TEST. Randall – Un plateformer timide !

We The Force Studios nous offre avec Randall un plateformer 2D plutôt ingénieux, mais qui souffre de quelques lacunes regrettables.

Le titre se déroule dans un futur approximatif (peut-être le nôtre). Des clones de Big Brother sont partout, la surveillance est constante et plus personne ne fait un geste sans que celui ne soit répertorié dans un fichier. Oui, nous évoluons au sein d’une société dystopique. Les citoyens pensant être heureux sont en réalité esclave du système.

Un Télépathe dissident !

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Le héros de cette aventure, Randall, est un télépathe. Il dispose donc de pouvoirs particuliers qui vont l’aider à se rebeller face à ce système intrusif mis en place. Pour ce faire, vous devrez évoluer parmi six grandes zones, qui alterneront entre séquences de combat et exploration/énigmes.

Randall reprend les codes du metroidvania. Les habitués du genre ne seront donc pas dépaysés et trouveront leurs marques assez rapidement. Mais à la différence de ces cousins, il faut bien avouer que Randall ne joue pas autant sur l’aspect exploration. La progression est en effet moins passionnante, et alternant entre plateforme et combat devient presque lassant.

Pourtant, le système de combat en lui-même peut se targuer de proposer des combos plutôt funs. Soyons clair, nous ne sommes pas sûr du Street Fighter, mais les combinaisons restent assez variées pour tenter deux-trois petites choses sympathiques. Mais vous le savez, même une idée bien amenée ne peut porter un jeu à elle seule que si celle-ci est vraiment innovante. Ce n’est pas le cas ici.

Les séquences de plateformes ont le même problème. Plutôt bien pensées dans l’ensemble, cela ne parvient pas à faire décoller le titre. Les pièges s’évitent sans trop de problèmes, et l’inertie de Randall, plutôt lourde, ne permet pas toutes les fantaisies.

Le titre jongle entre des séquences usées et linéaires, ce qui rend la progression plutôt fade !

Alors oui, vos capacités s’améliorent au fil du jeu, vous permettant de vous accrocher aux rebords, d’effectuer quelques wall-jump et j’en passe, mais le fait est que le renouvellement n’est pas assez constant et significatif pour avoir une réelle impression de progression.

De plus, il est arrivé plusieurs fois pendant le test du jeu que les séquences de dialogues ne se lancent pas (dommage). Rien de bien inquiétant, car il n’est pas utile de suivre le scénario avec une précision extrême, mais tout de même.

Avec tout ceci, vous allez penser que Randall n’a absolument rien pour lui. Pourtant, cela serait juger trop vite que de s’arrêter sur ces quelques points fâcheux. La direction artistique du titre ainsi que la volonté de proposer un gameplay fluide et dynamique parviennent à le sauver, car la combinaison est intéressante. Certes, le titre est linéaire, mais l’esprit d’offrir un plateformer nerveux est bien présent, même si mal exploité.

Sombre, sombre et encore sombre !

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Voulant à tout prix retranscrire l’ambiance presque glauque de cette société sur le déclin, Randall use et abuse des tons de couleurs sombres. Les extérieurs, peu nombreux, ressemblent à des tunnels souterrains. Le tout donne une légère sensation de claustrophobie, qui se voit portée par une direction artistique très convaincante.

En effet, les animations sont plaisantes et fluides, le style Comics/BD fonctionne à merveille, et l’OST, pourtant très discrète, parvient rapidement à poser cette ambiance morne et alarmante. Mention honorable aux effets de lumières très bien gérés.

Concernant la durée de vie, il faut bien avouer qu’elle est très faible. Comptez environ quelques heures (entre quatre et cinq pour ma part) pour venir à bout du titre. Pour un prix de lancement à une quinzaine d’euros, c’est une pilule qui passe plutôt mal.

Malgré des idées intéressantes, Randall s’empêtre dans de nombreux travers !

Mais alors, que retenir de ce Randall ? Certes très maladroit dans le fond, il propose cependant une forme plutôt convaincante. Ce n’est clairement pas suffisant pour se hisser dans le haut du panier, mais cela promet des suites de plus en plus réussies si We The Force Studios continue sur cette lancée.

Certes en dessous des concurrents du même genre, la recette est pourtant bien la bonne : il suffit simplement de rehausser un peu son goût. Pour le reste, le titre est à réserver aux curieux qui désirent découvrir de nouveaux jeux indépendants. Pour les autres, il faudra passer votre chemin, car Randall ne sera clairement pas à la hauteur de vos attentes.

Randall ne parvient donc pas à se démarquer de la rude concurrence. Faible durée de vie, mécaniques intelligentes mais pas assez poussées, et une linéarité constante et redondante : le titre s’empêtre dans pas mal de travers qui lui portent préjudice. Pourtant, ne boudons pas notre plaisir, il y a là quelques idées qui méritent le détour, et une difficulté corsée pour les fans de challenge, mais elles ne seront pas visibles pour toutes les mentalités. De ce fait, le titre est à réserver aux curieux avides de nouveautés plutôt qu’aux joueurs lambda qui se lasseront vite de cette aventure malmenée.

La note de l'auteur

Il y a du potentiel, mais il n'est pas exploité, c'est dommage. En revanche, il ne manque pas grand chose pour en faire un plateformer démentiel. En espérant qu'il y ait une suite, c'est tout ce que je souhaite au studio.

Jibenc0
c
Note du panda
5.5 10

Randall

Points positifs

  • Une direction artistique convaincante
  • Un challenge adéquat

Points négatifs

  • Progression linéaire
  • Quelques bugs regrettables
  • Une durée de vie faible
  • Des mécaniques inexploitées
  • Une optimisation malmenée

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur