Test Onirism – Les méchants n’auront qu’à bien se tenir

Voir la note

Tel est pris qui croyait prendre.

N’a-t-on jamais redouté, enfant, de perdre ou de se voir voler son doudou ? Replaçons-nous à cet âge symbolique où cette peluche ou ce morceau de tissu nous protège de tous les maux de la nuit et nous rassure de surcroît. On comprend dès lors la mission que se fixe Carol lorsqu’elle se rend compte qu’une étrange silhouette violette lui chipe ce précieux trésor et s’évapore via un portail dans un monde fantastique, sans un mot.

N’écoutant que son courage, elle poursuit sans même y réfléchir ce gredin et se retrouve elle aussi catapultée dans ce monde étrange, Crearia, aux décors colorés et fastueux. Alors que le voleur fuit à toutes jambes, notre héroïne fait, quant à elle, face à toute une flopée d’ennemis en tout genre : des crocodiles sur pattes, des sortes d’entités flasques qui se fondent dans le décor ainsi que divers animaux armés de fusil, qui, même s’ils ne tirent que des balles en mousse, pourraient sérieusement faire souffrir la principale intéressée. Quel est ce monde si particulier qui, à première vue, ressemble à un havre de paix mais qui à bien y voir est infesté de mauvais esprits et d’une atmosphère pesante ?

Un rêve qui tourne au cauchemar…pour les méchants !

Onirism

C’est ce que Carol va découvrir en s’aventurant progressivement dans cet univers magique où le rêve a des allures de réalité. Il ne pouvait en être autrement au vu de la personnalité très casse-cou de notre héroïne. Contrairement aux histoires habituelles mettant en scène une pauvre fillette sans défense persécutée par d’horribles monstres, ici les ennemis sont mal tombés.

Carol est non seulement prête à tout pour retrouver BunBun son lapin doudou mais en plus de cela, elle dévoile un caractère bien trempé. Elle n’hésite pas à partir au combat dès les premiers instants du jeu et à faire usage de la force pour se faire entendre. Très vite, c’est elle qui va faire sa loi dans ce monde onirique bien conçu, riche et varié rappelant les environnements si mémorables de Spyro ou de Rayman.

Côté gameplay, les commandes, bien que classiques, invitent à l’action et à la castagne. Carol peut sauter, esquiver, se déplacer de côté et donner des coups de parapluie. Elle dispose également de tout un panel d’armes lui permettant de rendre l’appareil aux agresseurs. Il peut s’agir d’un séchoir laser ou d’un fusil à pompe et même d’une sulfateuse. Cet aspect révèle en réalité toute l’ambivalence qui anime le jeu. Celle d’une jeune fille plongée dans l’âge de l’innocence, fort peu surprise toutefois par l’usage d’armes-jouets pour se débarrasser des méchants. Ces armes recèlent une dimension ludique puisqu’elles envoient des balles de mousse ou de l’eau savonneuse. Cette dualité décrispe l’ambiance générale et rend le titre très abordable.

Ainsi, si dans les tous premiers moments, Carol parcourt une immense forêt servant de point de ralliement entre les différents niveaux (village, temple, volcan etc.), cette phase sert également de tutoriel pour les premiers mouvements de base, les premières attaques, les premiers combats. Notre petite effrontée va d’ailleurs vite comprendre que l’aventure sera longue pour retrouver son doudou. Au cœur même de Crearia, de sombres affaires nécessitent l’intervention de quelqu’un qui n’a peur de rien. Carol tombe donc à pique. Au fur et à mesure, elle comprendra qu’un mystérieux réseau, La Corporation, règne en maître sur la région.

Pourquoi Umbra, ce personnage habillé tout en violet, général de la Corporation s’aventure si loin de Corpopolis, le bastion des méchants ? C’est précisément ce qu’il faudra découvrir au gré de multiples niveaux conçus sur un mode bien familier : un thème pour chaque niveau dans lequel il faut évoluer horizontalement et verticalement tout en dézinguant les ennemis sur notre passage. À la clé, un boss final qui nous permettra de franchir ce point d’étape et accéder à la zone suivante.

L’aventure est à tous points de vue bien ficelée, riche, colorée et amusante. La direction artistique a bénéficié d’une attention particulière rendant l’expérience de jeu facile, intuitive et captivante. Une fois maîtrisées les différentes techniques du personnage, l’alternance de combats rapprochés, de gunfights lointains ou d’enchaînements de tricks donne une impression de fluidité qui mérite d’être soulignée. Mais le jeu ne s’arrête pas là. Outre le mode aventure, déjà palpitant, les développeurs se sont attelés à d’autres modes rallongeant grandement le temps passé sur le titre.

Un contenu riche et diversifié

Onirism

En effet, trois modes additionnels ajoutent une dimension particulièrement appréciable : pouvoir en découdre dans des affrontements plus compétitifs. Le premier mode, le mode « événements » réunis quatre épreuves conçues sur le même modèle : l’event Halloween 2017, le Summer Slime Blast, l’Halloween event 2018 et Sauvez Noël ! Quatre cartes, quatre environnements différents mais une même logique : combattre les méchants à l’aide des armes du jeu et résistant à plusieurs vagues d’assaut successives.

Comme on peut s’y attendre, chaque vague déploie de nouvelles difficultés, de nouveaux challenges. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le challenge est parfaitement réussi. Même si, dans les premiers niveaux des différents modes, il faut parfois courir après les ennemis, dès que les manches se succèdent, la sensation d’être oppressé par les ennemis se fait sentir tout en restant sur un registre ludique et fun.

Vous pourrez bien sûr recharger votre arme moyennant du loot récolté sur les ennemis. Plus vous avancez dans le mode, plus vous avez accès à des armes ulra efficaces permettant de transformer une petite session de shoot en carnage. L’autre mode, faisant partie de la catégorie aventure, c’est le mode survie, lui aussi bien inspiré. Ici encore, il faudra résister à des hordes d’ennemis en essayant de tenir le plus longtemps possible. À l’heure où le test est réalisé, une seule map est disponible : le temple du crépuscule. Des machines sont également à disposition pour recharger sa santé et ses munitions afin de faire durer le plaisir.

Le dernier mode proposé mise sur le battle. Vous pourrez vous affronter à quatre joueurs en local. Toutes les armes et tous les personnages du jeu sont disponibles. L’occasion de se mesurer à des potes et d’alterner tirs de loin, attaques au fusil à pompe ou même au lance roquettes. On le voit, le jeu se veut à la fois complet et diversifié tout en s’adressant à plusieurs types de joueurs. Ce bel exploit d’allier plusieurs modes rend clairement le jeu attractif et passionnant.

D’autant que peu de défauts viennent entacher l’impression d’ensemble. Le plus saillant serait sans doute lié aux mouvements de la caméra, en particulier dans le mode aventure. Il arrive en effet, assez fréquemment que celle-ci se perde dans le décor obligeant le joueur à agir manuellement pour la replacer au cœur de l’action.

Dans certaines phases de jeu, en particulier lors des combats, un certain préjudice peut se faire sentir et frustre parfois un tantinet. On pourrait aussi pinailler sur certains aspects du mode aventure comme le fait que l’avancée de Carol est bien souvent linéaire et mécanique, laissant peu de place à la liberté. On peut d’ailleurs passer une bonne partie du jeu à éviter tous les ennemis sans craindre de se faire toucher. Il est assez rare d’être contraint à l’affrontement. Mais dans l’ensemble, le travail acharné des développeurs pour peaufiner, enrichir et fluidifier le jeu est éclatant. Puisque Onirism est encore en accès anticipé, on peut se prendre nous aussi à rêver, comme Carol, à d’autres développements qui assureront définitivement le succès du titre.

Onirism nous plonge dans un rêve fantastique regorgeant d’aventures et de mystères. Le titre est une belle réussite à bien des égards : l’histoire en elle-même mais aussi les différents modes proposés en annexe démontrent un soin particulier accordé au développement des différentes facettes de cet univers si singulier. Ainsi le mode aventure nous amène bien souvent dans des lieux originaux et colorés qui invitent, en premier lieu, à la contemplation. C’est sans compter toutefois sur le rythme effréné de la jeune Carol qui cherche à tout prix son doudou, nous ramenant à une logique de gunfight classique mais efficace.

L'avis de l'auteur

Charmé par ce jeu à la fois original, drôle et diversifié. Comme l'ont voulu les développeurs, Onirism est une belle référence aux titres des années 1990. Une belle synthèse a été trouvée entre amusement, détente, rire mais aussi phases plus nerveuses que l'on refait plusieurs fois après avoir réalisé un mauvais déplacement, avoir malheureusement chuté ou ne pas avoir bien anticipé les attaques d'adversaires. Les modes annexes sont franchement bien pensés, ajoutant véritablement une touche de folie particulièrement agréable pour se défouler.

Penderflash
a
Note du panda
7.5 10

Onirism

Points positifs

  • L'histoire, le scénario du titre
  • La direction artistique
  • Le bestiaire (diversifié et adapté aux zones)
  • La variété des armes
  • Les modes annexes
  • La possibillité de faire l'aventure en coop

Points négatifs

  • Une certaine linéarité de l'avancée du personnage dans certains niveaux
  • Des mouvements de caméras parfois capricieux
  • La difficulté de se repérer dans cet univers assez vaste

Ce test a été réalisé à partir d'une version éditeur

A propos de notre notation

Onirism
0 Partages
Partagez
Tweetez
WhatsApp