cependant, et ce fut beaucoup plus frappant dans la première carte du jeu, le Michigan, on a l’impression d’avoir été lâché dans un monde où la chance ne sourit jamais : éboulements, pylônes effondrés, routes inondées etc.. Tout est prétexte à ralentir la progression du joueur (afin de gonfler une durée de vie pourtant très honnête), qui devra aller chercher des équipements à l’autre bout de la carte pour libérer le passage ou réparer l’objet cassé. Et il faut dire que sur cela, le jeu en fait un peu trop.

Et c’est sans parler des trop nombreux chemins boueux (toujours dans le Michigan) qui vous demanderont de longues minutes pour avancer de quelques dizaines de mètres. Il vous faudra le plus rapidement possible vous équiper pour espérer évoluer dans le monde ouvert, soit en cherchant dans l’environnement, soit en les achetant avec l’argent issu des contrats, ou bien en vendant d’anciens bolides afin de mieux vous équiper et notamment en pneumatiques.

Mais le titre se rattrape allègrement quand il s’agit de ses paysages neigeux. Au centre du nom et de la promotion du jeu, les paysages, notamment de l’Alaska, vous éblouiront de réalisme et vous permettront de vous évader. La neige, la glace et le verglas, très présents ce coup-ci (il fallait bien remplacer la boue du Michigan), vous demanderont une maîtrise poussée de vos équipements routiers et notamment les remorques, qui peuvent très rapidement vous envoyer dans le décor, tout en étant un peu plus accessible que la boue du Michigan. La Russie, elle, propose un mixage des deux univers.

Un réalisme poussé (un peu trop) à l’extrême

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S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à SnowRunner, c’est son réalisme. On salue notamment la modélisation et la personnalisation des véhicules ainsi que la réalisation des décors et l’expérience de conduite, bien que parfois éreintante.

Chacun des véhicules possède des capacités propres : attelage, bloc de différentiel, AWD (transmission intégrale) qui vous permettra de vous sortir des plus mauvaises passes, ou encore le treuil, super trouvaille qui vous aidera également à vous sortir des terrains boueux en vous accrochant à l’élément solide le plus proche. Le repérage est ici légion car vous pourriez vous retrouver bloqué et devoir rapatrier votre camion au garage après 30 min de route et ainsi recommencer tout votre périple pour la mission en cours.

Le jeu vous met clairement au centre de votre destinée car sans aucune indication, vous devrez trouver le meilleur chemin et le meilleur bolide afin de mener à bien votre mission. Il vous faudra également gérer votre essence grâce à la possibilité de faire le plein à diverses stations-service disséminées sur la route, mais aussi faire gaffe à ne pas trop heurter votre véhicule afin de ne pas l’endommager et ainsi bloquer votre progression et votre montée en compétences.

Mais ce réalisme a été parfois un peu trop poussé à l’extrême. En effet, on peut rapidement se sentir découragé par la difficulté avec laquelle on a du mal à avancer, quel que soit le chemin à emprunter, pour réaliser certaines missions. Et bien que le titre nous promette une totale liberté pour réaliser les missions et autres tâches dans l’ordre que l’on souhaite, la plupart des défis du premier tiers du jeu vous demanderont un équipement particulier, débloquable grâce à une mission antérieure, ce qui fait qu’on ne peut que se sentir pris par la main dans un monde qui se veut sandbox.

De plus, une des choses qui fait le plus défaut dans ce nouveau titre, c’est notamment la gestion de la caméra lors de certaines situations. Par exemple, lorsque vous êtes proche de bâtiments, la caméra se retrouve comme bloquée au-dessus de votre véhicule, alors qu’elle se trouve être plutôt fluide et précise en conduite normale. Nul besoin non plus de s’attarder sur la vue cockpit proposée par le jeu, car bien que nettement améliorée depuis le précédent opus, elle ne propose rien de transcendant pour autant. La modélisation et le mouvement des mains sur le volant ne sont pas saisissantes et les tableaux de bord très peu travaillés.

L’interface en elle-même est plutôt agréable et a été considérablement modifiée depuis le précédent opus. Plutôt intuitive sur console, vous saurez exactement quelle combinaison de touches sert à effectuer telle action. La carte en elle-même ne vous servira vraiment que pour situer votre prochain point de passage car n’étant pas si précise autrement que pour vous montrer les routes et chemins. La bande-son reste malheureusement discrète, parsemée de quelques sons bien que les bruitages des moteurs et autres chocs sont terriblement réalistes.

A noter que SnowRunner propose un mode multijoueur en ligne jusqu’à 4 joueurs. Ce mode consiste en la réalisation des contrats avec l’aide d’autres joueurs du monde entier avec la possibilité de s’entraider en cas de coup dur (remorquage, utilisation du treuil etc.). De quoi donner un peu de vie à un titre bien trop calme sinon. Malheureusement, le mode était relativement désert pendant la réalisation de ce test avant la sortie du jeu.

Chose non négligeable à souligner, le jeu proposera des mods via la plateforme mod.io avec des tonnes de véhicules ou cartes créés par les joueurs. Pour l’heure, seuls quelques véhicules étaient disponibles sur PC pour un prix in-game dérisoire. Mais nous n’avons pas pu les tester car ils n’arriveront que plus tard sur consoles.

Enfin, sachez que SnowRunner promet de s’étoffer encore plus durant les mois à venir puisqu’un an de contenu supplémentaire est programmé par les développeurs. En plus de proposer du contenu gratuit pour tous les joueurs, cela sera l’occasion de proposer, aux détenteurs du season pass, de nouveaux véhicules, missions et défis avec la promesse d’une extension majeure prochainement.

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SnowRunner relève largement la barre suite à un premier opus Spintires : MudRunner timide et très terne. D’une beauté extrêmement remarquable grâce à un tout nouveau moteur graphique, la simulation de conduite de véhicules tout-terrain se renouvelle et convainc par son réalisme assumé à tous les égards avec un moteur physique qui ne pardonnera pas les erreurs de conduite. Bien plus étendu que son aîné, il sera simple de se perdre dans les paysages variés proposés par le titre ainsi que par la multitude d’objectifs à réaliser. Il faut également saluer les dizaines de possibilités de personnalisation de la quarantaine de véhicules disponibles. On regrettera malgré tout des fâcheuses déconvenues notamment dans la gestion de la caméra ou encore une difficulté mal dosée les premières heures de jeu ainsi qu’une vue cockpit toujours pas satisfaisante entre autres. En bref, un jeu qui demandera du temps pour être maîtrisé mais qui s’avère jouissif une fois bien en main.

Membre Actugaming.net
L'avis de l'auteur

Bien que n'étant pas particulièrement attiré par ce genre de simulation, je me suis laissé envahir par l'univers que propose SnowRunner. Avec des cartes toutes plus réalistes et réussies les unes que les autres, on s'émerveillera à de multiples reprises sur les panoramas offerts. Reste que je n'ai pas forcément été emballé par une difficulté mal dosée, surtout en début de jeu, qui rebutera certainement les joueurs les moins patients. J'ai râlé (souvent) sur les chemins en très mauvais état traversés, mais le sentiment de réussite au bout de la route était jubilatoire.

FloRizzo
b
Note du panda
7 10

Points positifs

  • Un tout nouveau moteur graphique éblouissant
  • Un vaste territoire interconnecté réparti sur 3 régions du monde
  • Une variété d'objectifs à réaliser importante
  • Un réalisme poussé à l'extrême...
  • 40 véhicules tous très personnalisables

Points négatifs

  • Une gestion de la caméra parfois laborieuse
  • Une difficulté mal dosée selon les moments
  • Une vue cockpit encore trop peu fidèle
  • ... Voire même un peu trop !
  • Un monde pas assez vivant

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

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